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LENINE -1916 : "L’opportunisme et la faillite de la II° Internationale" - Extraits
de : via LL
mardi 25 janvier 2011 - 15h29 - Signaler aux modérateurs
6 commentaires

"(...)Il serait absurde d’envisager toute cette question comme une question de personnes. Quel rapport cela peut il avoir avec l’opportunisme, si des hommes comme Plekhanov et Guesde, etc. ? - interrogeait Kautsky (Neue Zeit du 18 mai 1915). « Quel rapport cela peut il avoir avec l’opportunisme, si Kautsky, etc ? répondait Axelrod au nom des opportunistes de l’Entente (Die Krise der Sozialdemokratie, Zürich 1915, p. 21). Tout cela n’est que comédie. Pour expliquer la crise du mouvement tout entier, il faut analyser, premièrement, la portée économique d’une politique donnée, deuxièmement, les idées qui sont à sa base, et, troisièmement, sa liaison avec l’histoire des tendances au sein du socialisme.

Quelle est la nature économique du défensisme pendant la guerre de 1914 1915. La bourgeoisie de toutes les grandes puissances fait la guerre afin de partager et d’exploiter le monde, afin d’opprimer les peuples. Quelques miettes des gros profits réalisés par la bourgeoisie peuvent échoir à une petite minorité : bureaucratie ouvrière, aristocratie ouvrière et compagnons de route petits bourgeois. Les dessous de classe du social chauvinisme et de l’opportunisme sont identiques : c’est l’alliance d’une faible couche d’ouvriers privilégiés avec « sa » bourgeoisie nationale contre la masse de la classe ouvrière ; alliance des valets de la bourgeoisie avec cette dernière contre la classe qu’elle exploite.

Le contenu politique de l’opportunisme et celui du social-chauvinisme sont identiques : collaboration des classes, renonciation à la dictature du prolétariat, à l’action révolutionnaire, reconnaissance sans réserve de la légalité bourgeoise, manque de confiance en le prolétariat, confiance en la bourgeoisie. Le social-chauvinisme est le prolongement direct et le couronnement de la politique ouvrière libérale anglaise, du millerandisme et du bernsteinisme.

La lutte des deux tendances essentielles dans le mouvement ouvrier, le socialisme révolutionnaire et le socialisme opportuniste, remplit toute la période qui va de 1889 à 1914. Et aujourd’hui il existe de même dans tous les pays deux courants principaux en ce qui concerne l’attitude envers la guerre. Laissons de côté la manière bourgeoise et opportuniste d’invoquer la personnalité, prenons les tendances dans une série de pays. Prenons dix États européens : l’Allemagne, l’Angleterre, la Russie, l’Italie, la Hollande, la Suède, la Bulgarie, la Suisse, la Belgique, la France. Dans les huit premiers pays, la division en opportunistes et en radicaux correspond à la division en social chauvins et en internationalistes.

En Allemagne, les points d’appui du social chauvinisme, ce sont les Sozialistische Monatshefte et Legien et Cie ; en Angleterre, les fabiens et le Parti ouvrier [2] (I’I.L.P. a toujours fait bloc avec eux, a soutenu leur organe et a toujours été dans ce bloc plus faible que les social chauvins, alors que dans le B.S.P., les internationalistes forment les trois septièmes) ; en Russie, ce courant est représenté par Nacha Zaria (aujourd’hui Naché Diélo), par le Comité d’organisation, la fraction à la Douma, sous la direction de Tchkhéidzé ; en Italie, par les réformistes à la tête desquels se trouve Bissolati ; en Hollande, par le parti de Troelstra ; en Suède, par la majorité du parti que dirige Branting ; en Bulgarie, par le parti des « larges » ; en Suisse par Greulich et Cie. Par contre, dans tous ces pays nous avons entendu s’élever dans le camp opposé, radical, des protestations plus ou moins conséquentes contre le social-chauvinisme. Seuls deux pays font exception : la France et la Belgique dans lesquelles cependant l’internationalisme existe aussi, mais très faible.

Le social chauvinisme, c’est l’oppotunisme sous sa forme la plus achevée. Il est mûr pour une alliance ouverte, souvent vulgaire, avec la bourgeoisie et les Etats majors.

Et c’est cette alliance qui lui assure une grande force, ainsi que le monopole de la presse légale et de la duperie des masses. Il est absurde de considérer aujourd’hui encore, que l’opportunisme est un phénomène intérieur de notre Parti. Il est absurde de songer à appliquer la résolution de Bâle en compagnie de David, Legien, Hyndman, Plékhanov, Webb.

L’unité avec les social chauvins, c’est l’unité avec « sa propre » bourgeoisie nationale qui exploite d’autres nations ; c’est la division du prolétariat international. Ce n’est pas à dire que la rupture avec les opportunises soit partout immédiatement possible ; cela veut dire seulement qu’elle est mûre au point de vue historique ; qu’elle est nécessaire et inévitable pour la lutte révolutionnaire du prolétariat ; que par le passage du capitalisme « pacifique » au capitalisme impérialiste l’histoire a préparé cette rupture. Volentem ducunt fata, nolentem trahuni [3].

Les représentants avisés de la bourgeoisie l’ont parfaitement compris. C’est pourquoi ils exaltent tant les actuels partis socialistes, à la tête desquels se trouvent des « défenseurs de la patrie », c’est à dire des défenseurs du pillage impérialiste. C’est pourquoi les gouvernements gratifient les chefs social chauvins soit des postes ministériels (France et Angleterre), soit du monopole d’une existence légale sans entraves (Allemagne et Russie). C’est bien pourquoi en Allemagne, où le Parti social démocrate était le plus fort et où sa transformation en un parti ouvrier national libéral contre révolutionnaire a été le plus manifeste, les choses en sont venues au point que le Parquet considère la lutte entre la « minorité » et la « majorité » comme « une incitation à la haine de classe » ! C’est pourquoi les opportunistes avisés sont avant toute soucieux de sauvegarder l’ancienne « unité » des vieux partis qui ont rendu de signalés services à la bourgeoisie en 1914-1915. Un des membres de la social-démocratie allemande a, en avril 1915, sous le pseudonyme de « Monitor », publié dans la revue réactionnaire Preussische Jahrbücher un article dans lequel, avec une franchise digne d’éloges, il exprime le point de vue de opportunistes de tous les pays du monde. Monitor estime qu’il serait très dangereux pour la bourgeoisie que la social démocratie aille encore plus à droite : « Elle (la social démocratie) doit conserver son caractère de parti ouvrier avec ses idéals socialistes, car la jour même où elle le perdra, surgira un nouveau parti qui reprendra, sous une forme plus radicale, le programme abandonné. » (Preussische Jahrbücher, 1915, n° 4, p. 51.)

Monitor a touché juste. C’est ce que de tout temps ont désiré libéraux anglais et radicaux français : des phrases à résonance révolutionnaire pour tromper les masses, afin qu’elles fassent confiance aux Lloyd George, aux Sembat, aux Renaudel, aux Legien et aux Kautsky, aux hommes capables de prêcher « la défense de la patrie » dans une guerre de rapine.

Mais Monitor ne représente qu’une des variétés franche, grossière, cynique de l’opportunisme. D’autres agissent à couvert, subtilement, « honnêtement ». Engels a dit un jour : les opportunistes « honnêtes » sont les plus dangereux pour la classe ouvrière... En voici un exemple :

Kautsky écrit dans la Neue Zeit (26 novembre 1915) : « l’opposition grandit contre la majorité ; l’esprit des masses est à l’opposition ». « Après la guerre [après la guerre seulement ? N.L.], les contradictions de classe s’aggraveront au point que, parmi les masses, le radicalisme prendra le dessus ». « Après la guerre [après la guerre seulement ? N.L.] nous somme menacés de voir les éléments radicaux fuir le Parti et refluer dans un parti d’action de masse antiparlementaire » (? ? il faut entendre : extra parlementaire). « Ainsi notre parti se désagrège en deux camps extrêmes, n’ayant entre eux rien de commun ».

Pour sauver l’unité, Kautsky s’applique à convaincre la majorité du Reichstag d’autoriser la minorité à prononcer quelques discours parlementaires radicaux. C’est dire que Kautsky entend à l’aide de quelques discours parlementaires radicaux, concilier les masses révolutionnaires avec les opportunistes qui « n’ont rien de commun » avec la révolution ; qui depuis longtemps déjà dirigent les syndicats et qui, aujourd’hui, s’appuyant sur leur alliance étroite avec la bourgeoisie et le gouvernement, se sont aussi emparés de la direction du Parti. Au fond, en quoi cela diffère t il du « programme » de Monitor ? En rien, si ce n’est par des phrases doucereuses prostituant le marxisme.

Le 18 mars 1915, à une séance de la fraction du Reichstag, le kautskiste Wurm « avertit » la fraction « de ne pas trop tendre les cordes ; dans les masses ouvrières l’opposition grandit contre la majorité de la fraction » ; il faut donc s’en tenir au « centre marxiste » (? ! une coquille, sans doute : lisez « monitoriste ») [klassenkampf gegen den Krieg. Material zum Fall Liebknecht [4]. Edition hors commerce, page 67]. Nous voyons ainsi que le fait révolutionnarisme des masses a été reconnu, au nom de tous les kautskistes le « centre » comme il est convenu de l’appeler dès mars 1915 !! Or, huit mois et demi plus tard, Kautsky réitère la proposition de « concilier » les masses désireuses de lutter contre un parti opportuniste, contre révolutionnaire cela au moyen de quelques phrases à résonance révolutionnaire !!

Souvent la guerre a cela d’utile qu’elle met à nu la corruption et rejette tout ce qui est convention.

Comparons les fabiens anglais aux kautskistes allemands. Voici ce qu’écrivait les premiers, le 18 janvier 1893, un véritable « marxiste », Frédéric Engels : ... « une bande d’arrivistes assez raisonnables pour comprendre que la révolution sociale est inévitable mais qui, en aucun cas, ne désirent confier ce travail de titan exclusivement au prolétariat encore si peu averti ... Leur principe fondamental, c’est la peur de la révolution ... » Correspondance avec Sorge, p. 390.)

Et le 11 novembre 1893 il écrit : « Ces bourgeois présomptueux qui veulent bien se pencher sur le prolétariat pour le libérer d’en haut, pourvu seulement qu’il veuille bien comprendre qu’une masse aussi fruste et inculte ne peut elle même se libérer ni arriver à rien si ce n’est par la grâce de ces sages avocats, hommes de lettres et commères sentimentales »... (Ibid., p. 401)

En théorie Kautsky considère les fabiens avec autant de mépris qu’un pharisien le pauvre publicain. Car il ne jure que par le « marxisme ». Mais en pratique quelle différence entre eux ? Tom deux ont également signé le manifeste de Bâle et en ont également usé envers lui comme Guillaume II envers la neutralité belge. Alors que toute sa vie Marx a fustigé ceux qui s’appliquent à étouffer l’esprit révolutionnaire des ouvriers.

Kautsky a opposé aux marxistes révolutionnaires la théorie nouvelle de l’« ultra impérialisme ». Il entend par là que sera éliminée « la lutte entre les capitaux financiers nationaux », et que cette lutte fera place à « l’exploitation en commun du monde luit le capital financier international » (N. Z., 30 avril 1915). Mais ajoute t il, « les prémisses indispensables nous font encore défaut pour décider si cette nouvelle phase du capitalisme est réalisable ». C’est donc à l’aide de simples suppositions relatives à une « nouvelle phase », sans oser déclarer ouvertement qu’elle est « réalisable », que l’inventeur de cette « phase » dément ses propres déclarations révolutionnaires, se détourne des tâches révolutionnaires et de la tactique révolutionnaire du prolétariat, aujourd’hui, dans la « phase » d’une crise déjà commencée, de la guerre, de l’aggravation inouïe des contradictions de classe ! N’est ce pas là le plus ignoble fabianisme ?

Le leader des kautskistes russes, Axelrod, voit « le centre de gravité du problème de l’internationalisation du mouvement libérateur du prolétariat dans l’internationalisation du travail pratique de tous les jours » : ainsi, « la législation concernant la protection du travail et la législation des assurances doivent devenir l’objet d’actions internationales, l’objet de l’organisation internationale des ouvriers ». (Axelrod : La Crise de la social démocratie, Zurich, 1915, pp. 39 40.) Il est tout à fait évident que non seulement Legien, David, les Webb, mais aussi Lloyd George lui même, Naumann, Briand et Milioukov se rallieraient entièrement à cet « internationalisme ». Comme en 1912 Axelrod est prêt en vue d’un d’un avenir très, très éloigné, à proférer les phrases les plus révolutionnaires, si la future Internationale « agit (contre les gouvernements, en cas de guerre) et soulève une tempête révolutionnaire ». Voyez un peu comme nous sommes braves !

Mais quand il s’agit d’appuyer et de développer aujourd’hui la fermentation révolutionnaire qui commence à se manifester dans les masses, Axelrod déclare que cette tactique d’actions révolutionnaires de masse « pourrait encore tant soit peu se justifier, si nous nous trouvions exactement à la veille de la révolution sociale, comme ce fut le cas en Russie, par exemple, où, les désordres parmi les étudiants, en 1901, annonçaient l’approche des batailles décisives contre l’absolutisme. Mais pour le moment, tout cela n’est qu’« utopie », « bakounisme », etc., tout à fait dans l’esprit de Kolb, David, Südekum et Legien.

L’ineffable Axelrod oublie simplement qu’en 1901 nul ne savait ni ne pouvait savoir en Russie que la première « bataille décisive » se livrerait quatre ans plus tard, quatre ans, ne l’oubliez pas, et resterait « sans solution ».

Néanmoins, nous seuls, marxistes révolutionnaires avions raison à cette époque : nous raillions les Martynov qui appelaient à l’assaut immédiat. Nous étions les seuls à conseiller aux ouvriers de bouter dehors, partout, les opportunistes et d’appuyer, d’intensifier et d’étendre de toutes leurs forces, les manifestations et autres actions révolutionnaires de masse.

Aujourd’hui la situation est absolument analogue en Europe : il serait insensé d’appeler à un assaut « immédiat ». Mais il serait honteux, pour qui se dit social démocrate, de ne pas conseiller aux ouvriers de rompre avec les opportunistes et de consolider, d’approfondir, d’élargir et d’intensifier de toutes leurs forces le mouvement révolutionnaire naissant, ainsi que les manifestations. La révolution ne tombe jamais toute prête du ciel, et lorsque commence la fermentation révolutionnaire, nul ne sait jamais si elle aboutira, ni quand elle aboutira, à une révolution « véritable », « authentique ».

Kautsky et Axelrod donnent aux ouvriers des conseils périmés, rebattus, contre révolutionnaires. Kautsky et Axelrod nourrissent les masses de l’espoir que la future Internationale sera, elle, à coup sûr révolutionnaire, à seule fin de protéger, de couvrir et de farder aujourd’hui la domination des éléments contre révolutionnaires des Legien, des David, des Vandervelde, des Hyndman. N’est-il pas clair que « l’unité » avec Legien et Cie est le meilleur moyen de préparer la « future » Internationale révolutionnaire ?

« Chercher à transformer la guerre mondiale en guerre civile serait une folie », déclare David, leader des opportunistes allemands (Die Sozialdemokratie und der Weltkrieg, La social démocratie et la guerre mondiale, 1915, p. 172), en réponse au manifeste du Comité central de notre Parti, du I° novembre 1914. Dans ce manifeste, il est dit entre autres :

Si grandes que paraissent à tel ou tel moment les difficultés de cette transformation, les socialistes ne renonceront jamais, dès l’instant que la guerre est devenue un fait, à accomplir dans ce sens un travail de préparation systématique, persévérant et continu.

(Egalement cité par David, p. 171.) Un mois avant la parution du livre de David, notre Parti publiait des résolutions, dans lesquelles ce « travail de préparation systématique » était défini du la façon suivante 1. Refus de voter les crédits. 2. Rupture de lié paix sociale. -3. Création d’organisations illégales. -4. Soutien des manifestations de solidarité dans les tranchées. -5. Soutien de toute action révolutionnaire de masse.

David est presque aussi brave qu’Axelrod : en 1912, il ne considérait pas comme « une folie » de s’en référer, pour le cas d’une guerre, à la Commune de Paris.

Plékhanov, ce représentant typique des social chauvins de l’Entente, traite de la tactique révolutionnaire dans le même sens que David. Elle est pour lui une « féerie bouffe ». Mais écoutons Kolb, opportuniste avéré, qui déclare : « La tactique de ces gens qui entourent Liebknecht aurait pour résultat de porter au point d’ébullition la lutte au sein « de la nation allemande. » (Die Sozialdemokratie am Scheidewege. La social démocratie à la croisée des chemins, p. 50.)

Mais qu’est ce qu’une lutte portée au point d’ébullition, sinon la guerre civile ?

Si la tactique de notre Comité central, qui dans ses traits essentiels coïncide avec la tactique de la gauche de Zimmerwald, était « une folie », « un songe », « une aventure », « du bakounisme », ainsi que l’ont affirmé David, Plékhanov, Axelrod, Kautsky, etc. elle n’aurait jamais pu provoquer « la lutte au sein des nations » et qui plus est, portée au point d’ébullition. Nulle part au monde les phrases anarchistes n’ont provoqué la lutte au sein des nations. Par contre, les faits témoignent que, précisément en 1915, en raison de la crise provoquée par la guerre, la fermentation révolutionnaire grandit parmi les masses ; les grèves et les manifestations politiques se multiplient en Russie ; les grèves en Angleterre ; les marches de la faim et les manifestations politiques en Allemagne. N’est ce point là le début d’actions révolutionnaires de masse ?

Renforcement, développement, élargissement, intensification de l’action révolutionnaire de masse, création d’organisations illégales, sans lesquelles, même dans les pays « libres », il est absolument impossible de dire aux masses populaires la vérité : tout le programme pratique de la social démocratie dans cette guerre là. Le reste n’est que mensonge ou phraséologie, quelles que soient les théories, opportunistes ou pacifistes, dont il s’affuble [5].

Lorsqu’on nous dit que cette « tactique russe » (expression de David) ne convient pas à l’Europe, nous répondons généralement en invoquant les faits. Le 30 novembre une députation de nos camarades, de femmes berlinoises, s’est présentée à Berlin au siège du Parti et a déclaré « qu’à l’heure actuelle, étant donné l’existence d’un vaste appareil bien organisé, il est beaucoup plus facile qu’au temps des lois contre les socialistes, de diffuser des brochures et des tracts illégaux et de tenir des « réunions non autorisées ». « Ce ne sont pas les voies et moyens qui font défaut, c’est évidemment l’envie qui manque. » (Berner Tagwacht, 1915, n° 271)

Ces mauvais camarades auraient ils été détournés de la bonne voie par les « sectaires » russes, etc. ? Les véritables masses ne seraient elles pas représentées par ces camarades, mais par Legien et Kautsky ? Par ce Legien qui, dans son rapport du 27 janvier 1915, fulminait contre l’idée « anarchiste » de créer des organisations illégales ; par Kautsky, devenu contre révolutionnaire au point de qualifier d’« aventure » les manifestations de rue, cela le 26 novembre, quatre jours avant la manifestation qui, à Berlin, allait rassembler dix mille personnes !!

Assez de phrases, assez de « marxisme » prostitué à la Kautsky !

Après 25 années d’existence de la II° Internationale, après le manifeste de Bâle, les ouvriers ne croiront plus aux phrases. L’opportunisme déjà putrescent a définitivement passé dans le camp de la bourgeoisie ; il s’est transformé en social chauvinisme : socialement et politiquement, il a rompu avec la social démocratie. Il rompra aussi avec elle en matière d’organisation. D’ores et déjà les ouvriers réclament des brochures « illégales », des réunions « non autorisées », c’est à dire une organisation secrète, afin d’appuyer le mouvement révolutionnaire des masses.

Seule une telle « guerre à la guerre » est œuvre de social-démocrates, et non une phrase.

Et, en dépit de toutes les difficultés, défaites passagères, erreurs, égarements , solutions de continuité, cette œuvre mènera l’humanité à la révolution prolétarienne victorieuse.

http://www.marxists.org/francais/le...



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Commentaires de l'article
LENINE -1916 : "L’opportunisme et la faillite de la II° Internationale" - Extraits
25 janvier 2011 - 17h59 - Posté par Mengneau Michel

Cela ressemble à la situation actuelle. Un autre constation, si l’on parle ouvertement de mouvement révollutionnaire, de nos jours, j’ai l’impression que chez la majorité de gens ce mot, et ses conséquences, font peur. Sans doute demande t-il des explications quant à son sens profond, mais aussi sur les modifications idéologiques qu’il pourrait apporter. D’ailleur n’a t-on pas suprimé la dictature du prolétariat qui est la continuité du mouvement révolutionaire.

Pour redonner un nouvel allant à cette notion, il y a un travail de fond important à faire, à la base, en revenant peut-être à des comités de quartiers, de villages, etc. afin de décolonisé l’intellect de la pensée unique capitaliste.



LENINE -1916 : "L’opportunisme et la faillite de la II° Internationale" - Extraits
25 janvier 2011 - 18h08 - Posté par

Certes.

En un siècle environ nous avons été bien dressés.... :-(

Le contre-révolutionnaire sommeille quasi-naturellement en presque chacun de nous, même le plus sincèrement révolutionnaire....

LA PEUR camarade, LA PEUR ET LE DRESSAGE A LA PEUR.


LENINE -1916 : "L’opportunisme et la faillite de la II° Internationale" - Extraits
26 janvier 2011 - 12h52 - Posté par jaja

c’est faire fi de l’aventure stalinienne ......... l’innoculation de la peur est venu de nos rangs mêmes

et il ne sert à rien de rejeter le stalinisme dans les poubelles de l’histoire ; il fait partie intégrante du long mouvement de l’émancipation sociale

disons seulement que c’est une branche morte

pour faire un paralèlle ( osé ? ) avec la théorie des espèces, disons que le tronc commun de l’idée d’émancipation sociale s’est développé en de multiples branches et que pour l’instant elles sont toutes "mortes"

un nouveau bourgeon peut il éclore ?

une seule chose est sûr : rien n’est écrit ( et la croyance de bien des révolutionnaires en un destin inéductable et victorieux du prolétariat me parait sans fondements )

seuls des potentialités existent et c’est pourquoi des révolutionnaires sont nécessaires.

sinon l’histoire est écrite , alors il n’y a qu’à attendre ..............


LENINE -1916 : "L’opportunisme et la faillite de la II° Internationale" - Extraits
26 janvier 2011 - 12h53 - Posté par jaja

sinon SI l’histoire est écrite


LENINE -1916 : "L’opportunisme et la faillite de la II° Internationale" - Extraits
26 janvier 2011 - 13h24 - Posté par

D’où tires tu de ces propos que je ferai "fi de l’aventure stalinienne" ???? Que je "rejetterai le stalinisme dans les poubelles de l’histoire" ?

Mais, question : est-ce le sujet ici ?

Réponse : NON

Quant au reste de ton comm’ ça demande une réponse un peu plus longue et l)à je n’ai pas le temps mais j’y reviendrai.


LENINE -1916 : "L’opportunisme et la faillite de la II° Internationale" - Extraits
26 janvier 2011 - 02h43 - Posté par Copas

au moment où nous rentrons à nouveau dans une période de tempêtes il est utile de repasser cela, de tendre la corde, de planter les crampons dans le sol.

les actes de brutalité sociale accélérée du capitalisme dans sa mécanique même crée des situations qui peuvent à tout moment devenir des situations révolutionnaires.

L’internationalisme ne ressort pas d’une affaire de charité dans cette période mais d’un combat commun, sans merci avec le chauvinisme sous-jacent à une partie de la gauche, chauvinisme à deux étages en Europe, nationalisme bourgeois ou européanisme bourgeois cherchant à mettre en concurrence l’UE avec le reste du monde.

L’heure est aux brasiers et aux brutales accélérations, aux révolutions

aussi noires soient certaines phases






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"Opération Aéroport de Paris" : L’initiave citoyenne en action, dans le var (vidéo)
samedi 7 - 00h50
de : nazairien

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Ce que vous faites peut paraître insignifiant, mais il est très important que vous le fassiez. Gandhi
Info Com-CGT
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FÊTE DE L’HUMANITÉ 2019
jeudi 12 septembre
de Info’Com-CGT
Cette année encore notre syndicat participera à la Fête de l’Humanité les 13, 14 et 15 septembre à La Courneuve. Cet événement est à la fois un moment de débats politiques, syndicaux et sociaux, mais également des moments de partages entre camarades. C’est pour notre syndicat une manifestation grâce à laquelle nous pouvons faire connaître les combats que nous portons, rencontrer des salarié.es de nos secteurs d’activité et d’autres, échanger et approfondir des (...)
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11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE (video)
mercredi 11 septembre
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Mes amis, C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, (...)
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(video) LE SYNDICALISTE GAËL QUIRANTE EN GARDE A VUE. RASSEMBLEMENT DES 12H30
lundi 17 juin
de Roberto Ferrario
1 commentaire
LE RASSEMBLEMENT POUR GAËL AURA LIEU AU COMMISSARIAT DU 15e 250 RUE DE VAUGIRARD (Métro Vaugirard) aujourd’hui lundi 17 juin dès 12h30 Venez nombreux et faites tourner !! "On était au siège de La Poste pour négocier, la police a débarqué en mode Shining, à la hâche. Ils accusent T3s GaelQuirante de dégradations : mais c’est eux qui ont démoli les portes !" Gaël Quirante a été emmené en GAV ce dimanche, à 6h. "On était à deux doigts de signer un accord après un an de grève. (...)
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Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
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En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
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Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
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Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
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