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L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
de : La Louve
dimanche 30 janvier 2011 - 00h25 - Signaler aux modérateurs
29 commentaires

"Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche !" aurait dit Philippe le Hardi à son père pendant la bataille de Poitiers.

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C’est à peu près le message que l’on pourrait envoyer à tous les peuples qui luttent, aux peuples tunisien, égyptien... actuellement engagés dans des révoltes et des actes qui ne sauraient être travestis sous le terme de "révolution démocratique" ou de "révolution par les urnes".

Mais on peut aussi adresser ce message au peuple de France !

Parce qu’il est encore beau, le bon gros gâteau franchouillard, pour les capitalistes, il y a encore du gras à manger sur l’os de l’ancien Etat-providence hexagonal pour les clébards de la finance, de la banque, de l’industrie !

Aussi, "Gardons-nous à droite ! Gardons-nous à gauche !".

En toute logique, la crise que traverse le capitalisme, si elle nous met à genoux, nous ouvre aussi (théoriquement) des opportunités.

C’est la loi du genre, je ne ferai pas de leçon de dialectique, mais c’est un sport de combat.

C’est la règle de la lutte, qu’elle soit greco-romaine ou de classe, c’est en prenant appui sur les faiblesses de l’adversaire que l’on peut le déstabiliser même quand on est, au départ, beaucoup moins fort que lui.

Des opportunités de révolte, et des opportunités de faire bouger les lignes, voire, peut être, de renverser, non seulement certains régimes, en termes politique, mais également certains systèmes et d’avancer encore, sur la voie révolutionnaire.

Bien sûr, ce sont toujours sur les contradictions internes de "la" bourgeoisie que l’on peut prendre appui, et on ne part jamais de rien.

Bien sûr, c’est à la faveur de cartes que les capitalistes sont en train de rebattre un peu partout dans le monde actuellement que les peuples d’Egypte ou de Tunisie sont en train de se soulever et d’occuper les rues, les places de leurs villes, de leurs villages, même...

Bien sûr que Ben Ali n’est pas tombé "seulement" par la volonté populaire, et que, pour qu’il tombe, il aura fallu qu’une partie de certaines fractions de la bourgeoisie tunisienne et étrangère, soit d’accord pour le destituer. Mais il aura fallu aussi que "le peuple" s’en mêle, sinon, l’autre affreux serait toujours là !

Cela enlève-t-il le mérite de toute une partie du peuple tunisien ? Non.

A-t-il été "manipulé" ou "soutenu" par des forces qui lui sont extérieures (et dans ce cas, lesquelles) ? Peut-être. Oui et non. Mais alors ? Ce serait bien facile de juger le cul dans mon fauteuil !

La chute de Ben Ali et du clan Trabelsi clôt-elle cet épisode de révolte majeur en Tunisie ? Non, je ne pense pas. Même si probablement cela va ralentir le mouvement, radoucir les colères, et diviser aussi, fatalement, quelques cercles...

Nous sommes humains. Et nous n’aimons pas que le sang coule, pas plus en Tunisie qu’ailleurs. Un pas en avant. Deux pas en arrière...

Les choses ne sont pas terminées cependant.

L’histoire (faite par les masses) prend son temps, il ne faut pas être pressé.

Ni pressé d’enterrer la "révolution" en l’encensant, ni pressé de l’enterrer en la dénigrant et en la minorant.

En revanche, il faut être pressé de soutenir de la façon la plus appropriée possible toutes ces révoltes qui pourraient donner des révolutions, pour peu que les forces populaires qui y sont engagées sachent continuer de saisir les opportunités, tout en se gardant des opportunistes.

Certains hésitent à soutenir ces mouvements, même seulement en paroles, en établissant des comparaisons avec la pseudo-révolte iranienne dite "mouvement vert" en faveur de Moussavi.

C’est évidemment une bêtise.

D’une part la situation économique, politique et sociale de ces pays est très différente, d’autre part, Ahmadinejad n’est pas Ben Ali (quoi que l’on pense d’Ahmadinejad, et quoi que l’on combatte le régime des mollahs). Et d’autre part, les mouvements populaires nés en Iran et en Tunisie n’ont pas grand-chose de commun dans leur gestation, dans leurs causes, ni dans leurs soutiens.

La révolte tunisienne appelée (par qui ?) "révolution du jasmin" a en revanche certains points communs avec une autre ancienne révolution fleurie, la "révolution des œillets" portugaise.

Pas seulement parce qu’elles parlent de fleurs et sont présentées toutes deux comme des "révoltes démocratiques" (plus de 100 morts en Tunisie à cette heure, des centaines de blessés, des prisonniers politiques, et des morts aussi au Portugal, dans la période de la guerre coloniale en Angola, au Mozambique, et combien de prisonniers politiques torturés à Caixas ? Tu parles d’une "révolution tranquille" !)...

Mais aussi parce que comme toujours, les états européens dominants et néocolonialistes, les ponts avancés de l’impérialisme américain sur la Méditerranée, et l’écrasante majorité de leurs classes politiques, font semblant d’ouvrir les yeux aujourd’hui sur les ferments de ces révoltes possiblement révolutionnaires, font mine de condamner leurs anciens amis, alors qu’en réalité ils sont en train de bouger leurs pions pour protéger leurs intérêts.

Et si le Portugal était en proie à une question coloniale extérieure évidente, qui a beaucoup contribué à la chute de la dictature, si l’Etat portugais, entremetteur d’intérêts impérialistes, opprimait des peuples africains, il était aussi un pays colonisé subrepticement lui-même de l’intérieur.

La Tunisie aussi est aussi un pays colonisé subrepticement, bien qu’ayant acquis en théorie, son indépendance. Ainsi son économie est bien celle d’un pays sous domination étrangère.

Les capitalistes là bas ont eu les mains libres (tant que le peuple les avait liées, lui) pour surexploiter pendant des décennies un peuple qui, à l’origine n’était pas spécialement si pauvre ni misérable, mais que le développement à marche forcé de l’économie de marché et du capitalisme financiarisé ont rendu bien plus pauvre qu’il ne l’était avant...

Souvenons-nous quand CONTINENTAL, cette belle entreprise allemande, offrait un reclassement à Xavier Mathieu et ses camarades en Tunisie pour.... 137 euros par mois ! Salaire de l’ouvrier tunisien de Continental. Pas cher ma bonne Angela, hein ?

Elle est entièrement à revoir et à reconstruire, cette économie tunisienne, collectivement, et dans une perspective indépendantiste et d’une certaine manière, nationaliste. Et c’est là que va se jouer l’avenir du peuple tunisien s’il veut se garder une chance de faire une "révolution".

Et c’est pour cela aussi qu’il y a bien plus à "virer" que Ben Ali et Trabelsi.

Cela il ne faut surtout pas que le peuple tunisien le perde de vue.

La liberté oui bien sûr, et comment !

Mais "le pain" aussi.

Car sans pain, c’est à dire, sans possibilité de gagner son pain sans vendre son âme, la liberté est un mot creux. Et ce pain, comment le trouver ? Quelles sont les chances de la Tunisie face aux prédateurs internationaux ardemment relayés par la bourgeoisie tunisienne ?

Il ne faudrait pas que ce souffle de liberté, acquis par une alliance entre la petite-bourgeoisie, la paysannerie et la classe ouvrière, ne finisse par profiter qu’aux seuls avocats ! Une fois les fenêtres ouvertes, attention à "l’effet 1848", que la petite bourgeoisie et la bourgeoisie ne s’allient pas pour avorter la révolution à venir, et repousser la classe ouvrière et la paysannerie dans des tranchées profondes.

Comment organiser la lutte contre tant d’ennemis à la fois, extérieurs et intérieurs ?

L’histoire d’un peuple sert aux autres peuples, enfin, elle devrait, toutes proportions gardées.

Encore faut il avoir les moyens de la connaître et de la comprendre.

Et c’est là que nous pouvons faire des petites choses utiles, nous, militants communistes, partout dans le monde, qui avons éventuellement la chance de savoir encore un peu d’histoire, en tout cas, de cette histoire que le capitalisme veut effacer, faire disparaître des livres, l’histoire des luttes et des révolutions.

Voire de, peut-être, parler une ou plusieurs langues étrangères qui permettent de communiquer avec tous ces peuples en lutte.

Pour les écouter et retranscrire leurs paroles dans nos langues, afin que nous puissions essayer de comprendre. Essayer de dialoguer entre exploités de tous les pays.

Et pour leur dire aussi "Nous sommes avec vous, et pas par procuration, ici nous travaillons aussi contre nos ennemis communs ; frères, camarades, gardez vous à droite, et gardez vous à gauche !".

Quant à nous, ne tournons pas les yeux vers la Tunisie ou l’Egypte en rêvant pour mieux les détourner de la France où il ne faut pas seulement rêver mais aussi agir !

Ne montrons pas avec exaltation des révoltes "là bas" pour mieux se passer de les faire "ici" !

Car dans ce pays aussi, en France, il y a les opportunistes, les faux-amis des salariés, qui ont senti passer le vent du boulet l’hiver dernier lors du mouvement contre la réforme des retraites, qui savent ce qu’est la situation économique de la France, en Europe ; il y a les opportunistes et les populistes (ceux qui se servent des aspirations populaires pour les détourner au profit des intérêts de la bourgeoisie), ils sont tous de sortie et ils rôdent, plus ou moins finement, plus ou moins à découvert, excités comme des poux par les élections qui arrivent.

Et eux aussi participent de cette grande partition (au sens musical) que le capitalisme mondialisé, que l’impérialisme qui nous broie, est en train de jouer à l’échelle internationale.

Des opportunistes et des populistes, oui, comme ceux qui nous ont amené le traité de Maastricht, ce traité qui a instauré la loi de fer du déficit budgétaire à 3 % maximum, qui a tué l’emploi de dizaines de milliers de travailleurs "ici", et a jeté dans une misère encore plus grande que celle qu’ils espéraient quitter, des millions de travailleurs "là bas", et qui depuis quelques années nous expliquent, la bouche en cœur, que cette Europe-là n’est pas sociale et qu’il faut, non pas en sortir, mais, "la rendre sociale" !

Ils nous disent : "mettere la coda dove non va il capo" !

Tous les salauds qui assurent leur fonds de commerce politicien en vendant des armes aux capitalistes, tout en nous expliquant que ce sont des "bons compromis", pour hurler ensuite "au meurtre" et que ceux-ci nous tirent dessus, mais eux, eux ne prennent jamais les balles, et continuent à grenouiller, à dénoncer en paroles mais à affermir en actes.

Les éternels pompier pyromanes !

Toutes celles et tous ceux qui continuent à essayer de nous faire croire que le grand clivage politique est celui de "la gauche" et de "la droite", alors que la ligne de fracture se dessine chaque jour un peu plus nettement, avec la radicalisation du mouvement capitaliste dans le monde, entre ceux qui possèdent le Capital et ceux qui, non seulement ne le possèdent pas, mais le subissent, jusque dans leurs chairs.

Or, si la parole est d’argent, l’action est d’airain !

C’est à ce que les Hommes font (et aussi à ce qu’ils ne font pas) que l’on juge le plus sûrement qui ils sont réellement.

Le reste, ce n’est que "pet de bouche" plus ou moins joliment expulsé.

Cette crise du capitalisme mondialisé, qui n’est pas finie, ouvre des opportunités, partout, à tous les peuples, dans le monde entier, à toutes celles et à tous ceux qui ont envie de se battre pour leur émancipation, et pas seulement d’aller "veauter" comme des zombies pour Ariel ou Le Chat (qui lave plus blanc ? Qui rase gratis ?).

Ici aussi, nous pouvons employer bien mieux notre énergie qu’à coller des affiches et à faire des campagnes électorales qui ne servent quasiment plus à rien, en l’état actuel des institutions et de l’Etat.

C’est comme cela, en nous organisant autour de principes clairs et qui ne souffrent pas de double interprétation, que nous serons utiles aux luttes "d’ailleurs".

Donc, participer aux assemblées, aux réunions, quand c’est possible, et y apporter les exigences de démocratie et d’appropriation des travailleurs. Partout où nous le pouvons.

Soutenir les luttes à sa portée, en bas de chez soi, plutôt que rester à seulement "s’indigner" devant son poste de télé sur l’ignoble Moubarak, c’est aussi soutenir les luttes en Tunisie ou en Egypte.

Continuer à soutenir les GOODYEAR dans la Somme depuis 4 ans.

Soutenir les PANAVI en Normandie.

Soutenir encore celle entamée il y a de longs mois par les salariés de FRALIB UNILEVER justement, dans les Bouches du Rhône.

Soutenir les salariés de RICHARD DUCROS dans le Gard....et j’en passe, hélas.

Mettre les capitalistes au pied du mur ici pour que là bas aussi les travailleurs puissent le faire.

Participer aux meetings des syndicalistes, des chômeurs et des travailleurs à côté de chez soi quand ils ont lieu. Faire signer les pétitions. Construire ou participer à un petit groupe de militants. Proposer son aide aux unions locales si l’on se sent des proximités avec les syndicats. Faire son tract, dire sa parole, les confronter aux autres. Échanger, construire. Participer aux occupations sur les logements aussi ! Tout ceci, ce n’est pas en vain.

Se souvenir de toujours chercher à faire le lien entre les exploités "ici" et les exploités "là bas".

Les ouvriers d’"ici" qui mettent en sachet le thé cueillis par les ouvrières de "là bas".

Les ouvriers d’"ici" qui se servent des matières premières extraites par des ouvriers "là bas" pour fabriquer des pneus.

C’est cela aussi l’internationalisme. C’est s’appliquer à faire "chez soi" ce que l’on aide les prolétaires des autres peuples à faire "chez eux".

C’est syndiquer dans nos boîtes mais aussi dans les entreprises où nos patrons sous-traitent notre travail à moindre coût et à des conditions de travail moins bonnes encore que les nôtres.

C’est aussi lutter contre les colonisés "de l’intérieur", contre la même exploitation toujours aussi dégueulasse, des peuples les plus pauvres et les plus opprimés sur notre propre sol.

C’est lutter contre cette "délocalisation de l’intérieur" en se battant pour que tous aient des papiers et les mêmes conditions de travail, les mêmes droits que les nôtres.

Pour continuer ce frémissement que nous avons entrepris de faire vivre à nouveau partout en France il y a déjà plusieurs mois, lors du mouvement sur les retraites, patiemment, il y a donc des choses simples à faire.

Une révolution, c’est aussi un assemblage de résistances et de déterminations locales ancrées dans le concret et la proximité.

Car ce sont ces situations qui permettent de tisser les organisations nécessaires, humaines, les liens de proximité, ces organisations qui se réveillent et qui agissent (quand Facebook, Twitter et Gmail sont écoutés, épiés ou carrément coupés par le pouvoir), ces organisations sans lesquelles il n’y a pas de "révolution", Internet ou pas.

Nous devons, comme nous l’avons toujours fait, soutenir toutes les luttes en cours, faire circuler les idées, et créer à chaque fois que cela est possible, les ferments des luttes à venir.

Et contrairement à ce que disent certains (toujours les mêmes) qui font les dégoûtés, les luttes des travailleurs sont fondamentales pour nourrir les combats plus généraux pour "la liberté", et les combats pour la liberté nourrissent les luttes des travailleurs. Il n’y a pas d’un côté des combats pour la liberté de tout un peuple qui seraient beaux et nobles, et de l’autre des combats d’une partie de ce même peuple qu’on appelle aussi prolétaires, qui seraient dépassés, "has been", inutiles !

Car c’est le même capitalisme qui opprime et le même capitalisme qui exploite.

Oui aux opportunités et à la lutte de classe !

Non aux opportunistes et à la lutte des places !

AVANTI POPOLO !



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Commentaires de l'article
L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 01h11 - Posté par yapadaxan

Bravo et merci. Une parole solide et claire. Lucide, les pieds sur terre. Une remise en ordre des idées.



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 07h33 - Posté par Cop

la ressemblance avec le soulèvement de l’armée portugaise n’est pas si puissante que cela.

la révolution portugaise fut impulsée par l’armée (mélange d’une partie de la hiérarchie haute et de la hiérarchie basse des jeunes capitaines) et c’est l’irruption des masses qui ne restent pas à la maison et se jettent dans la rue pour aller embrasser les militaires qui fait la dynamique et empêche un replâtrage de la dictature.

la révolution tunisienne part des masses prolétariennes (la jeunesse ce n’est pas une classe, les jeunes présents sont des jeunes prolétaires précaires, déclassés, mais pas une catégorie sociale hors sol) et se dénoue provisoirement par la bascule de l’armée qui éjecte ben Ali.

La suite on verra.

par ailleurs, au niveau du développement des forces productives et des rapports de force numériques entre les classes, le Portugal de 1974 ressemble à l’Egypte au niveau des classes en présence (forte paysannerie, prolétariat urbain non majoritaire).

Par contre suivant ces critères la Tunisie, comme l’Algérie ou l’Iran, ont des rapports de force numériques des classes qui correspondent à la France de Mai 68, avec en plus des gens nettement plus formés et une généralisation des études secondaires , des gens rompus de plus en plus aux communications.

de ce point de vue la France de mai 68 ressemble à l’Iran, à la Tunisie et l’Algérie... Nous avons des classes en présence semblables en poids.

Par contre les dépendances économiques ne sont pas exactement construites pareil. La France de 68 est un pays impérialiste dominant même si sonné par la perte de ses colonies les deux décennies précédentes.

La Tunisie est inscrite completement dans la dérèglementation mondiale et a des industries tournées essentiellement vers l’exportation avec des capitaux extérieurs.

Elle est un peu comme la Chine si on veut mais sans marché intérieur pour absorbé une fraction significative de sa production. Elle est donc extremement dépendante des marchés internationaux et subit fortement les impacts de la crise du capitalisme et les tentatives de ce dernier d’en sortir par une violence sociale accrue.

Mais sur le fond la Tunisie s’inscrit dans un mouvement puissant des états dits en développement qui n’ont plus rien à voir du tout avec l’imaginaire tiers mondiste, et ont des prolétariats sur-puissants numériquement.

cette donnée de fond de transformation des sociétés par le mouvement m^me du capitalisme accumule des forces potentielles brutes en faveur de la révolution.

Le passage d’une classe en soi à une classe pour soi n’est pas joué, mais il n’est pas anodin de savoir que cette classe est surpuissante numériquement , et ça change pas mal de choses ainsi.

L’ensemble du Maghreb est une bombe sociale où les classes les plus puissantes finissent par peser de plus en plus.

La petite bourgeoisie a été évanescente dans le processus tunisien, les particularités de la bourgeoisie tunisienne ont créé une faiblesse particulière de sa direction



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 07h36 - Posté par Cop

Par contre les dépendances économiques ne sont pas exactement construites pareil. La France de 68 est un pays impérialiste dominant même si sonné par la perte de ses colonies les deux décennies précédentes.

et bien sur il y a les particularités des très grandes usines.


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 09h42 - Posté par

@Copas : certes, mais je continue de penser qu’il y a plus de similitudes importantes que de différences importantes entre les deux, Portugal et Tunisie. C’est la situation économique et la place dans le capitalisme mondial qui rend les choses très comparables. La structuration de la bourgeoisie et sa croissance avec l’argent de l’étranger. La quasi absence d’industrie nationale tunisienne car la bourgeoisie "locale" engraissée au pognon UE et US place son fric financièrement d’ailleurs. Une part surdéterminée d’agriculture archaïque et une industrialisation de l’agriculture en revanche , montante. Et aussi le fait que, certes au Portugal , c’est l’armée qui a pris le pouvoir , mais c’est parce que une part importante de la bourgeoisie a lâché le régime en place que cela a été possible. Et cela fait un autre point commun important avec la Tunisie. La suite des évènements aussi verra si la comparaison est juste à une limite ou pas....

LL


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 23h55 - Posté par Copas

une société ne se décrit pas seulement par sa classe dominante

l’importance numérique du prolétariat urbain moderne est une donnée lourde de nos sociétés modernes, en développement ou de vieux pays industriels.

La différence historique avec les révolutions du passé est marquée par cet aspect dans beaucoup d’endroits, même si on croise des mécanisme communs à toutes les dynamiques révolutionnaires.

Mais au fond, les forces accumulées (insuffisamment conscientes hélas) sont énormes par rapport aux exemples historiques révolutionnaires .

De la révolution de 1917 et son minuscule prolétariat urbain dont l’essentiel de la fine fleur va disparaitre dans la guerre civile, à la révolution portugaise et son prolétariat urbain minoritaire (en valeur absolue comme vis à vis de la paysannerie) comparable au prolétariat égyptien actuel, aux sociétés tunisiennes, algériennes, iraniennes, à leurs forts prolétariats urbains, jusqu’au prolétariats urbains écrasants comme le Brésil, il existe des accumulations qui changent profondément la donne.$

nous sommes souvent experts à disséquer les différentes couches et affres de la bourgeoisie, des appareils d’état , mais nous avons des peaux d’orange sur les yeux pour voir en face notre classe, ses couches sociales et ce que cela implique dans les combats de classe.

Sur les dynamiques, :

On va pas refaire le match sur la révolution portugaise, mais, là sur le détail de la dynamique, c’est bien une transition bourgeoise dans laquelle les masses s’invitent et bouleversent le scénario, bouleversant en retour l’armée de conscription

Les scènes de fraternisation entre population et militaires changent les trajectoires des évènements .

Ainsi, on retrouver souvent de mêmes images entre des blindés couverts de manifestants au Portugal, en Tchécoslovaquie 1968, en Hongrie 1956, au Portugal 1974, en Egypte 2011, etc

Après, ça marche ou ça ne marche pas, la hierarchie de l’appareil d’état bourgeois arrive ou pas à reprendre la main, mais c’est un des traits communs des processus révolutionnaires que la corrosion d’une partie des appareils d’état par la puissance politique des masses en mouvement

Par contre le scénario tunisien c’est une mise en mouvement des masses prolétariennes modernes qui se mettent en mouvement et qui, par leur puissance, corrodent une partie de l’appareil répressif, et divisent la bourgeoisie.

La bascule de l’armée vient après sur Ben Ali, elle vient par des contradictions des dictatures bourgeoises explicites dans des pays modernes, confrontées à la poussée des masses qui corrodent l’ancien équilibre

Après, savoir si la poussée révolutionnaire continue dépend de tas de choses, dont la force et les plans orientés en ce sens des courants politiques cherchant le pouvoir des travailleurs pour libérer completement les sociétés.


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 09h54 - Posté par

Pas d’accord !

Bien sur le prolétariat en nombre et jeune et plus éduqué c’est une donnée différente (d’ailleurs, le Portugal et la Grèce étaient des pays très "jeunes" lors du renversement de leurs régimes , et la jeunesse a joué une grande part, car ce sont bien les jeunes appelés pour aller se faire éventrer en Mozambique ou en Guinée qui ont poussé le bestiau de l’intérieur de "l’armée" et l’ensemble du peuple portugais qui en avait ras le bol de voir ses gosses se faire tuer pour une exploitation coloniale qui ne profitait ni au pays ni au peuple et qui en plus impliquait la mort l’asservissement d’êtres humains -les Guinées etc..- qui ne leur avaient finalement "rien fait") mais c’est seulement sur les contradictions interne du bloc au pouvoir et de la classe dominante que peut prendre appui un processus insurrectionnel de changement ou une révolution.

L’armée c’est évidemment un appareil de l’Etat bourgeois . Cet appareil, il est aux ordres de la fraction qui domine le bloc au pouvoir ,ou pas. Croire que l’armée "obéit" au peuple et "fraternise" spontanément avec celui-ci dans des situations insurrectionnelles, c’est un peu "angélique". Un militaire obéit (même s’il y en a qui désobéissent). Il obéit à des généraux qui obéissent à des gouvernements ( ou pas).

Ensuite, le peuple est au rendez-vous ou pas, il y a "télescopage" ou pas, mais ça c’est autre chose.

En Tunisie on assiste exactement à ça, on est encore en plein dedans, en Egypte, on va voir.

Ce qui fait , une fois le régime renversé d’un commun accord , entre bourgeoisie et masses populaires, la différence entre tel ou tel, et ça je crois que Poulantzas l’a extrêmement bien démontré, chiffres et faits à l’appui, c’est qui a l’hégémonie dans ce mouvement où il y a forcément une alliance de classes ou de certaines parties de certaines classes.

La preuve en Iran, où, pour le coup, Moussavi et toute une partie de la bourgeoisie compradore a essayé de soulever la jeunesse et les masses populaire contre Ahmadinejad (représentant "métissé" de la bourgeoisie "intérieure") ça n’a pas marché ! Et pourtant c’est un fait, il y avait du monde dans les rues et paradoxalement il y a eu moins de morts en Iran pendant cette "pseudo révolution verte" qu’en Tunisie en 15 jours !

Pourquoi ? Parce que c’est la bourgeoisie intérieure , notamment industrielle, et en passe de faire sa "révolution" (laïque et nationaliste) qui est en train de devenir hégémonique en Iran, et cela est principalement du au blocus imposé par les USA et l’UE. La situation économique et sociale est mauvaise mais pas si pourrie qu’on le dit ici, le régime n’est pas si haï qu’on le dit ici, et les contradictions internes à la bourgeoisie existent mais elle ne sont pas au profit des bases avancées de l’impérialisme (représentées par Rafsandjani et cie) et elles arrivent "trop tard". L’alliance de classe sur la base d’un nationalisme possiblement laïque entre la bourgeoisie intérieure non monopoliste et les masses populaires est majoritaire et trop forte sur des objectifs "patriotiques".

C’est pour ça qu’il ne reste plus aux USA que la solution de la guerre contre l’Iran.

En revanche là où je suis d’accord c’est sur ton commentaire sur nos peaux d’orange sur notre situation "à nous". Celle de notre classe, de notre prolétariat, et je dirais même aussi celle du bloc au pouvoir et de la bourgeoisie.

LL


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 09h56 - Posté par copyleft

Voici de quoi affiner encore l’analyse sur le mouvement de fond actuel, un article très pertinent et intéressant :
http://www.monde-diplomatique.fr/20...


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 11h47 - Posté par

Merci, c’est en effet très intéressant, je l’avais oublié.


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 09h16 - Posté par philou

Merci , une pensée claire et juste qui dé-embrume nos propres convictions perdues et esseulées au milieu de se brouhaha de désinformation médiatique.



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 09h23 - Posté par Mengneau Michel

Une révolution, c’est aussi un assemblage de résistances et de déterminations locales ancrées dans le concret et la proximité.

Eh oui, c’est d’ailleurs un travail dont l’éfficacité et la pérennité sont souvent plus marquant dans le long terme. Je n’exclue pas le grand chanbardement, mais l’action continue en restructurant les territoires de façon diférente a son importance.

Dans le sud Vendée où le bassin d’emploi se désagrège malgrè une forte résistance sociale, on tente de motiver pour redonner vie à de petite à l’industrie locale et de proximité, c’est l’un des atouts concrets pour lutter contre la mondialisation.



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 09h25 - Posté par bandit corse

Merci La louve. Encore une fois tu remets les choses en ordre. Car à lire tous ces partisans de la lutttteeeeuuuu finale et ces croyants du grand soir nous étions perdus dans les circonvolutions d’une pseudo révolution.
Encore une fois merci de ton analyse pragmatique et surtout réaliste



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 10h29 - Posté par

et pendant ce temps où est eric besson ????????????
Le ministre français de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, Eric Besson, a entamé samedi une visite
de trois jours à Tel Aviv et à Jérusalem pour renforcer le partenariat industriel et technologique entre la France et "Israël", a-t-on appris de source officielle.

Besson est accompagné d’une délégation de 20 chefs d’entreprise, selon un communiqué du ministère de l’Industrie.
Le but de cette visite est de "construire des relations économiques à la hauteur des opportunités israéliennes et des relations politiques constantes entre les deux pays et de renforcer la coopération des deux pays dans le domaine des nouvelles technologies et des énergies renouvelables", souligne le communiqué.

La France n’est que le 9e client d’Israël et son 10e fournisseur, avec un volume d’échanges inférieur à deux milliards d’euros, selon le ministère de l’Industrie.
Révolution en France : pas pour demain mais collaboration avec des oppresseurs oui, oh ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 11h12 - Posté par Mouton Noir

Effectivement, ce qui est énervant dans la couverture médiatique de ces mouvements, c’est que seule la dimension "liberté" est mise en avant. On parle des "droits de l’homme" mais jamais d’économie ou d’exploitation. Pas étonnant : les droits de l’homme sont parfaitement solubles dans le capitalisme, et en "enfermant" un mouvement de révolte dans ce piège on peut le détourner complètement de son réel potentiel subversif...

Je n’ai pas assez d’informations sur ce qui se passe en Tunisie et en Egypte pour savoir quelle place a réellement dans ces mouvements cette dimension "économique" (révolte contre l’exploitation capitaliste, revendication d’autres modèles de développement et de fonctionnement de la production, place du "travail"), mais l’une des façons de les aider consiste effectivement à sortir de ce piège médiatique en mettant ici en exergue dans nos réseaux cet aspect économique de ces "révolutions" (?).

A propos de ce dernier mot, je trouve très très louche l’empressement que les médias dominants ont ici à qualifier de "révolution" les événements de Tunisie ou d’Egypte...



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 20h45 - Posté par Alain Chancogne

Avis :
Je vais peut etre passer pour un enc. ;de mouches.

Je n’ai pas l’habitude de taire mes interrogations.

LL. écrit

C’est à peu près le message que l’on pourrait envoyer à tous les peuples qui luttent, aux peuples tunisien, égyptien... actuellement engagés dans des révoltes et des actes qui ne sauraient être travestis sous le terme de "révolution démocratique" ou de "révolution par les urnes".

J’ai relu et je n’arrivais pas à bien saisir ce qui me "titiillait"

Plus loin je lis..

Des opportunités de révolte, et des opportunités de faire bouger les lignes, voire, peut être, de renverser, non seulement certains régimes, en termes politique, mais également certains systèmes et d’avancer encore, sur la voie révolutionnaire

i

Toujours "bloqué".., l’A.C..

Et ..grâce à Bandit corse et Mouton noir, je pige ce qui me "bloque.

L’un félicite L.L.et" exécute" certains

à lire tous ces partisans de la lutttteeeeuuuu finale et ces croyants du grand soir nous étions perdus dans les circonvolutions d’une pseudo révolution

L’autre confirme ce que je ressens de "malaise"..(extrait avec coupre)

On parle des "droits de l’homme" mais jamais d’économie ou d’exploitation. Pas étonnant : les droits de l’homme sont parfaitement solubles dans le capitalisme, et en "enfermant" un mouvement de révolte dans ce piège on peut le détourner complètement de son réel potentiel subversif...

.....mais l’une des façons de les aider consiste effectivement à sortir de ce piège médiatique en mettant ici en exergue dans nos réseaux cet aspect économique de ces "révolutions" (?).
A propos de ce dernier mot, je trouve très très louche l’empressement que les médias dominants ont ici à qualifier de "révolution" les événements de Tunisie ou d’Egypte...


Pas de langue de bois, entre nous et tant pis si bien sur je fais dans le "raccourci" que je "coupe" telle phrase

 :)

On l’appelle ,donc pas"REVOLUTION" la levée en masse d’un peuple contre le Pouvoir qui le flingue dans la rue.

C’est quoi une REVOLUTION pour "VOUS ??

Cette appellation n’est valable que pour les processus d’abolition du Capitalisme. ;(disons révolution au sens "marxien" , puisque sans être très féru en Marxisme, j’ai effectivement quelques "idées" sur l’abolition du salariat..)

Comment qualifier la victoire des castristes,-à part de réécrire l’Histoire pour faire de Fidel 59 un farouche marxiste-léniniste.. ?

En Avril 74, la Révolution des Oeillets ,c’est pas une "Révolution" ?

Le terme est impropre, ? le Capital n’ a pas été l’objet d’appropriation sociale, je sais bien.

- au passage , au Portugal..si l’armée des "capitaines" fut le bras armé, ne comptons pas pour du beurre les luttes des travailleurs et résistants portugais avec ..un coup de chapeau au .PC.P et à la CGTP...Parce que sans cela, on confond Lisbonne avec telle capitale sud américaine des années 1900..ou un général X virait unColonel Y..

Tunis, Le Caire et demain tout lieu ou le PEUPLE et sa classe ouvrière brisent, le carcan des pouvoirs , dictatoriaux , l’analyse toujours nécessaire des évolutions des rapports de classe ne saurait, selon moi, aboutir à un refus d’appeler un chat , un chat

Celui qui , en Tunise, en Egypte, et aussi demain au Yemen , en Jordanie, fragilise le Capital, isole l’axe Wahington -Tel AVIV.via roiteltes, émirs et ordures
"républicaines "comme Moubarak ou Ben ALI..est UN REVOLUTIONNAIRE !

Aucun Palestinien de Gaza ne me contredira...

Pour une raison simple : Le Capitalisme "objectivement "en prend plein la gueule !

......, je maintiens que "bourgeoise ou pas, la REVOLUTION de 1789 mérite ce NOM

Parce qu’elle a vu une classe -en l’ occurrence la bourgeoisie- foutre en l’air les "classes parasitaires" qui empêchaient le développement du CAPITALISME sans lequel selon Marx et bibi..il n’ ya pas de terrain de lutte des Classes pour qu’elle soit "moteur de l4hisroire"..

Voili, scusi si je suis pas dans le coup.. !!

Si j’ai pas compris l’article de la louve et les réactions des camardes que je cite , on se gènera pas ( peu importe dans quel style), pour m’éclairer.

Si mon propos pointe une divergence, allons y.

Je suis de ceux qui ont besoin de mieux comprendre..

Cordialement

AC



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
30 janvier 2011 - 21h18 - Posté par Mouton Noir

Que dit Wikipédia ? :

Une révolution est, au sens politique ou social, un mouvement politique amenant, ou tentant d’amener, un changement brusque et en profondeur dans la structure politique et sociale d’un État, et qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend ou tente de prendre le pouvoir. Le terme de révolution peut être utilisé par un gouvernement se présentant comme révolutionnaire pour qualifier l’ensemble de ses politiques, alors même que sa prise du pouvoir est effective et achevée.

Bon alors en partie OK avec AC, en Tunisie et en Egypte on assiste au début de ce qui peut devenir une révolution, car en Tunisie (pour l’instant) le chef de l’Etat est parti mais les structures du pouvoir sont toujours les mêmes. Il y a un gouvernement de transition et des élections annoncées, mais le régime et les institutions sont à ce jour toujours en place. Quant à l’Egypte pour l’instant le chef de l’Etat n’est pas encore parti...

Je dis juste (ou plutôt je crains) que ces révoltes risquent d’être des révolutions avortées en ce sens que si on les cantonne dans une problème de droit de l’homme, il suffira qu’un gouvernement un peu plus droit de l’hommiste s’installe pour parvenir à faire taire la rue... Mais si la rue porte effectivement des revendications autres que strictement liées aux libertés, qu’elle aspire à une vraie émancipation économique, alors la "libéralisation" (au sens de liberté) du régime ne suffira pas à le maintenir en place...


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 08h45 - Posté par Copas

Bon c’est un débat un peu abstrait...

Mais on ne peut reprendre un truc de Wikipédia (qui en vaut un autre) en squizant une appréciation qui me semble juste et qui apprécie la révolution comme un processus qui ne s’accomplit pas forcement

un mouvement politique amenant, ou tentant d’amener, un changement brusque et en profondeur dans la structure politique et sociale d’un État,

Donc une querelle autour des mots.

Et bien sur que l’objectif du pouvoir des travailleurs est ce qu’on peut attendre et souhaiter pour l’accomplissement d’une révolution.

Maintenant, les termes de révoltes ou d’émeutes sont largement dépassé quand ce sont des mouvements aux objectifs clairement identifiés politiquement et mettant en mouvement de larges masses.

les énormes mouvements de masse dynamiques qui, de fait, se mettent en concurrence du pouvoir sont des indices d’une situation révolutionnaire.

Que ça gagne ou pas.

Mais il y a bien, par le mouvement même des masses concurence avec l’ordre établit concret de l’appareil d’état de la bourgeoisie.


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 09h00 - Posté par

Oulalala t ’emballe pas ; ) je dirais que t’as raison et tort sur ce coup là

Je crois que ce qui fait débat là, c’est le fait que , levée en masse ou pas (au Portugal y’a eu zéro levée en masse ou quasi dois je te le rappeler pourtant on appelle ça révolution) ce qui fait une révolution, je crois qu’on sera tous d’accord là dessus (sauf toi si je t’ai bien compris), c’est le changement de REGIME.

Or, en Egypte pour l’instant c’est pas le cas mais je souhaite très fort que ça aboutisse

Et en Tunisie c’est PRESQUE le cas mais pas encore...attendons les élections la constituante...

Donc pour le moment parler de "révolution" c’est aussi "bizarre" que de parler de "révolution" pour mai 68.

Je crois que ce qui est traduit c’est que ça ne suffit pas la levée en masse de toute une partie du peuple pour faire tomber quelques personnes et conquérir qq droits individuels pour parler de "révolution". Mais ça ne disqualifie nullement les peuples qui participent en masse à ces évènements au contraire !

Sinon pour Castro, la révolution c’est pas seulement la prise de Cuba, c’est après quand ils mettent sur pied un AUTRE REGIME !

1979 révolution iranienne, c’est juste ! changement de régime et de personnel politico-administratif.

Pour 1789 c’est pareil , changement de régime etc....

Bizarrement pour 1848 et la Commune, très peu parlent de "révolution".

Et même au Portugal ou en Grèce le terme de "révolution" serait sans doute exagéré.

Je veux dire, je pense que non ce ne sont pas révolutions (pour l’instant) mais des "révoltes possiblement révolutionnaires" et ALORS ?

C’est très très bien et très important quand même ! Et il faut soutenir quand même !

Y’a pas QUE les révolutions dans la vie justement, non ?

LL


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 10h20 - Posté par

Alain,

Pour poursuivre, je dirais que en Tunisie nous sommes en plein dans une situation insurrectionnelle qui a rapidement cédé le pas à une situation manifestement révolutionnaire ; mais pour "décréter" (je ne dis pas que c’est ton cas) qu’il " y a eu " une "révolution" en Tunisie, je pense qu’il faut attendre encore un peu.

A ce stade nous sommes en plein milieu du processus de renversement d’un régime, donc en plein dans la phase ascensionnelle d’une situation révolutionnaire.

Mon objectif, ce n’est pas de juger et de mépriser pour ne pas soutenir, ou comme font certains pour carrément condamner le soutien, au motif que ces soulèvements et cette situation révolutionnaire auraient été possibles grâce à une forme d’alliance de classes ( c’te blague, c’est toujours le cas !), c’est JUSTEMENT de ne pas éteindre trop vite les braises révolutionnaires !

C’est de ne pas se retrouver dans la situation du toubib qui dit "Madame, c’est bon, vous avez vaincu votre cancer" et qui la revoit 6 mois plus tard dans son cabinet au stade terminal...

Ça coûte quoi "d’attendre" de voir si les masses populaires trouvent des ressources en elle pour mordre le cou de la bourgeoisie avec laquelle elles sont alliées par nécessité pour renverser le régime ? Ça coûte quoi d’essayer de trouver les mots justes ? Ça fait de nous des parfaits salauds ou des gauchistes en culotte courte ?

Je ne pense pas. Et certainement pas avec "nos" intentions.... ;)

Au fond c’est un peu le même débat que de savoir si le régime actuel sous Sarkozy est fasciste ou pas.

Et c’est un débat qui a de l’importance.

Parce que si le régime sous Sarkozy est réellement devenu fasciste, y’a pas à tortiller du cul, faut non seulement voter PS, porter Juan-Lucho au pinacle, mais aussi prendre les armes et le maquis car au moment où je suis en train d’ECRIRE ces lignes, je mets carrément ma vie et celle de ma famille en danger...(bien sûr je dis ça en me fondant sur ce que l’on m’a raconté de ce qu’était réellement un régime fasciste, par exemple, mes beaux parents , communistes et révolutionnaires, au Portugal, enfin, en exil et en clando en France, mes amis italiens, espagnols, grecs, mes amis iraniens, qui ont subi les arrestations arbitraires, la détention arbitraire dans des prisons comme Caixas, Tarafale, Evin etc, la torture, la privation arbitraire de leurs biens,la clandestinité, l’exil etc...).

S’il ne l’est pas ...alors là... ça change beaucoup de choses...tu l’admettras ?

La question de savoir si "il y a eu une révolution" en Tunisie (et dans ce cas savoir de quel ordre, de quelle nature, elle est), c’est un peu la même et elle a le même genre d’implications.

C’est pour ça qu’on essaie de chercher.

Mais je crois que finalement c’est JP Legrand qui s’approche de la solution dans un autre article qu’il a logé là , c’est une "révolution en cours" ou d’autres ont dit un "processus révolutionnaire" en cours. Ca me va beaucoup mieux que de parler de "révolution " en sous entendant qu’elle est accomplie. Idem pour l’Egypte où pour le moment, d’ailleurs, Moubarak est toujours là.

LL


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 10h58 - Posté par touffes et tins

Au-dela des lignes tracées
En-deçà des papiers froissés
Sourd un désordre qui dérange
Les esprits bien organisés...

La solution imaginée
A ce problème mal posé
Attend tapie dans l’ombre étrange
Que l’on n’ose pas regarder...

Quelle pensée ose au poison
Goûter si le doute y invite
Entre le coeur et la raison
L’Histoire cruelle palpite...

Que l’on bouscule enfin la porte !
...Et si "l’horreur" paraît, qu’importe !
Au moins combattrons-nous la peur
Loin des prêtres bonimenteurs !


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 10h59 - Posté par Mengneau Michel

Je rigole car je suis moi aussi dubitatif sur l’emploi de l’expression et pour éviter la polémique, dans mon commentaire j’ai mis : le grand chambardement.

En fait ,’cest la définition même de Révolution qui est le sujet des discutions. Pour 68, par exemple, on dit rarement la révolution de 68, mais plutôt les événements de 68, où plus simplement, Mai 68, avec tout ce que cela laisse supposer. Aussi, souvent, avant d’utiliser le mot révolution, on pourrait qualifier certains événements d’actes révolutionnaires ce qui donnerait une nuance qui néanmoins serait l’annonce d’un mouvement bouleversant complétement l’espace politique traditionel, la Révolution.


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 11h23 - Posté par

Ecoute, ce qui est certain en tout cas c’est que je ne suis pas dubitative du tout sur ce qu’a déjà accompli le peuple de Tunisie ! Et je pense que là on est d’accord. Où cela ira t il ? autre question, personne n’a la réponse. LL


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 12h19 - Posté par Alain Chancogne

@LL

, C’était pas pour moi au moins le "t’emballe pas".. ?

 :)

Même si, après tout, autant s’emballer sur"REVOLUTION ou pas " que sur FDG seul , élargi, coalition LO-NPA-PC..avec ou sans "soutien", participation ou pas participation à ce qui ne sera pas, là , nous serons d’accord, "révolutionaire" en 2012
Mais d’essence CONTRE -REVOLUTIONNAIRE puisque leure et impasse pour combattants anticapitalistes !

@tous donc qui ont eu la courtoisie de répondre à mes"interrogations".

Une deux remarques donc, pour préciser sans aucune envie de chercher des poux, de querelle sémantique ou untel serait lucide, l’autre grisé, etc etc..

Nous sommes entre camarades du même camp ( ..sans mélanchon , pour LL et pour moi..-clin d’oeil fripouillard à Cop’)

1789 est UNE REVOLUTION : Rien de prolétarien , mais une classe s’assure la maitrise du "futur" en chassant les autres (clergé noblesse) qui empêchent le développement de la Société

. C’est bien pourquoi l’Histoire à juste tire parle de"contre-Révolution" pour ce ce que fut Thermidor et ses suites.

.Pour ce qui est de l’échange en cours, je ne partage pas la remarque de Copas sur le fait que nous serions dans une "querelle de mots".

.Nous avons des analyses qui ne sont pas identiques., qui peuvent d’ailleurs évoluer ..

Si je lis le dernier message de L.L., celui de Mouton Noir aussi, je préfère les termes utilisés de "processus révolutionnaire" QUOIQUE..

Depuis que j’ai compris que tout"Grand soir" pouvait être suivi de petits matins à la gueule de bois (.et .pas que le 7 Novembre ou le 10 Mai. !!.) j’ai tendance à trouver que c’est un peudu "pléonasme" que d’avancer l’idée que NOMMER tel évènement de parler REVOLUTION serait de nature à laisser croire que "le match est plié".

Or. ;au risque de vous étonner .. :))..
......................je pense que, "marxistement" parlant (langage qu’oublièrent des générations de communistes )"processus Révolutionnaire" est un pléonasme..

Je sais qu’on peut se"chambrer"

.Donc je prends le risque..

LL tu écris

ça me va beaucoup mieux que de parler de "révolution " en sous entendant qu’elle est accomplie.

Mais, JAMAIS une REVOLUTION n’est accomplie..Sauf... et encore .. dans un COMMUNISME d’ou les armées, l’’argent, les Etats , les polices sont à la poubelle parce que la Société sans classe..etc etc etc..

Ce qui fait qu’un moment on vit une REVOLUTION et pas une REVOLTE.. (personne ne dit d’ailleurs que la dite REVOLUTION suppose que les" Masses fassent l’Histoire sans revers.., et que la guerre de classes ne conduise pas à des tragédies "contre-Révolutionnaires") c’est quand ce qui bouge impacte le rapport Capital/travail

Déplace le CURSEUR.

Du moins, j’en suis là, et j’y reste pour illustrer et simplifier.

L’écrasement du Fascisme :

Gros désaccord entre des gens comme Copas et moi :

Pour lui , 1944-1947-en gros- relève d’une REVOLUTION "avortée" ou qu’étouffa le national communisme de Thorez , s’inclinant aux injonctions staliniennes fixant le statu quo de Yalta(pardon, Copas si je caricature ta position qui est celle , grosso modo, du courant trotskyste depuis des décennies.)

D’autres -peut etre Copas aussi , voire certains camardes parlent de" Révolution trahie par le pCet laCGT ". en mai68..

Ils avancent l’idée que la situation était "révolutionnaire".

Je prétends quant à moi que,l’écrasante responsabilité d’un PC ignorant ou combattant des aspirations parfois confuses de "changer la vie" n’étaient pas d’un processus de changement DE société..Parce que l’autogestion de certains Nanterriens n’est pas -selon moi- de "ma" définition de communisme autogestionnaire mais surtout
parce que le Pouvoir gaulliste aurait pu (Baden Baden ne fut pas une RRT du Vieux)..rééditer le"solo funèbre" de 1871.

Personnellement et sans vouloir alourdir cet aparté (quoique..il n’est pas inutile car "Tout est dans "tout"" ) j’en reste , en prenant bien en compte ce que vous dites, TOUS à ceci :

Ce sont des REVOLUTIONS qui parcourent le monde" arabe "

Parce que, d’ores et déjà, et au delà de ce qui se passera en Egypte et ailleurs aujourd’hui demain, voire les mois qui viennent, la notion de"peuple qui doit SUBIR" vient d’en prendre un putain de coup.

Voilà qui dépasse Le Caire.

C’est de "la REVOLUTION"..parce que le Capitalisme est dans ce moment de crise systémique ou je considère qu’on ne peut pas comparer les situations à d’autres changements -y compris à CUBA..-..sans rapporter les conséquences à la fois sur les impacts dans les consciences populaires mais aussi dans les besoins du Capital d’ajuster ses stratégies

IL ne PEUT plus RIEN SUPPORTER qui soit’"ruade dans les brancards du Canasson AFFAIBLI"-même si les apparences sont trompeuses.quand le FMi ou un G20 voit son p’tit cheffaillon récemment intronisé rouler ses épaules agitées de tics..

Je suis de ceux qui ne pensent pas que Bush-Obama sont uniquement les gendarmes des pétroliers et les mafiosi du cartel militaro- insdutriel des States et de la finance intrernationale

les Marines déployés..c’est l’arme de dissuasion d’un Capitalisme a besoin de terroriser les peuples..

Pour les immobiliser dans le seul désespoir d’impuissance. !

Or, une réalité comme celle qui est bousculée cces jours ci, .c’est , selon moi, sans précédent dans l’Histoire des 50ou 70 dernières années..

Y compris la décolonisation ..permettait de"sauver" les meubles.. !

Si aujourd’hui les Peuples viren les"garde meubles du Pognon" je m’emmerde pas et je dis REVOLUTION ! !!

Parce que si je ne le dis pas....(et même si c’est injuste que "les gens" raisonnent ainsi..) ils en resteront à des"révoltes" des youyous de qui salueraient les départs rapides de la clique des autocrates .., des corrompus, des fusilleurs..

Ce qui aurait accompagné le départ du dictateur iranien Mahmoud Ahmadine..qu’aurait remplacé un ex Ministre de l’intérieur adulé des foules au Coran levé.en 2009...alors qu’en 1978(?) il avait co-ordonné le massacre d’Iraniens en lutte (notamment la classe ouvrière qui est dangereuse quand elle chante l’Internationale , beaucoup moins quand c’est le muezzin qui appelle à la manif)

Ce n’est pas, je force le trait, que le Magheb et le Proche ou Moyen Orient qui entrent en REVOLUTION..
.
C’est ce putain de vieux monde.

C’est l’éveil des consciences -autrement qu’avec l’Iran-, les solidarités internationales qui ressuscite un "internationalisme" tombé un peu en déséitude, tant la Capitalisme dit"mondialisé (pour parler peuceufeu) semblait figer l’Histoire..
C’est tellement vrai que je reconnais avoir sous estimé ce que l’UGTT portait dans cette classe et ce peuple tunisien.

Certes sans être con au point de penser que cela ne va pas sans des pressions énormes de la nouvelle Fédération Internationale des Syndicats qui n’est que l’élargissement de l’ex CISL..

C’est tellement"révolutionnaire" pour moi que j’imagine , avec sourire et regret..ce qu’aurait été le mouvement des retraites de l’automne si..les tergiversations de nos leaders "responsables" du mouvement social avait du, eux aussi, se farcir l’écho de Tunis ou Carthage..

Mais je ne pense pas que nous soyons , sur le fond , en profondes divergences.

Je n’ai donc pas envie qu’on se focalise sur dette parenthèse que j’ai ouverte et que je referme si elle doit, peu ou prou, nous éloigner de l’essentiel..

Bonne journée de cordialité communiste

AC


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 12h45 - Posté par angela anaconda

Souvenons-nous quand CONTINENTAL, cette belle entreprise allemande, offrait un reclassement à Xavier Mathieu et ses camarades en Tunisie pour.... 137 euros par mois ! Salaire de l’ouvrier tunisien de Continental. Pas cher ma bonne Angela, hein ?

Beh, Xavier Mathieu a été très courageux, il a poussé le bouchon aussi loin que possible. Il ne va pas se contenter de sa situation. Aussi, il a dit vouloir se battre au dela de la CGT. Le nerf de guerre, c’est l’argent. La CGT se bat pour les droits des salariés. D’accord. Mais qui se bat contre la précarité ? Qui défend les chômeurs, les parents isolés, les handicapés, les jeunes, les étrangers, les personnes âgées ? Personnellement, j’ai décidé de défendre, là où je peux, l’instauration d’un revenu de base inconditionnel pour tous. Les suisses ont fait un documentaire intéressant à ce sujet, avec une version française, le tout à cette adresse : http://www.kultkino.ch/kultkino/bes.... Je suis persuadée que son instauration sauverait la démocratie en tant que seul concept de société capable à intègrer la pensée et les conditions de vie des femmes.
angela anaconda



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 13h41 - Posté par Mengneau Michel

Pour une définition radicale du mot Révolution ce peut-être celle-là....

Dans, Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même, en 1886, on peut lire ceci :

Si la révolution qui gronde sous terre laissait quelque chose du vieux monde, ce serait toujours à recommencer !

Elle s’en ira pour toujours, la vieille peau de la chrysalide humaine. Il faut que le papillon déploie ses ailes, qu’il sorte saignant ou qu’il crève.



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 13h41 - Posté par AC

Au débat, cette prise de position, sans la commenter

Tunisie, Egypte, Yémen, à ceux qui nous parlent d’incertitudes, voici nos certitudes !
Si certains nous parlent d’incertitudes quant à la situation, pour notre part, , nous avons des certitudes : le monde est en train de se transformer à grande vitesse, les révolutions, les insurrections s’engagent, les peuples se font entendre et se battent parfois au péril de la vie pour porter très haut l’exigence de la liberté et de la démocratie.

Pour notre part cela fait des années que nous expliquions que ce moment qui commence allait advenir. Ce qui est affligeant c’est que lorsqu’on parle de révolution, certains de nos interlocuteurs, la majorité issus des partis politiques de gauche en particulier, soit écoutent poliment mais sont absolument convaincus que nous sommes des extra-terrestres de la pensée, soit ricanent et passent à un autre sujet de conversation.

On a beau exposer des arguments rationnels, on a la sempiternelle réponse : "Mais non les révolutions, vous y croyez encore vous ?" ou bien "Admettons qu’il y ait des révolutions dans les pays du tiers monde parce qu’il y a trop de misère mais en France cela n’arrivera plus, les gens ne sont pas prêts du tout, ils sont tenus par le système, ils ont tous un crédit et puis ils ne sont pas fous, ils ne prendront jamais le risque de perdre le peu qu’ils ont". Cela est dit comme une évidence...et alors le débat est clos. Ceux qui ont cette certitude sont les mêmes qui ont des incertitudes sur ce que le capitalisme leur réserve et pourtant on peut leur dire que ce n’est pas la lutte pour la révolution qui va leur faire perdre le peu qu’ils ont, mais tout simplement le capitalisme comme cela est arrivé pour des millions de gens dans notre pays, en Europe, voire aux Etats-Unis.

Nous sommes en effet des millions à vivre dans notre quotidien depuis plusieurs années des reculs sociaux, des licenciements, des humiliations, une insécurité de plus en plus forte, des comportements violents, des institutions de plus en plus autoritaires, des systèmes de contrôle insupportables et surtout la pression permanente de l’argent. Nous passons énormément de temps soit à penser à l’argent, soit à en parler : le riche se demande comment il va pouvoir devenir plus riche et le pauvre comment il va pouvoir ne pas devenir plus pauvre.

Les révolutions en cours montrent que rien ne peut résister à la force d’un peuple uni et déterminé. Lorsque les rassemblements sont à l’échelle de toute une nation, ni la police, ni l’armée ne peut rien et les tyrans sont renversés. Pourquoi ce qui était vrai dans l’histoire cesserait à notre époque ? Au contraire notre époque accélère l’histoire car les hommes ont une conscience d’eux-mêmes beaucoup plus élevée qu’auparavant du fait d’une massification gigantesque de l’éducation à l’échelle planétaire et d’un développement du travail salarié que jamais l’humanité n’avait connu.

Il faut aussi dire à nos politiciens qu’ils doivent être un peu plus humbles. Car le problème n’est pas qu’ils soient pour ou contre les révolutions, puisque de toute façon elles vont avoir lieu et pour certaines elles sont en cours. Le problème est qu’ils pensent que leurs idées vont empêcher la révolution. Ils sont comme des enfants devant l’orage qui arrive et qui pensent que si ils imaginent le beau temps, la pluie ne tombera pas. Ce sont des gens qui vivant toujours dans la sécurité du système se pensent protégés ad vitam aeternam, ils ont accumulé un peu d’argent à la banque, parfois même beaucoup, ils ont quelques biens et cela les rassure, ils se pensent à l’abri de ce qui pourrait se produire -au cas où, on ne sait jamais-

Mais l’argent ne vaut que ce que lui accordent ceux qui en acceptent la médiation. Dès lors que le contrat est rompu, l’argent s’évapore et adieu l’illusion que la vie continue comme avant. C’est justement l’époque que nous vivons il y a une rupture de contrat entre les exploiteurs et les exploités et cela à l’échelle mondiale. Par son développement impétueux et ce seulement en quelques décennies la capitalisme a réussi à uniformiser et à unir le monde en un vaste espace d’affrontements entre les possédants et le prolétariat salarié en activité ou pas. Le prodigieux essor du capitalisme a rendu des milliards d’êtres humains dépendant du salariat et les a notamment concentré dans des métropoles gigantesques.

Par le développement de la productivité, le bond des sciences et des techniques, la création de technologies qui relient les hommes comme jamais dans l’histoire de l’humanité, des masses immenses d’êtres humains aspirent désormais à maîtriser leur vie, ils deviennent acteurs de leur destin et s’éduquent à l’aune de la socialisation des rapports de production, d’éducation, d’échanges. Des milliards d’êtres humains font ou vont faire l’expérience que la propriété privée des moyens de production est l’obstacle majeur à leur émancipation. Nous sommes à cette croisée des chemins entre humanisme planétaire ou techno-barbarie. Nous avons vécu la phase ascendante du capitalisme, tout reste possible...

Jean-Paul Legrand
Maire-Adjoint de Creil

AC



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 14h30 - Posté par Mengneau Michel

Quand je lis Edine Chitour : "non structurée qui risque de déboucher sur une anarchie nihiliste en l’absence d’alternatives crédibles comme c’est le cas en Tunisie où la contestation continue, pour continuer.", je suis beaucoup moins optimiste que JP Legrand car on lit là un conditionnement intellectuel qui a du mal à comprendre que l’on pourrait aller jusqu’à la remise en cause du système.

Certes, mon seul souhait est pourtant de partager cet optimisme pro-révolutionaire en le voyant effectivement prendre de l’ampleur. Mais la lutte réelle est-elle celle d’une véritable prise de conscience du danger du capitalisme, ou plus réellement d’une révolte face à des régimes autoritaires, autocratique et corrompus ?

Espérons que c’est une révolution de fond sortant des alternatives bien pensantes, une remise en cause profonde du système.

Aidons le mouvement dans ce sens là, c’est pour cela qu’il est bien qu’il continue car il agite les consciences, même si l’on a pour l’instand l’impression de stagnation.



L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 14h55 - Posté par

Chitour est un stal donc pas étonnante cette réaction...


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
31 janvier 2011 - 22h05 - Posté par marxouri1

Le communisme est le mouvement même du peuple qui s’émancipe. Il s’agit d’un processus complexe au cours duquel les masses populaires dépassent l’ordre existant et instaurent la transistion démocratique...Il peut réussir, mais ce "possible" n’est ni plus ni moins "probable " qu’un échec.

L’existence même des humains en qualité de personnes dignes du genre humain n’est pas un acquis définitif, elle requiert une vigilance de type "exitentiel".

Aucune philosophie n’a la clef définitive de ce "devenir humain", ni aucune religion ne peut prétendre être en sa possession exclusive : seule une méthode laîque respectant chaque croyance et chaque mécréance permet de garder ouvertes les chances de ce "devenir".


L’ère des opportunités est aussi l’ère des opportunistes !
7 février 2011 - 11h47 - Posté par marxouri1

J’ai consommé le bonheur
Le bel interdit
Caché des inquisiteurs
A qui tout est dit

Exempté des grandes peurs
Je suis un bandit
mauvaise herbe qui grandi
Au milieu des fleurs

Chaque été je sème terreur
A ce que l’on dit
Ma prime c’est la rumeur
Celle qui grandit

La plus-value des frayeurs
Je prends ma dime
Juste avant que l’on imprime
L’appel aux faucheurs...





LA LUTTE FINALE
jeudi 14 - 20h36
de : Nemo3637
Hôpital : tout le monde déteste l’austérité
jeudi 14 - 18h11
Bloc bourgeois - C’est l’heure de l’mettre !
mercredi 13 - 21h31
de : Hdm
Sans âme.
mercredi 13 - 21h27
de : L’iena rabbioso
Précarité étudiante : le cinq décembre dans toutes les têtes
mercredi 13 - 18h37
1 commentaire
GILETS JAUNES Acte 52 à Montpellier : La terreur bleue !
mardi 12 - 16h26
de : JO
CES 600 MILLIARDS QUI MANQUENT À LA FRANCE
mardi 12 - 12h16
de : Ernest London
BOLIVIE ! Processus électoral électronique mis en cause !
mardi 12 - 11h32
de : JO
1 commentaire
Pour poser de nouveaux jalons de laïcité
mardi 12 - 01h01
de : Christian DELARUE
2 commentaires
Intervention de Michèle Sibony, au nom de l’UJFP, à la manifestation du 10 novembre contre l’islamophobie
lundi 11 - 23h23
de : Chantal Mirail
6 commentaires
L’appel à manifester des sous-marins jaunes
lundi 11 - 21h09
de : jean1
Rassemblement contre la précarité étudiante dans toute la France le mardi 12 novembre
lundi 11 - 20h50
de : jean1
La terre a tremblé de Cruas à Tricastin ; Allo vous m’entendez ?
lundi 11 - 15h40
de : le fou du roi nucléaire pour coordi SudEst
1 commentaire
Gauche SERVILE ou gauche INDOCILE face aux intégrismes religieux
lundi 11 - 11h53
de : Christian DELARUE
5 commentaires
Coup d’Etat en Bolivie :Les syndicats annoncent un siège et donnent 48 heures à Camacho pour quitter La Paz
lundi 11 - 11h13
de : JO
2 commentaires
L’Europe doit cesser d’investir dans l’industrie du génocide
dimanche 10 - 22h29
de : DAIARA TUKANO via Christine Prat
ISLAMOPHOBIE : du SENS STRICT au SENS LARGE
dimanche 10 - 17h42
de : Christian DELARUE
8 commentaires
Le voile est-il une obligation religieuse ?
dimanche 10 - 17h22
de : Mohammed Chirani
5 commentaires
Comprendre l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes pour résister
dimanche 10 - 17h07
de : Lisbeth Sal et Capucine Larzillière 15 septembre 2011
3 commentaires
MRAP : La lutte contre la haine doit être unitaire
dimanche 10 - 00h01
de : Christian D (CN - MRAP)
4 commentaires
Riposte populaire face à l’islamophobie
samedi 9 - 19h00
de : jean1
8 commentaires
Montpellier : Un Acte 52 des Gilets Jaunes marqué par plusieurs blessés et de nombreuses interpellations
samedi 9 - 17h42
de : jean1
PECO : Hypocrisie du bloc pro-capitaliste
samedi 9 - 16h06
de : Christian DELARUE
1 commentaire
Combattre le fémonationalisme
samedi 9 - 13h08
de : Chantal Mirail
8 commentaires
Retraites à points : les salariés du privé ont tout à y perdre
samedi 9 - 08h53
Les "zélites" , qui détruisent la France sont responsables : à Lyon : un étudiant stéphanois s’immole par le feu
samedi 9 - 01h51
de : nazairien
4 commentaires
Épuration, recyclages et (grandes) compagnies... - C’est l’heure de l’mettre
vendredi 8 - 22h49
de : Hdm
GILETS JAUNES TOULOUSE : ACTE 51 (video)
vendredi 8 - 15h36
de : JO
LA PETITE MAISON DANS LA ZERMI - Chroniques d’un saisonnier de la misère
vendredi 8 - 12h13
de : Ernest London
Les PECO : déception d’un capitalisme pur et dur et souci de penser encore une alternative
jeudi 7 - 22h10
de : Christian DELARUE
4 commentaires
Sarkozy, mais en mieux.
jeudi 7 - 16h59
de : L’iena rabbioso
1 commentaire
Vol, pillage des ressources naturelles de la planète : Partout là où sont encore présentent les multinationales !
jeudi 7 - 16h04
de : JO
Casser les deux communautarismes, le dominant et le dominé.
mercredi 6 - 23h59
de : Christian DELARUE
2 commentaires
LE VOILE, CHIFFON ROUGE OU TORCHE-CUL ?
mercredi 6 - 19h28
de : Nemo3637
8 commentaires
Un blessé grave de plus dans les manifs. des Gilets Jaunes !
mercredi 6 - 15h27
de : joclaude
Ces entreprises qui empochent les milliards du CICE en licenciant
mercredi 6 - 08h22
Communiqué du PRCF (Pôle de Renaissance Communiste en France) à l’occasion du 30ème anniversaire de la fin de la RDA
mercredi 6 - 06h09
de : jodez
7 commentaires
Double tiers-mondisation intérieure : sociale, territoriale.
mardi 5 - 22h42
de : Christian DELARUE
Usine Biopole d’Angers : les leçons d’un fiasco industriel
mardi 5 - 20h01
de : Christian Haroble
NOTRE ENVIRONNEMENT SYNTHÉTIQUE - La Naissance de l’écologie politique
mardi 5 - 11h38
de : Ernest London

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Tous les hommes sont des intellectuels, mais tous les hommes ne remplissent pas dans la société la fonction d’intellectuel. Antonio Gramsci
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DAZIBAO
FÊTE DE L’HUMANITÉ 2019
jeudi 12 septembre
de Info’Com-CGT
Cette année encore notre syndicat participera à la Fête de l’Humanité les 13, 14 et 15 septembre à La Courneuve. Cet événement est à la fois un moment de débats politiques, syndicaux et sociaux, mais également des moments de partages entre camarades. C’est pour notre syndicat une manifestation grâce à laquelle nous pouvons faire connaître les combats que nous portons, rencontrer des salarié.es de nos secteurs d’activité et d’autres, échanger et approfondir des (...)
Lire la suite
11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE (video)
mercredi 11 septembre
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Mes amis, C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, (...)
Lire la suite
(video) LE SYNDICALISTE GAËL QUIRANTE EN GARDE A VUE. RASSEMBLEMENT DES 12H30
lundi 17 juin
de Roberto Ferrario
1 commentaire
LE RASSEMBLEMENT POUR GAËL AURA LIEU AU COMMISSARIAT DU 15e 250 RUE DE VAUGIRARD (Métro Vaugirard) aujourd’hui lundi 17 juin dès 12h30 Venez nombreux et faites tourner !! "On était au siège de La Poste pour négocier, la police a débarqué en mode Shining, à la hâche. Ils accusent T3s GaelQuirante de dégradations : mais c’est eux qui ont démoli les portes !" Gaël Quirante a été emmené en GAV ce dimanche, à 6h. "On était à deux doigts de signer un accord après un an de grève. (...)
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Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
Lire la suite
En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
Lire la suite
Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
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Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
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