Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

La justice française refuse d’extrader une militante basque
de : PACO
dimanche 18 septembre 2011 - 16h38 - Signaler aux modérateurs
2 commentaires
JPEG - 8.9 ko

Le 15 septembre, le tribunal de grande instance de Bordeaux a refusé l’extradition de Marixol Iparraguire, militante d’ETA arrêtée en 2004 et menacée par quatre mandats d’arrêts européens émis par un juge espagnol. La cour européenne des droits de l’homme exigeait sa remise en liberté. Le 13 septembre, Jean-Marc Raynaud, militant de la Fédération anarchiste, assistait aux débats. Il nous livre un intéressant compte rendu d’audience. Pas vu à la télé !

Résumé des épisodes précédents. Marixol Iparraguire, militante d’ETA, a été arrêtée en France en octobre 2004. La cour européenne de justice exige la remise en liberté d’un présumé innocent non jugé au bout de cinq ans. Marixol a été jugée en décembre 2010, soit six ans après avoir été arrêtée. La France préfère payer des amendes à l’Europe. Marixol a pris vingt ans. On lui reprochait beaucoup de choses en Espagne. Mais le dossier était vide. Pas d’empreintes digitales. Pas de trace ADN. Pas de témoignage direct. Juste des aveux extorqués sous la torture par la Guardia Civil à des prisonniers basques. La justice française savait et s’est couchée. Marixol a fait appel. D’un point de vue juridique, cet appel suspend toute autre procédure. D’extradition, entre autre. On apprend cela en première année de droit. Mais l’Europe de la répression marche beaucoup mieux que l’Europe sociale et a trouvé une astuce. On n’extrade plus, on « prête temporairement ». Marixol, la maman d’un petit basque que nous avons scolarisé (à l’école libertaire Bonaventure) et que nous avons hébergé (chez nous) pendant trois ans* comparaissait mardi 13 septembre 2011 devant le TGI de Bordeaux. Motif : mandat d’arrêt européen, pour « prêt temporaire », émis par l’Espagne du « camarade » José Luis Rodríguez Zapatero.

Bordeaux, mardi 13 septembre 2011, 11h15, Tribunal de Grande Instance. Escaliers majestueux. Un soleil de plomb. Bizarre. Pas un rat. Nous montons les marches, rongés par l’inquiétude. Ces enfoirés sont capables d’avoir changé la date du procès au dernier moment. À l’entrée, deux flics débonnaires devant un portique antédiluvien. Même pas de scanner. On aurait pu rentrer n’importe quoi. On est à la campagne et dans le sud ? Ça cause pointu. Comme on dit à Bordeaux : « C’est bonnard ! ».

On rentre. Trois Charentais. Thyde et sa grande gueule légendaire. En à peine dix secondes elle commence à embrouiller une vingtaine de flics qui stationnent dans le hall. Marco, 75 ans, a le cœur qui bat la chamade. Ma pomme, pas très rassuré, dans son numéro bien rôdé de vieux péquenot ne comprenant rien à rien. C’est pas dieu possible que nous ne soyons que trois !

Ouf, les amis basques et la famille débarquent à une trentaine. Il y a le père de Marixol. Quatre vingt et quelques au compteur. Un mètre quatre vingt dix. Son kolossal béret (basque). Sa canne. Papy est impressionnant. Annie, de Jakiléa (un formidable journal de défense des droits de l’homme au pays basque). Putain qu’elle est belle. Et quelle pêche. Mon pote Mikel, libéré depuis quelques mois, un anar d’ETA (et oui !) que j’adorais visiter au bagne de l’île de Ré, n’est pas là. Il bosse. Mais sa princesse est présente. La petite…, toute chétive dans sa robe blanche, exhale une énergie à nulle autre pareille. Le grand…, est descendu de sa montagne. Un roc. Et puis, il y a…

11h30, début de l’audience. Les flics, un peu tendus, nous expliquent où il faut s’asseoir. Des fois que… Marixol entre dans l’arène. Elle a les traits tirés. Elle arrive de Lyon. Elle n’a pas un regard pour les juges. Quelques bisous à la volée. Elle nous salue en basque. La salle répond. Le président commence à flipper. On le sent impressionné. Pas habitué à ce que…

Le président ânonne la demande d’extradition temporaire de l’Espagne. Il précise que son boulot se résume à examiner la lettre du droit. Moi y en a surtout pas vouloir élever le débat. On sent le gentil chien. La petite journaliste de l’AFP sourit. Ça ne sent pas bon. Et puis, la parole est à l’avocat général. Une toute petite quarantaine. Il n’a pas l’air aviné et, incroyable, se montre attentif. Ça dure dix minutes. Il refuse, mais très poliment et très modérément, tous les arguments de la défense. Sauf un. Il dit qu’effectivement, si Marixol est extradée, même temporairement, cela va gêner l’organisation de sa défense dans le cas de l’appel qu’elle a fait par rapport à sa condamnation à vingt ans par la cour d’assises anti terroriste de Paris. C’est évident, quand on est extradé et torturé en Espagne, ça n’aide guère à… Le proc est un malin. Il demande donc que l’on n’accède pas à cette demande de l’Espagne tant que la procédure n’aura pas été à son terme en France. Un blanc chez les juges. C’est quoi ce proc ? Mais c’est lui le chef. Alors courage prudence.

Ensuite, une plaidoirie remarquable d’une petite avocate inaudible. Puis vient le tour de Marixol. D’une voix forte elle remet les compteurs à zéro. Je m’appelle Marixol Iparraguire. Il y a trente ans, j’avais vingt ans. Mon compagnon était d’ETA. Il a été tué sous mes yeux. J’ai été torturée pendant onze jours. Ma famille a été torturée. Il y avait trop de traces. J’ai été relâchée. Je me suis enfui en France. Pour l’heure, les seules accusations à mon encontre reposent sur des aveux extorqués sous la torture. La torture existe toujours en Espagne. Vous ne pourrez pas l’ignorer éternellement.

Ça dure un quart d’heure. C’est incroyable. Le proc, les juges, boivent les paroles de Marixol. Ils se décomposent au fil de son témoignage. Je me mords la langue et les joues pour ne pas pleurer. Le président semble ébranlé. Il remet son jugement à jeudi. Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas pessimiste. J’ai raison. Le jugement vient de tomber. Marixol ne sera pas extradée. Il est donc encore quelques magistrats qui, à défaut de suivre le chemin de l’honneur, refusent du moins, parfois, de suivre celui du déshonneur.

* Lire aussi : Oui, nous avons hébergé un terroriste… de 3 ans

PACO sur Le Post



Imprimer cet article


Commentaires de l'article
La justice française refuse d’extrader une militante basque
18 septembre 2011 - 20h08

Un soulagement et une sympathie retrouvé avec la cour européenne des droits de l’homme. Cordialement avec vous Alain 04



La justice française refuse d’extrader une militante basque
20 septembre 2011 - 20h10 - Posté par Renaud

Cela veut-il dire que des magistrats ont finalement compris que l’Espagne ne peut rester figée sur des positions jusqu’au-boutistes ?

En tout cas, c’est un grand moment pour les Basques, ils ont engagé un processus de Paix et font la démonstration qu’ils sont capables de diriger des institutions telles la mairie de Saint-Sébastien ou le conseil général de Guipuzcoa.

Le gouvernement espagnol fait toujours la sourde oreille et reste fidèle à son attitude belligérante refusant tout geste humanitaire envers les familles des 700 prisonniers basques dispersés dans les prisons de France et d’Espagne.

Nous devons apporter notre soutien à ce processus.





La France n’a pas de leçons à donner à la Russie
vendredi 23 - 14h33
de : JO
G7 : Biarritz occupée par l’état-major du néolibéralisme
jeudi 22 - 18h05
de : joclaude
1 commentaire
Nous accusons !
jeudi 22 - 17h07
Qu’a vraiment dit Vladimir Poutine sur les Gilets Jaunes à Brégançon ?
jeudi 22 - 16h58
de : JO
Urgences, femmes de chambre, travailleurs sans-papiers : trois grèves qui n’ont pas pris de vacances
jeudi 22 - 16h21
VENEZUELA : Témoignage sur la reconnaissance des droits des Indiens !
jeudi 22 - 11h50
de : JO
GILETS JAUNES :L’enquête sur la mort de Mme. Zineb Redouane à Marseille !
mercredi 21 - 19h37
de : joclaude
MANIFESTATION POUR EXIGER LA LIBERATION DE GEORGES ABDALLAH
mercredi 21 - 17h51
de : Jean Clément
La "guerre en syrie, qui n’en finit pas de finir" : Les raids pro-Résistance de l’aviation russe
mercredi 21 - 17h25
de : nazairien
1 commentaire
Biarritz : Ville fermée.
mardi 20 - 21h39
de : L’iena rabbioso
Contre-G7 : la Confédération paysanne appelle à une forte mobilisation
mardi 20 - 16h16
de : jean 1
3 commentaires
À MES FRÈRES - Anthologies de textes poétiques et politiques
mardi 20 - 10h44
de : Ernest London
Féminisme : choisir un courant.
mardi 20 - 10h15
de : Christian DELARUE
1 commentaire
Depuis le 8 Aout 2019 énième accident nucléaire Nionoska Russie
lundi 19 - 22h32
de : savoie antinucléaire ACDN Next-up
L’île aux enfants.
lundi 19 - 18h24
de : L’iena rabbioso
1 commentaire
Trump décrète un blocus total du VENEZUELA !
lundi 19 - 18h02
de : JOclaude
1 commentaire
Comité Chômeurs et Précaires CGT Strasbourg : Les nouveaux Esclaves !
lundi 19 - 16h23
de : JOclaude
Montpellier : 150 gilets jaunes font fermer le Polygone et un « village jaune » au rond point de Près d’Arènes.
lundi 19 - 16h06
de : jean 1
1 commentaire
ARGENTINE : le spectre d’un retour du péronisme fait plonger la Bourse !
lundi 19 - 15h53
de : joclaude
1 commentaire
Contre-sommet : « Ce G7 n’est pas un point d’arrivée, c’est un point de départ »
lundi 19 - 10h26
3 commentaires
Féminisme hypertextile et féminisme hypotextile
lundi 19 - 01h00
de : Christian DELARUE
2 commentaires
Voiler sans tarder les jeunes filles de 2 à 12 ans ?
dimanche 18 - 22h09
de : Christian DELARUE
2 commentaires
Suite des oeuvres des brutes de Macron ! Mes observations !
dimanche 18 - 21h25
de : JO
2 commentaires
Pudeur pour soi ou pudeur pour autrui.
dimanche 18 - 21h13
de : Christian DELARUE
5 commentaires
ADIEUX AU CAPITALISME Autonomie, société du bien être et multiplicité des mondes
dimanche 18 - 07h31
de : Ernest London
1 commentaire
G7EZ BLOKATU Deuxième communiqué/Bigarren agiria
samedi 17 - 12h06
de : g7blokatu
Théorie de la consience du monde ; aujourd’hui la Palestine
vendredi 16 - 22h54
de : Agence media palestine
ÇA GRÉSILLE DANS LE POTEAU - Histoires de la lutte contre la T.H.T Cotentin-Maine – 2005-2013
vendredi 16 - 11h04
de : Ernest London
Santé de la population : les connivences de l’aristocratie médicale avec le nucléaire, le pétrole, la téléphonie,...
jeudi 15 - 22h49
de : coordi sud-est
2 commentaires
Grèce. La chasse aux jeunes rebelles est ouverte.
mercredi 14 - 23h02
de : Ne vivons plus comme des esclaves - Yannis Youlountas
Tournesol OGM fauché dans l’Hérault
mercredi 14 - 22h44
de : faucheur de chimères
Chez Castagner le nucléaire
mardi 13 - 22h51
de : Intercollectif contre les projets nucléaires et imposés
G7 BLOKATU : Bloquons le G7 et son monde !
mardi 13 - 21h04
de : jean 1
Rassemblement de soutien aux mobilisations du 13 août au Brésil contre l’extrême droite de Bolsonaro
mardi 13 - 08h43
de : jean 1
1 commentaire
Quand Castaner diffusait une BD porno contre ses adversaires politiques
lundi 12 - 22h25
de : Les Crises
Selon l’IGPN
lundi 12 - 22h21
de : Chantal Mirail
1 commentaire
Bulletin du 8 aout 2019
lundi 12 - 22h17
de : CADTM
NathalieLoiseau dans ses oeuvres.
lundi 12 - 09h18
de : jean 1
La SCOPTI 1336 a besoin de vous !
vendredi 9 - 08h10
de : Frérot
Festival « Les Bure’lesques 2019 »
jeudi 8 - 22h43
de : jean 1

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

L'homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique. Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le coeur des hommes. Albert Einstein
Info Com-CGT
Facebook Twitter Google+
NON AU LICENCIEMENT DE GAEL QUIRANTE / STOP À LA REPRESSION (video)
Solidarité, le sens d’une vie » de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia
« Liquidation » de Mourad Laffitte (video)
DAZIBAO
(video) LE SYNDICALISTE GAËL QUIRANTE EN GARDE A VUE. RASSEMBLEMENT DES 12H30
lundi 17 juin
de Roberto Ferrario
1 commentaire
LE RASSEMBLEMENT POUR GAËL AURA LIEU AU COMMISSARIAT DU 15e 250 RUE DE VAUGIRARD (Métro Vaugirard) aujourd’hui lundi 17 juin dès 12h30 Venez nombreux et faites tourner !! "On était au siège de La Poste pour négocier, la police a débarqué en mode Shining, à la hâche. Ils accusent T3s GaelQuirante de dégradations : mais c’est eux qui ont démoli les portes !" Gaël Quirante a été emmené en GAV ce dimanche, à 6h. "On était à deux doigts de signer un accord après un an de grève. (...)
Lire la suite
Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
Lire la suite
En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
Lire la suite
Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
Lire la suite
Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
Lire la suite
Disparition de Marceline Lartigue, Communiqué de presse
dimanche 6 mai
de Micheline Lelièvre
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Marceline Lartigue. Elle s’était faite discrète les temps derniers, mais je voudrais saluer la mémoire de celle que je connaissais depuis le début de sa carrière. Elle avait 16 ans, je crois, et dansait avec Fabrice Dugied la première fois que je l’ai vue. Puis nous nous sommes liées d’amitié. Marceline avait un caractère bien trempée, une intelligence très fine et un grand talent de chorégraphe. (...)
Lire la suite
Marceline Lartigue est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en pleine distribution de tracts
samedi 5 mai
de Jean-Marc Adolphe
Aujourd’hui, 1er mai 2018, Marceline Lartigue ne participe pas aux manifestations du 1er mai 2018. Cela ne lui ressemble pas. Mais elle, tellement vivante, ça ne lui ressemble pas non plus de mourir. Et pourtant, Marceline est partie en voyage, rejoindre Antonio Gramsci et quelques autres camarades de lutte (l’un de ses tout derniers billets sur Facebook rendait hommage à Gramsci, mort le 27 avril 1937). Marceline est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en (...)
Lire la suite