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Parti communiste français : quelques raisons qui ont conduit à son effondrement

Publie le jeudi 20 novembre 2008 par Open-Publishing
17 commentaires

Un adhérent du PCF-PGE m’a dit au cours d’une discussion « Les Congrès ne servent à rien, les résolutions qui en sortent ne sont presque jamais appliquées, et il est plus important de s’occuper actuellement des élections cantonales et municipales de 2008 que du Congrès de décembre 2007 » .

Il faut s’inscrire en faux contre de telles affirmations. Le vide idéologique actuel est le résultat d’un délestage progressif décidé à l’occasion des Congrès avec la « mutation » de Hue et de Buffet qui a dénaturé le PCF et qui a fini par le faire devenir un parti social-démocrate.

C’est à l’occasion des Congrès et notamment du 31ème, que le coup fatal a été porté.

Il fut convoqué en octobre 2001 pour modifier les Statuts et pour enfin établir une nouvelle théorie intitulée : « Projet de dépassement du capitalisme » Le 31ème Congrès, comme les autres se termina sans qu’il soit possible de définir ce fameux « projet ».

Ainsi après deux livres de Robert Hue sur la « Mutation » et quatre Congrès, la direction reste dans l’incapacité de définir et d’expliquer ce qu’est « le dépassement du capitalisme », ni les moyens d’y parvenir.

Les communistes attendent encore sa définition car c’est la pure et simple mystification social-démocrate de toujours. de dire « On peut transformer la société ». Cela n’est pas possible, alors que la propriété des moyens de production demeure entre les mains des capitalistes et l’état à leur service.

Nouveau refus d’analyser
la chute des pays socialistes

C’est aussi la confirmation du refus, une nouvelle, fois d’entamer une étude sur la contrerévolution qui a détruit l’URSS et les pays socialistes. Une catastrophe historique pour le rapport de forces mondial entre le Capital et le Travail. Le 31ème Congrès, comme les autres avant, n’a pas réagi, malgré la demande de nombreux adhérents, par une défense critique et indispensable, mais a continué a rejeter tout en bloc : les acquis, les victoires et les avancées, du camp socialiste.

Au contraire ils y consacreront….

L’abandon de la lutte de classe et idéologique ;

L’adoption des thèses réformistes comme la disparition de la classe ouvrière,... ;

L’obsession à vouloir s’ouvrir à d’autres couches de la population ;

L’abandon du marxisme ;

Le rejet du socialisme pour construire une autre société ;

La suppression de la faucille paysanne et du marteau ouvrier.

En modifiant les Statuts, il supprime la « cellule » détruisant ce qui faisait du PCF avec ses militants de proximité, un parti de lien social et politique dans les cités, les quartiers et les entreprises, précipitant encore plus vite son éloignement des couches populaires.C’est en imposant la « mutation », par ces renoncements, en faisant le choix d’une idéologie opportuniste et réformiste qu’il en a été réduit progressivement à l’état d’un petit parti, perdant des centaines de milliers d’adhérents et la confiance de la majorité des travailleurs qui s’identifiaient à lui.

La participation au gouvernement Jospin

La participation de 1995 à 2002 au gouvernement de la gauche plurielle à contribué à donner au PCF, dans l’image de couches populaires, un parti comme les autres et ce, au pire sens du terme, un parti capable dans le meilleur des cas de gérer le système capitaliste mais certainement pas d’y mettre fin.

C’est ce gouvernement qui a entraîné la France dans une guerre d’agression contre la Yougoslavie, sans même l’aval du parlement….

C’est ce gouvernement qui a le plus privatisé que n’importe quel autre de droite, refus d’augmenter les salaires, signature du traité de Barcelone, mise en place de l’Euro et l’organisation de la vie chère….

Sous prétexte de s’ouvrir à d’autres couches de la population, il abandonne plus de 16 millions de Françaises et de Français (ouvriers, employés, travailleurs précaires, demandeurs d’emploi, RMIstes…) à leur destin. Leur réponse est cinglante.

Au 1er tour des élections présidentielle du 21 avril 2002, Robert Hue obtient 3,39%.

La transformation du PCF en parti social démocrate et sa participation au gouvernement Jospin ont donc été sévèrement sanctionnés une première fois par la majorité des électeurs et militant(e)s communistes.

Au lendemain du 21 avril 2002

Pour remplir le vide politique, le PCF entre 2002 et 2004, chaque rentrée de septembre, agite le hochet « des forums citoyens ».

Ce ne sont pas ces quelques centaines de personnalités réunies par département qui ont empêché la déliquescence du Parti…

Malgré un Congrès extraordinaire convoqué en mars 2003, la nouvelle direction nationale, soutenue par les refondateurs n’arrive pas à trouver, en s’appuyant sur les adhérents, ses propres perspectives communistes. « Il est toujours urgent d’attendre pour décider que les autres décident ».

Après le 29 mai 2005 alors que le pouvoir UMP était dans les cordes, les ténors du NON DE GAUCHE, mutants PCF en tête, ont appelé, non pas à abroger la traité de Maastricht, qui formait l’ossature de la Partie III de l’euro-constitution, non pas pour exiger le départ de Chirac et de son gouvernement désavoué par le peuple, mais à « renégocier la constitution européenne ». Dès le 29 mai Buffet a aidé Chirac à ce re-légitimer puisqu’elle l’a supplier de porter à Bruxelles la revendication des électeurs du NON.

Le recyclage euro-constructif du PCF-PGE laisse le champ libre à une gauche plurielle décaféinée qui ménage le pouvoir UMP et soutient l’intégration européenne au nom de l’introuvable « Europe sociale ».

Poursuite de son effacement….

La majorité du Comité national influencé par les mutants est incapable de prendre ses responsabilités. Cela est accentué par l’absence de repères idéologiques. « Il est de plus en plus éloigné des préoccupations des travailleurs et des citoyens ».

Puis il achève en 2004 sa mutation par son affiliation au Parti de la gauche européenne (PGE) réformiste et inféodé aux institutions de l’Europe supranationale.

Le PCF décide de poursuivre sa stratégie d’effacement de son organisation et de ses positions à l’occasion des échéances électorales de 2007, enfermant les communistes dans des collectifs dits « anti-libéraux » constitués pour le NON, les plaçant durablement (près de deux ans) sous leur tutelle.

Depuis cet instant l’activité indépendante du parti est paralysée sous prétexte de construire un programme anti-libéral et d’une candidature commune au 1er tour des présidentielles, ce qui divise encore un peu plus les adhérents.Après l’échec du « dépas-sement du capitalisme », les mutants de la direction soutenus par les refondateurs qui n’en ont tiré aucun enseignement, remplacent une confusion par une autre, et amènent les communistes vers un nouveau leurre « l’anti-libéralisme ».

Au-delà de quelques personnalités de bonne volonté, ces « collectifs » (national et locaux) sont des amalgames de groupuscules et de personnalités le plus souvent marqués par leur hostilité à l’organisation communiste.

Les rivalités d’ambition, les calculs politiciens et électoralistes ont donné au peuple de France pendant deux années une piètre image de leur « Nouvelle façon de faire de la politique »

Poursuite de la mutation suicide

Poursuivant sa stratégie suicidaire après l’échec de la candidature commune et dans le chaos le plus total Marie-Georges Buffet est désignée comme candidate au premier tour des présidentielles par le PCF-PGE, mais en supprimant son appartenance au Parti.

C’est avec cette absence de repères politiques et idéologiques en cultivant le flou sur la participation des communistes à une éventuelle « majorité Royal » qu’elle fait le lit de l’extrême gauche, confirmant son ralliement au « thèses euro-constructives » de la gauche antilibérale à laquelle vient de s’ajouter l’attitude négative des élus qui soutiennent d’autres candidats que bon nombre de communistes ne participent pas à la campagne électorale.

Le 22 avril 2007, ils votent dans tous les sens : s’abstiennent ou votent blanc, d’autres votent Bové, Besancenot, Royal… etc.

Devant l’image publique de la destruction du PCF par ses responsables eux-mêmes, des milliers d’électeurs et d’électrices qui comprennent de moins en moins sa politique et qui pourtant l’avaient toujours soutenu, souvent depuis des dizaines d’années, choisissent le vote dit « utile » Ségolène Royal

Depuis plus de 10 ans, Robert Hue, puis Marie-Georges Buffet ont abandonné toute ambition théorique, leur politique faillie n’a eu d’autres baromètres que les sondages.

Il ne faut pas chercher les responsabilités des 1,93% obtenus le 22 avril 2007 au premier tour des présidentielles, chez les autres, c’est bien le résultat d’une faillite politique.

Le naufrage de Marie-Georges Buffet, n’est pas celui du communisme c’est celui de la compromission électoraliste et du renoncement du socialisme.

Entrons en résistance

Face à la fascisante « Rupture » préparé par Sarkozy et le MEDEF, face au retour en force de la Constitution supranationale transformée en mini-traité constitutionnel pour le soumettre au parlement enterrant ainsi le NON du 29 mai, face au périls mortels qui menacent nos acquis sociaux, le droit de grève, les libertés républicaines et l’existence même de la France laïque et souveraine tous les communistes ont un devoir absolu de résistance.

Or, c’est l’inverse qui se produit, les dirigeants du PCF-PGE accentuent leurs dérives destructrices à l’heure ou il faudrait un Parti franchement communiste, une gauche anti-fasciste et anti-Maastricht, qui est indispensable pour riposter à l’ultra-droite.

Un parti nécessaire à la classe ouvrière et aux travailleurs pour agir indépendamment des partis bourgeois de gauche et de droite, un parti indépendant du PS, actif à l’entreprise et proche de la jeunesse, un parti pour mettre en pratique les enseignements de Marx, d’Engels et de Lénine.

Avec une approche de classe des problèmes sociaux, une approche de classe de l’état de la démocratie, c’est un minimum pour qu’on puisse se dire communiste.

Le Congrès de décembre 2007

À l’annonce du Congrès de fin 2007 les manœuvres de travaux pratiques de la liquidation sont engagés, mettant en évidence la faiblesse de la théorie de l’opposition interne, ceux qui s’imaginent et font croire qu’uniquement de l’intérieur « on peut remettre le PCF sur les rails de la lutte de classe ».

Après avoir renié l’un après l’autre ses principes idéologiques, après avoir dénigré sa propre histoire et celle du mouvement communiste international, après avoir rallié la « Constitution européenne » sous prétexte de la « réorienter dans un sens progressiste », après s’être affilié au Parti de la gauche européenne qui inscrit son action dans le cadre réformiste de l’Europe capitaliste, après avoir aidé aux privatisations en participant au gouvernement Jospin, après avoir refusé de mener campagne lors des présidentielles sous l’étiquette PCF. Les déclarations des naufrageurs du Parti communiste français ne se font pas attendre.Pour GAYSSOT il est temps de dépasser la référence « stricte du Parti communiste », « à quoi servirait de prolonger des références qui n’ont plus d’avenir ».HUE et ses amis présentent un texte appelant à la fondation d’un nouveau parti et au changement de nom. Blottin et Magnon réclament la fondation d’un autre parti. Wurtz et des amis veulent créer une « Force d’avenir » avec le PS.Zarka, Martelli, Braouzec y vont aussi de leurs couplets. Gerin, a annoncé qu’il sera candidat au poste de secrétaire général pour construire « Un humanisme révolutionnaire » ça veut dire quoi ? Buffet répond « Il n’y pas de tabou ».

Ce qui sera décisif, sera la capacité des communistes restés membres du PCF et ceux qui luttent de l’extérieur d’unir leurs forces dans un combat de classe, et aussi pour peser ensemble sur le Congrès : La perspective ne peut pas être de renforcer la gauche dans le comité national d’un parti en voie de liquidation, mais d’utiliser la bataille autour du Congrès pour regrouper ceux qui veulent continuer et reconstruire le Parti communiste crée à Tours, indépendamment des liquidateurs et semi-liquidateurs, et sans jamais perdre de vue le combat de classe contre la « rupture » euro-sarkoziste.C’est pour faire barrage au suicide organisé que depuis 2003, nous avons adhéré au Pôle de la renaissance communiste en France (PRCF), crée dans notre département Renaissance communiste en 93, qui regroupent des membres du PCF actuel ou d’anciens membres pour lutter contre l’entreprise de démobilisation et les dérives social-démocrates des dirigeants du PCF-PGE.

Aujourd’hui avec les déclarations qui se multiplient pour détruire le parti, la responsabilité des vrais communistes est encore plus grande, il faut empêcher le lancement d’un parti progressiste se substituant au PCF pour bloquer la reconstitution d’un vrai Parti communiste et d’une vrai gauche anti-Maastricht.

Il faut se rassembler pour la renaissance d’un Parti communiste unissant le drapeau rouge au drapeau tricolore qui est vital pour les travailleurs et de la démocratie.

Si nous voulons sauver l’avenir du communisme en France, il ne faut plus nous semer d’illusions sur la « reconquête » d’un appareil ligoté au PS et miné par les luttes de clans.

N’attendons pas, comme un miracle, un véritable débat d’un Congrès qui est déjà verrouillé d’avance.

Les militants de Renaissance communiste en Seine Saint-Denis vous lancent un appel :

Il est urgent que tous les Communistes s’unissent par delà leurs différentes situations : Anciens membres en désaccord politique, avec ceux qui ont conservé leur carte du PCF avec ou sans espoir de le reconquérir de l’intérieur et qu’ils viennent nous rejoindre de façon que nous puissions bâtir ensemble le changement : LE SOCIALISME.

Renaissance communiste 93

http://prcf93.over-blog.fr/

Messages

    • je partage pas cette explication datant des années 2000 le recul et le déclin du PCF.

      L’effondrement du PCF était de toutes façons inscrit dans sa stratrégie suicidaire( que j’ai pleinement et activement accompagné !) d’alliance Programmatique .
      En ce sens je suis plus ancien "liquidateur objectif" que Hue et sa guitare sur TFi
      Le reconnaitre est douloureux..!!

      Par ailleurs, j’estime que si le relookage baptisé mutation a accéléré le mouvement, si la participation à la tragédie "plurielle" a ajouté de la FESSEE sur l’affaiblissement, le refus de prendre en compte un besoin de revoir la conception "léniniste du parti" a pesé lourd : - Balancier faisant passer de de " l’avant garde" d’orga du Parti révolutionnaire avec "centralisme démocratique" portant la ligne à l’auberge espagnole sans ligne, sont des raisons assez fondamentales à analyser..

      c’est la raison d’ailleurs pour laquelle je ne crois absolument pas possible la reconstruction d’un Parti Communiste avec une matrice de l’actuel PCF..Je l’ai écrit ici et là : Percer le Béton du Capitalisme pour abattre le mur avec une perceuse sans courant ni piles, avec de plus, une mèche en bois ..c’est "Mission Impossible"
      Cordial’
      Ac.

    • Tu devrais aller et nous donner la liste des réformes que tu as voté et de celles que tu refusé. Alors, et toi, et nous on y verra plus clair !

      CN46400

    • OUI >>>> IL NOUS FAUT PARTIR DE CETTE CRITIQUE ROBORATIVE

      POUR ALLER DE L’AVANT

      THÉORIQUEMENT ET PRATIQUEMENT

      ET RASSEMBLER

      TOUS LES COMMUNISTES DE COEUR ET DE RAISON !

      RBBR

  • D’accord avec cette chronologie et cette analyse, mais pourquoi diable mettre - comme en passant - André Gérin dans le même sac que les traîtres et les mous du genou ? ça fout tout le texte en l’air et ça met le doute sur les intentions de ses auteurs.

  • C’est aussi la confirmation du refus, une nouvelle, fois d’entamer une étude sur la contrerévolution qui a détruit l’URSS et les pays socialistes. Une catastrophe historique pour le rapport de forces mondial entre le Capital et le Travail.

    C’est quoi l’analyse du PRCF93 sur ce sujet ?

    Et sur le congrès de 1976 on dit quoi au PRCF93 ?

    Puis il achève en 2004 sa mutation par son affiliation au Parti de la gauche européenne (PGE) réformiste et inféodé aux institutions de l’Europe supranationale.

    Peut-tu me démontrer :

     que les nation ont toujours existé ?

     quelles existeront toujours ?

     quest-ce qu’on dit aux millions d’ouvriers, de producteurs français, qui travaillent à l’export ?

    CN46400

  • Dans les milieux proches de la direction nationale circule le bruit que le congrès de décembre 2007 pourrait avoir lieu dès décembre 2008.

  • D’accord avec cet article et aussi avec le commentaire de Alain Chancogne : remonter aux années 2000 est un peu court.

    Le PCF a commencé à perdre des électeurs au début des années 70, car Mitterrand savait utiliser le programme commun pour semer la confusion, alors qu’il était fermement décidé à ne pas l’appliquer. Les électeurs ont prouvé qu’il aurait eu tort de se gêner.

    Mais la direction en a tiré les conclusion à l’envers : Elle a renoncé, au nom de l’échec de la "démarche programmatique" à faire des propositions concrètes et cohérentes, par contre, elle a continué de s’allier avec des magouilleurs décidés à descendre le parti. Je ne suis pas indulgent avec les électeurs qui aiment un peu trop acheter les salades qu’on leur vend, mais il faut dire que la direction du PCF a cherché le bâton pour se faire battre.

    C’est après 1989 qu’on a ensuite raté des occasions. Si le régime de restauration actuel est désastreux à l’Est, il faut se rappeler que l’image des gouvernements communistes était très pénalisante pour les communistes français : des vieux staliniens accrochés à leur pouvoir jusqu’à leur mort et des partis dont plus des 3/4 des membres n’étaient là que par carriérisme.

    J’estime que leur chute a crevé un abcès. Qu’à quelque chose malheur soit bon, c’était l’occasion de refonder le communisme sur des bases saines, en contestant le régime de restauration, en montrant que toutes les "modernisations" ne sont que dramatiques retours au 19ème siècle, etc.

    Je maintiens qu’il faut développer entre autres un concept de "pouvoir du salariat" en lieu et place de la dictaure du prolétariat, ce que le parti communiste n’a pas su faire en 1976, même si cela ressortait des discussions.

    Ceux qui m’ont vertement repris la dernière fois quand j’ai dit que le concept de dictature du prolétariat était périmé ont confirmé juste après qu’ils étaient d’accord avec moi : c’est bien une immense majorité qui a désormais intérêt à la révolution et plus seulement le noyau prolétarien de la classe ouvrière. Des cols blancs qui faisaient figure de petits bourgeois il y a cinquante ans sont aujourd’hui prolétarisés. Des ingénieurs de fabrication font tourner des machines numériques dont les ancètres à vapeur étaient confiés à des ouvriers. etc, etc, pas le temps de détailler.

    La bourgeoisie impose une dictature, c.a.d. le pouvoir absolu d’une minorité. Si on arrive à mettre au pouvoir 80 à 85 %de la population, il est difficile de parler de la dictature d’une classe sociale. D’autant que seulement 5 % de très gros bourgeois ont intérêt à ce que rien ne bouge. Les 10 à 15 % qui restent étant pour la plupart dans des professions qui dépendent du pouvoir d’achat des salariés, retraités, etc.(imaginez les toubibs sans la sécu : c’est retour au "voyage au bout de la nuit").

    Conclusion pessimiste : avant que tout ce monde ait pris conscience de ses intérêts, les militants les plus endurants seront morts de vieillesse.

    Sauf si un parti bien organisé se décide à vraiment expliquer les choses clairement. Le PCF est-il capable de se reprendre ? Un autre parti devra-t-il prendre le relais ? Ou est-ce-que tout est foutu ? Je me prends de plus en plus à le craindre.

    • Je maintiens qu’il faut développer entre autres un concept de "pouvoir du salariat" en lieu et place de la dictature du prolétariat, ce que le parti communiste n’a pas su faire en 1976, même si cela ressortait des discussions.

      Quand on critique honnêtement, un mot ou une formule énoncée plus d’un siècle avant on prend soin de noter les différences de sens que ce mot ou cette formule peuvent avoir subit au cours des ans. Le mot dictature ne recouvre pas la même chose en 1848 (dictat, impératif..) et en 1948 (Hitler, Franco etc...). Les mot "prolétariat" est, chez Marx une "immense majorité" en opposition avec une "infime minorité", la bourgeoisie. Rien à voir avec le "coeur de la classe ouvrière" inventé par Marchais et ses accolytes du moment, Kanapa et Juquin.

      CN46400

  • Très bien tout ce que contient votre message,on peut être d’accord sur pratiquement tout,sauf que finalement le joli nom de PARTI COMMUNISTE fRANCAIS disparait à ce qui me semble être aussi un nouveau parti !!! Amicalement. AL de TOULOUSE ;

  • Nouveau refus d’analyser
    la chute des pays socialistes

    C’est aussi la confirmation du refus, une nouvelle, fois d’entamer une étude sur la contrerévolution qui a détruit l’URSS et les pays socialistes. Une catastrophe historique pour le rapport de forces mondial entre le Capital et le Travail. Le 31ème Congrès, comme les autres avant, n’a pas réagi, malgré la demande de nombreux adhérents, par une défense critique et indispensable, mais a continué a rejeter tout en bloc : les acquis, les victoires et les avancées, du camp socialiste.

    Il est exact qu’il manque d’une analyse de classes sérieuse des sociétés des pays de l’est et non du camp socialiste comme il est dit faussement ici, les travailleurs dans ces pays n’ayant pas eu le pouvoir sauf de façon très partielle et dans certains pays (autogestion limitée en Yougoslavie, communes populaires chinoises dont 1/3 des dirigeants étaient élus, conseils ouvriers de Hongrie 56 et de la Tchécoslovaquie en 68 et évidemment soviets de 1917 puis déclinants, etc).

    On n’a eu que trop tendance à estimer que l’affaire était globalement conclue du moment que la bourgeoisie avait été éjectée. On sait maintenant évidemment qu’il n’en était rien. Le fait que pratiquement tous les processus se sont terminés par le rétablissement du capitalisme et la transformation de l’essentiel de la couche bureaucratique dirigeante en bourgeoisie pur sucre, montre qu’on n’en a pas finit de l’analyse des sociétés de l’est, chinoises et indochinoises .

    La structure même du pouvoir dans ces pays nécessitait des concessions substantielles aux travailleurs en termes de conquêtes sociales (santé, éducation, etc) pour assurer la stabilité au pouvoir d’une nomenclatura policière. La transformation en bourgeoisie de cette couche sociale assure plus de sécurité matérielle et physique à celle-ci, diminue la nécessité de concessions populaires codifiées, ce qui explique sa tendance profonde à se transformer en bourgeoisie en plus de la très grande proximité de ses modes de commandement avec ceux de la bourgeoise (pour une bonne raison d’ailleurs, la bureaucratie dirige également l’état et les entreprises capitalistes mais elle’ est tenue en laisse par la bourgeoisie).

    Dans les sociétés de l’Est la lutte de classes a existé et continué, l’ossature même du pouvoir constitué de flics, de militaires et de dirigeants de combinats , de multiples parasites, a constitué une couche sociale puissante ne tenant que par sa capacité à réprimer l’intérieur et les pays "satellites".

    Parler de camp socialiste est une farce quand on songe que cette couche dominante s’est transformée d’un bloc en classe capitaliste. Et ça c’est fait d’autant plus aisément que les travailleurs n’avaient pas de pouvoir,pas le pouvoir, même dans leurs entreprises.

    Alors c’est vrai le PCF n’a toujours pas d’analyse sérieuse des pays de l’Est, le "c’est la faute à Staline" ne pouvant expliquer que de mêmes processus se soient reproduits dans d’autres pays comme la Chine .

    C’est que cette question d’une caste, d’une nomenclatura, ou plus simplement d’une couche sociale ayant tendance profonde à s’autonomiser tant de la classe ouvrière que de la bourgeoisie est une donnée inhérente aux sociétés de classes depuis très longtemps , dans l’histoire, dans l’espace et dans tous les niveaux de développement des états.

    Cette couche sociale a été appelée bureaucratie , montrant ainsi une couche sociale ayant des interets matériels , exerçant un pouvoir, cherchant à le reproduire et à fonctionner collectivement pour le sauvegarder.

    Cette bureaucratie est, par nature, plus proche de la bourgeoisie que du prolétariat, car elle emprunte beaucoup du despotisme de la bourgeoisie. Elle existe dans les pays capitalistes sous plusieurs formes dont la plus importante(en puissance et pouvoir) n’est pas la bureaucratie des partis et syndicats construits sur un compromis capital-travail (malgré l’extreme nocivité de celle-ci pour le prolétariat), mais dans les grandes entreprises capitalistes qu’elle dirige au service de la bourgeoisie.

    Dans les pays capitalistes, la nomenclatura bureaucratique qui dirige et planifie les états, les grands groupes capitalistes nationaux et internationaux est la soeur de lait de celle qui dirigeait les grands combinats de l’Est et de l’appareil d’état anti-ouvrier, mêmes méthodes, mêmes désirs d’autonomie et de fonctionnements despotiques contre la classe ouvrière.

    La seule différence étant qu’en régime capitaliste la bourgeoisie la tenait en laisse de près.

    Nous n’en avons pas fini avec le mécanisme nomenclaturiste et je pense qu’il y a des choses à comprendre qui ne concernent pas que l’histoire, mais le présent et l’avenir dans les mécanismes de cette couche sociale (ses tendance inhérentes à se transformer en bourgeoisie).

    Cette question est devenue une question importante dans la lutte des classes et les mécanismes d’accès au pouvoir des travailleurs, elle est également source de contradictions à l’intérieur du capitalisme.

    Si il y a une analyse à tirer ce n’est pas exactement de se saouler aux déclarations, et envolées lyriques bien rouges de l’ex camp prétendument socialiste (les mêmes qui sont devenus des chevaliers de la finance cravates au vent, après avoir pillé leurs états) mais travailler à l’analyse de classe concrète de ces sociétés, ses mécanismes particuliers et repérer comment elle est à l’œuvre sous l’empire même du capitalisme.

    La nomenclatura bureaucratique nait des insuffisances mêmes des deux grandes classes mondialement en lutte, le prolétariat et la bourgeoisie, avec des inflexions particulières suivant les phases où la bourgeoisie a été éradiquée et celles où cette classe est dominante.

    • En fait l’analyse est selon moi relativement simple. Le socialisme ou communisme de premier niveau pour parler comme Lénine ne peut exister que là où l’accumulation primitive du capital est achevée. Or l’histoire a mis les communistes au pouvoir dans des pays, URSS ou Chine qui n’avaient pas atteint ce stade. Après avoir compté sur la révolution allemande pour surmonter cet handicap, Lénine a du se résoudre à la NEP qui faisait appel au capitalisme, y compris étranger, pour réaliser ce qu’il sait faire : accumuler du capital.

      Après la mort de Lénine, Staline a surfé sur les défauts apparents, les inégalités, et sur les erreurs politique de ses adversaires Boukharine et surtout Trotsky (la révolution permanente), pour imposer sous le couvert du "socialisme dans un seul pays" un processus volontariste d’accumulation, exode rural forcé (collectivisation), travail forcé (goulag) etc.. Cette accumulation a sans doute permis un certain décollage et surtout un équipement militaire suffisant pour battre les nazi et tenir la dragée haute à l’impérialisme US jusqu’en 1990, mais a été incapable d’apporter au peuple le "beurre" qui était promis en 1927.

      En Chine, après 30 années d’alternoiements, Cent fleurs, bond en avant, révolution culturelle, etc..Teng Xiao Ping a repris la formule de la NEP. La vitesse de l’accumulation que chacun peut constater, lui donne pour le moment raison, la traversée de la crise capitaliste actuelle sera sans doute le juge de paix de cette expérience.

      CN46400

    • Cher CN46400,

      J’apprécie le renseignement sur ce que Marx considérait comme prolétariat. J’ai assez peu lu les grands fondateurs du communisme. Je suis juste un simple citoyen qui a envie d’ouvrir sa gueule, et c’est peut-être cela aussi le communisme. Me tromp’je ?

      Je vis dans un entourage plutôt conservataur et je n’ai qu’Internet pour fréquenter des gens qui pensent à peu près comme moi.

      Mais à quelque chose malheur est bon et je peux te dire quelque chose de sûr : avant que 50% des 30 millions d’électeurs qui ont intérêt à virer le MEDEF et se acolytes du pouvoir aient compris les différents sens du mot dictature entre 1848 et nos jours autant que entre dictature du prolétariat et dictature de la bourgeoisie, la dérive des continents sera achevée.

      Donc, j’insiste, car je suis têtu : Pour cette raison là AUSSI, il faut donner un héritier au concept de dictature du prolétariat, et si "pouvvoir du salariat" ne convient pas, que ceux qui s’y connaissent plus que moi en cherchent un autre.

    • Il vaut mieux parler de "pouvoir des travailleurs" que "pouvoir du salariat", vu que l’on défend l’émancipation du travailleur de sa condition salariée, et l’abolition du salariat.

    • Soyons sérieux, en 76 des quantités de camarades ont cherché partout, dans tous les Robert et les Larrousse réunis, ils n’ont rien trouvé de convenable. Ceci étant ce concept, sauf exception, n’est pas à utiliser dans la lutte politique courante. Par contre, dans les débats constructifs, il permet de bien comprendre le comportement politique des marxistes ; pourquoi , systématiquement, ils se déterminent en fonction des intérêts du prolétariat qui est "l’immense majorité" en opposition à ceux de la bourgeoisie (infime minorité). De même quand je qualifie le régime de Sarko de "dictature de la bourgeoisie", je ne dis pas que la France est couverte de camps de concentration, ni que les liberté essentielles sont bafouée, je dis que tous les matin , devant sa glace, Sarko ne se pose en définitive qu’une question : que vais-je faire aujourd’hui pour améliorer l’exploitation des prolétaires !

      Ci dessous le commentaire de Sonia Dayan-Herzbrun dans sa présentation de la critique du programme de Gotha récemment réédité par la GEME

      La phase de transition est la dictature révolutionnaire du prolétariat. Si cette formule ne figure qu’à quelques reprises dans l’œuvre de Marx, elle est toujours affirmée avec une certaine solennité. Les premiers programmes de la social-démocratie la négligent, et elle ne deviendra canonique que plus tard, avec le mouvement communiste d’inspiration léniniste.

      Pour tenter de saisir le sens que Marx pouvait donner à une expression qui aujourd’hui nous pa­raît aussi énigmatique que paradoxale, il convient de rappeler trois points. D’abord, que le prolétariat, qui est appelé à exercer la dictature, est une classe universelle, porteuse de l’émancipation humaine, et que la dictature du prolétariat doit être considérée comme la dictature de tous pour l’émancipation. Mais ce terme même de dictature ne revêt pas pour Marx, fin connaisseur de l’histoire romaine, le sens que nous lui donnons aujourd’hui. Il n’est que de se référer à la lecture que Machiavel en propose dans ses Discours sur la première décade de Tite-Live : « La dictature, écrit-il, tant qu’elle fut conférée par la loi et non par la violence, produisit toujours les plus grands biens ». Le dictateur, faut-il le rappeler, était dans la république romaine un magistrat nommé de façon temporaire soit pour mener à bien une affaire et une seule, soit pour exercer les pouvoirs exécutif et judiciaire. Ce caractère limité dans le temps et toujours révocable correspond bien à la fulgurance révolutionnaire. Révolutionnaire, la dictature du prolétariat l’est encore par rapportr à la dictature des anciens romains, en ce qu’elle est exercée non par un mais par tous, ou en tous cas par tous les opprimés....

      Mais il faut dire que la pollution apportée par Staline qui qualifiait lui-même sa dictature de "régime de la dictature du prolétariat" est loin d’être neutre dans cette sémantique.

      CN46400

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