« Il faut qu’on donne aux gens des visages à voir, des mots à entendre, des situations à rencontrer. Parce qu’on ne se mobilise pas contre la réduction des déficits. On ne se mobilise pas contre la précarité. On ne se mobilise pas contre le libéralisme. C’est pas vrai, ça ne marche pas comme ça. On se mobilise pour des visages, on se mobilise pour des gens, on se mobilise pour des histoires. »

Le petit point faible de la France insoumise

S’il y avait un petit reproche à faire à la campagne de la France insoumise, ce serait cela : n’avoir pas su suffisamment parler aux gens de leurs problèmes de gens. Les points du programme qui concernaient vraiment les gens ont été trop peu abordés, insuffisamment mis en valeur :

  • pas de revenu au-dessous du seuil de pauvreté ;
  • pas de minimum vieillesse en-dessous du seuil de pauvreté ;
  • le régime général de Sécurité sociale pour tous (professions libérales comprises).

Si Ruffin est parvenu, à la surprise générale, à gagner la législative d’une circonscription pourtant difficile, c’est parce qu’il a assuré une présence de tous les instants avec les salariés en difficulté de sa région, à parler avec eux de leurs problèmes concrets et immédiats, et non d’idées aussi générales qu’une Constituante ou la lutte contre une nouvelle loi Travail dont personne ne connaît encore les tenants et les aboutissants.

Dernier détail et d’importance : cette communication politique avec les gens ne doit pas se limiter à quelques semaines de campagne électorale. Elle s’opère au quotidien, sur la durée. C’est à cette condition qu’une “communication” apparaît comme un signe manifeste d’intérêt aux préoccupations des concitoyens. C’est le passage obligé d’un enracinement politique dans les couches populaires.