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Projet de MANIFESTE DU 34e CONGRES DU PCF
Publie le mardi 9 décembre 2008 par Open-Publishing4 commentaires
Certains camarades estimant le texte de la base commune trop long et trop peu tonique ont souhaité un manifeste à présenter à la population. Voici la proposition que j’ai faite. Elle est naturellement amendable.
MANIFESTE DU 34e CONGRES DU PCF
7 ans et 3 mois après le 11 septembre 2001, le capitalisme « bushiste » s’effondre et même ses plus grands thuréfaires comme Nicolas Sarkozy sont contraints de dénoncer ce capitalisme, qui ne serait pas le « vrai » capitalisme, que lui veut refonder. Il faut dire que son « livre noir » ne passe pas à la Une des grands média, et pourtant, quel bilan ! Nous, communistes rassemblés lors de ce 34ème congrès du PCF, proclamons solennellement qu’il est urgent d’en sortir et que l’avenir est dans les solutions d’un communisme rénové que nous proposons à la France, à l’Europe et à la planète.
Rappelons pour mémoire les enfants qui meurent de faim toutes les 5 secondes, ce qui représente le génocide silencieux d’un World Trade Center toutes les 4 heures, 6 à 7 millions par an, des centaines de millions en quelques décennies ! Or, si l’on peut comprendre que les famines ont pu exister quand la planète ne produisait pas assez pour nourrir tous les terriens, aujourd’hui, nous sommes 6,5 milliards, la planète peut nourrir 10 milliards de personnes or 1 milliard souffrent de la faim ! L’ONU dit qu’il faudrait 82 milliards d’euros pour résoudre la faim et les épidémies sur la planète mais ce n’est pas possible, pas rentable !!! Or, cette année, le budget militaire du gouvernement étasunien a dépassé les 1.000 milliards de dollars, l’Union Européenne, en 15 jours, a trouvé 2.000 milliards d’euros pour renflouer les spéculateurs européens. Les morts de faim ou de maladies guérissables relèvent donc de décisions politiques. Il y a de quoi faire passer les régimes monstrueux d’Hitler, Staline, Pol Pot et autres Pinochet pour des « amateurs » !
Puisqu’elles existent, nous proposons d’affecter les richesses nécessaires à ces priorités incontournable que sont les nécessités de se nourrir et se soigner.
Des fonds peuvent être collectés par une taxe de type Tobin sur les spéculations financières ou un prélèvement sur les budgets consacrés au surarmement, car la culture de paix que nous préconisons est non seulement un idéal humaniste mais un critère de saine gestion : les armes produites au lieu de nourriture ou médicaments tuent avant même que l’on ne s’en serve en rasion des sommes qu’elles détournent de l’intérêt général !
L’OMC doit passer sous tutelle de l’ONU et la FAO.
L’eau, l’agriculture, la santé, doivent redevenir des services publics attachés à la satisfaction des besoins, quel qu’en soit le coût.
Il y a une vingtaine d’années, les communistes étaient interpellés sur le naufrage de l’expérience soviétique. Aujourd’hui, nous constatons que le contrôle des mass-média et le culte de la personnalité, le fichage généralisé, les contrôles policiers et même des tentatives de répression contre les militants sont le fait de pays occidentaux comme la France. Le seul goulag connu à Cuba se situe à Guantanamo, sous contrôle de l’Oncle Sam, il y en a d’autres comme à Abu Graib en Irak... Des milliers de prisonniers politiques croupissent dans les geôles étasuniennes, israéliennes... Citons notamment Mumia Abu Jamal, dans le couloir de la mort depuis le 9 décembre 1981, il y a 27 ans !
Nous avons appris qu’envisager le communisme, qui est un idéal de libération des aliénations, sans son ingrédient principal qu’est la démocratie, était une horrible absurdité. Nous savons désormais que les capitalistes qui nous tourmentaient quant à l’irrespect des droits de l’homme dans le monde soviétique ne dédaignent pas les méthodes staliniennes pour imposer leur dogme.
Nous affirmons que tout notre combat a et aura pour boussole la défense et l’extension des droits de l’être humain : partout où des atteintes à la liberté d’opinion, d’expression, de manifestation, ... seront pratiquées, les communistes sont et seront aux côtés des opprimés. Nous dénonçons et dénoncerons les politiques sécuritaires et de répression.
Hier porteur de progrès face à une URSS coincée dans ses dogmes, aujourd’hui le capitalisme est porteur de régressions que même les communistes les plus hostiles à ce système n’auraient jamais soupçonnées il y a quelques décennies voire années.
Ainsi, ceux qui ont dénoncé l’intervention soviétique en Afghanistan et se sont félicités de son retrait en 1989 n’imaginaient pas qu’une douzaine d’années après, les chars de l’OTAN prendraient la place de ceux de l’URSS. D’ailleurs, qui aurait osé annoncer que la dissolution du Pacte de Varsovie verrait les pays européens concernés basculer dans l’alliance atlantique ?
Nous réaffirmons notre choix viscéral de la paix et renouvelons notre exigence de retrait des troupes étrangères d’Irak, d’Afghanistan, de Palestine, de Tchétchénie, de Côte d’Ivoire... Nous renouvelons notre exigence de dissolution de l’OTAN.
Nous nous prononçons pour un désarmement généralisé, les puissances occidentales montrant l’exemple. Personne ne convaincra l’Iran de renoncer à son programme nucléaire tant que les chars étasuniens seront à ses frontières et que les missiles israéliens seront braqués sur lui.
Ainsi, qui aurait imaginé qu’en l’an 2000 et au 21ème siècle, les solutions d’exclusion et de discrimination de l’extrême-droite et de droite extrême apparaîtraient comme la pensée unique « facho-libérale » à laquelle chacun, y compris à gauche, devrait se conformer, dans une alternance infinie de droites dures et de gauches au mieux « molles » au pire plus libérales que la droite, sous couvert d’« experts », car c’est ainsi que l’on dénomme aujourd’hui les nouveaux commissaires politiques, gardes-chiourmes du capitalisme.
Nous réaffirmons que oui, un autre monde est possible ! Nous revendiquons la « concurrence libre et non faussée » des opinions, ce qui passe par l’existence de lieux de débat pluralistes, nous-mêmes en créons et en créerons, de moyens d’expression libre avec notamment le soutien à la presse d’opinion, et d’un véritable statut du citoyen, qui permette à celui-ci de s’engager dans la démocratie notamment participative.
Qui aurait imaginé que des aparatchicks européens écriraient une constitution pour graver dans le marbre les dogmes capitalistes de primat à la concurrence « libre et non faussée », liberté totale pour les capitaux, mais nécessité de contrôler toujours plus durement les hommes, particulièrement les migrants (que dire de ces politiques de chasse à l’étranger définissant des quotas d’expulsions avec son lot de rafles dans les gares, les écoles, ..., ces centres de rétention, prisons pour étrangers où on va jusqu’à enfermer des bébés, ces camps à l’extérieur des frontières de l’Europe confiés à des régimes plus ou moins douteux pour protéger la forteresse Europe...) et d’augmenter sans cesse les budgets ... militaires !
Qui aurait imaginé que les mêmes refuseraient de reconnaître la légitimité de votes négatifs exprimés par des peuples lors de scrutins organisés de façon démocratique, hormis le matraquage médiatique en faveur du vote OUI !
Naturellement, et nous sommes les premiers étonnés à être quasiment les seuls à le proclamer tant cela nous semble évident, nous estimons que les peuples doivent être consultés sur leur avenir et leur vote doit être respecté. Pour nous, il est incontournable que tout traité contraignant, toute modification de la Constitution, toute modification de règles du jeu électoral, soient ratifiés par le suffrage universel, à la suite d’un débat contradictoire où toutes les opinions aient pu s’exprimer de façon équilibrée.
Nous lutterons pour que la politique inhumaine et imbécile contre les étrangers fondée sur les lois Pasqua, Sarkozy, Hortefeux soit cessée et les lois racistes abrogées. Ne serait-ce que pour apurer les situations kafkaïennes vécues par nombre de familles, nous exigeons que les Sans-Papier soient tous régularisés, le droit d’asile reconstruit, et que les étrangers présents sur notre territoire bénéficient de tous les droits civiques dans la mesure où ils contribuent à la richesse de la France, notamment que par les impôts, taxes et cotisations qu’ils versent.
Non décidément, le capitalisme n’apporte pas le progrès à l’humanité, et il ne lui promet que des régressions : recul de l’âge de la retraite à 70 ans, semaine de 65 heures, travail du dimanche, avec des salaires toujours plus bas et dans des conditions de souffrance au travail dans un contexte de précarité généralisée, au nom de la « libre concurrence » avec les pays à bas coûts...
Nos revendications de retraite à taux plein dès 60 ans ou 37,5 années de cotisations pour tous, avec des bonifications pour ceux qui exercent des travaux pénibles et de réduction du temps de travail à 32H relèvent non seulement de la reconnaissance du travail effectué par les salariés, mais aussi de la solidarité envers les jeunes contraints au chômage qui ne peuvent accéder à l’autonomie. Pour eux, nous revendiquons d’ailleurs une allocation destinée à ceux qui n’ont pas de revenu. Nous voulons dépasser le marché du travail par la Sécurité d’Emploi et de Formation, qui permet de garantir à tout salarié un revenu et une rotation entre emploi et formation. Nous souhaitons encourager le travail non marchandisé, à l’instar de ce qui se développe pour l’élaboration des logiciels libres. Nous estimons que les salariés doivent bénéficier de la plus-value qu’ils ont produite. Assumant notre posture de soutien des travailleurs dans le cadre de la lutte des classes, nous revendiquons des hausses sensibles des salaires, et notamment de porter le SMIC à 1.600 euros (10.500F). C’est non seulement une mesure de justice sociale, mais aussi et aujourd’hui surtout le seul moyen de sortir de la crise de la demande où le capitalisme nous a entraînés.
Le capitalisme exige également la destruction des services publics d’éducation, de santé... sommés de devenir rentables pour intégrer le marché dans le cadre de l’Accord Général sur le Commerce des Services, ce qui signifie, outre la destruction des statuts et garanties acquis par les personnels, que seuls pourront en bénéficier ceux qui auront les moyens, de plus en plus rares en raison des transferts massifs de richesses du travail au capital (10 points de PIB en 20 ans, il en faudrait 5 en 40 ans pour assurer les retraites).
Nous voulons que les services publics privatisés ou menacés en raison de sous-financements chroniques soient reconquis et renforcés. D’autres devront être créés pour assurer la maîtrise publique de l’eau, du crédit, des médicaments... Au-delà de nationalisations qui changent la structure du capital et/ou les principaux dirigeants, nous voulons changer durablement le mode de gestion des entreprises en permettant aux salariés, mais aussi aux usagers, élus locaux, ... d’intervenir dans les choix : les salariés n’auraient jamais décidé de fermer des usines rentables, pour se licencier et investir le cash excédentaire dans les subprimes !
Enfin, il est aujourd’hui démontré que le capitalisme nuit gravement à la planète, et qu’il sera tout simplement impossible de continuer ainsi la surexploitation des matières et des hommes. Les plus riches causent l’essentiel de la pollution et de la destruction des écosystèmes, mais, toute honte bue, les capitalistes viennent nous faire des leçons de morale et veulent imposer la décroissance à ceux qui ont toutes les peines du monde à se loger, s’éclairer, se chauffer, se déplacer, se nourrir !
Nous proclamons le droit à une croissance raisonnée : si nous estimons que des limites doivent être mises (à quoi bon l’utilisation d’un hélicoptère pour monter 2 skieurs en haut des pistes, à quoi bon un yacht pour 10 milliardaires...), nous revendiquons le droit pour chacun au développement durable, c’est-à-dire le droit pour chacun d’être logé dans des logements à énergie positive, le droit pour chacun à travailler près de son logement et/ou de bénéficier de transports publics gratuits ou à prix modérés en nombre et fréquence suffisants.
Nous proposons que les produits des entreprises qui délocalisent soient taxés sur l’impact écologique des transports supplémentaires occasionnés et des conséquences pour l’environnement tant de la construction d’une usine à l’étranger que de l’abandon d’une usine en France.
Si nous avons fait le choix de devenir communistes, c’est parce que nous refusons de rester inactifs face aux injustices, aux souffrances, aux exclusions, aux discriminations... et que nous voulons construire un monde meilleur : c’est notre visée communiste. Oui, nous estimons que « Vivre mieux, on y a droit ! »
Les combats militants, associatifs, syndicaux, ... doivent être relayés par un parti politique à vocation généraliste, c’est le rôle que nous avons donné aux Parti Communiste Français. Nous invitons tous ceux qui le souhaitent à s’y associer pour mener ces combats.
Et sans attendre, nous serons de toutes les luttes avec la volonté de réunir toutes les bonnes volonté car pour battre les facho-libéraux et de tous les débats pour ouvrir des alternatives de progrès. Car nous avons aussi la conviction que, comme lors des batailles victorieuses contre le traité Giscard et le CPE, nous ne gagnerons que TOUS ENSEMBLE.
TOUS ENSEMBLE ! EH !





Messages
1. Projet de MANIFESTE DU 34e CONGRES DU PCF, 10 décembre 2008, 06:50, par LP TAVERNIER
Félicitation pour cet article qu’il conviendra de diffuser largement et pas seulement à l’occasion du 34ème congrès du PCF.
Pour autant je m’étonne et regrette qu’une fois encore on ne mette pas en valeur la voie inaugurée en amérique latine par Salvador ALLENDE et relayée au XXIème siècle par CHAVEZ, MORALES et tant d’autres....
Rien sur les tentatvives des USA et de la petite bourgeoisie bobo, de déstabilisations de démocraties populaires autentiques !
Rien sur les avancées sociales de ces pays !
Rien sur l’impérieuse nécéssité d’organiser la solidarité internationale.
Bien sûr nous sommes plus solidaires du mouvement, des idées, des peuples en lutte que des états (quand on s’est brulé une fois on ne recommence pas) mais quand même !
Remerciements et encouragements à Galopin
LP TAVERNIER
1. Projet de MANIFESTE DU 34e CONGRES DU PCF, 10 décembre 2008, 10:02, par Roberto Ferrario
Attention, bien que très intéressant "la voie inaugurée en amérique latine" par ces dirigent politique... aucun se revendique du communisme même ? tous on un grand "méfiance" de tous les parti communiste respective...
Bien plus guide par un "patriotisme nationaliste" que par des idée internationaliste... un de dernier interview de Chavez est tres "intéressant" lui même déclare de pas être communiste mais catholique et social-démocrate...
Donc molo avec les "référence" un peux plus de "dialectique" dans les exemple est bien venu...
ciao
Dr
Furioso
2. Projet de MANIFESTE DU 34e CONGRES DU PCF, 10 décembre 2008, 20:50, par Copas
Je m’incline devant la mémoire de salvador Allende qui fut un réformiste conséquent mais.... n’eut de cesse de désarmer les travailleurs face à une armée putchiste et rongeant son frein.
Il recula devant l’armée en croyant ainsi l’amadouer, acceptant et favorisant le désarmement des comités de travailleurs dans les usines, l’arrestation de marins rebelles , etc.
Il contribua à empêcher, à l’approche de l’épreuve de force, l’armement des masses, l’organisation d’une résistance populaire armée. Il fut appuyé dans cette tâche par la direction du PC Chilien qui fut très bête sur la question de l’armée chilienne en essayant de croire et de faire croire que cette dernière serait respectueuse de la démocratie.
L’armée a préparé tranquillement son putch, l’armement des travailleurs et de la population a pris du retard sur la marche en avant vers l’affrontement.
Malgré cela, le putch ne gagna pas si facilement, une volonté politique plus ferme de doter les travailleurs et les couches populaires d’organes d’auto-organisation plus puissants, d’un armement plus conséquent et d’un travail d’opposition clandestine dans les forces armées et les forces policières aurait fait basculer le rapport de forces.
Une révolution ne se fait pas à moitié, sinon elle tourne au massacre du peuple et des forces de gauche.
Allende fut la personnalisation courageuse de l’impasse réformiste. Son courage de lui et d’une partie de ses proches dans le fait d’assumer leur choix est tout à fait exceptionnel.
Mais il ne représenta pas une voix révolutionnaire, ni un chemin particulier vers le socialisme, tout au plus l’impasse traditionnelle du réformisme sur les questions de l’appareil d’état, la croyance que l’armée et la police sont des forces neutres et acceptant des choix démocratiques.
Bref il crut qu’un état peut cesser d’être de classe.
Ce qui était une régression politique après les échecs du foquisme (Guevarra) et des guérilleristes urbains (Montoneros, ERP, Tupamaros, etc) face à un impérialisme vigilant qui avait tiré beaucoup de leçons .
Le relatif relâchement de l’emprise de l’impérialisme américain sur l’Amérique Latine, couplé à son pourrissement , a permit que de nouveaux espaces démocratiques et révolutionnaires se réouvrent.
Mais l’ensemble des leçons des impasses du foquisme (les tentatives guévaristes), du réformisme honnête (Allende), du réformisme bourgeois (Lula) demeurent.
Nul doute que l’Amérique latine, devenue en grande partie composée de populations urbaines et prolétaires, saura tracer de nouvelles pistes créatrices, ouvrir de nouvelles perspectives, étonner encore le monde.
3. Projet de MANIFESTE DU 34e CONGRES DU PCF, 10 décembre 2008, 22:08, par coco
Le siège historique du Parti Communiste Français le 120 rue Lafayette à Paris va être loue au nouveau parti de Jean luc Melenchon !!!!
24 heures avant le congrès qui risque de sceller l’avenir du PCF certain des dirigeants du PCF nous font boire le calice jusqu’à la dernier goûte .
Militant de ce parti aux armes !!!!
coco