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Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
de : via LL
mercredi 18 janvier 2012 - 19h18 - Signaler aux modérateurs
13 commentaires
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Je dédie ces extraits à tous les camarades et copains/copines sur ce site (ou ailleurs) qui n’ont pas abandonné l’idéal révolutionnaire, qui ne le travestissent pas, qui ne sombrent pas dans la justification pseudo-pragmatique de ce qui ne sont que des renoncements à "l’hypothèse communiste", des abandons en rase campagne, et ce quelles que que soient nos divergences sur le fond sur certains sujets.

Bref, je le dédie à toutes celles et tous ceux qui ne plient pas sous les coups répétés des nombreux idéologues (à droite et à gauche) au service de la bourgeoisie qui nous tapent sur la tête de diverses manières pour nous faire cacher le communisme sous un mouchoir, comme si c’était honteux ou fou, de se dire encore communiste ET révolutionnaire aujourd’hui.

Je le dédie à toutes celles et à tous ceux qui ne veulent pas de "Congrès de Tours à l’envers", qui ne veulent pas effacer 1871 et 1917, quelle que soit leur tendance.

Ce sont nos divergences de communistes, et donc , de révolutionnaires, qui nous enrichissent.

J’ajouterai que ce qui nous lie et souvent me redonne espoir, au-delà de l’objectif révolutionnaire partagé, c’est aussi le plaisir de voir des camarades qui peut-être ne se seraient pas adressé la parole il y a 25 ou 30 ans, qui désormais débattent ensemble de l’en-commun, grâce à l’humilité que beaucoup tirent désormais d’un regard critique sur leur expérience militante passée, expérience et humilité nécessaires pour construire l’avenir, construire un jour, un nouveau rassemblement des communistes, une humilité qui cependant n’est pas de la flagellation et qui ne conduit pas à moins d’ambition pour l’avenir. Nos échanges ici (ou ailleurs) ne sont pas vains, ils ne servent pas "à rien". A toutes et tous, qui prenez un peu de votre temps pour contribuer ici, merci.

Tous , communistes, nous devons continuer (ou commencer) à lire, lire et faire partager, tant une de nos faiblesses historiques en France est bien l’absence de théorie politique, et aujourd’hui plus que jamais, l’absence de formation théorique, souvent décriée et rejetée aujourd’hui comme des prétentions à un "intellectualisme" qu’il faudrait combattre. Bien-sûr, être "dans l’action" mais aussi dans la réflexion. Pas en train de courir comme des poulets sans tête au son des "élections ,élections" !

Continuons à ferrailler contre celles et ceux qui nous disent que les ouvriers, les jeunes, les chômeurs... seraient au fond trop bêtes ou trop paresseux ou trop accaparés par leur exploitation pour s’intéresser à la théorie d’un mouvement qui les concerne si directement et si profondément. Continuons à lutter contre l’abêtissement que prônent nos "guides éclairés" qui nous préfèrent creux et vides pour mieux nous manœuvrer.

Emparons nous de ces textes, et faisons les découvrir, de façon vivante en les mettant en lien avec les problèmes et les perspectives actuelles.

Maintenant, ces passages de Rosa Luxemburg, toujours vivante, toujours puissante, toujours dérangeante, et terriblement d’actualité.
LL


"3. La réalisation du socialisme par des réformes sociales"

Bernstein récuse la théorie de la catastrophe, il refuse d’envisager l’effondrement du capitalisme comme voie historique menant à la réalisation de la société socialiste. Quelle est donc la voie qui y mène selon les théoriciens de l’ “ adaptation du capitalisme ” ?

Bernstein ne fait que de brèves allusions à cette question à laquelle Conrad Schmidt[1] a essayé de répondre en détail dans l’esprit de Bernstein (voir le Vorwärts du 20 février 1898, revue des livres).

D’après Conrad Schmidt “ la lutte syndicale et la lutte politique pour les réformes auraient pour résultat un contrôle social de plus en plus poussé sur les conditions de la production ” ; et parviendraient à “ restreindre de plus en plus au moyen de la législation les droits du propriétaire du capital en réduisant son rôle à celui d’un simple administrateur ” jusqu’au jour où finalement on “ enlèvera au capitaliste à bout de résistance, voyant sa propriété perdre de plus en plus de valeur pour lui, la direction et l’administration de l’exploitation ” et où l’on introduira en fin de compte l’exploitation collective.

Bref les syndicats, les réformes sociales et, ajoute Bernstein, la démocratisation politique de l’Etat, tels sont les moyens de réaliser progressivement le socialisme.

Commençons par les syndicats : leur principale fonction - personne ne l’a mieux exposé que Bernstein lui-même en 1891 dans la Neue Zeit - consiste à permettre aux ouvriers de réaliser la loi capitaliste des salaires, c’est-à-dire la vente de la force de travail au prix conjoncturel du marché. Les syndicats servent le prolétariat en utilisant dans leur propre intérêt, à chaque instant, ces conjonctures du marché. Mais ces conjonctures elles-mêmes, c’est-à-dire d’une part la demande de force de travail déterminée par l’état de la production, et d’autre part l’offre de force de travail créée par la prolétarisation des classes moyennes et la reproduction naturelle de la classe ouvrière, enfin le degré de productivité du travail sont situées en dehors de la sphère d’influence des syndicats. Aussi ces éléments ne peuvent-ils pas supprimer la loi des salaires. Ils peuvent, dans le meilleur des cas, maintenir l’exploitation capitaliste à l’intérieur des limites “ normales ” dictées à chaque instant par la conjoncture, mais ils sont absolument hors d’état de supprimer l’exploitation elle-même, même progressivement.

Conrad Schmidt considère, il est vrai, le syndicalisme actuel comme étant “ à un faible stade de début ”, il espère que dans l’avenir le “ mouvement syndical exercera une influence de plus en plus régulatrice sur la production ”. Mais cette influence régulatrice sur la production ne peut s’entendre que de deux manières : il s’agit soit d’intervenir dans le domaine technique du processus de la production, soit de fixer les dimensions de la production elle-même.

De quelle nature peut être, dans ces deux domaines, l’influence des syndicats ? Il est évident que, pour ce qui est de la technique de la production, l’intérêt du capitalisme coïncide jusqu’à un certain point avec le progrès et le développement de l’économie capitaliste. C’est la nécessité vitale qui le pousse aux améliorations techniques. Mais la situation de l’ouvrier individuel est absolument inverse : toute transformation technique s’oppose aux intérêts des ouvriers directement concernés et aggrave leur situation immédiate en dépréciant la force de travail, en rendant le travail plus intensif, plus monotone, plus pénible.

Dans la mesure où le syndicat peut intervenir dans la technique de la production il ne peut évidemment le faire qu’en ce sens, c’est-à-dire en épousant l’attitude de chaque groupe ouvrier directement intéressé, par conséquent en s’opposant nécessairement aux innovations. En ce cas, on n’agit pas dans l’intérêt de l’ensemble de la classe ouvrière ni de son émancipation, qui coïncide plutôt avec le progrès technique, c’est-à-dire avec l’intérêt de chaque capitaliste, mais tout au contraire dans le sens de la réaction. En effet, de telles interventions dans le domaine technique se rencontrent non dans l’avenir, où les cherche Conrad Schmidt, mais dans le passé du mouvement syndical.

Elles sont caractéristiques de la plus ancienne phase du trade-unionisme anglais (jusqu’au milieu des années 1860) où l’on retrouvait des survivances corporatives moyen-âgeuses et qui s’inspiraient du principe périmé du “ droit acquis à un travail convenable ”, selon l’expression des Webb[2] dans leur Théorie et pratique des syndicats anglais (t. II, p. 100 et suivantes). La tentative des syndicats pour fixer les dimensions de la production et les prix des marchandises est, tout au contraire, un phénomène de date récente. Ce n’est que dans les tout derniers temps que nous le voyons apparaître, encor une fois en Angleterre seulement (ibid., t. II, p. 115 et suiv.). Il est d’inspiration et de tendance analogues aux précédentes.

À quoi se réduit en effet la participation active des syndicats à la fixation des dimensions et du coût de la production des marchandises ? À un cartel rassemblant des ouvriers et des entrepreneurs contre le consommateur : ils font usage contre les entrepreneurs concurrents de mesures coercitives qui ne le cèdent en rien aux méthodes de l’association patronale ordinaire. Il ne s’agit plus là d’un conflit entre le travail et le capital mais d’une lutte menée solidairement par le capital et la force de travail contre la société consommatrice. Si nous jugeons sa valeur sociale, c’est une entreprise réactionnaire, elle ne peut constituer un stade de la lutte pour l’émancipation du prolétariat, car elle est tout le contraire d’une lutte de classes ; si nous jugeons sa valeur pratique, c’est une utopie : il suffit d’un coup d’oeil pour voir qu’elle ne peut s’étendre à de grandes branches de production travaillant pour le marché mondial.

L’activité des syndicats se réduit donc essentiellement à la lutte pour l’augmentation des salaires et pour la réduction du temps de travail ; elle cherche uniquement à avoir une influence régulatrice sur l’exploitation capitaliste en suivant les fluctuations du marché ; toute intervention sur le processus de production lui reste, par la nature même des choses, interdite.

Mais, bien plus, le mouvement syndical se développe dans un sens tout à fait opposé à l’hypothèse de Conrad Schmidt : il tend à couper entièrement le marché du travail de tout contact direct avec le reste du marché. Citons un exemple caractéristique de cette tendance : toute tentative pour relier directement le contrat de travail à la situation générale de la production par le système de l’échelle mobile des salaires est dépassée par l’évolution historique, et les trade-unions s’en écartent de plus en plus (Webb, ibid, p. 115).

Mais même à l’intérieur des limites de sa sphère d’influence, le mouvement syndical n’accroît indéfiniment son expansion, comme le supposait la théorie de l’adaptation du capitalisme. Bien au contraire. Si l’on examine d’assez longues périodes de développement social, on est obligé de constater que dans l’ensemble nous allons au-devant d’une époque non pas d’expansion triomphante, mais de difficultés croissantes pour le mouvement syndical. Les réformes se heurtent d’ailleurs aux limites des intérêts du capital.

Certes, Bernstein et Conrad Schmidt estiment que le mouvement actuel n’est qu’à un “ faible stade de début ” ; ils espèrent pour l’avenir des réformes se développant à l’infini pour le plus grand bien de la classe ouvrière. Ils cèdent en cela à la même illusion que lorsqu’ils croient à l’expansion illimitée du syndicalisme. Quand le développement de l’industrie aura atteint son apogée et que sur le marché mondial commencera pour le capital la phase descendante, la lutte syndicale deviendra difficile :

1° parce que les conjonctures objectives du marché seront défavorables à la force de travail, la demande de force de travail augmentant plus lentement et l’offre plus rapidement, que ce n’est le cas aujourd’hui ;

2° parce que le capital lui-même, pour se dédommager des pertes subies sur le marché mondial, s’efforcera de réduire la part du produit revenant aux ouvriers. La réduction des salaires n’est-elle pas, en somme, selon Marx, l’un des principaux moyens de freiner la baisse des taux de profits ? (voir Marx, Capital, livre III, chap. XIV, 2, tome X, p. 162). L’Angleterre nous offre déjà l’exemple de ce qu’est le début du deuxième stade du mouvement syndical. À ce stade la lutte se réduit nécessairement de plus en plus à la simple défense des droits acquis, et même celle-ci devient de plus en plus difficile. Telle est la tendance générale de l’évolution dont la contre-partie doit être le développement de la lutte de classe politique et sociale.

Conrad Schmidt commet la même erreur de perspective historique en ce qui concerne la réforme sociale : il attend d’elle qu’elle “ dicte à la classe capitaliste avec l’aide des coalitions ouvrières syndicales les conditions dans lesquelles celle-ci peut acheter la force de travail ”. C’est dans le sens de la réforme sociale ainsi comprise que Bernstein appelle la législation ouvrière un morceau de “ contrôle social ” et comme tel, un morceau de socialisme. De même Conrad Schmidt dit en parlant des lois de protection ouvrière : “ contrôle social ” ; après avoir transformé ainsi avec bonheur l’Etat en société, il ajoute, avec une belle confiance : “c’est-à-dire la classe ouvrière ascendante ” ; grâce à ce tour de passe-passe les inoffensives mesures de protection du travail décrétées par le Conseil fédéral allemand deviennent des mesures de transition vers le socialisme du prolétariat allemand.

La mystification saute aux yeux. L’Etat actuel n’est justement pas une “ société ” dans le sens de “ classe ouvrière ascendante ”, mais le représentant de la société capitaliste, c’est-à-dire un Etat de classe. C’est pourquoi la réforme qu’il propose n’est pas une application du “ contrôle social ”, c’est-à-dire du contrôle de la société des travailleurs libres sur son propre processus de travail, mais un contrôle de l’organisation de classe de capital sur le processus de production du capital. Les réformes se heurtent d’ailleurs aux limites des intérêts du capital ; certes Bernstein et Conrad Schmidt ne voient dans le courant actuel qu’un “ faible stade de début ”, ils espèrent pour l’avenir des réformes se développant à l’infini, pour le plus grand bien de la classe ouvrière." Ils sont victimes de la même illusion que lorsqu’ils cédaient à leur foi en une expansion illimitée du syndicalisme.

La théorie de la réalisation progressive du socialisme au moyen de réformes sociales implique, et c’est là son fondement, un certain développement objectif tant de la propriété capitaliste que de l’Etat.

En ce qui concerne la première, le schéma du développement futur tend, d’après Conrad Schmidt, à “ restreindre de plus en plus les droits du propriétaire du capital en réduisant son rôle à celui de simple administrateur ”. Pour compenser la prétendue impossibilité d’abolir d’un seul coup la propriété des moyens de production, Conrad Schmidt invente une théorie de l’expropriation progressive. Il imagine que le droit de propriété se divise en “ droit suprême de propriété ” attribué à la “ société ” et appelé selon lui à s’étendre toujours davantage, et en droit de jouissance qui, dans les mains du capitalisme, se réduirait de plus en plus à la simple gestion de l’entreprise.

Or, de deux choses l’une : ou bien cette construction théorique n’est qu’une innocente figure de rhétorique à laquelle il n’attache guère d’importance, et alors la théorie de l’expropriation progressive perd tout fondement. Ou bien elle représente à ses yeux le véritable schéma de l’évolution juridique ; mais alors il se trompe du tout au tout.

La décomposition du droit de propriété en diverses compétences juridiques, dont Conrad Schmidt se réclame pour échafauder sa théorie de “ l’expropriation progressive ” du capital, caractérise la société féodale fondée sur l’économie naturelle : la répartition du produit social entre les différentes classes de la société se faisait en nature et se fondait sur des relations personnelles entre le seigneur féodal et ses sujets. La décomposition de la propriété en divers droits partiels correspondait à l’organisation établie de la répartition de la richesse sociale.

En revanche, le passage à la production marchande et la dissolution de tous les liens personnels entre les différents participants au processus de la production renforcent les rapports entre l’homme et la chose, c’est-à-dire la propriété privée.

La répartition ne se fondait plus désormais sur des liens personnels, mais s’accomplissait par le moyen de l’échange, les différents droits de participation à la richesse sociale ne se mesurant pas en fractions de droits de propriété d’un objet commun, mais selon la valeur apportée par chacun sur le marché.

Aussi bien le premier grand changement introduit dans les rapports juridiques et consécutif à la naissance de la production marchande dans les communes urbaines du Moyen-âge fut-il la création de la propriété privée absolue au sein même des rapports juridiques féodaux, dans un régime de droit de propriété morcelé. Mais dans la production capitaliste cette évolution ne fait que se poursuivre.

Plus le processus de production est socialisé, plus la répartition se fonde exclusivement sur l’échange, et plus la propriété privée capitaliste prend un caractère absolu et sacré ; la propriété capitaliste, qui était un droit sur les produits de son propre travail, se transforme de plus en plus en un droit de s’approprier le travail d’autrui. Tant que le capitaliste gère lui-même l’usine, la répartition reste liée, dans une certaine mesure, à une participation personnelle au processus de la production. Mais dans la mesure où on peut se passer du capitaliste pour diriger l’usine - ce qui est tout à fait le cas dans les sociétés par actions - la propriété du capital en tant que participation à la répartition se détache complètement de toute relation personnelle avec la production, il apparaît alors dans sa forme la plus pure et la plus absolue. C’est dans le capital-action et le capital de crédit industriel que le droit de propriété capitaliste est parvenu à son stade le plus achevé.

Le schéma historique de Conrad Schmidt qui montre le propriétaire passant de la fonction de “ propriétaire à celle de simple gestionnaire ” ne correspond donc aucunement à la tendance réelle de l’évolution : celle-ci nous le montre au contraire passant du rôle de propriétaire et de gestionnaire au rôle de simple propriétaire.

Il en va de Conrad Schmidt ici comme de Goethe : “ ce qu’il possède il le voit comme lointain, ce qui n’est plus devient réalité à ses yeux ”.

Son schéma historique nous indique une évolution économique qui rétrograderait du stade moderne de la société par actions à celui de la manufacture ou même de l’atelier artisanal ; de même juridiquement il veut ramener le monde capitaliste à son berceau, le monde féodal de l’économie naturelle.

Dans cette perspective le “ contrôle social ” tel que nous le montre Conrad Schmidt apparaît sous un autre jour. Ce qui joue aujourd’hui le rôle de “ contrôle social ” - la législation ouvrière, le contrôle des sociétés par actions, etc. - n’a, en fait, rien de commun avec une participation au droit de propriété, avec une “ propriété suprême ” de la société. Sa fonction n’est pas de limiter la propriété capitaliste, mais au contraire de la protéger. Ou encore - économiquement parlant - il ne constitue pas une atteinte à l’exploitation capitaliste, mais une tentative pour la normaliser. Lorsque Bernstein pose la question de savoir si telle ou telle loi de protection ouvrière contient plus ou moins de socialisme, nous pouvons lui répondre que la meilleure des lois de protection ouvrière contient à peu près autant de socialisme que les ordonnances municipales sur le nettoyage des rues et l’allumage des becs de gaz - qui relèvent aussi du “ contrôle social ”.

4. La politique douanière et le militarisme

(....) Bernstein voyait dans l’extension de la démocratie un dernier moyen de réaliser progressivement le socialisme : or une telle extension, loin de s’opposer à la transformation du caractère de l’Etat telle que nous venons de la décrire, ne fait que la confirmer.

Conrad Schmidt affirme même que la conquête d’une majorité socialiste au Parlement est le moyen direct de réaliser le socialisme par étapes. Or les formes démocratiques de la politique sont incontestablement un signe très net du passage progressif de l’Etat en société ; il y a bien là en ce sens une étape vers la transformation socialiste. Mais le caractère contradictoire de l’Etat capitaliste se manifeste de manière éclatante dans le parlementarisme moderne.

Certes, formellement, le parlementarisme sert à exprimer dans l’organisation de l’Etat les intérêts de l’ensemble de la société. Mais d’autre part, ce que le parlementarisme représente ici, c’est uniquement la société capitaliste, c’est-à-dire une société dans laquelle prédominent les intérêts capitalistes. Par conséquent, dans cette société, les institutions formellement démocratiques ne sont, quant à leur contenu, que des instruments des intérêts de la classe dominante.

On en a des preuves concrètes : dès que la démocratie a tendance à nier son caractère de classe et à se transformer en instrument de véritables intérêts du peuple, les formes démocratiques elles-mêmes sont sacrifiées par la bourgeoisie et par sa représentation d’Etat. Aussi l’idée de la conquête d’une majorité parlementaire apparaît-elle comme un faux calcul : en se préoccupant uniquement, à la manière du libéralisme bourgeois, de l’aspect formel de la démocratie, on néglige entièrement l’autre aspect, son contenu réel. Et le parlementarisme dans son ensemble n’apparaît pas du tout, comme le croit Bernstein, comme un élément immédiatement socialiste, qui imprégnerait peu à peu toute la société capitaliste, mais au contraire comme un instrument spécifique de l’Etat de classe bourgeois, un moyen de faire mûrir et de développer les contradictions capitalistes.

Si l’on considère ce développement objectif de l’Etat, on se rend compte que le mot de Bernstein et de Conrad Schmidt sur le “ contrôle social ” croissant n’est qu’une formule creuse contredite de jour en jour davantage par la réalité.

La théorie de l’instauration progressive du socialisme évoque finalement une réforme de la propriété et de l’Etat capitaliste évoluant dans le sens du socialisme. Or la propriété et l’Etat évoluent, des faits sociaux en témoignent, dans un sens absolument opposé. Le processus de production se socialise de plus en plus, et l’intervention du contrôle de l’Etat sur ce processus de production s’étend de plus en plus. Mais en même temps la propriété privée prend toujours plus la forme de l’exploitation capitaliste brutale du travail d’autrui, et le contrôle exercé par l’Etat est toujours plus marqué par des intérêts de classe. Par conséquent, dans la mesure où l’Etat, c’est-à-dire l’organisation politique, et les rapports de propriété, c’est-à-dire l’organisation juridique du capitalisme deviennent de plus en plus capitalistes, et non pas de plus en plus socialistes, ils opposent à la théorie de l’introduction progressive du socialisme deux difficultés insurmontables.

Fourier avait eu l’invention fantastique de transformer, grâce au système des phalanstères, toute l’eau des mers du globe en limonade. Mais l’idée de Bernstein de transformer, en y versant progressivement les bouteilles de limonade réformistes, la mer de l’amertume capitaliste en l’eau douce du socialisme, est peut-être plus plate, mais non moins fantastique.

Les rapports de production de la société capitaliste se rapprochent de plus en plus des rapports de production de la société socialiste. En revanche, ses rapports politiques et juridiques élèvent entre la société capitaliste et la société socialiste un mur de plus en plus haut. Ce mur, non seulement les réformes sociales ni la démocratie ne le battront en brèche, mais au contraire elles l’affermissent et le consolident. Ce qui pourra l’abattre, c’est uniquement le coup de marteau de la révolution, c’est-à-dire la conquête du pouvoir politique par le prolétariat.

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Commentaires de l'article
Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
19 janvier 2012 - 15h06 - Posté par Jean-Louis

Rosa L n’était pas une tacticienne au mauvais sens du terme et on ne peut pas la soupçonner d’avoir lu une mauvaise traduction de Marx.
Une problème que je n’ai encore pas résolu dans ma tête : le syndicalisme révolutionnaire
Ne vient-il pas un moment où on peut considérer que la satisfaction des besoins immédiats des travailleurs se confond avec la destruction du capitalisme ?
Un moment où la distinction entre syndicat et parti des travailleurs est saugrenue ?
Sans la tambouille des relations entre syndicat et parti révolutionnaire, les analyses et donc les actions ne seraient-elles pas plus "commodes" ?



Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
19 janvier 2012 - 17h52 - Posté par A.C

AH..........ROSA.... !

Sacrée louve, celle là aussi..

 :)

Tellement actuelle quand nous réfléchissons aux "formes-Parti" évitant ce que de tragique un léninisme d’importation , mal lu et mal digéré , a légué aux révolutionnaires français..
C’est pas tous les matins que je recommande de la lecture de ce type d’intellectuel soc..
Mais max Gallo vaut le détour, selon moi..


"Une femme rebelle ; vie et mort de Rosa Luxemburg
" a plus de onze ans.
A l’heure ou nous ressentons cruellement l’absence d’organisation révolutionnaie en France -au sens , bien sur, de "dépassement" des boutiques nécrosées qui démontrent tellement leur inutilité que l’on utilise la notion de"VOTE UTILE" pour parler du PS..(un comble non ?) , je pense qu’il fautse faire offrir, ou voler dans les bonnes librairies, ces pages d’ HISTOIRE..

Résumé piqué sur

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr...

Au lendemain du XXe siècle, alors que tant d’idoles sont tombées, que l’on a renversé toutes les statues, une figure singulière vibre encore, palpitante : celle de Rosa Luxemburg, authentique héroïne du roman vrai qui, au début de notre siècle, fit battre les coeurs à l’unisson d’un même espoir. L’Histoire, hier, l’assassina. Aujourd’hui, elle lui donne raison. Seule parmi les grandes figures du socialisme, cette théoricienne profonde - auteur notamment de L’Accumulation du Capital (1913) -, cette fine politique, cette économiste austère fut aussi une analyste visionnaire : militante de l’aile gauche de la social-démocratie allemande, emprisonnée en 1914 à la suite d’une campagne pacifiste, fondatrice avec Karl Liebknecht du groupe " Spartakus ", elle dénonce les nationalismes et condamne dès 1918 le mariage contre nature entre socialisme et terreur, cette terrible glaciation communiste qui allait provoquer l’échec d’un idéal auquel elle refusait de renoncer.
Car Rosa Luxemburg ne pouvait, ne voulait renoncer à rien. Dans un univers lourdement masculin, elle agit et s’impose ; handicapée par la maladie qui l’a rendue boiteuse, elle est cependant, sa vie durant, une femme aimée, courtisée ; antimilitariste convaincue et farouchement internationaliste, cette Juive polonaise devenue allemande se désigne en 1914 à la vindicte de tous les conformistes.
Rebelle, Rosa semble portée par un mysticisme laïc qui la pousse à s’offrir, victime qui témoigne et dont la voix ne s’éteindra pas. Elle le paiera de sa vie et, le 15 janvier 1919, lors de la révolution spartakiste à Berlin, elle sera arrêtée et tombera sous les balles d’officiers qui, plus tard, deviendront des nazis.
Ce jour-là, un jeune poète de vingt et un ans, Bertolt Brecht, écrivit :
Rosa-la-Rouge aussi a disparu Le lieu où repose son corps est inconnu Elle avait dit aux pauvres la vérité Et pour cela les riches l’ont exécutée.

Max Gallo a publié notamment des biographies de Robespierre, Jules Vallès, Garibaldi
, et de nombreux romans dont, chez Fayard, les dix volumes de La Machinerie humaine. Il est par ailleurs l’auteur de deux grandes séries romanesques consacrées à Napoléon et à De Gaulle ; en 2001 en paraîtra une autre chez Fayard, consacrée à la Résistance.



Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
19 janvier 2012 - 18h44 - Posté par

Oui, bonne bio.

 ;-)

A lire en effet.

LL


Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
20 janvier 2012 - 21h49 - Posté par jaja

elle sera arrêtée et tombera sous les balles d’officiers qui, plus tard, deviendront des nazis.

sous les ordres du "socialiste" noske ................

c’est cette histoire du socialisme parlementaire réellement existant et de leur attitude en 1914 qui m’ont vacciné de toute cette saloperie socialiste.

le virage de 1914 éclaire toute l’histoire "socialiste" depuis un siècle

sinon merci pour ce texte


Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
20 janvier 2012 - 00h01 - Posté par Nemo3637

Excellent rappel.
Les syndicalistes révolutionnaires doivent méditer là-dessus même s’ils peuvent espérer quelques nouvelles perspectives.
Quand même, c’est en combattant qu’on a une opportunité de devenir combattif. Donc si c’est par un syndicalisme de combat que ça passe, ça pourra faire l’affaire. On pourra en faire la critique dans l’action.



Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
20 janvier 2012 - 07h46 - Posté par Cop

On retrouve là des éléments de réflexion tout à fait d’actualité et qui pourraient parfaitement être transposés maintenant.

Par exemple, la question de la transformation progressive de la société, du capitalisme vers le socialisme, a échoué complétement, les conquêtes sociales se sont révélées être des champs de bataille mobiles, jamais figés, dont les bienfaits ne s’appuient pas sur les garanties d’un état mais sur la vigilance et la mobilisation sociale.

Rien n’est jamais acquis sous le règne du capitalisme et tous les gradualistes, tous les réformistes qui rêvaient de canaliser par l’état, tel qu’il est , le capitalisme pour le réduire, se sont transformés en artisans de la canalisation de la volonté des travailleurs en les affaiblissant.



Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
20 janvier 2012 - 21h52 - Posté par jaja

le problème , c’est que toutes les tentatives révolutionnaires ont aussi échoué

là se situe l’actuel retour en force des idées réactionnaires .

et pour l’instant, je ne vois pas quelle voie empruntée qui évite ces deux échecs.


Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
22 janvier 2012 - 10h23 - Posté par Copas

Oui tu peux même ajouter que pour l’instant toutes les tentatives par en dessous, par au dessus, de côté, etc, réformistes ou révolutionnaires, ont échoué. Pas seulement révolutionnaires.

Ce que l’on sait juste c’est que c’est bien la lutte des classes au concret , la confiance en soi d’une classe, qui fait des conquêtes concrètes même si on sait qu’elles sont toujours menacées, pas le réformisme électoral.

Ce problème s’est accentué ces dernières dizaines d’années .

Mais il ne résout pas les problèmes de stratégie révolutionnaire. Il n’existe aucune révolution qui n’ait pas innové politiquement et organisationnellement (au delà du fait de ce dont sont devenues ces révolutions).

Cette remarque n’est pas nouvelle (la question des percées stratégiques)


Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
26 janvier 2012 - 19h08 - Posté par Claude

Toutes ces bonnes idées, tous ces bons sentiments ne me font pas oublier dans quel mépris Rosa Luxembourg tenait le peuple, en disant : Je veux bien mourir pour le peuple, mais je ne veux pas qu’on m’oblige à vivre avec eux. Je suis né pauvre. Les bourgeois n’ont jamais fait que la charité, sans jamais renoncer à ce qui fait que d’autres sont pauvres. Ils arrivent à faire croire le contraire à beaucoup trop de ceux qui font leur richesse par leur travail.



Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
27 janvier 2012 - 22h19 - Posté par La Louve

Ah bon ?

Parce qu’on est OBLIGES de s’appauvrir et de vivre misérablement pour "faire peuple" ?

Tu confondrais pas combat socialiste avec une des sectes du christianisme par hasard ?

Rosa Luxemburg n’a JAMAIS eu de "mépris" pour le peuple.

Elle revendiquait le fait de ne pas être obligée de se travestir pour participer au combat.

Elle revendiquait qu’on lui laisse dire qu’elle avait objectivement le choix d’avoir trahi son appartenance sociale pour la cause révolutionnaire.

C’est son droit.

Elle a été assassinée pour le socialisme et la révolution je pense que ça mérite un minimum de respect.

Être "né pauvre" ce n’est pas une "garantie" de rien du tout, et certainement pas de "sincérité socialiste" ni de "pureté révolutionnaire". Certes, elle était issue d’un milieu aisé, commerçant, mais si elle n’était pas une bourgeoise comme Engels elle n’était pas non plus une fille d’ouvrier.

Insinuerais-tu qu’il fallait qu’elle se cache, qu’elle se fasse passer "pour" ?

Quand tu vois qu’objectivement toute la course des partis post-bolchéviques , stalinistes ou maoistes n’a tendu qu’ à une chose , c’est que les prolétaires puissent "vivre aussi bien" que les bourgeois (ou à peu près) en termes de confort, de progrès etc, comment peux -tu reprocher à Rosa Luxemburg ce passage en lui prêtant un mépris qu’elle n’a jamais eu (ni d’ailleurs cette "charité" dont tu la taxes au passage).

On ne se sait pas assassiner par les chiens fascistes, on ne passe pas des semaines et des mois en prison pour les idées socialistes comme ce fut le cas de Rosa par "charité" et en "méprisant le peuple" comme tu dis ou alors c’est qu’on est fou à lier ou complètement con, ce qu, désolée, n’était pas, je pense ,le cas de RL...

Alors quoi les "pauvres" comme tu dis ont le droit (le devoir ?) de rêver s’embourgeoiser mais les embourgeoisés par "accident de leur naissance" n’ont comme doit que de s’appauvrir et se traîner dans la boue ?

Curieuse, très curieuse façon (héritage de la pire pensée soi-disant "marxiste-léninsite" en réalité christiano-staliniste) de concevoir les choses, façon que je ne partage pas du tout.


Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
27 janvier 2012 - 21h36 - Posté par Mary

Et dire que j’étais sur le point de "foutre le site en l’air" parce que je me disais qu’il n’intéressait plus personne ...

on vient de lui donner un petit sursis



Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
27 janvier 2012 - 22h08 - Posté par La Louve

JAMAIS foutre en l’air un site avec de tels textes ! Non. Et merci ;-)


Rosa LUXEMBURG - "Réforme Sociale ou Révolution" ? (1898)
13 février 2012 - 18h24 - Posté par paul

oui tout à fait

j’dis plus grand chose depuis longtemps, ici ou ailleurs.

mais j’y viens régulièrement pour retrouver des textes comme ça, généreusement présentés par Elodie entre autre. je pense aussi à son autre article présentant des extraits du manifeste.

en général, je me replonge ensuite dans l’ouvrage en question, ou sur les sites de documentation des archives marxistes.

et ça fait vachement du bien.

donc bonne continuation





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