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Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate
Publie le mercredi 12 novembre 2008 par Open-Publishing6 commentaires
Trop c’est trop. Voilà que les votants du texte de la majorité sortante se mette à le lire. Et que constatent-ils ? Qu’en plus de l’absence de toute référence aux marxisme en général, à l’exploitation capitaliste du travail humain et à la lutte de classes aux intérêts antagonistes en particulier, ils ont voté pour des "transformation profondes" de leur parti, qui n’étaient précisées nulle part.
Et les "transformations profondes", la "métamorphose", comme il disent, arrivent. Chacune avec son petit chapelet de signatures, qui a l’air de nous faire remarquer que si les communistes sont tous égaux, certains seraient, quand même, plus égaux que d’autres. MGB a ouvert le bal vendredi dernier dans l’Huma, ou dans un long texte, encadré par une épaisse langue de bois on peut lire :
»Enfin, un enjeu décisif du congrès touche à notre parti lui-même. Après avoir étudié les différentes hypothèses formulées, je fais le choix comme tant d’autres de la nécessité de faire vivre, de faire grandir, de transformer le Parti communiste français. C’est-à-dire non pas seulement une « organisation », mais un parti politique, dont la vocation est d’être et de demeurer l’une des principales formations politiques de notre pays. Et non pas « un Parti communiste », mais le Parti communiste français, sa force militante et électorale, son implication dans les luttes, sa capacité d’action et surtout son potentiel de développement. Sans doute le texte qui sera adopté au congrès gagnera-t-il à s’expliquer davantage sur les raisons politiques, et non pas sentimentales, de ce choix.
Mais j’écris aussi « potentiel de développement ». Car la question de la vie, du rôle, de l’avenir du PCF demeure ouverte. Son existence dépend bien sûr de la décision de ses adhérent(e)s. Elle dépend surtout de notre peuple. Il ne peut exister, comme parti qui influe sur la société, que si ce peuple a le sentiment qu’il lui est utile. Et il ne peut l’être qu’en se transformant profondément. La base commune est jugée insuffisante par de nombreux camarades sur ce point, mais une fois dit cela, les réponses ne se trouvent pas d’elles-mêmes ! N’avons-nous pas à mieux cerner ces « transformations nécessaires » pour rentrer dans le vif du débat ! »
On remarquera que MGB appelle des transformations, mais elle se garde bien de faire le bilan de celles qui depuis 76, ont été menées par les directions successives, et toujours dans le même sens, vers la droite ! Toujours moins de marxisme, et toujours plus de réformisme, d’opportunisme. MGB a appartenu à un gouvernement, sympathique sur la forme, mais tachéro-blairien sur le fond, quelle leçon en tire-t-elle ?
Elle dit l’union, elle implore l’union, elle a raison, mais en quoi l’union obligerait-elle à faire du PC la photocopie du PS. Bref relisons ensemble cette phrase du Manifeste :
Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points :
-Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, il mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat.
-Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.
En quoi le changement de nom résout une seule de ces deux conditions ? Dans les gouvernements Mauroy et Jospin les cocos ont-ils sérieusement pris en compte ces deux conditions ? Qu’a-t-on fait pour que ses distinctions par rapport au PS apparaissent au grand jour ? Au contraire, toujours, on a laissé entendre, quand on ne le disait pas ouvertement, qu’il y avait accord sur le programme de ces gouvernements ! Le programme du parti, approuvé par les congrès, a toujours été mis en veilleuse dans ces périodes, remplacé par l’erhzagt imposé par le PS, résultant des accords de sommet.
N’est-ce pas là une raison essentielle de nos problèmes. A quoi sert d’étudier et de proposer un programme si par avance on sait que lorsqu’on sera le mieux placé pour l’appliquer, il sera abandonné sur l’autel de ’l’union contre la droite » ? ou appliqué de telle façon que cet enfant est devenu méconnaissable (ex:81) ?
C’est là, et bien là, que git le pb, et pas dans la « dictature du prolétariat », « le centralisme démocratique », le nom du parti et autre billevesées. C’est vrai que l’image du Pcf n’est pas bonne mais qu’elle est-elle ? Celle d’un PS bis qui ne passerait pas ou mal à la télé ! Et ce n’est là que le résultat de pratiques politiques systématiques et vieilles de plus de 40 années maintenant, et pas de pb idéologiques qui de toutes façons dépassent les préoccupations des français moyens. Bien sûr, si le cas Staline avait été correctement traité en son temps, des alibis utilisés par les socialistes auraient eu moins d’effets, mais soyons sérieux, le Ps français c’est aussi la torture en Algérie et le goulag dans les plantations Michelin du Vietnam jusqu’en 54 (1 an après la mort de Staline)
Voilà pourquoi je pense que congrès des structures de base du Pcf qui se réunissent en ce moment doivent saisir cette occasion pour :
-1-remettre Marx et sa démarche au centre de nos raisonnements, en relançant la recherche et la diffusion du marxisme.
– 2-Placer notre action au coeur d’un internationalisme militant contre tous les impérialismes qui, par la force, ou par des accords inégaux, pillent les richesses d’autrui.





Messages
1. Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate, 12 novembre 2008, 20:40
Comme le Peuple ne juge pas utile l’existence du PCF (voir les résultats électoraux de ces dernières années) il faut donc le liquider et faire comme le PS et la Droite au pouvoir avec les Services Publics : "relooker" la façade et démolir tout ce qu’il y a derrière, pour rassurer les forces du Capital et continuer à faire de la politique à partir des entreprises de sondages d’opinion. Quant aux militants, ce qui compte c’est d’en garder surtout pas comme décideurs mais comme main d’œuvre gratuite. La langue de bois , c’est pour masquer le désert de la pensée et la perte de contact avec le "terrain" , cela permet de noyer le poisson et éviter que l’on ose s’en mêler.
Cette direction a fait son temps : qu’on la remette au boulot, celui des gens ordinaires comme nous. JdesP
1. Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate, 13 novembre 2008, 13:42
ce n’est pas exactement MGB qui a "ouvert le bal" après le vote, mais la fine brochette Auguste, Borvo, Cohen, etc......dès le 6 novembre, dans un impeccable timing, coordonné avec MGB.
comme si c’était La Crise, tombée du ciel un 15 septembre (!), qui nécessitait une actualisation du texte de la Base UNIQUE de discussion.
tout çà pour effacer 90 ans d’Histoire (plus fort que Sarko !!!)
assez de parlotes et au boulot !
un Parti communiste peut se recréer et vivre sans subsides de l’Etat et sans co gestionnaires (elus) du Kapital.
2. Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate, 14 novembre 2008, 08:45, par Copas
Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate
Définir ce qu’on entend comme social-démocratie :
1) type d’organisation, tailles des groupes locaux, réseaux, géographiques , entreprises, etc
2) démocratie interne , rotation des postes dirigeants, dirigeants permanents ou pas, droits d’expression internes, existence d’une démocratie interne codifiée organisant ou pas une stricte égalité entre les courants composants toujours un parti (un parti a toujours des courants, des tendances, que ceux-ci soient interdits ou pas), existences ou pas d’instances réglant les conflits internes de façon démocratique, le type de centralisation existant, etc.
3) orientation théorique (objet du parti, reconnaissance de la lutte des classes ou pas, estime-t-on le capitalisme comme indépassable , etc).
4) pratique réelle (chanter l’internationale à la fin des congrès comme longtemps au PS et privatiser comme des boeufs, agresser les travailleurs, licencier des travailleurs de la santé dans les grandes villes, etc)
5) composition sociale (couches sociales représentées dans un parti, âge, part des retraités, des bourgeois, de telle ou telle profession, etc).
6) Existence ou non d’une nomenclatura du parti ayant intérêt matériel à ses positions (proportions d’élus payés, de permanents, de permanents d’organisations sociales proches, de permanents payés par l’état du fait de l’influence du parti) . A partir de quelle proportion et à quel niveau de direction une telle couche sociale finit par confondre ses problèmes de survie et d’auto-reproduction avec l’orientation de son parti.
7) Enfin qu’elle est la part d’imprévisibilité de la trajectoire d’un parti (rôle des individus, etc)
Il est très difficile de caractériser ce qu’est un parti et on le fait trop souvent en partant de sa politique déclarative et pas assez souvent sur ses actes et sa nature .
Si nous réussissons à bien comprendre ce qu’est une formation politique particulière nous pouvons mieux comprendre alors ce qu’on peut en attendre, ce qu’on ne peut pas en attendre, si des courants plus ou moins importants peuvent rompre avec une orientation, si une dynamique unitaire est possible avec un parti.
On se plonge souvent avec délice dans les textes et les positions annoncées en pensant que ceux-ci caractérisent une orientation.
Ce n’est pas exactement le cas .
Ainsi, très souvent une pratique concrète précède une inflexion stratégique théorique. Et ce sont bien les actes qui importent , les paroles en font partie mais n’en sont que partie.
Exemple d’exercice pratique, le PS est-il social-démocrate ?
Je pense que ça serait bien qu’on détermine un système d’analyse cohérent de ce que sont les partis. J’ai essayé d’en donner là les points, je ne suis pas sûr .
J’ai l’intuition que cette question joue un rôle important pour évaluer des courants politiques.
3. Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate, 14 novembre 2008, 08:45, par Copas
Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate
Définir ce qu’on entend comme social-démocratie :
1) type d’organisation, tailles des groupes locaux, réseaux, géographiques , entreprises, etc
2) démocratie interne , rotation des postes dirigeants, dirigeants permanents ou pas, droits d’expression internes, existence d’une démocratie interne codifiée organisant ou pas une stricte égalité entre les courants composants toujours un parti (un parti a toujours des courants, des tendances, que ceux-ci soient interdits ou pas), existences ou pas d’instances réglant les conflits internes de façon démocratique, le type de centralisation existant, etc.
3) orientation théorique (objet du parti, reconnaissance de la lutte des classes ou pas, estime-t-on le capitalisme comme indépassable , etc).
4) pratique réelle (chanter l’internationale à la fin des congrès comme longtemps au PS et privatiser comme des boeufs, agresser les travailleurs, licencier des travailleurs de la santé dans les grandes villes, etc)
5) composition sociale (couches sociales représentées dans un parti, âge, part des retraités, des bourgeois, de telle ou telle profession, etc).
6) Existence ou non d’une nomenclatura du parti ayant intérêt matériel à ses positions (proportions d’élus payés, de permanents, de permanents d’organisations sociales proches, de permanents payés par l’état du fait de l’influence du parti) . A partir de quelle proportion et à quel niveau de direction une telle couche sociale finit par confondre ses problèmes de survie et d’auto-reproduction avec l’orientation de son parti.
7) Enfin qu’elle est la part d’imprévisibilité de la trajectoire d’un parti (rôle des individus, etc)
Il est très difficile de caractériser ce qu’est un parti et on le fait trop souvent en partant de sa politique déclarative et pas assez souvent sur ses actes et sa nature .
Si nous réussissons à bien comprendre ce qu’est une formation politique particulière nous pouvons mieux comprendre alors ce qu’on peut en attendre, ce qu’on ne peut pas en attendre, si des courants plus ou moins importants peuvent rompre avec une orientation, si une dynamique unitaire est possible avec un parti.
On se plonge souvent avec délice dans les textes et les positions annoncées en pensant que ceux-ci caractérisent une orientation.
Ce n’est pas exactement le cas .
Ainsi, très souvent une pratique concrète précède une inflexion stratégique théorique. Et ce sont bien les actes qui importent , les paroles en font partie mais n’en sont que partie.
Exemple d’exercice pratique, le PS est-il social-démocrate ?
Je pense que ça serait bien qu’on détermine un système d’analyse cohérent de ce que sont les partis. J’ai essayé d’en donner là les points, je ne suis pas sûr .
J’ai l’intuition que cette question joue un rôle important pour évaluer des courants politiques.
1. Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate, 14 novembre 2008, 09:49
La social démocratie proclame la suprématie de "l’immense majorité", le prolétariat, par la conciliation permanente avec "l’infime minorité", la bourgeoisie, plutôt que par la lutte. Voilà pourquoi la social démocratie n’a jamais renversé, et ne renversera jamais, le pouvoir de la bourgeoisie. pour s’entendre il faut être deux !
La composition de ces partis correspond, bien sûr à cet objectif, ce sont des parti-guide commandés par bourgeois, sinon dans les fait ,du moins dans les têtes !
CN46400
2. Pcf : Sortir de l’impasse social-démocrate, 15 novembre 2008, 10:55, par Cop
Je comprends ce que tu dis, mais il me semble quand même que les frontières ne sont pas si évidentes et c’est pour cela que je proposais une palette d’éléments pour affiner les diagnostics et surtout les rendre utiles.
Sur ta définition, et je suis OK avec toi, le PS ne correspond pas à de la social-démocratie mais se place + à droite encore, car il n’est plus pour la suprématie du prolétariat . Il ne la proclame plus , mais, pire encore, et sur ce qui compte, il travaille en faveur du capitalisme et contre le prolétariat.
De même que l’entendement entre capitalisme et prolétariat suppose que l’on vienne d’un des deux camps. Hors, si jusqu’à l’avant-guerre, la SFIO était un courant du prolétariat (avec un appareil dirigeant bureaucratisé et déjà en belle partie bourgeois), son lointain successeur , le PS, ne l’est plus du tout. Le seul lien avec le prolétariat qu’il a est purement électoral, impossible à décrypter du reste de son électorat.
Il ne peut donc s’entendre avec le capitalisme car cela pousserait à penser que le PS est quelque part du côté du prolétariat, ce qu’il n’est plus depuis pas mal de temps. Il ne rassemble plus le prolétariat (même électoralement).
J’en reviens au début de mes interrogations, définir un parti pour ce qu’il est, programme, composition, positionnement dans la lutte des classes, existence ou non d’une couche sociale cristallisée dans un parti ayant des interets matériels personnels et fonctionnant collectivement pour les sauvegarder (donc poussant dans les partis à la prorogation d’un équilibre entre prolétariat et bourgeoisie), pratiques réelles....
Social-démocratisme (au sens des années 20)
Ainsi je trouve des différences entre un social-démocratisme spontané que l’on retrouve en permanence dans le quotidien parmi les travailleurs, un social-démocratisme cristallisé en organisation et un social-démocratisme cristallisé en organisation avec à sa tête, et influant décisivement, un appareil ayant des interets matériels à sa position par rapport au reste des militants.
Je n’ai pas la même appréhension du tout envers les éventails de ces cas de figure.
Un parti non bureaucratisé mais ayant des tendances puissantes à la social-démocratie est susceptible d’évoluer sous les coups de la lutte des classes et des débats.
Un parti bureaucratisé ayant des tendances puissantes à la social-démocratie préfèrera essayer de tuer le parti plutôt que de laisser chemin libre à ses militants.
L’un oscillera et peut être gagné, l’autre c’est plus compliqué, ça ne se fait que par des gros clashs. Des batailles très cruelles où on n’affronte pas que des idées, mais également des interets matériels au social-démocratisme. Ou ce qu’un appareil croit être ses interets matériels (on leur accordera une tendance profonde au suicide des fois).
Dans la phase actuelle d’offensive violente du capitalisme allant crescendo depuis des années, les tendances à la conciliation entre capitalisme et prolétariat sont malmenées, le grain à moudre qui permettait à des appareils de se structurer sur l’équilibre entre prolétariat et bourgeoisie est enlevé, même pour des miettes... (d’où glissements plus à droite et sorties de la Social-démocraties des PS).
Quand à la grande masse des travailleurs, leur mise en mouvement les amènent au social-démocratisme comme première phase de politisation . Le débat est d’un autre ordre, et il se combine surtout à la recherche de cadres organisationnels unifiants tous les travailleurs dans la lutte des classe, meilleur moyen pour faire progresser un débat sur ce qu’il y a à faire.