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Communisme de nouvelle génération, ouvrons enfin le débat !

Publie le vendredi 29 août 2008 par Open-Publishing
3 commentaires

Tout faire pour que des centaines de milliers de communistes, de syndicalistes, d’électeurs s’expriment pour que le Congrés du PCF ne soit pas que l’affaire de quelques centaines de spécialistes et dirigeants.

Laurent Carratala

Edito de Wilfrid Lunel

Communisme de nouvelle génération, ouvrons enfin le débat !

vendredi 29 août 2008

La rentrée est marquée par de nombreux évènements, à commencer par l’un des plus graves, la mort de 10 soldats français occasionnée par l’embourbement de la situation en Afghanistan.

La seule perspective qu’offre aujourd’hui la présence française en Afghanistan, c’est l’alignement derrière l’OTAN et l’enlisement dans l’ornière de la stratégie américaine.

Or, une présence militaire n’a de sens et d’utilité que si elle est en appui à une solution politique, et que dès le départ il est acté des raisons pour lesquelles nous sommes présents, pour quelles missions, et pour quelle durée. Or, aucun de ces aspects n’est à ce jour respecté c’est pourquoi, dans ces conditions, la question de la présence Française, sans redéfinition du contenu de son engagement, dans le cadre d’une politique qui s’émancipe de la tutelle américaine, est désormais posée. Dans ces conditions, il est légitime de se poser la question du retrait des troupes françaises d’Afghanistan.

L’été, c’est le moment que le gouvernement a choisi pour intensifier ses attaques contre le monde du travail en mettant fin à ce qui représentait une avancée exemplaire en Europe, acquise sous un gouvernement de gauche : la semaine de 35 heures.

C’est aussi le moment qu’il a choisi pour intensifier ses attaques contre notre système de santé, contre l’école, pour lancer la privatisation de la Poste, la suppression de centaines de postes dans la fonction publique…

Dans cette rentrée, notre Parti doit prendre ses responsabilités concernant la riposte au gouvernement et à Nicolas Sarkozy, en se hissant à la hauteur de la colère et des exigences.

Il peut le faire en portant l’idée d’une grande riposte populaire et unitaire, en s’adressant à toute la gauche, sociale, syndicale, politique et citoyenne.

En mettant la barre très haute sur le pouvoir d’achat, les salaires et l’emploi, dont l’actualité démontre à elle seule que ce sont les préoccupations majeures des français.

C’est dans le contexte des rentrées politiques des verts, de la LCR, du PS, de notre Parti, avec le besoin manifeste d’une telle initiative, que se profilent les débats du 34éme Congrès qui aujourd’hui, force est de le constater, se déroulent sans les communistes.

Certes, il y a eut les trois rencontres nationales qui ont rassemblé 700 communistes, 700 contributions sont arrivées sur le site, il va y avoir l’université d’été, mais pouvons-nous nous en contenter quand l’immense majorité des communistes, alors que le processus statutaire de déroulement du congrès s’engage, n’est rentrée dans le débat ?

Alors que le besoin de débat est profond, que les exigences d’un congrès qui soit utile se manifestent dans tout le Parti, les efforts produits par la direction nationale ne sont manifestement pas à la hauteur des attentes des communistes.

Les articles, les contributions des principaux dirigeants du parti vont tous dans le même sens…. Voilà de quoi il faut discuter, voilà ce qu’il faut penser, voici les questions qui sont réglées chez les communistes…

Le manque total de méthode de travail, la multitude des questions qui sont avancées, des thématiques proposées rendent la tâche tellement pharaonique que cela produit déjà beaucoup de découragement.

Et pourtant, dans la dernière période, les communistes ont montré leur disponibilité au débat fructueux, créatif, respectueux de la diversité de chacun. Ils ont aussi, dans leur grande majorité exprimé le souhait de ne pas refermer le débat sur les questions qu’ils jugent essentielles, et il n’y en a pas cinquante : la question du communisme, celle du parti, de son avenir et de son évolution et enfin celle d’un « projet » transformateur qui ait un sens ou qui fasse sens.

Ils ont aussi exprimé une lassitude des querelles et refusent souvent de prendre part à ce qu’ils jugent des comportements de postures. A l’assemblée extraordinaire de décembre 2007, les communistes ont émis le souhait de pouvoir débattre de l’avenir du PCF et qu’aucune « hypothèse ne devait être à priori rejetée ».

Depuis 2002, comme dans beaucoup d’autres départements, dans ma fédération, nous avons connu des périodes de tensions.

Sortir vers le haut de cette situation nécessite de la part de la direction de notre parti, non seulement qu’elle respecte la diversité mais qu’elle s’appuie dessus pour permettre aux communistes de produire l’immense effort de créativité auxquels ils aspirent tous.

Beaucoup de camarades, y compris dans le Conseil national actuel, émettent le souhait d’un dispositif pluraliste, avec un cahier des charges, une méthode de travail, pour rendre utile et efficace le travail et la réflexion des communistes.

C’est la condition pour que le 34ème congrès puisse lancer le processus qui inscrive une conception moderne du communisme en France, dans l’actualité de ce début de 21ème siècle.

http://www.communisme21.fr/spip.php?article237

Messages

  • N’avancer pas caché : Derrière cela se profile la ligne d’abandon du PCF et j’y vois quelques ténors de cette gauche plurielle et de Martigues qui nous ont mis dans le caca.

    Vous parlez de confiscation du débat : moi je ne vis pas la même chose ; peut-être que vous avez pris vos désirs pour des réalités de considérer que le PCF était foutu et que vous pouviez lancer un processus à l’italienne dont on voit les résultatS ;
    Je souhaite vivement que les communistes retrouvent raisons et y en a marre de ces groupes de pression qui voudraient avoir le monopole de la vérité.

    J’ai repris votre déclaration de juin ; elle montre à quel point vous n’y croyez plus mais laisser à d’autres le soin de faire mieux que de ravaler la façade que vous voulez abattre.
    BABEUF42

    Atencia Lucien, Bègles Dominique, Blotin Pierre, Brunel Daniel, Calabuig Bernard, Ciréra Daniel, Ganille Liliane, Gomez Manuela, Lefort Jean-Claude, Magnon Jean Paul, Martelli Roger, Piriou Bruno, Pourre Fabienne, Tricot Catherine, Zarka Pierre.

    Depuis longtemps nos approches sont différentes mais, nous avons en commun une volonté : trouver des réponses à la crise historique du communisme dans la forme qu’il a prise au 20ème siècle.

    Pour nous, il s’agit de choisir : maintenir en l’état la structure existante, fut-ce en ravalant la façade, au risque de l’enlisement ou engager un processus en rupture avec les conceptions fondamentales ayant prévalues jusqu’alors pour permettre aux valeurs du communisme de vivre ici et maintenant.

    Telle qu’elle est envisagée, la préparation du congrès ne met pas en lumière les enjeux fondamentaux. Elle ne permet pas aux communistes de décider en toute connaissance de cause. Elle ne permet pas à la gauche de se relancer.

    En toute responsabilité, nous prendrons avec toutes celles et ceux qui le souhaitent, toutes les initiatives pour que le débat communiste ne soit pas confisqué.

  • Comme un trop grand nombre de textes émanant du PCf, je n’y comprend rien, ou en tout cas il ne m’évoque rien. "Communisme de nouvelle génération", ça me fait penser aux pubs pour des produits toujours nouveaux donc meilleurs. L’important est le projet de société, or :

    - Depuis la fin du projet socialiste de l’URSS, le Parti n’a pas conçu de projet alternatif au capitalisme. Il s’est contenté de proposer une défense et une extension du modèle keynésien, et demandé de grands services publics. Ce serait déjà bien, mais les Français ont bien senti que depuis les années 80 le patronat, la droite et le PS ont tourner le dos au paritarisme, et à l’appareil de négociation issu de la Libération. D’ailleurs, ce qui permettait à ce système de demeurer en place, c’était un PCF fort et qui s’affichait ouvertement pour une fin du capitalisme.

    - Il est possible de proposer un projet clair alternatif au capitalisme ; partons de l’analyse de Marx : la propriété pricée des moyens de production est illégitime, car c’est une appropriation du travail d’autrui, et sa gestion est par la même non démocratique et prédatrice. Nous pouvons proposer de changer les lois qui encadrent l’existence des entreprises : toute entreprise, existante ou à créer, devra se doter de statut démocratique (type SCOP) pour être reconnue par la loi et exister. Ces entreprises autogérées feraient parti du secteur de la production, au côté d’entreprises publiques, de grands services publics (énergie, transports, communications...). Mais une démocratie d’entreprise (ou autogestion) n’est possible que par un grand effort de formation, pour que chacun est une base minimum de connaissances pour codiriger.

    -Je pense qu’un projet de ce type identifierait le Parti à des objectifs à la foi très ambitieux, totalement en rupture avec le capitalisme (puisque l’exploitation est son essence), et donnant à l’individu et au collectif beaucoup plus d’emprise sur la production de ses richesses.

     Enfin, toute stratégie devrait reposer sur un principe : la poursuite acharnée de ce but, les alliances éventuelles n’étant que des MOYENS pour y parvenir, et non une fin en soit. En effet, les alliances actuelles avec le PS n’augurent aucun progrès de société ; ce n’es plus que de la langue de bois visant à sauver des postes d’élus, ce qui d’ailleurs échoue de plus en plus ; le PS méprise ses alliés quand ils sont faibles, et pense récupérer les reste d’un vieux parent en train de mourir.

    J’espère que si ce congrès n’aboutissait pas à un projet communiste clair, la majorité des militants auraient le courage de laisser la coquille vide, et reconstruire autre chose ailleurs. Renverser une direction ne s’est pratiquement jamais vu dans l’histoire du Parti.

    Emmanuel Alvarez (Nantes)