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Police, justice et lutte des classes
de : Giustiniano Rossi
samedi 19 mai 2007 - 11h30 - Signaler aux modérateurs
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De Giustiniano Rossi

On vient d’apprendre ces jours-ci la nouvelle, rapportée par Angelo Pagliaro sur Internet http://www.rivistaonline.com/Rivist..., de la première sentence sur les violences du G8 de Gênes « qui condamne l’Etat à dédommager Marina Spaccini, 50 ans, pédiatre à Trieste, pour les coups qu’elle a subis de la part de la Police via Assarotti, à Gênes, l’après-midi du 20 juillet 2001 ».

« Depuis six ans, des milliers de jeunes de toutes les nations du monde qui portent à l’intérieur et à l’extérieur de leur corps les ‘signes de Gênes’ attendaient cette sentence ».

« Le juge d’instruction, Angela Latella, de la deuxième section du tribunal civil de Gênes a écrit dans la sentence que au G8 de Gênes, au moins le 20 juillet Piazza Manin, la police d’Etat a frappé sans motif des personnes sans défenses, comme les militants de l’association pacifiste Réseau Lilliput ».

Dans les motivations, rendues publiques les jours suivants, on peut lire en outre : « Apparaît confirmée, avec tout ce qu’elle a de dramatique, l’agression subie par Marina Spaccini de la part d’un membre des forces de l’ordre ». La pédiatre de Trieste, heureuse de l’issue de sa bataille, a adressé un simple appel aux médias : « J’espère que maintenant on va en parler ».

Nous accueillons l’invitation : parlons-en des forces de l’ordre et de leur comportement, en élargissant le propos au comportement de la magistrature, des forces politiques de droite et de « gauche » et de l’état bourgeois en général, pour contribuer à la formation d’une conscience qui, au-delà de la dimension individuelle, redevienne collective et de classe.

Le 12 mai 1977 – juste trente ans avant que les théocons de chez nous ou, pour être plus exact, 26000 paroisses italiennes n’organisent le Family Day à l’amatriciana de Saint-Jean de Latran avec la participation de prélats, de mamans, d’enfants, de jeunes vieillis prématurément malgré leurs tatouages et leurs piercings, Berlusconi, Fini et leur cour des miracles, la présence de deux ministres, je dis bien deux, du gouvernement Prodi – la police chargeait à Rome une manifestation pacifique, décidée pour rappeler le troisième anniversaire de la victoire au référendum sur le divorce, en utilisant largement des armes à feu : Giorgiana Masi fut tuée et sept autres jeunes blessés, dont Elena Ascione. Parmi les agents de police d’état qui ouvrirent le feu, on put reconnaître sur une photo Giovanni Santone de la police mobile. On ne sait toujours pas qui est responsable de la mort de Giorgiana.

L’évènement – les forces de l’ordre qui tirent sur les manifestants, blessent et tuent, frappent et torturent avec peu ou pas de conséquences pénales pour les responsables – n’était pas et n’est pas exceptionnel.

Pour en faire la démonstration, choisissant délibérément comme année zéro de notre chronique historique une année-symbole pour toutes les forces de progrès, 1968, rappelons-nous que :

• Le 2 décembre 1968 à Avola (province de Syracuse) la police ouvre le feu contre une manifestation d’ouvriers et de journaliers dans le cadre d’une semaine de grève à propos du renouvellement du contrat de travail et tue Giuseppe Scibilia et Angelo Sigona.
• Le 9 avril 1969 à Battipaglia, une manifestation d’ouvriers et de journaliers qui demandent de la terre et du travail est violemment chargée par la police qui tire, tuant Teresa Ricciardi et Carmine Citro, 19 ans, blessant de nombreux autres manifestants.
• Le 27 octobre 1969, à Pise, la police charge les manifestants du mouvement, tuant avec une bombe lacrymogène lancée bras tendu et à hauteur d’homme l’étudiant Cesare Pardini, de nombreux autres manifestants sont blessés.

Dans une intervention au Sénat au sujet du meurtre par la police de Cesare Pardini, le ministre de l’intérieur Franco Restivo affirme : « Ces évènements, qui ont malheureusement fait une victime, nous enjoignent de nous opposer à l’action subversive de minorités de rebelles qui, en transformant aussi les manifestations les plus civiles en tumultes violents, poursuivent le but de troubler les esprits, d’exaspérer les passions et d’attenter à l’ordre démocratique ».

• Le 30 novembre 1969, à Naples, à la prison de Poggioreale, Domenico Criscuolo, chauffeur de taxi incarcéré à l’occasion d’une manifestation syndicale chargée par la police le 13 octobre, se tue. Il venait à peine de s’entretenir avec sa femme qui ne savait comment se procurer l’argent pour vivre avec ses cinq enfants.
• A Reggio Calabria, le 14 juillet 1970, on assiste à des manifestations et à des affrontements entre les forces de police et la population à la nouvelle du choix de Catanzaro comme capitale régionale. Au cours des affrontements, la police tue le cheminot Bruno Labate. Le 27 septembre 1970, au cours d’incidents avec des manifestants pour « Reggio, capitale régionale », la police tuera Angelo Campanella. Le 17 septembre 1971, toujours au cours d’incidents avec des manifestants pour Reggio capitale régionale, les forces de police se serviront encore d’armes à feu tuant Carmelo Jaconis.
• Le 12 décembre 1970, à Milan, la police conduite par le préfet de police adjoint Vittoria charge avec lacrymogènes et tabassages un cortège organisé par la gauche extra parlementaire à l’occasion de l’anniversaire du ‘massacre d’état’ et par solidarité avec les militants de l’ETA jugés à Burgos, tuant Saverio Saltarelli, 22 ans et provoquant des dizaines de blessés dont le journaliste Giuseppe Carpi, frappé par un projectile.
• Le 2 février 1971, à Foggia, lors d’une grève, la police ouvre le feu tuant le journalier Domenico Centola.
• Le 6 juin 1971, à Milan, au cours d’une expulsion d’un petit immeuble de via Tibaldi, occupé par des dizaines de familles d’ouvriers, la fumée dense provoquée par des dizaines de bombes lacrymogènes tirées par les forces de police provoque la mort de Massimiliano Ferretti, âgé de 7 mois, malade du cœur et atteint de bronchite.
• Le 12 juin 1971, à Palerme, un activiste du Parti Républicain, Michele Guaresi, âgé de 32 ans, est tué d’un coup de revolver par un agent de la police d’état parce qu’on le surprend en train de coller des affiches électorales de son parti après le terme autorisé.
• Le 11 mars 1972, à Milan, La Préfecture de Police autorise un rassemblement de la majorité silencieuse qui réunit quelques centaines de personnes piazza Castello ; aux abords de cette manifestation un chroniqueur du « Giorno » et un photographe se voient malmenés. La préfecture de police interdit en revanche la place à la gauche extra parlementaire qui veut manifester pour la liberté de Valpreda (en prison, innocent, pour le massacre de Piazza Fontana) et contre le gouvernement Andreotti et le « massacre d’Etat ». Les jeunes se rassemblent également en divers endroits de la ville et mobilisent la police, en occupant le centre ville tout l’après-midi. Le retraité Giuseppe Tavecchio est tué par une bombe lacrymogène lancée à hauteur d’homme et on compte 40 blessés. Les jours suivants, perquisitions partout, la Préfecture annonce 90 arrestations.
• Le 5 mai 1972, à Pise, les forces de police chargent les militants de la gauche extra parlementaire qui conteste le meeting du néofasciste Niccolai, provoquant des dizaines de blessés et procédant à 22 arrestations. Parmi elles, l’arrestation de l’anarchiste Franco Serantini, âgé de vingt ans, qui, au moment où il est arrêté, est sauvagement roué de coups de crosses de fusils, de coups de poing et de coups de pieds. Il mourra deux jours plus tard à la prison de Pise, sans soins, d’une fracture de la boîte crânienne. A Bergame aussi, les forces de police chargent violemment les militants de gauche qui contestent le meeting du député néofasciste Tremaglia (celui qui deviendra, trente ans plus tard, ministre du gouvernement Berlusconi), faisant quinze blessés parmi les jeunes.
• Le 23 janvier 1973, à Milan, le soir 100 policiers sous les ordres des préfets de police adjoints Paolella et Cardile et du lieutenant Vincenzo Addante encerclent l’Université Bocconi contre une manifestation d’étudiants du mouvement, organisée pour protester contre les mesures de répression de la liberté de réunion, adoptées dans le sillage de celles de l’Université publique. Un agent de police ouvre le feu contre les manifestants en fuite, frappant de mort l’étudiant Roberto Franceschi et l’ouvrier Roberto Piacentini est blessé par une balle qui lui effleure le poumon. Le lendemain, celui-ci, dans un très grave état, sera incriminé pour pas moins de cinq délits. Les jours suivants vont se renvoyer la balle quant à l’intervention de la police le recteur Giordano Dell’Amore et la Préfecture de police, qui avance la version de l’agent « pris de raptus ».
• Le 24 février 1974, à Florence, au cours d’une protestation déclenchée par les détenus de la prison municipale Le Murate, un gardien de prison tue d’une rafale de mitraillette Giancarlo Del Padrone, âgé de 20 ans, tandis que quatre autres sont blessés.
• Le 10 mars 1974, à Alessandria, une révolte de détenus qui avaient pris des otages, est écrasée par le procureur général de Turin, Carlo Reviglio Della Veneria et par le général des carabiniers Carlo Alberto Dalla Chiesa qui ordonnent une attaque militaire qui se conclue par la mort de deux détenus, de deux gardien de prisons, du médecin de la prison et d’ une assistante sociale.
• Le 8 septembre 1974, à Rome, se renouvellent les interventions répressives de la police dans le quartier San Basilio contre les occupants de logements, avec utilisation aussi d’armes à feu qui tuent le militant de gauche Fabrizio Ceruso.
• Le 17 avril 1975, dans de nombreuses villes, ont lieu des manifestations de protestation contre le meurtre de Claudio Varalli par le fasciste Braggion. A Milan, la manifestation est réprimée par la police avec large utilisation d’armes à feu. Un manifestant, l’enseignant Giannino Zibecchi, âgé de 27 ans, est tué par un camion de carabiniers conduit par Sergio Chiairieri, monté sur le trottoir pour charger les participants.
• Le 18 avril 1975, à Florence, une manifestation antifasciste organisée par l’Anpi est attaquée par la police qui se sert d’armes à feu. Un agent de police, Orazio Basile, tue Rodolfo Boschi et blesse Alfredo Panichi.
• Le 16 mai 1975, à Naples, la police charge les chômeurs qui ont occupé la salle du conseil municipal, faisant 34 blessés et, renversant avec un véhicule Gennaro Costantino, provoque sa mort. On arrête un grand nombre des participants qui se sont défendus avec des pierres, impliquant la police dans des affrontements.
• Le 7 juillet 1975, à Rome, le vice brigadier de police Antonio Tuzzolino, qui avec d’autres s’était rendu dans l’appartement de Anna Maria Mantini, soupçonnée d’appartenir aux Nap [Nuclei Armati Proletari, Ndt], la tue d’un coup de revolver en plein front, sans aucun motif logique, la jeune fille étant sans armes. La communication judiciaire à sa charge le lendemain restera sans suite, revêtant un caractère purement formel. Le même jour, dans la capitale, un agent de police tue Rosaria Palladino, âgée de 25 ans parce qu’il l’avait soupçonnée d’avoir dans son sac à main un revolver.
• Le 22 novembre 1975, à Rome, au cours d’une manifestation en faveur de la libération l’Angola de la domination portugaise, les carabiniers ouvrent le feu, tuant Pietro Bruno, âgé de 18 ans et blessant gravement trois autres militants de gauche.
• Le 14 mars 1976, à Rome, devant l’ambassade espagnole, a été organisée une manifestation antifranquiste par la gauche révolutionnaire et le mouvement étudiant ; elle est chargée par la police qui fend la foule de ses véhicules au Pincio et tue une personne âgée, Mario Marotta, qui se promenait via Belvedere, et blesse un étudiant.
• Le 7 avril 1976, à Rome, à l’occasion du jugement en cassation de l’affaire Marini, pour lequel la condamnation est confirmée, les anarchistes manifestent ainsi que la gauche révolutionnaire devant le ‘Palazzaccio’ [le Palais de justice de Rome, Ndt] et le ministère de la Justice. Le gardien de prison Domenico Velluto, en service devant le ministère, tire contre quelques jeunes qui avaient lancé des cocktails Molotov contre l’édifice, tuant ainsi d’un coup à la nuque Mario Salvi, âgé de 21 ans.
• Le 11 mars 1977, à Bologne, la police charge les militants de gauche et du mouvement qui manifestent dans les rues de la ville. Les carabiniers ouvrent le feu, tuant Pier Francesco Lorusso de Lotta Continua. Les jeunes continuent à manifester, chargés à plusieurs reprises. Suite aux affrontements, 45 personnes sont arrêtées parmi lesquelles Renato Resca, Nicola Rastigliano, Diego Benecchi, Alberto Armaroli, Mauro Collina, Raffaele Bertoncelli, Giancarlo Zecchini, Albino Bonomi, Fausto Bolzani, Carlo Degli Esposti, entre autres.
• Le 22 mars 1977, à Rome, l’agent de police Claudio Graziosi est tué dans un autobus alors qu’il tente d’arrêter Maria Pia Vianale, sans se rendre compte qu’elle est accompagnée d’un homme armé. Suite à cela, la police déclenche une chasse à l’homme au cours de laquelle Angelo Cerrai est tué par erreur.
• Le 7 janvier 1978, à Rome, via Acca Larentia, les forces de police interviennent contre les militants néofascistes qui manifestent pour protester contre le meurtre de Stefano Bigonzetti et Francesco Ciavatta par des adversaires politiques restés inconnus. La police se sert d’armes à feu et tue Stefano Recchioni.
• Le 3 janvier 1979, à Rome, une patrouille de carabiniers blesse gravement, en lui tirant dessus, Alberto Di Cori, en train de faire des graffiti sur les murs aux alentours de la résidence privée de Giulio Andreotti.
• Le 1er janvier 1979, à Rome, au cours d’incidents avec les forces de police, le militant néofasciste Alberto Giacquinto, âgé de 18 ans, est tué d’un coup de revolver dans le dos.
• Le 1er février 1980, à Rome, les carabiniers tuent Maria Minci, dans le quartier Montesacro au cours d’une opération anti-terrorisme, comme ils l’affirmeront par la suite, et « par erreur ».
• Le 6 janvier 1981, à Rome, au cours d’un contrôle anti-terrorisme, la Digos [Renseignements généraux, Ndt] tue « par erreur » Laura Rendina.
• Le 26 juillet 1981, à San Benedetto del Tronto (Ascoli Piceno), des agents de police en civil postés au bas du domicile de Roberto Peci, tuent Vincenzo Illuminati qui, en compagnie de son amie, ne s’était pas arrêté à leur « Stop ! », craignant d’avoir affaire à des bandits.
• Le 9 mars 1985, à Trieste, au cours d’une opération en vue de l’arrestation de l’autonome Pietro Maria Greco, à laquelle participent l’agent de police Mario Passanisi, l’inspecteur adjoint Giuseppe Guidi, l’agent de police Nunzio Romano, membres du Sisde [Services secrets, Ndt] et d’autres, le jeune homme est tué bien que n’ayant opposé aucune résistance et n’étant pas armé.
• Le 20 février 1986, à Milan, la police tue, au cours d’une opération d’ordre public, le militant de Démocrazia Proletaria Luca Rossi.
• Le 21 juillet 2001, à Gênes, armée jusqu’aux dents par le gouvernement Berlusconi-Fini, à l’occasion du sommet du G8, d’une camionnette de carabiniers entourée par quelques jeunes armés seulement d’objets contondants, part un projectile qui frappe à la tête Carlo Giuliani, âgé de 23 ans. Pour mettre en scène l’accident, les carabiniers, ne se sachant pas filmés, enclenchent la marche arrière et la camionnette passe sur le corps du jeune homme déjà tombé à terre, dans une mare de sang. Le lendemain, 200 000 personnes accourent pour la manifestation finale unitaire et pour protester contre le meurtre de Carlo. Les forces de police prennent pour prétexte l’action de quelques groupes de jeunes, les « Black Bloc » qui cassent les vitrines de certaines banques et mettent le feu à des voitures de luxe, et chargent avec des lances de lacrymogènes et des tabassages indiscriminés la foule des manifestants, pour une grande part sans défenses et privés de service d’ordre. Divers témoignages parlent d’infiltrés. La journée se termine par un autre tabassage à l’école Diaz, mise à disposition par la commune pour accueillir les jeunes ; ce tabassage est l’œuvre des forces de police qui procèdent à des dizaines d’arrestations et s’emploient aussi à fracasser, dans l’école attribuée comme siège au Genoa Social Forum, les ordinateurs et à retirer le matériel photographique et vidéo que les organisateurs ont recueilli pour documenter les violences de la police et la mort de Carlo.

Du vendredi 20 au dimanche 22 juillet 2001, 150 manifestants, parmi lesquels 40 ont déjà été frappés à l’école Diaz, sont arrêtés et conduits à la caserne de Genova-Bolzanetto : 83 d’entre eux témoigneront avoir été torturés. Un délit spécifique de torture n’étant pas prévu dans notre système, la Procure de la République demande le renvoi devant les tribunaux de 14 agents et dirigeants de la police normale, 16 de la police pénitentiaire, 2 carabiniers, 5 entre médecins et infirmiers pour délits d’abus dans leur fonctions, lésions, coups, injures, violence privée, abus de pouvoir contre les personnes arrêtées, menaces, faux, omission de rapport, favoritisme.

Cette liste macabre, de toute évidence, n’est pas complète mais elle est suffisante pour fournir certains éléments de réflexion importants sur la gestion de l’ordre public et sur l’administration de la justice dans notre pays. Il en émerge trois groupes bien distincts.

Du premier, font partie dans le Midi de l’Italie, des journaliers, des ouvriers, des chômeurs

Ils ont rarement droit à un procès

• (Giuseppe Scibilia et Angelo Sigona, Avola 1968 - Teresa Ricciardi et Carmine Citro (Battipaglia 1969) - Domenico Criscuolo, Naples 1969 – Bruno Labate, Angelo Campanella, Carmelo Jaconis, Reggio Calabria 1970 et 1971 – Domenico Centola, Foggia 1971 – Gennaro Costantino, Naples 1975). Quand on arrive à un procès, les accusés sont rarement les forces de l’ordre mais les manifestants : le 9 novembre 1970 à Avola (Syracuse), le juge instructeur Dionisio Mangiacasale envoie 85 mandats de comparution à autant de journaliers, pour des délits de « barrage routier », « résistance à officier de l’Etat », « violence », suite à la répression policière du 2 décembre 1968 qui a coûté la vie à Giuseppe Scibilia et à Angelo Sigona tandis que, pour ce qui est de la manifestation qui s’est conclue par la mort de Teresa Ricciardi et de Carmine Citro (Battipaglia, 1969), 119 personnes sont incriminées pour barrage routier, violence et résistance à officier de l’Etat.

Du second groupe font partie, dans toute la péninsule, les morts « par erreur » :

CEUX-LA n’ont jamais droit à un procès

• (Massimiliano Ferretti, Milan 1971 - Michele Guaresi, Palerme 1971 - . Anna Maria Mantini, Rome 1975 - Rosaria Palladino, Rome 1975 – Mario Marotta, Rome 1976 - Angelo Cerrai, Rome 1977 - Alberto Di Cori, Rome 1979 – Maria Minci, Rome 1980 – Laura Rendina, Rome 1981 - Vincenzo Illuminati, San Benedetto del Tronto (Ascoli Piceno) 1981 – Pietro Maria Greco, Trieste 1985)

Le troisième groupe de morts, depuis Rome jusqu’au Nord, comprend des ouvriers, des étudiants, des citoyens tout court et même de jeunes néo-fascistes :

Ceux-là ont droit à un procès. Voici lequel.

Pour punir les responsables de la mort de

1. Cesare Pardini, étudiant (Pise, 1969), 12 mandats de capture sont lancés pour « rassemblement séditieux, résistance, violence privée, lésions aggravées, dommage aggravé, détention, utilisation et transport de matériel explosif ». 5 manifestants (3 ouvriers et 2 étudiants sont arrêtés et transférés à la prison de Livourne, 7 autres prennent le maquis.

2. Saverio Saltarelli, étudiant (Milan, 1970) : seront successivement placés sous enquête le capitaine des carabiniers Antonio Chirivi et le capitaine de police Alberto Antonietti. Le 16 juillet 1975, le quotidien communiste « L’Unità » rapportera un extrait de l’ordonnance d’instruction sur la mort de Saverio Saltarelli qui voit le capitaine des carabiniers Antonio Chirivi et le capitaine de police Alberto Antonietti comme les suspects du délit. Le magistrat admet que de la part des organes de la justice et de la police « il est évident que fut mise en place un obstructionnisme subtil, byzantin, fondé sur des manipulations de procédure qui a eu pour seul effet de reculer le moment d’établissement de la vérité ». Le 1er juillet 1976 à Milan, le capitaine de police Alberto Antonietti sera condamné, pour la mort de Saverio Saltarelli, à une peine avec circonstances atténuantes de 9 mois avec sursis, non mentionnée au casier judiciaire.

3. Giuseppe Tavecchio, retraité (Milan, 1972) : sera incriminé pour « homicide par imprudence » le capitaine de police Dario Del Medico, condamné en première instance et finalement acquitté en appel parce que « le fait ne constitue pas un délit ».

4. Francesco Serantini, étudiant (Pise, 1972), le juge condamnera le capitaine de police Amerigo Albini et l’agent Giovanni Colantoni accusés de « faux témoignage ».

5. Roberto Franceschi, étudiant (Milan, 1973) : le 18 juillet 1979 à Milan, les agents incriminés seront acquittés à cause de l’impossibilité, selon le Tribunal, d’établir la dynamique des faits, les manifestants Piacentini et Cusani seront eux aussi acquittés au bénéfice du doute. La seule condamnation sera celle du capitaine Savarese et de l’agent Puglisi pour « faux témoignage ».

6. Giannino Zibecchi, enseignant (Milan, 1975) : les trois miliciens accusés du meurtre seront définitivement disculpés en novembre 1980.

7. Rodolofo Boschi, ouvrier (Florence, 1975) : le 8 avril 1977, l’agent de police Orazio Basile sera condamné à huit mois avec sursis pour « excès par imprudence de légitime défense » ; en revanche Francesco Panichi écopera de 10 ans de réclusion, pour délits mineurs.

8. Pietro Bruno, étudiant (Rome, 1975) : le sous-lieutenant des carabiniers Saverio Bosio, le carabinier Pietro Colantuono et l’agent de police Romano Tammaro seront placés sous enquête. Le juge d’instruction Pasquale Lacanna dans son ordonnance d’acquittement écrira : « si, pour la défense des intérêts supérieurs de l’Etat, conjointement à la défense personnelle, on est contraint à une réaction proportionnelle à l’offense, on peut regretter le sort d’un citoyen dont la vie a été fauchée dans la fleur de l’âge mais l’on ne peut pas ignorer des principes de droit fondamentaux. La faute de la perte d’une vie humaine est à attribuer à l’irresponsabilité de ceux qui, ne supportant pas la vie civile démocratique, sèment la haine parmi les citoyens ».

9. Mario Salvi, étudiant (Rome, 1976) : le 7 juillet 1977, à Rome, le Tribunal acquittera le gardien de prison Domenico Velluto de l’accusation d’homicide avec préméditation » pour « légitime défense ».

10. Francesco Lorusso, étudiant (Bologne, 1977) : le capitaine des carabiniers Pietro Pistolese sera placé sous enquête. Le 22 octobre 1977, la section d’instruction de la Cour d’appel de Bologne annulera le mandat de capture contre le carabinier Massimo Tramontani.

11. Stefano Recchioni, étudiant (Rome, 1978) : le capitaine des carabiniers Sivori sera placé sous enquête puis acquitté de tout.

12. Alberto Giaquinto, étudiant (Rome, 1979) : la police se disculpera en affirmant que le jeune homme était armé mais sera démentie par les conclusions du procès et le 3 décembre 1981, à Rome, le juge d’instruction Ettore Torri renverra devant les tribunaux l’employé de police Alessio Speranza pour « excès par imprudence dans l’utilisation d’armes à feu ».

13. Carlo Giuliani, étudiant (Gênes, 2001) : Mario Placanica, un ex-carabinier, sera accusé d’homicide, puis acquitté pour légitime défense.

De cette tristement et nécessairement longue reconstruction, il apparaît clairement que les évènements judiciaires en rapport avec les faits de Gênes ou ceux qui concernent la mort de Giorginana Masi, avec tous ceux, sans exception, qui rapportent autant de moments de la lutte de classe dans notre pays, sont semblables quant à un point essentiel : l’impunité presque totale des membres des forces de l’ordre qui utilisent des armes de guerre contre des manifestants généralement sans défense, qui frappent, blessent, torturent des citoyens qui descendent dans les rues avec comme seule arme leurs idées.

Les membres des forces de l’ordre quand, rarement, ils arrivent jusqu’au tribunaux, souvent ne se souviennent pas, sont en proie à la confusion, soutiennent avoir été pris de raptus, fournissent de fausses versions, font obstacle par tous les moyens à l’établissement de la vérité (il s’agit des mots d’un magistrat) et finissent, toujours et en tous cas, par être condamnés à des peines très légères quand ils ne sont pas carrément acquittés « pour excès de légitime défense » ou « pour ne pas avoir commis les faits ».

Un tout autre traitement est réservé en revanche aux manifestants qui ont survécu. Ceux-ci, qui affrontent à mains nues des hommes munis d’armes à feu et de véhicules blindés sont généralement accusés de résistance à un officier de police, de violence, de lésions ou autres délits encore plus graves et ils subissent souvent des condamnations aussi disproportionnées par rapport à leur responsabilité que celles qui sont infligées aux policiers, mais en sens opposé.

Malheureusement, sur ce terrain, le gouvernement Prodi, constitué d’une coalition rendue indispensable par l’urgence de mettre en échec le cartel des droites dirigé par Berlusconi, dans laquelle la gauche est la dernière roue de la charrette, est même plus à droite que le juriste Cesare Beccaria qui, en 1764 déjà, dans son « Des délits et des peines » se déchaînait contre la peine de mort et dénonçait la pratique de la torture.

Même si elle ne comporte pas la peine de mort dans son code, l’Italie est un pays où la liste, certes non exhaustive, des épisodes – qui se concluent de manière sanglante – de la lutte entre les représentants du pouvoir et ceux qui le critiquent, fournit la preuve que cette peine est en tout cas subie par des citoyens généralement sans défenses qui manifestent leurs opinions politiques, demandent la satisfaction de besoins primaires tels que l’éducation ou le logement, des conditions de détention humaine, luttent pour leur contrat de travail ou simplement pour en avoir un et c’est délibérément que nous omettons les cas limites.

En ce qui concerne le délit de torture, il est encore aujourd’hui absent de notre système, mais au sens où la sanction pénale n’en est pas prévue alors que sa pratique n’est hélas pas rare dans tant, dans trop de commissariats, de casernes, de prisons, dans les rues et sur les places de notre Pays, comme les faits rappelés ci-dessus le montrent largement.

La même année, 2001, où Carlo Giuliani était tué, quand le premier commentaire, après sa mort, du vice-président du gouvernement Berlusconi, le postfasciste Fini, fut « il l’a bien cherché », on chargeait le cortège organisé à Naples, le 17 mars, par le réseau « No global » de Campanie pour protester contre le Global Forum dans sa journée de conclusion.

A cette date – nous sommes en mars 2001 – le gouvernement était présidé par Giuliano Amato, actuel ministre de l’Intérieur mais le sort réservé aux manifestants n’en fut pas moins dur pour autant : 2 arrestations, 21 dénonciations, plus de 200 blessés, dont plusieurs furent déplacés des hôpitaux pour être conduits, avec d’autres personnes arrêtées, à la caserne Raniero où, selon les plaintes déposées par la suite, les manifestants arrêtés allaient subir des sévices.

Nous n’entendons certes pas affirmer qu’il existe une espèce de continuité, ou pire de contiguïté, entre la politique des gouvernements de droite et de ceux de cette gauche-là comme s’efforcent de le faire croire certains propagandistes de la fin des concepts, selon eux dépassés, comme ceux de gauche et de droite, mais bien plutôt d’attirer l’attention sur la nécessité de récupérer, sur ce terrain-là aussi, une autonomie idéologique, politique et culturelle de la part de la gauche alternative.

Nous ne croyons pas – et les faits sont là pour le démontrer – qu’il faille s’attendre de la part des forces de l’ordre et de la magistrature des comportements différents de ceux qui sont généralement pratiqués, ce qui ne signifie pas bien sûr qu’il ne faille pas, et que l’on ne puisse pas, par exemple, lutter pour que l’éthique professionnelle de la police devienne celle d’un pays civil et que le comportement de la magistrature soit celui d’un pouvoir indépendant même quand se trouve sur le banc des accusés un représentant de l’état bourgeois qui fait d’une telle indépendance un des points forts de son système.

Ce que nous voulons rappeler est que la structure intrinsèque de la police et de la magistrature est telle que l’engagement de tous pour faire finalement correspondre la théorie et la pratique, les discours et les comportements, est indispensable, sans oublier cependant qu’une telle bataille se situe sur le terrain de la tactique et non sur celui de la stratégie qui doit être celle d’une société « autre », dans laquelle ces institutions auront, croyons-nous, une toute autre nature et toutes autres finalités.

Paris, 19 mai 2007
Giustiniano Rossi
Traduit de l’italien par Rosa



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Commentaires de l'article
Police, justice et lutte des classes
19 mai 2007 - 14h56

La police, payée avec nos impôts, est notre employée. Elle est censée nous protéger et non de nous attaquer, surtout lors de manifestations pacifiques. Il n’y a pas lieu de donner des coups de matraque ou des coups de pieds au ventre ou au visage, quand les gens sont à terre. Les policiers ne supporteraient pas le centième de ce qu’ils infligent aux gens. Est-ce que la police est capable de s’insérer dans une société démocratique, respectueuse de la vie des gens, sans sortir un flingue, une matraque ou un coup de botte ? j



Police, justice et lutte des classes
19 mai 2007 - 15h12 - Posté par

Il ne s’agit pas de la POLICE en général

mais d’une certaine police "aux ordres"

Michèle


Police, justice et lutte des classes
19 mai 2007 - 18h39 - Posté par

Pass que y’a des keufs qui ne sont pas "aux ordres" ?!!
Je ne parle pas des qques rares écœurés qui ont finalement démissionné.

Les keufs sont payés (par nous tous) pour cogner, pour réprimer. De toutes façons ils sont défendus (au cas exceptionnel où ils seraient mis en examen) par des juges qui eux aussi sont "aux ordres".
Les casseurs ou pacifiques, ce n’est pas leur problème et on ne leur demande surtout pas de réfléchir, faut faire du chiffre a dit NS, alors ils font du chiffre.


Police, justice et lutte des classes
19 mai 2007 - 23h29

Rachida Dati, ministre de la justice française, à propos des violences policières : « La brutalité ça dérange qui ? Est-ce que ça dérange les français qui au quotidien ont des difficultés ? Ca dérange peut-être une petite classe, une petite élite, voire un petit microcosme parisien – et je suis bien placée pour le savoir – mais ça ne dérange pas les français, et je peux vous dire quand vous sillonnez toute la France, dans les moindres recoins de France, ils souhaitent simplement qu’on se préoccupe d’eux et un peu plus d’eux, pour en arriver à une campagne et à une échéance présidentielle où on a plus de 85% de participation, on n’est pas en 2002 où un français sur deux ne votaient pas et où la majorité passait aux extrêmes ». 13 mai 2007






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