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« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
de : Philippe Marlière
vendredi 8 juin 2012 - 12h01 - Signaler aux modérateurs
7 commentaires

Entretien avec Stathis Kouvélakis.

Stathis Kouvélakis est maître de conférences en philosophie politique au King’s College de Londres. C’est aussi un intellectuel public bien connu dans les gauches française et grecque. Il a été candidat (en position non-éligible) sur les listes de Syriza lors de l’élection du 6 mai 2012 et l’est de nouveau au prochain scrutin du 17 juin. A quelques jours de nouvelles élections législatives, alors que la plupart des sondages donnent l’avantage à Syriza sur la Nouvelle Démocratie (droite), il apparaît utile d’en savoir plus sur Syriza, une formation de la gauche radicale qui reste relativement méconnue hors de Grèce. Dans cet entretien, Stathis Kouvélakis analyse Syriza et revient sur les origines de cette coalition partisane. Il décrit la sociologie de ses membres et de son électorat, et aborde ses références idéologiques. Il explique les raisons de la percée électorale remarquable de Syriza en mai dernier, ainsi que sa position vis-à-vis de la dette et des partenaires de la zone euro.

Philippe Marlière Pourrais-tu présenter Syriza : quand et comment cette coalition de partis de la gauche radicale a-t-elle vu le jour ?

Stathis Kouvélakis Syriza se constitue en tant qu’alliance électorale entre plusieurs formations distinctes en 2004. Ses principales composantes sont, d’un côté, Synaspismós - la Coalition de la Gauche (qui s’appelle maintenant la Coalition de la Gauche, des Mouvements et de l’Écologie), c’est le parti d’Alexis Tsipras, qui existe en tant que formation distincte depuis 1991. Ce parti est issu de scissions successives du mouvement communiste. D’autre part, il existe dans Syriza d’autres formations beaucoup plus petites. Certaines sont issues de l’extrême gauche grecque classique. C’est notamment le cas de l’Organisation Communiste de Grèce (KOE), la principale organisation maoïste en Grèce, qui est la deuxième composante en terme de poids numérique à l’intérieur de Syriza. Ce parti a élu trois députés aux élections de mai 2012. C’est également le cas de la Gauche Ouvrière Internationaliste (DEA), de tradition trotskyste, ainsi que d’autres groupes qui viennent pour la plupart de la matrice communiste. C’est notamment le cas de la Gauche Communiste Écologique et Rénovatrice (AKOA), qui est issue de l’ancien Parti Communiste Grec de l’intérieur.

La coalition Syriza se constitue en 2004 et elle remporte un succès que l’on peut qualifier au départ de relativement modeste. Elle réussit néanmoins son entrée au parlement en dépassant la barre des 3%, ce que Synaspismós n’avait pas toujours réussi à faire par le passé. Syriza est l’aboutissement d’un processus de recomposition relativement complexe au sein de la gauche radicale grecque. Cette gauche radicale est clivée depuis 1968 en deux pôles. Le premier, c’est le Parti Communiste Grec (KKE) qui subit deux scissions : la première, en 1968, pendant la dictature des colonels, qui donne naissance au Parti Communiste Grec de l’intérieur (KKE esotérikou), d’inspiration eurocommuniste, et une seconde, en 1991, après l’effondrement de l’URSS. Ce qui reste après ces deux scissions, c’est un parti particulièrement traditionnaliste, accroché à une matrice stalinienne, considérablement durcieaprès la scission de 1991. C’est un parti qui va se reconstruire sur une base à la fois combative et sectaire. Il réussit à gagner une base militante relativement importante dans les milieux ouvriers et populaires, ainsi que parmi les jeunes, notamment dans les universités. L’autre pôle, Synaspismós, s’élargit en 2004 en se construisant autour de Syriza, qui vient d’une jonction des deux scissions issues de la matrice communiste. Synaspismós a connu une évolution sensible au cours de son histoire. Au début des années 1990, c’est un parti qui vote en faveur du traité de Maastricht, qui se situe dans le cadre d’une gauche modérée dans son orientation majoritaire. Mais c’est aussi un parti hétérogène, composé de courants distincts. Des luttes internes très vives opposent son aile gauche et son aile droite. Par étapes successives, l’aile droite va perdre de son emprise. La constitution de Syriza va sceller le tournant de gauche de Synaspismós. Synaspismós a maintenant fait l’autocritique de sa position à l’égard du traité de Maastricht et a milité fortement, comme toutes les formations de la gauche radicale européenne, contre le traité constitutionnel européen de 2005.

PM Quelle influence a la tradition communiste au sein de Synaspismós ?

SK Cette composante communiste est clairement majoritaire. Elle est issue de cette aile qui a été marquée par l’eurocommunisme et qui s’est ouverte depuis les années 1970 aux nouveaux mouvements sociaux. Elle a su ainsi renouveler ses références organisationnelles et théoriques, en greffant sur la matrice communiste, les traditions des nouvelles radicalités. C’est un parti qui est à l’aise dans les mouvements féministes, les mobilisations des jeunes, les courants altermondialistes, l’antiracisme, les courants LGBT, tout en gardant une intervention assez importante dans le mouvement syndical. Notons que l’ossature des cadres et des militants du parti est constituée de couches salariées éduquées, de titulaires de diplômes. C’est un électorat très urbain, et c’est un parti qui est très implanté parmi les intellectuels. Jusqu’à très récemment, Synaspismós avait la majorité absolue au sein du syndicat des enseignants du supérieur, à l’inverse du KKE qui a lui perdu tout rapport privilégié avec les milieux intellectuels. Quant à sa direction, elle porte également l’empreinte de la matrice communiste. Malgré son jeune âge, Alexis Tsipras lui-même a commencé à militer dans l’organisation de jeunesse du KKE au début des années 1990. Les cadres et les dirigeants plus anciens ont souvent milité ensemble dans la clandestinité, ils ont connu les prisons et les camps de déportation. De ce fait, il y a une atmosphère de guerre fratricide et une culture de division profonde à l’intérieur de la gauche radicale grecque qui est actuellement entretenue de manière unilatérale par le KKE qui considère que Synaspismós, puis Syriza sont des « traîtres » et constituent, par conséquent, « l’ennemi principal ». C’est la raison pour laquelle le KKE a refusé de rencontrer Syriza dans le cadre des contacts bilatéraux que Syriza a eu avec la quasi-totalité des partis représentés au parlement, quand Syriza s’est vu confier le mandat de former un gouvernement en mai 2012.

PM Comment expliques-tu l’intransigeance du KKE ? Est-ce dû au désaccord sur la question européenne ?

SK Les divergences sur l’Europe n’expliquent pas tout. Sur la question européenne, les positions des deux partis se sont en réalité beaucoup rapprochées ces derniers temps parce que Syriza et Synaspismós ont une attitude de plus en plus critique vis-à-vis de l’Union européenne (UE). Le KKE a toujours été un parti très hostile vis-à-vis de l’UE, mais en ce moment, il ne focalise pas sa position sur la question de la sortie de l’UE ou de la zone euro. Ce qu’il met en avant, ce sont des objectifs qu’on pourrait qualifier de directement anticapitalistes, exigeant l’abolition du capitalisme comme solution aux problèmes immédiats de la situation. Le KKE poursuit une ligne assez gauchiste, sur le plan de sa rhétorique, mais qui permet de justifier un positionnement isolationniste et sectaire.

PM Comment qualifies-tu la ligne de Syriza ? Dirais-tu également que la coalition poursuit une ligne anticapitaliste ou inscrit-elle son action dans une approche plus graduelle, plus réformiste ?

SK Syriza a une ligne clairement anticapitaliste, et se distingue très nettement de la social-démocratie. C’est un aspect d’autant plus important que par le passé d’importantes luttes au sein de Synaspismós ont opposé des courants favorables à une alliance avec la social-démocratie, à d’autres courants qui étaient hostiles à tout accord ou à toute coalition à quelque niveau que ce soit, y compris au niveau local, ou même dans le mouvement syndical. L’aile « sociale-démocrate » de Synaspismós a perdu le contrôle du parti en 2004 quand Alékos Alavános en a été élu président. Cette aile droite, emmenée par Fotis Kouvelis, a fini par quitter Synaspismós et a constitué un autre parti, la Gauche Démocratique (DIMAR) ; une formation qui se veut intermédiaire entre le PASOK et la gauche radicale. Syriza est donc une coalition anticapitaliste qui aborde la question du pouvoir en mettant l’accent sur une dialectique d’alliances, de conquêtes et de succès électoraux, et de mobilisation par en bas et de luttes. Syriza et Synaspismós se veulent des partis de lutte des classes, des formations qui représentent des intérêts de classe spécifiques et qui se conçoivent comme des partis porteurs d’un antagonisme fondamental par rapport au système actuel. D’où le titre « Syriza » : la « coalition de la gauche radicale ». Cette revendication de « radicalité » est un élément extrêmement fort du parti. Quand l’aile gauche a remporté la majorité en 2004, l’une des premières modifications qu’elle a apportée aux statuts du parti était la revendication explicite de la filiation au mouvement révolutionnaire et communiste grec, et à l’héritage de la révolution d’Octobre.

PM Quels sont les rapports de force sur le plan militant au sein de Syriza, et combien y a-t-il de militants dans les formations qui composent la coalition ?

SK Synaspismós comprend à peu près 16000 membres. L’Organisation Communiste de Grèce, maoïste, doit avoir entre 1000 et 1500 militants et il y en à peu près autant pour la Gauche Communiste Rénovatrice et Écologique. Synaspismós est un parti qui a connu une évolution, dans ses pratiques et ses formes d’organisation, qui épousent les évolutions qu’a connu son positionnement idéologique. Traditionnellement, Synaspismós était un parti qui était peu militant, qui comprenait beaucoup de « notables » et qui avait une pratique essentiellement électoraliste. On a observé une évolution considérable de la substance organisationnelle et militante du parti à deux niveaux. Premièrement, une « aile jeune » très dynamique s’est développée à travers les mouvements altermondialistes et antiracistes. Cela a permis au parti de renforcer sa présence parmi les couches jeunes, notamment en milieu étudiant où il était traditionnellement faible. Son organisation de jeunesse compte plusieurs milliers de membres à l’heure actuelle. Ce sont les cadres issus de cette jeunesse qui forment une bonne partie l’entourage rapproché d’Alexis Tsipras à l’heure actuelle. Cette jeunesse se caractérise par un grand radicalisme idéologique et se veut d’une affiliation marxiste, d’obédience althussérienne, pour la plupart. Deuxièmement, les syndicalistes au sein de Synaspismós se sont affirmées à partir des années 2000, comme le point d’ancrage de son aile gauche. Largement issue du KKE, cette aile gauche représente un courant plus ouvrier, qui est sur des positions de type lutte des classes relativement traditionnelles et très critiques par rapport à l’UE. Ces deux éléments-là, ainsi que la rupture de toute initiative d’alliance avec le PASOK, ont entraîné une transformation de Synaspismós qui lui a permis d’impulser et d’épouser la recomposition qui avait lieu au sein de Syriza. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas actuellement des courants plus modérés au sein du parti, notamment autour de la figure de proue en matière d’économie, Yanis Dragasakis, et de certains cadres naguère proches de Fotis Kouvelis qui ont refusé de le suivre quand il a quitté le parti. Après les élections du 6 mai, ces courants ont fait entendre leur différence, tout particulièrement en suggérant qu’il n’y aurait pas de dénonciation unilatérale du Mémorandum, donc de ligne de confrontation avec la Troïka. Mais ils ont dû céder sur ce point fondamental. Il parait évident en tout cas que ces contradictions vont resurgir si Syriza accède aux responsabilités gouvernementales.

PM Tu as dit que Syriza avait jusqu’à présent un ancrage militant et électoral essentiellement urbain. Est-ce que cette tendance a été bouleversée par la percée électorale de Syriza aux élections législatives de mai 2012 qui a permis à Syriza de devenir le deuxième parti grec avec 16,7% des voix, devant le PASOK ?

ST Complètement. Il est essentiel de comprendre la sociologie du vote du 6 mai 2012. La transformation qualitative est aussi sismique que le bond quantitatif. Un parti qui oscillait entre 5 et 6% des voix ces dernières années est passé à 16,7% des voix. Aujourd’hui, les sondages le créditent de plus de 20% - certains lui donnent même plus de 30% des voix. Ce qui s’est passé le 6 mai est relativement facile à analyser : c’est essentiellement un vote de classe. L’électorat populaire salarié des grands centres urbains qui votait de manière majoritaire pour le PASOK s’est transféré d’un coup vers Syriza. Synaspismós est le premier parti dans le grand Athènes, dans lequel vit près de la moitié de la population grecque, ainsi que dans tous les grands centres urbains du pays. Il atteint ses meilleurs scores dans les quartiers ouvriers et populaires qui étaient les bastions du PASOK, mais aussi du KKE. Dans ces zones électorales, le KKE amorce son déclin qui va s’accentuer, comme l’indiquent les sondages pour l’élection de juin. On observe un transfert des voix du KKE vers Syriza. C’est un vote populaire, mais aussi un vote des couches salariées éduquées, et c’est un vote d’actifs. Syriza fait un score équivalant à sa moyenne nationale chez les 18-24 ans, et chez les 24-30 ans. Mais il fait un score supérieur à sa moyenne nationale chez les populations qui forment le cœur de la population active (+ 30 ans). Ces scores les plus faibles sont parmi les inactifs, la population dans les zones rurales (dont la paysannerie), les retraités, les femmes au foyer, les professions libérales et les indépendants. La dynamique de Syriza repose donc sur un de vote de classe du salariat, y compris de ses franges supérieures, des couches populaires et des chômeurs des grands centres urbains de la Grèce.

PM Dans quelle mesure le vote pour Syriza est-il un vote du salariat du secteur public ?

SK La sociologie électorale indique que Syriza reçoit 24% des voix du salariat public et 22,5% du salariat du privé ; des scores à peu près similaires, avec un léger avantage pour les salariés du secteur public. Mais ses meilleurs scores sont dans la deuxième circonscription du Pirée - une grosse circonscription industrielle et ouvrière - ainsi que dans le nord de la Grèce, dans le département de Xánthi, au sein de la population à majorité musulmane turcophone ; dans lequel un député Syriza issu de la minorité musulmane turcophone a été élu.

PM Pour la première fois en Europe depuis l’après-guerre, un parti de la gauche radicale a dépassé dans les urnes le parti représentant la social-démocratie. C’est un dépassement dû à la percée impressionnante de Syriza, mais aussi à l’effondrement du vote en faveur du PASOK. Penses-tu que ce dépassement soit durable ?

SK La thérapie de choc qui a été appliquée à la Grèce a entraîné les mêmes résultats politiques que dans les autres pays où elle a été appliquée. L’ancien système politique s’est effondré. Les deux partis principaux ont été touchés : le PASOK, mais aussi, dans une moindre mesure, la Nouvelle Démocratie qui a perdu 20% de ses voix, ce qui constitue le plus faible score pour un parti de droite depuis que la Grèce existe en tant qu’Etat indépendant. En réalité, l’effondrement qualitatif du PASOK est encore supérieur à ce qu’indiquent les chiffres au niveau national. Dans les grands centres urbains, le PASOK vient en sixième ou septième position. Dans la plupart des quartiers populaires qui étaient naguère ses bastions, il est devancé par Aube dorée, le parti néo-nazi. Son score parmi les 18-24 ans atteint 2,6%. La plus grande partie de son électorat (13,4% des voix) est constituée de retraités et d’habitants des zones rurales et des petites villes de province. Les sondages portant sur les intentions de vote lors du scrutin du 17 juin montrent que cette tendance va encore s’amplifier.

PM On peut dire qu’aujourd’hui le PASOK est un parti totalement discrédité aux yeux des Grecs…

SK Le parti est entièrement détruit. Il ne regroupe en réalité que les résidus des anciens réseaux du parti-Etat. Les deux partis qui ont successivement occupé le pouvoir depuis la chute des colonels étaient des partis de masse, mais aussi des partis-État, c’est-à-dire des partis extrêmement liés à l’Etat, et à la distribution de ressources obtenues grâce à l’accès à l’appareil d’Etat. Le PASOK et la Nouvelle Démocratie avaient des pratiques clientélistes, qui n’étaient plus tellement celles de notables à l’ancienne dans la mesure où elles étaient assurées par des appareils bureaucratiques, y compris dans le mouvement syndical. La Nouvelle Démocratie était en effet un « parti populaire de droite », un Volkspartei comparable à la démocratie-chrétienne allemande qui comptait une aile syndicale relativement substantielle.

PM Je voudrais revenir sur la position de Syriza vis-à-vis de l’appartenance de la Grèce à la zone euro et même à l’UE. Que veut-il vraiment sur ce plan-là ?

SK Il y a deux niveaux d’analyse. Il y a un premier niveau, le plus apparent : on peut d’abord dire que la position de Syriza par rapport à l’Europe est similaire à celle du Front de gauche, de Die Linke ou des autres composantes du Parti de la gauche européenne, c’est-à-dire une opposition à l’Europe néolibérale et un appel à sa transformation de l’intérieur, qui passe par une rupture avec les traités fondateurs de Maastricht et de Lisbonne, et leur remplacement par de nouveaux traités en rupture avec le néolibéralisme. Il y a un deuxième niveau d’analyse qui met l’accent sur l’inflexion de la position de Syriza depuis quelques mois, voire quelques semaines à peine. Syriza met au cœur de son discours la dénonciation du Mémorandum et insiste sur le fait que le premier acte qu’il prendra s’il parvient à former le prochain gouvernement, sera son abrogation. Pour Syriza, c’est un point qui n’est pas négociable, quelles que soient les conséquences que cela puisse entraîner. D’un côté Syriza dénonce le dilemme entre la poursuite du Mémorandum et la sortie de l’euro conduisant à un retour à la drachme. C’est la manière selon laquelle les médias grecs, les principaux partis et les gouvernements européens présentent la situation. Syriza rejette ce type de chantage. Quelles que soient les conséquences, Syriza ne reculera pas et rejettera toute poursuite en l’état du Mémorandum. Paradoxalement, à l’inverse de la loi qui voudrait que la pente vers la modération soit irrésistible quand on s’approche du pouvoir, cette position s’est précisée au prix de vifs débats internes dans la foulée des résultats du 6 mai, au fur et à mesure que Syriza est paru porté par une dynamique électorale majoritaire.

Tsipras a présenté la feuille de route de Syriza de façon extrêmement claire. Premier acte : abrogation immédiate du Mémorandum par voie législative, qui supprimera donc l’ensemble des dispositifs d’application des deux Mémorandums. Deuxième acte : demande de renégociation de la dette publique grecque dans le cadre européen. S’il y a un refus de l’UE ou s’il y a une rupture du financement de la Grèce par la BCE, un gouvernement Syriza interromprait de manière unilatérale le remboursement de la dette. Implicitement, même s’ils ne le disent pas publiquement, on peut penser que les dirigeants de Syriza savent qu’il y aurait dans ce cas une sortie de l’euro de facto, mais ils insistent pour ne pas présenter cela comme un objectif ou leur propre choix. La cessation de paiement ne sera donc pas d’emblée annoncée, mais c’est une arme en cas de refus de renégociation du Mémorandum visant à annuler la dette dans sa plus grande partie. Si les gouvernements européens font barrage à l’objectif de Syriza qui vise à obtenir l’annulation de la dette en partie, l’idée d’un plan B – c’est-à-dire la sortie de la zone euro - gagnera du terrain.

Le succès politique et électoral de Syriza s’explique justement par le fait que ce parti s’est d’emblée opposé au Mémorandum et à la thérapie de choc austéritaire. Le parti, de manière concrète et pratique, a su s’investir dans les mouvements sociaux et les actions collectives qui se sont développées ces dernières années en Grèce. Syriza l’a fait en respectant l’autonomie de ces mouvements, y compris les formes les plus spontanées et nouvelles des mobilisations. Il a, par exemple, soutenu le mouvement d’occupation des places que nous avons vu au printemps dernier, alors que le KKE a dénoncé ce mouvement, disant qu’il était « anti-politique » et dominé par des éléments petits-bourgeois. C’est un parti qui a aussi beaucoup œuvré dans les réseaux de solidarité à l’échelle locale pour faire face au traumatisme de la crise civile et de ses effets concrets dans le quotidien des populations. C’est également une formation qui possède suffisamment de visibilité dans les institutions pour apparaitre comme capable de transformer le rapport de forces au niveau de la vie politique nationale. Ceci dit, Syriza n’a décollé dans les sondages qu’au cours des dernières semaines de la campagne. Le véritable décollage s’est fait au moment même ou Tsipras a focalisé son discours sur le thème : « Un gouvernement de gauche anti-austérité maintenant », en présentant cela comme une offre ouverte d’alliance avec le KKE, les forces de l’extrême gauche, de la gauche parlementaire, et avec les petites formations dissidentes du PASOK. C’est cela qui a littéralement changé le cours de la campagne électorale et réorienté son agenda. A partir de là, l’ensemble des partis politiques ont dû se situer par rapport à la proposition de Syriza, qui est apparue comme une perspective politique concrète, à portée de main, qui permettrait de mettre fin au joug du Mémorandum et de la troïka.

PM C’est un discours très unitaire à gauche…

SK Absolument. Syriza est particulièrement crédible pour porter ce type de proposition à cause de ses pratiques dans le mouvement social, mais aussi à cause de sa forme de front politique, et d’une pratique de coexistence entre des cultures politiques différentes au sein même de Syriza. Pour répondre à ta question, je dirais que Syriza est un parti-hybride, un parti-synthèse, à cheval entre la tradition qui vient du mouvement communiste grec et des nouvelles radicalités, telles qu’elles sont apparues dans la nouvelle période.

PM Comment Alexis Tsipras est-il perçu en Grèce ?

SK L’aspect principal de l’image de Tsipras, c’est son âge : il est jeune. Mais dans la composition de ses cadres et de ses groupes dirigeants, la gauche radicale grecque est encore dominée par la génération qui approche la soixantaine, ou qui l’a dépassée, et qui est auréolée du prestige de la lutte contre la dictature des colonels. Alékos Alavános, l’ancien président de Synaspismós, a organisé la passation de pouvoir à Tsipras pour marquer une rupture avec cette sorte de sclérose générationnelle qui marque la gauche radicale grecque. C’était un geste d’un très grand volontarisme politique. Tsipras est populaire car, avant d’être élu à la tête de Synaspismós, il avait conduit la liste du parti aux élections municipales à Athènes. Alexis Tsipras n’est pas exactement un tribun charismatique. Ce n’est pas un mauvais orateur, mais il n’a certainement pas l’efficacité tribunitienne d’un George Galloway ou d’un Jean-Luc Mélenchon. Il a également fait des erreurs, notamment en sous-estimant au début – comme une grande partie de la gauche radicale – la gravité de la crise et la question de la dette publique comme justificatif de la mise en place de politiques d’austérité. Il est apparu assez dépassé par les événements. Puis il a développé un style pugnace au parlement ; d’opposition au gouvernement du PASOK et à Papandreou, en particulier. Il a alors amélioré son profil tribunitien. Ce qui lui a permis de décoller, ça a été sa proposition d’un gouvernement d’unité de la gauche radicale et de toutes les forces anti-austérité, il y a quelques semaines. Il a fait évoluer l’image, hier encore dominante dans la société grecque, d’une gauche radicale perçue comme une force estimable, intègre, utile dans les mouvements sociaux, mais qui ne cherche pas à assumer la tâche historique d’offrir une issue à la crise. C’est un bouleversement considérable pour une gauche radicale encore traumatisée par la défaite du communisme du siècle précédent. Celle-ci veut aujourd’hui rompre avec une posture d’éternel minoritaire ; celle qui renvoie à une force vouée à ne faire que de la « résistance ».

PM Il n’y a aujourd’hui aucune relation entre Syriza et le PASOK…

SK En dehors de la Grèce, on peut difficilement imaginer le gouffre qui sépare le PASOK, non seulement de la gauche radicale, mais aussi de la société grecque. Depuis les années 1990 pour le KKE et depuis le milieu des années 2000 pour Syriza, il n’y a aucune alliance qui soit possible ou désirable entre le PASOK et le reste de la gauche radicale, à quelque niveau que ce soit.

PM S’il existe un tel cordon sanitaire autour du PASOK, c’est que ce parti n’est plus considéré comme un parti de gauche par les autres formations de la gauche grecque…

SK Il y a une spécificité de langage qu’il faut avoir en tête. Jusqu’en 1974, il n’y avait pas de parti socialiste en Grèce. Dans le lexique politique grec, quand un Grec dit : « Je suis de gauche », il veut dire : « Je suis à gauche du PASOK ». D’ailleurs, le PASOK ne s’est jamais considéré comme un parti de gauche dans le sens grec du terme. La gauche en Grèce renvoie à la tradition communiste, au sens large du terme. Cela exclut la social-démocratie de type PASOK.

Bloomsbury, Londres, 22 mai 2012.



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Commentaires de l'article
« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
8 juin 2012 - 19h55 - Posté par Joël

A suivre : "nouvelle radicalité à gauche", ça c’est un concept "nouveau" vieux comme le monde : bienvenu dans la social-démocratie branchée ?
Un Front de Gauche à l’épreuve de la gestion de la crise "systémique" du Capitalisme, pour aller où ?



« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
9 juin 2012 - 08h09 - Posté par ledif trocas

Excellente analyse de KOUVELAKIS
c’est très clair
et chacun est bien remis à sa place

Cet article sera repris sur http://www.mopopopo.canalblog.com



« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
9 juin 2012 - 14h36

Recette

Prenez :
 Un parti qui a défendu maastricht mais qui a fait son méa culpa.
 Une orga de jeunesse de tendance althussérienne... Statis aurait du développer.
 Une organisation non essentiellement non militante qui le devient brutalement... Au service d’une victoire électorale.
 Une absence totale d’exposé de l’état de l’accumulation du capital et de développement des forces productives.
 le cumul avec une absence totale de référence au programme de gouvernement proposé par siryza lors des rencontres bilatérales.

Vous obtiendrez un article qui peut affirmer sans rire que syriza est une coalition clairement anticapitaliste...

T’enflamme pas Statis t’enflamme pas. On a bien vue que les institutions avaient sauté en grèce. Enfin il reste l’armée (financée par l’europe) et la police (plutôt fasciste). On a compris que non seulement la bourgeoisie avait exfiltré ce qu’elle pouvait de son capital ( il resterait les biens -non négligeable- de l’église à exproprier -mais sauf erreure de ma part, on n’en a pas entendu parler.

Ce qui nous échappe davantage c’est ce qui peut bien pousser siryza a essayer de s’en emparer en explicant qu’ils y mèneront une autre politique ( relancer l’accumulation par la régulation)



« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
9 juin 2012 - 15h42 - Posté par Luis

Des informations et des analyses qui répondent à beaucoup de questions posées sur ce fil
Par Jean-Philippe Divès
http://www.europe-solidaire.org/spi...



« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
9 juin 2012 - 16h13 - Posté par Pierre Kulemann

Dommage pour Syriza, mais les faits sont têtus !
Je suggère en réponse à notre marxologue universitaire et à ses nombreuses affirmations la lecture de l’article suivant :
http://solidarite-internationale-pc...



« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
9 juin 2012 - 17h56 - Posté par

Je suis tout à fait d’accord pour dire que Tsipras affiche une radicalité médiatique qui ne correspond aucunement avec la réalité des propositions de Syriza. D’accord aussi pour dire qu’il y a un énorme problème de souveraineté par rapport à l’UE etc.En revanche toujours pas d’accordp our la propagande qui laisse entendre que tout sera résolu ou presque quand on sera sortis de l’UE et de l’Euro.

Tsipras pipeaute et la Syriza c’est peu ou prou le front de gauche (donc mêmes crotoqies et memes pbs) et non je ne partage pas du tout l’enthousiasme de PM et SK dans cette interview MAIS.....

"YAKAFOKON " livrer les exploités grecs aux capitalistes locaux pour que tout aille mieux ?

Allons donc.

Se faire exploiter en drachmes ou se faire exploiter en euro, se faire exploiter en anglais ou se faire exploiter en grec, c’est toujours se faire exploiter.

C’est la misère du mouvement ouvrier aujourd’hui.

Il est coincé entre la misère de la propagande de l’idéologie néo- stalinienne et celle de la néo-social démocratie qui sont deux voies différentes mais des impasses in fine toutes les deux à savoir, la voie néo stalinienne parce qu’elle est rigide conservatrice figée nationaliste bureaucrate entre autre, et la voie social démocrate parce qu’elle est profondément réformiste , altercapitaliste, fordiste , démobilisatrice....

quand on parle international c’est toujours pour constater finalement que c’est ’international du Capital et jamais plus la solidarité ouvrière internatioanliste contre les exploiteurs.

Entre tout ça j’espère que la 3ème voie -le communisme - se fera jour.


« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »
10 juin 2012 - 11h18 - Posté par José

J’aimerais bien que le magazine Que choisir ? nous livre un essai comparatif entre Syriza et le Front de Gauche, tout comme entre le Front National français et ses homologues grecs. Ce serait aussi l’occasion d’expliquer pourquoi les produits proposés par le Parti Socialiste français ont rencontré un récent succès commercial, alors que ceux du PASOK ont été boudés par leur clientèle habituelle. Les segments de marché grec et français sont-ils comparables ? Est-ce une question de packaging ? Comment séduire les abstentionnistes, qui dans des conditions de sur-offre représentent peut-être le seul potentiel de croissance de ces entreprises ?
Sur ce dernier point, les partis feraient bien de s’inspirer de la vente par correspondance : si vous votez pour nous, le grattage de la case cadeau vous révélera si vous avez "GAGNE", ou "PERDU, mais vous pouvez rejouer au prochain tirage électoral".






ARRESTATION VIOLENTE DE GAËL QUIRANTE, SECRÉTAIRE DE SUD POSTE 92
mercredi 20 - 15h00
La CSG remboursée ? A malin, malin et demi !
mercredi 20 - 11h30
de : JO
La loi du peuple
mercredi 20 - 09h28
de : Alina Reyes
25 ans d’insurrection zapatiste : « C’est une forme de démocratie réelle, radicale »
mercredi 20 - 08h14
LA DÉMOCRATIE AUX MARGES
mardi 19 - 19h03
de : Ernest London
LUTTE CONTRE LE RACISME ET L’ANTISÉMITISME - Conférence de presse (video)
mardi 19 - 12h05
de : JEAN-LUC MÉLENCHON
9 commentaires
Quand les lapins auront leurs historiens..
mardi 19 - 06h52
de : curtillat
1 commentaire
droit de grève remis en cause en Suède
lundi 18 - 19h59
de : CNT-Relations médias
1 commentaire
Urgence Humanitaire à GAZA ! Pour ne pas confondre Religion et Tyrannie !
lundi 18 - 16h38
de : JO
Alain Finkielkaut le maoïste.
lundi 18 - 16h22
de : L’iena rabbioso
7 commentaires
Discours à l’oiseau
lundi 18 - 12h08
de : Alina Reyes
1 commentaire
Pierre Perret sur les gilets jaunes : "ce mouvement ne doit pas s’arreter, la misere est patiente"
dimanche 17 - 22h06
de : nazairien
LE MOUVEMENT NE S’ESSOUFFLE PAS macron tu vas dégager !
dimanche 17 - 19h27
de : luttes invisibles
2 commentaires
antisémitisme racisme pour les nuls
dimanche 17 - 19h02
de : UJFP
1 commentaire
Espagne. Des élections au péril d’un procès politique !
dimanche 17 - 16h24
de : Antoine (Montpellier)
2 commentaires
DÉPASSER LES GILETS JAUNES
dimanche 17 - 14h31
de : Lukas Stella
HAÏTI : Le monde change, le neuf tarde à naître, les monstres n’effraient plus ?
dimanche 17 - 12h08
de : JO
Tricastin, on a la liste de ceux qui font les c...
dimanche 17 - 12h04
de : Fuku blog et nuc savoie via JYP
Video Venezuela : Les 5 gros mensonges de Macron, médias et Cie
dimanche 17 - 11h34
de : michel midi
Gouvernement : gilets jaunes ou pas, le cap reste libéral
dimanche 17 - 10h14
1 commentaire
ISRAËL : encore et toujours en cours, Génocide de GAZA !
vendredi 15 - 18h11
de : JO
2 commentaires
Engin de chantier ou transpalette devant le Ministère ? De quoi être perplexe !
vendredi 15 - 17h19
de : JO
Un petit débat / C’est l’heure de l’mettre
vendredi 15 - 16h48
de : Hdm
La Havane : Il est urgent de stopper l’aventure militaire impérialiste contre le Venezuela
vendredi 15 - 15h48
de : nazairien
1 commentaire
« Malheur à nous si nous n’avons pas la force d’être tout à fait libres, une demi-liberté nous ramène nécessairement au
vendredi 15 - 06h52
de : JODEZ
Le parlement européen condamne l’usage des armes de guerre.
jeudi 14 - 19h51
de : JO
La couardise de griveaux mise à jour
jeudi 14 - 18h56
de : jean 1
Mairie de Paris : les lobbies, c’est pas fini !
jeudi 14 - 09h58
Deux ans ferme requis contre Christophe Dettinger : François Boulo réagit sur RT France
mercredi 13 - 23h41
de : nazairien
7 commentaires
La macronie à la recherche de son point G
mercredi 13 - 22h37
de : Alina Reyes
2 commentaires
Les élites sont des dieux, les Gilets Jaunes et les gueux sont des inutiles !
mercredi 13 - 20h13
de : Claude JANVIER
2 commentaires
Christophe Dettinger ex-boxeur Gilet Jaunes en jugement (extrait)
mercredi 13 - 19h30
de : JO
Terrifiant, Laurent Alexandre, un chirurgien-urologue, fondateur de "doctissimo" et transhumaniste, dans ses délires
mercredi 13 - 16h39
de : nazairien
3 commentaires
Venezuela : Les 5 gros mensonges de Macron, médias et Cie
mercredi 13 - 12h39
1 commentaire
GILETS JAUNES ACTE XIV
mercredi 13 - 12h22
de : JO
ON LACHE RIEN dédicace Aux gilets jaunes. Pierot
mardi 12 - 16h45
de : nazairien
3 commentaires
Les objectifs des contre-réformes libérales du gouvernement Macron-Philippe
mardi 12 - 11h14
de : Allain Graux
Fête du livre de Noir et Rouge le samedi 16 juin février 2019
mardi 12 - 10h13
de : frank
« LES IDEES S’AMELIORENT. LE SENS DES MOTS Y PARTICIPE »
lundi 11 - 22h03
SYRIE : Il parait que la coalition de l’OTAN ne frappe que des djiadistes ?
lundi 11 - 21h49
de : JO

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En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
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Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
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Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
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Disparition de Marceline Lartigue, Communiqué de presse
dimanche 6 mai
de Micheline Lelièvre
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Marceline Lartigue. Elle s’était faite discrète les temps derniers, mais je voudrais saluer la mémoire de celle que je connaissais depuis le début de sa carrière. Elle avait 16 ans, je crois, et dansait avec Fabrice Dugied la première fois que je l’ai vue. Puis nous nous sommes liées d’amitié. Marceline avait un caractère bien trempée, une intelligence très fine et un grand talent de chorégraphe. (...)
Lire la suite
Marceline Lartigue est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en pleine distribution de tracts
samedi 5 mai
de Jean-Marc Adolphe
Aujourd’hui, 1er mai 2018, Marceline Lartigue ne participe pas aux manifestations du 1er mai 2018. Cela ne lui ressemble pas. Mais elle, tellement vivante, ça ne lui ressemble pas non plus de mourir. Et pourtant, Marceline est partie en voyage, rejoindre Antonio Gramsci et quelques autres camarades de lutte (l’un de ses tout derniers billets sur Facebook rendait hommage à Gramsci, mort le 27 avril 1937). Marceline est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en (...)
Lire la suite
Tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai...
vendredi 4 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
C’est une photo prise par Baker 5 minutes avant que tu tombe... Avec ton sourire magique, Marceline Lartigue Ma compagne, mon amour, mon amie, ma camarade tu me manque, tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai, avec tout mon courage et ma force je suis pas arrivé a empêcher la faucheuse de faire son salle boulot, tout le temps ensemble sur les barricadés contre les injustices de cet monde, aujourd’hui je part a manifester pour (...)
Lire la suite
13 Mars ! Déjà 8 ans que Jean Ferrat nous quittait emportant ses rêves inachevés d’un monde meilleur (video)
mercredi 14 mars
de Roberto Ferrario
Jean Ferrat, auteur-compositeur né le 30 décembre 1930 à Vaucresson (Seine et Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche) est intimement lié à la commune d’Ivry-sur-Seine, où il a vécu 40 ans. En octobre 1960, il s’installe avec sa compagne Christine dans un petit appartement du 129, rue de Paris (plus tard renommée avenue Maurice Thorez), qui servira de cadre à plusieurs reportages lui étant consacrés, dont cet extrait de l’émission "Au delà de l’écran" (...)
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