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TERRORISME D’ETAT D’ISRAËL : Le génocide, lâche et assassin se poursuit !
de : JO
dimanche 11 février 2018 - 11h49 - Signaler aux modérateurs
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Un garçon qui jetait des pierres sur des jeeps de Tsahal a été puni : un soldat l’a exécuté. C’était la troisième fois ces dernières semaines que les soldats visaient la tête des lanceurs de pierres.

Le champ d’exécution sommaire du jeune Laith Abu Naim est un terrain vague dans le village reculé d’Al-Mughayyir, au nord de Ramallah. Quelqu’un a prévu un jour d’y construire une maison, mais n’a pas pu aller plus loin que des tiges de fer et un mur de soutènement. Le garçon a couru pour sa vie entre les tiges, poursuivi par deux jeeps blindées des Forces de défense israéliennes. La chasse s’est terminée lorsque la porte de l’un des véhicules s’est ouverte et qu’un soldat a pointé son fusil droit sur le front de Laith à une distance de 20 mètres. Il a tiré une balle, tuant l’adolescent, de la même façon qu’un animal est traqué et abattu lors d’un safari.

Un garçon de 16 ans qui rêvait de devenir gardien de but a jeté des pierres sur une jeep et a subi la punition par un soldat : l’exécution, peut-être pour lui donner une leçon, peut-être comme vengeance. La balle en acier enveloppée de caoutchouc a frappé exactement le point visé – le front du garçon, au-dessus de son œil gauche – et a eu le résultat escompté : Laith est tombé à terre et est mort peu après. L’excellent tireur d’élite des FDI aurait pu viser ses jambes, utiliser des gaz lacrymogènes ou tenter de l’arrêter d’autres façons. Mais il a choisi, dans ce qui semble être un modèle presque standard dans les dernières semaines dans ce domaine, de lui tirer un coup directement à la tête.

C’est ainsi que les soldats ont tiré sur deux jeunes hommes du nom de Mohammed Tamimi, l’un de Nabi Saleh, l’autre d’Aboud, blessant gravement les deux jeunes. Le second est toujours hospitalisé dans un état grave dans un hôpital de Ramallah ; le premier, avec une partie de son crâne en moins, se remet à la maison.

Laith Abu Naim repose maintenant dans le cimetière de son village.

Le champ d’exécution est situé sur la place principale d’Al-Mughayyir, presque entièrement vide, à part une épicerie. Le propriétaire, Abdel Qader Hajj Mohammed, âgé de 70 ans, a été témoin oculaire du meurtre de l’adolescent. Deux des amis d’Abu Naim étaient avec lui, mais ils n’ont pas vu le moment de la fusillade – ils s’étaient engagés sur le chemin de terre qui descend de la place vers les maisons du village. Les deux élèves, Majid Nasan et Osama Nasan, des garçons maigres de 16 ans, témoignent aujourd’hui devant un chercheur de la Croix-Rouge internationale, Ashraf Idebis, qui est venu avec un collègue européen pour enquêter sur les circonstances de l’assassinat du 30 janvier.

Les deux jeunes portent tous deux des chemises bleues sur lesquelles une photo de leur ami mort a été imprimée, et des keffieh drapés sur leurs épaules. Les signes du traumatisme sont encore gravés sur leurs visages aux barbes naissantes. Le pupitre où Laith était assis dans la classe est vide, et ses amis y ont placé sa photo, comme s’il était encore avec eux. Dimanche dernier, une cérémonie commémorative a eu lieu pour lui dans la cour de l’école.

C’est un village pauvre de 4 000 habitants qui vivent principalement de leur d’ agriculture, entourés de colonies et d’avant-postes de colons dont l’expansion dans cette région – la vallée de Shiloh – a été particulièrement sauvage. La localité palestinienne voisine, Turmus Ayya, est riche : certaines de ses maisons sont des villas de luxe, qui sont fermées, leurs propriétaires vivent en exil aux USA.

Les deux amis d’Abu Naim et le propriétaire de l’épicerie racontent une histoire presque identique sur ce qui s’est passé ici mardi dernier.

Dans l’après-midi, quelques dizaines d’enfants et d’adolescents d’Al-Mughayyir se sont dirigés vers Allon Road, à environ un kilomètre du centre du village, où ils ont jeté des pierres et brûlé des pneus. Depuis que le président US Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre, des affrontements ont éclaté presque quotidiennement, même dans ce village assiégé.

Le jour en question, les forces israéliennes ont repoussé les jeunes à l’aide de gaz lacrymogènes, et deux jeeps se sont précipitées à leur poursuite alors qu’ils battaient en retraite vers le village. La plupart des jeunes se sont dispersés dans toutes les directions. Laith est resté presque seul sur le terrain face aux jeeps. Il avait décidé de jeter une pierre de plus sur les véhicules avant de s’enfuir. Il s’est avancé à travers les tiges de fer vers la jeep qui s’était arrêtée de l’autre côté, a jeté sa pierre et s’est mis à courir. Hajj Mohammed, de l’épicerie, qui donne sur la place, rapporte que l’un des soldats, apparemment celui qui était à côté du chauffeur, a ouvert la porte, a pointé son fusil et a tiré un seul coup.

La carcasse d’un véhicule utilitaire qui appartenait à Leiman Schlussel, un distributeur de bonbons en Israël, maintenant repeint en marron et servant de stand de falafel, se dresse sur la place. Lorsque nous avons visité le site lundi, les portes de l’automobile étaient cadenassées. Laith a apparemment essayé de se mettre à l’abri derrière la vieille épave mais n’y est pas arrivé.

Nous montons sur le toit de l’immeuble où se trouve l’épicerie, dont certains appartements restent inachevés, et observons l’arène : Allon Road, les colonies et avant-postes, dont Adei Ad et Shvut Rachel, tout autour et le site du chantier abandonné avec les barres de fer qui s’y dressent.

La terre est toujours tachée de sang là où Abu Naim est tombé, et jonché de lambeaux d’une affiche commémorative avec sa photo dessus. Selon l’épicier, le soldat qui a tiré le coup de feu a marché vers l’adolescent mourant et a retourné son corps avec son pied, apparemment pour vérifier son état. Les soldats ont ordonné à l’épicier de rentrer dans son magasin et de le fermer. Ils sont partis sans offrir d’assistance médicale à la victime. Un taxi a transporté le jeune homme à la clinique de Turmus Ayya, d’où il a été emmené dans une ambulance palestinienne à l’hôpital gouvernemental de Ramallah.

Une grande affiche portant la photo de Laith, avec des bannières d’organisations palestiniennes, est maintenant accrochée sur la façade du bâtiment inachevé, à côté de l’endroit où il est tombé. Le jour où il a été tué, racontent ses deux amis, il a quitté l’école vers 10 heures, car il ne se sentait pas bien. Ils l’ont retrouvé vers 4 heures de l’après-midi, sur la place du village. Il n’a pas pris part aux jets de pierres près d’Allon Road, rejoignant les manifestants seulement quand ils ont atteint la place.

Le grand-père d’Abu Naim nous a dit plus tard que Laith était en route pour un entraînement de football à Turmus Ayya. Quand il a quitté la maison cet après-midi-là, il a pris son sac de sport avec lui. Le sac n’a pas été trouvé, et chez lui on pense que quelqu’un l’a peut-être pris comme « souvenir ».

La maison de la famille est à la lisière du village. La mère de Laith, Nora, est décédée du cancer quand elle avait 26 ans et Laith 2 ans. Son père, Haitham Abu Naim, s’est remarié et a déménagé à Beit Sira, un village à l’ouest de Ramallah. Laith a été élevé par ses grands-parents paternels Fat’hi et Naama, dans la maison que nous visitons actuellement avec Iyad Hadad, un chercheur de terrain de l’organisation israélienne des droits humains B’Tselem.

Jusqu’à l’âge de 10 ans, on n’a pas dit à Laith que sa mère était morte. il pensait que ses grands-parents étaient ses parents. Même après il a continué à appeler son grand-père et son père « papa », en utilisant des termes différents : « Yaba » pour son grand-père, « Baba » pour son père.

Haitham travaille pour une entreprise d’infrastructure à Modiin. Il voyait Laith tous les week-ends, quand le garçon allait à Beit Sira. Celui-ci a vu son père pour la dernière fois quatre jours avant d’être tué. En ce jour fatidique de la semaine dernière, la tante de Laith a téléphoné à son père pour lui dire que le garçon avait été blessé. Haitham s’est précipité à l’hôpital de Ramallah, où il a vu les médecins s’efforcer en vain de sauver la vie de son fils.

« Nous lui avons tout donné », explique Fat’hi, le grand-père de Laith. Fat’hi a étudié la cuisine à Tadmor, l’école de gestion hôtelière, à Herzliya ; la signature de Rehavam Ze’evi, l’ancien général de Tsahal, qui était alors ministre du Tourisme (et a été assassiné en 2001), figure sur son diplôme. Jusqu’à récemment, Fat’hi, qui a 65 ans, travaillait comme cuisinier à l’hôtel Métropole de Jérusalem.

Quelqu’un apporte les gants de gardien de Laith – verts et blancs et très usés. Il aimait se faire photographier ; son père nous montre des photos. C’était un beau garçon aux cheveux noirs qui couvraient son front. Ici, il est au toboggan aquatique d’ Al-Ouja. Il était le gardien de but de l’équipe de l’école, un supporter du FC Barcelone, et il aimait aussi nager. Comme tous les enfants de cette région, la seule plage qu’il ait jamais vue était celle de la Mer Morte.

Son grand-père dit que chaque fois que des affrontements éclataient à Al-Mughayyir, il sortait pour rappeler le garçon à la maison. Il ne l’a pas fait mardi dernier, parce qu’il pensait que Laith était à son entraînement de football. L’unité des porte-parole de Tsahal a déclaré cette semaine, en réponse à une question de Haaretz : « Le 30 janvier, des troubles violents ont éclaté, avec la participation d’une trentaine de Palestiniens, qui ont brûlé des pneus et jeté des pierres sur les forces de Tsahal postées près du village d’Al-Mughayyir. Les forces ont répondu avec des moyens pour disperser les manifestations. Nous sommes au courant de l’affirmation qu’un Palestinien a été tué est connue. La police militaire a ouvert une enquête, à l’issue de laquelle les conclusions seront transmises à l’unité de l’avocat général militaire. ».

Fat’hi, dont le visage est un manifeste d’accablementt, demande : » Y a-t-il une armée dans le monde qui, après avoir tiré sur quelqu’un, met un pied sur son corps ? Ils lui ont tiré dessus de sang froid pour le tuer. C’était une liquidation, un assassinat. Ils auraient pu l’arrêter, le blesser mais pas le tuer. Tuer un Palestinien n’est rien pour eux. Ils n’ont aucun sentiment humain. L’officier qui a tiré n’a-t-il pas d’enfants ? A-t-il vu Laith comme un garçon comme ses enfants ? Les soldats israéliens ont perdu toute retenue. Chaque soldat peut tuer n’importe qui selon son humeur ».

Puis ils nous montrent d’autres photos sur le téléphone portable du père. Voici Laith qui fume un narguilé avec des amis ; voici ses funérailles. Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé et des milliers de personnes y ont assisté, et cela a été une source de réconfort pour la famille.

Gideon Levy

Traduit par Fausto Giudice

(source Réseau International)



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