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jeudi 26 mars
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Le 29 mai allemand


de : Philippe Marlière
jeudi 22 septembre 2005 - 04h02 - Signaler aux modérateurs
28 commentaires
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de Philippe Marlière Politologue, université de Londres

Très tôt dans cette courte campagne allemande, le décor "people" fut planté par les plus invertébrés des médias européens : le "charisme" schroedérien et la "froideur" merkélienne, les costumes italiens de Gerhard et la coiffure très tendance d’"Angie l’Ossie". Ces mêmes médias nous expliquèrent que cette élection était des plus importantes pour l’Allemagne et l’Europe entière. Le SPD et la CDU offraient - nous assurait-on - un "véritable choix de société" aux électeurs. D’un côté, Schroeder, ce "vieux socialiste" et "anti-américain primaire", le promoteur de "timides réformes". De l’autre, Merkel, "l’amie des Etats-Unis", une "réformatrice résolue" et grande admiratrice de Mme Thatcher. Il n’en a rien été. Le score des chrétiens-démocrates n’a pas été à la hauteur ce que promettaient les sondages et "Angie" est devenue une has been en l’espace d’une journée.

Giflés par les électeurs allemands, les invertébrés de l’information persistent et signent : la CDU aurait perdu car elle a présenté une "mauvaise candidate" à la Chancellerie. N’est-il pas troublant de constater que ce sont les jeunes, les sans emploi, les ouvriers, les salariés qui ont rejeté en masse la CDU ? Et si le programme ultralibéral de ce parti en était la raison principale ? Nos commentateurs avisés pointent déjà un doigt accusateur sur le peuple allemand, "ignorant", "conservateur", "égoïste". Voici le coupable ! Voici le 29 mai allemand !

Quant au « camarades des patrons », on salue aujourd’hui son génie politique, sa combativité, on découvre la sagesse de sa politique. Personne ou presque ne remarque que sous le gouvernement Schroeder, le SPD a réalisé son plus mauvais score depuis 1990, a perdu la plupart de ses bastions régionaux et près de 200000 adhérents. Personne ou presque ne se penche sur le bilan de ce gouvernement « de gauche » : baisse des prestations sociales pour les chômeurs devenus sous Schroeder des working poors payés un euro de l’heure (le reste étant subventionné par l’Etat), privatisation des caisses maladies pour les hauts revenus (dont les cotisations font maintenant défaut à l’Etat), fermeture des bureaux de poste en zones rurales, déplafonnement du prix des médicaments et taxe de 10 euros trimestrielles en cas de visite chez le médecin, allégement de l’impôt sur le Capital et sur les entreprises, libéralisation du marché de l’eau et de l’électricité, etc.

Et pourtant, la simple lecture des résultats nationaux nous apporte la clé de ce vote : la gauche est nettement majoritaire en Allemagne (SPD + Grünen + Linskpartei = 51,1% des voix contre CDU-CSU + FDP = 45%). Les scores respectifs du SPD et de la CDU sont en fait aisément explicables. Quand le salariat allemand, remonté contre le social-libéralisme schroedérien s’est rendu compte que la CDU allait lui infliger une potion ultralibérale, il a décidé de choisir le moindre mal ! Le « vote utile » a énormément joué en faveur du gouvernement sortant (« toute autre voix à gauche est une voix pour la CDU »). Le Linkspartei (la Nouvelle Gauche), nouveau venu dans le champs politique allemand, a dû faire face à une campagne haineuse de la part des médias et de la classe politique. Dans ces conditions, recueillir 8,7% est un résultat qui en dit long sur le désenchantement des salariés vis-à-vis du social-libéralisme de M. Schroeder.

Le Linkspartei regroupe à l’Ouest, Oskar Lafontaine, ex-ministre des finances du SPD, d’ex-sociaux-démocrates, des syndicats et des représentants du mouvement social et, à l’Est, le PDS (ex-communiste). Il est significatif de noter que le PDS est le seul ex-PC à l’Est qui n’ait pas adopté un agenda néolibéral. A ce titre, les médias le qualifient de parti « extrémiste », alors que son ambition est d’empêcher la destruction du modèle social rhénan. Le programme de cette coalition est une social-démocratie de gauche, rien de plus. C’est déjà trop pour le SPD qui ne trouve rien à redire d’une alliance avec les ultralibéraux de la CDU et du FDP ou avec les libéraux-libertaires Verts, mais qui voit dans le Linkspartei une formation « infréquentable ».

Non à l’ultralibéralisme ! Non au social-libéralisme ! : après le 29 mai, les tenants de la « réforme » néolibérale en Europe viennent de se prendre une deuxième paire de gifles. Personne à gauche ne pleurera le départ de Schroeder. Mais il serait malvenu de se réjouir de la débâcle du SPD, qui va laisser à gauche un champ de ruines. A l’inverse du cas allemand, les directions sociales-libérales doivent ailleurs être combattues au sein même des partis sociaux-démocrates car elles ne sont pas une fatalité. L’alliance des gauches - sans exclusive - doit demeurer une ambition majeure. Ce sont les conditions sine qua non d’une rupture avec le néolibéralisme et sa béquille sociale-libérale.

Dr Philippe Marliere
Senior Lecturer
in French and European Politics
University College London
Gower Street
London WC1E 6BT
Great-Britain



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Commentaires de l'article
Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 09h14

Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?

Nous l’avions vu en France pour les présidentielles et le referendum : Ceux qui n’avançaient somme toute qu’une ambition de défense du compromis social ont été présentés sur tous les tons comme des ultra-gauches (des fois on les traîtait de partisans d’un systeme à la Pol-Pot...). PC et extreme-gauche ont eu à essuyer ces mensonges présentés sur tous les tons comme des évidences rabachées...

Mais une question se pose : La bourgeoisie, et ses petits marquis, peuvent-elle accepter une politique social-democrate ?

A voir les politiques des PS, PSD, quand ils sont aux affaires, qui organisent, comme la droite mais en moins violent peut-être, un partage défavorable aux travailleurs des richesses produites, on peut le penser...

C’est avec cet arrière-fond que je regarde les politiques concretes et réelles à gauche. La question allemande et le choix des hauts-parleurs bien pensants de soutenir la droite allemande (en France du moins) montre qu’"on" veut toujours +, + extreme dans le liberalisme, et surtout aucun partage des fruits de la croissance, et plus precisemment un gateau encore + grand, au détriment des travailleurs et en faveur du capital....

Copas



> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 12h06 - Posté par

C’est quand même ahurissant de lire que 8% c’est une victoire" qui en dit long "....putain 8% , c ’est ridicule !


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 12h36 - Posté par

Non, c’est pas ridicule parce que ces 8 % là, s’ils étaient allés à la SPD ou à la CDU, ceux-ci auraient crié victoire ! Ces 8 % courageux-là, malgré la campagne de haine et de dénigrement (les gros partis en place sont prêts à faire alliance avec n’importe qui pour gouverner, avec le diable s’il le faut, mais sauf justement avec le Parti de la Gauche - ça en dit long !), ils pèsent parce que c’est 8% d’empêcheurs de danser en rond.


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 12h54 - Posté par

Le terme de "victoire" n’apparaît pas dans le texte, alors comment peut-on le lire ?
Et 8.5%, pour un nouveau venu dans le paysage politique allemand, se hissant ainsi d’emblée au niveau du FDP ou des Verts, ce n’est certainement pas ridicule.
Il faut prendre en compte le contexte et le parallélisme que l’on peut établir entre la France et l’Allemagne est frappant et peut-être aussi, espérons-le du moins, porteur d’espoir pour l’émergence d’une véritable et grande force de gauche.


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 13h57 - Posté par

Il me semble que c’est faire part d’une grande naiveté(pour ne pas parler d’ignorance)en ce qui concerne le pouvoir quasi décisionnaire des "dits" grands médias sur tous les suffrages eléctoraux pour considérer que ces fameux 8% ne représentent pas grand chose.Car enfin,quand pendant quatre mois,et ce tous les jours, on peut entendre en permenance radios presses et télévisions décrirent unanimement les "réelles" forces de gauche comme de dangereux idéologues sanguinaires,le fait que ces dernières puissent encore nuirent a la sortie des urnes m’apparrait comme une sorte d’éxploit(qui en dit long...).Il est salutaire de toujours avoir en tete que si TF1BOUYGUES, FRANCETELEVISION CHIRAC, RTLLAGARDERE, LIBERATIONROTCHILD, LEFIGARO LEMONDE DASSAULT etc... ne soutenaient pas de facon éhontée le néolibéralisme sous toutes ses formes politiques le PS et l’UMP ne dirigeraient très certainement plus la france !
Bravo aux allemands ! la lutte continue !!


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 14h37 - Posté par

Quelle lutte ? pour quoi faire ?

Baroso a dit que le TCE était mort et il y en aura pas d’autre ! seuls sont gardés quelques idéees , notamment Bolkenstein ! il faut arrêter de rêver ! le 29 mai était une grande victoire d’un jour et ceux qui ont cru que cela aller changer n’ont sans doute pas connu le 10 mai 81 et tous les espoirs enfuis (" on va changer la vie" , putain j’y ai cru , je n’y croit plus maintenant !)


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 17h26 - Posté par

C’est ton problème. A chaque grand mouvement populaire on entend cette chanson. 1987, Contre Devaquet ce n’était pas assez politique. En 1995, c’était un baroud d’honneur des syndicats etc.
Et bien chante ta chanson, qu’y pouvons nous ?

Helge


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 17h41 - Posté par

Les réformes de 95 sont passées en 2003 , sauf pour les régimes spéciaux , protégés comme par hasard


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
23 septembre 2005 - 01h21 - Posté par

Perso je ne suis pas réformiste. Je ne crois pas possible d’empêcher les néolibéraux au pouvoir de faire une politique néolibérale. On peut freiner, retarder, sauver des miettes, c’est déjà beaucoup. Cela n’est pas rien dans le quotidien. Mais les mauvais coups de ces politiques ne sont pas des défaites du mouvement social. Comment penser qu’un Chirac puisse impulser une politique moderne et sociale ? Je n’aime pas cette philosophie qui tend à culpabiliser les victimes. Ce qui me semble intéressant c’est qu’après la trahison du PS, et la casse du secteur économique ouvrier, qui ont désemparé le mouvement social, la restructuration du mouvement populaire, avec des hauts et des bas, des accélérations et des pauses apparentes, est visible depuis 1987, sur des bases renouvelées (par exemple le fameux "tous ensemble"). Ce que je voulais dire, est qu’à chaque éclat, on a dans les marges chanté le défaitisme. Et pourtant à chaque fois le mouvement social s’est montré plus déterminé, mieux organisé, mieux armé, au point de faire échec électoralement, le 29 mai, à la mobilisation de tout l’appareil médiatico-politique. Nous sommes aujourd’hui dans une période de "pause", de réflexion, de travail de fond. Je crois que toutes celles et ceux qui sont sur le pont sentent que la grande question, celle qui peut débloquer et porter à des victoires électorales est celle de l’émergence d’une véritable alternative de gauche. Que ce soit une question urgente, essentielle et posée à la base montre le chemin parcouru. Nous n’attendons plus des programmes d’états-majors. La prochaine étape décisive n’est pas de savoir qui sera candidat en 2007, mais ce que nous serons capable d’élaborer, tous ensemble, comme solutions à la crise du néolibéralisme.

Helge


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 18h23 - Posté par

Et moi, la vieille rebelle ayant connu mai68, je peux dire que c’est pareil : les forces médiatiques et politiques ont réussi à faire croire que c’était ringard et qu’il ne s’était bien passé "Circulez, y’a rien à voir !" mais si vous saviez tout ce qui a changé dans les têtes (et même dans les textes de loi) depuis !
C’est sûr que tout ne va pas arriver d’un coup, tout cuit, mais ceux qui vous disent que ça ne sert à rien de se révolter et de lutter, c’est parce qu’ils ont un intérêt quelque part à ce que rien ne bouge...
Continuons le combat !


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 18h30 - Posté par

erratum : je voulais dire "qu’il ne s’était RIEN passé"

et un petit rappel pour les pessimistes de service : en 1788 qui aurait parié en Europe sur la liquidation de la royauté en France ? Personne.
Eh bien, c’est arrivé !


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
22 septembre 2005 - 20h07 - Posté par

Erreur , l’idée d’une réforme de la monarchie était trés presente chez les élites éclairées ( nobles , bourgeois , franc maçons )


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
23 septembre 2005 - 00h44 - Posté par

Oui d’une réforme, sur les modèles fantasques de l’antiquité grecqe ou romaine (République). mais la Révolution non. Même en 89 peu de gens auraient pensé qu’il serait possible de porter atteinte à l’intégrité des personnes royales. Cette révolution, certes en partie portée par les idées des Lumières s’est tout de même faite au jour le jour.

Helge


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
23 septembre 2005 - 10h39 - Posté par

La séparation des pouvoirs "modèle fantasque" ?????

la rf ne s’est pas "faite au jour le jour" , elle a dérapée au jour le jour .


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
23 septembre 2005 - 10h57 - Posté par

La Révolution française "a dérapé au jour le jour" (c’est votre avis) parce que le peuple (que l’on n’attendait pas) s’est invité dans le processus et que "ces gens-là" n’ont pas notion des beaux discours de salon (du genre "demain on rase gratis" - l’Eglise les leur avaient servis depuis assez longtemps pour qu’ils sachent ce qu’en valait l’aune -) mais veulent manger tous les jours, et avoir un toit au-dessus de leur tête, et que leurs enfants puissent être instruits et soignés (quelle arrogance, n’est-ce-pas !).
Bien sûr, maintenant on les tient avec la télé, avec les traites sur 20 ans pour leur appartement, mais sait-on jamais quelles forces bouillonnent en-dessous, surtout à présent que les classes moyennes (qui se croyaient sorties d’affaire) sont replongées par l’hyper-libéralisme au-dessous de la ligne de flottaison et craignent, elles aussi, pour leur avenir.
Qui vivra verra, mais je crois toujours que le capitalisme est assis sur un volcan !
Hélène2


> Y a t il une place politique pour une politique social-democrate ?
23 septembre 2005 - 15h36 - Posté par

C’est une vision dépassée de la RF que tu as : le peuple ne s’est invité qu’avec l’accord de la parti la plus radicale de la Montagne suite aux nombreuses erreurs du roi , et on a vu les conséquences : 23 ans de guerre , la terreur , un régime corrompu et dictatorial pour finir en 1815 par un retour à la case départ .
L


> Le 29 mai allemand
22 septembre 2005 - 16h09

la "social-démocratie" est la béquille du Capital, et il n’y a pas que les "petits marquis" pour s’en servir ; ou est la différence entre Schroeder et DSK ou Rocard et même Hollande ??
près de 9 % pour "une vraie gauche" c’est loin d’être méprisable, ne peuvent juger ce score de "ridicule" que ceux qui restent chaudement assis dans leur fauteuil en criant tous les matins : révolution, révolution !!

Et si le PCF remontait à près de 9 % ? toujours ridicule ?

Un "détail" : je n’ai pas encore entendu le PS (tout courant confondu) s’ENGAGER sans équivoque pour la suppression de toute la merde des dernières années et un retour à une vraie politique de gauche...les mots, les mots : çà ne remplace pas le bifteack dans l’assiette !!

Arlequin



> Le 29 mai allemand
22 septembre 2005 - 17h23 - Posté par

Non, presque 9 % pour le Linkspartei, ce n’est pas rien, surtout dans les conditions médiatiques très défavorables. Pas de grands moyens, pratiquement pas d’affiches dans les rues (au moins à l’Ouest), pas de mobilisation spectaculaire à la base, sinon les meertings avec Oskar Lafontaine qui ont été de grands succès (l’info circulait donc quand même). Surtout les vraies questions politiques ont été posées, et dans les débats télévisés, quand les représentants du Linkspartei étaient présents, ça faisait mal. Et encore, le résultat immédiat comble nos espérances : aucun des deux grands partis néolibéraux n’a la majorité, ils ont aussi tous deux perdu par rapport aux précédentes consultations. Il sont proches tous deux de leurs plus mauvais scores. Ensemble, c’est extraordinare. C’est un échec pour Schröder qui espérait un chèque en blanc après la série d’échecs électoraux cinglants, c’est un échec pour la CDU qui pensait faire sa victoire sur le mécontentement général (et qui s’est faite piéger par les sondages).

Bien sûr vu de loin dans les chiffres ce n’est pas grand chose. Mais par rapport à ce cela représente dans la vie réelle, c’est énorme, et je dois dire que c’est un comme un rêve d’avoir vécu en france le 29 mai et en Allemagne le 18 septembre.

Helge


> Le 29 mai allemand
22 septembre 2005 - 17h46 - Posté par

un rêve , c’est bien cela ....
dans la réalité , en allemagne ce sera au mieux une grande coalition , sans la gauche
quant au TCE ,il n’y aura pas de plan B , mais bolkenstein on y aura droit .


> Le 29 mai allemand
22 septembre 2005 - 19h15 - Posté par

Notre ami dit :
un rêve , c’est bien cela ....
dans la réalité , en allemagne ce sera au mieux une grande coalition , sans la gauche
quant au TCE ,il n’y aura pas de plan B , mais bolkenstein on y aura droit .

Bolkenstein était dans le TCE et le TCE n’était qu’une tentative de version mieux construite et plus anti-democratique du verrou libéral imposé aux populations européennes ...

Bien sûr qu’il y a des tas de plans B , mais ils n’ont pas le poli anti-social, ultra-liberal du TCE et surtout il plonge dans la confusion une partie des droites et gauches européennes, ça c’est sûr.

Le fait que le TCE ait été rejeté rend plus illégitime l’orientation proposée dans la directive dite Bolkenstein. Elle ne l’annule pas c’est vrai, mais la victoire démocratique contre le TCE permet de meilleures conditions de résistance pour les populations européennes.

Il ne dépend que des gauches européennes qui se sont fourvoyées dans des politiques contre les populations européennes et ont soutenu un projet rétrograde de changer leur fusil d’épaule. Et de cesser d’accuser de "rêve" les orientations qui permettent un meilleur rapport de force en Europe pour la gauche.

En Allemagne, la gauche est majoritaire et le NON au TCE aurait très probablement été majoritaire comme le reconnaissaient plusieurs politiques allemands, tout autant que le NON a été majoritaire en France et aux Pays Bas (avec la majorité des gens de gauche) montrant ainsi que les conditions, dans la plupart des pays d’Europe, existent pour mettre un frein à l’ultra-liberalisme, réformer au profit de la majorité de la population, ....

Le PSD allemand comme le PS français, avec d’autres formations, peuvent se ré-orienter vers la réforme au profit de la majorité sociale, les forces existent pour le faire, elles sont majoritaires dans une série d’états européens.

Ces deux partis peuvent faire celà, mais apparemment pour l’instant, ils ne le veulent pas et peut-être ne le voudront jamais plus, rompant ainsi avec une grande partie de leur histoire.

C’est donc sur ceux-ci qu’il faut faire pression.

Pour ce qui est du score du Linkpartei c’est vrai que le score est insuffisant, mais c’est déjà bien dans cet état, un début.

Pour ce qui est de la France, le potentiel d’une force construite autour du Non de Gauche (hors courant Fabius) est beaucoup + important, très gros, apte à disputer la majorité dans le pays et sa réalisation ne dépendra que de la détermination des courants de cet espace à aller de l’avant... (Mais certainement pas d’une aptitude à rêver).

Copas


> Le 29 mai allemand
22 septembre 2005 - 20h11 - Posté par

En Allemagne le non au TCE l’aurait emporté mais il n’y a pas de traduction electorale de ce vote puisque les partis qui auraient appelé au oui (fpd , cdu, spd , verts ) ont fait 92 % des voix .


> Le 29 mai allemand
22 septembre 2005 - 20h59 - Posté par

Aller vers le pluralisme… 54 sièges pour sauver la démocratie au Bundestag !

La situation impromptue qui place la politique allemande dans d’haletantes tractations n’est pas due au hasard, c’est d’une part la résultante d’institutions qui prédisposent à faire parvenir – au sens démocratique du sujet – la plus grande quantité de formations politiques au pouvoir par ce jeu des coalitions qui nous paraît plus autobloquant (mais il peut l’être) qu’apte à dérouler des programmes d’envergure portée par des partis monolithiques qui, bien qu’ils atteignent les 30% ou 35%, n’en restent pas moins une majorité de partis minoritaires ne dépassant pas plus du tiers de la représentation électorale.

Non ! La constitution allemande appelle à plus d’exigences démocratiques en cherchant la coalition la plus élargie et ainsi la plus représentative du plus grand nombre de ces formations politiques existantes sur l’échiquier politique de la Westphalie à la porte de Brandebourg…
Schröder et Merkel en tête à tête absolu deviendraient les seuls décideurs des suites à donner à des politiques plus en retrait des progrès futurs avancés par la formation écologiste et un communisme que beaucoup estiment, à tort, relégué au musée de l’histoire politique de l’Europe… Et bien c’est faire preuve de totalitarisme, d’un insupportable apparatchiksme tatchérisé ; c’est le putschisme étatique conduit par deux formations (SPD et CDU) monolithiques engagées à ne concéder rien à personne, qui ne comptent que sur eux-mêmes pour finir par ne prendre en considération qu’un tiers – probablement payeur – d’une partie du pays.

Ce tiers de Schröder coalitionné à l’autre tiers de Merkel n’en ferait pas deux mais ne resterait qu’« un » et isolé, là où les solides bases démocratiques parlent toujours d’un fonctionnement à trois (Verts, Rouges, FDP ?) pour préciser à qui n’aurait pas compris l’urgence qu’il y aurait en Allemagne à configurer un gouvernement d’opposition afin d’éviter aux « Lander » de connaître une sorte de rouleau compresseur sensiblement identique à celui qui passe sur la France avec l’appellation UMP et des mesures qui se succèdent à la pelle mais qui génèrent les tôlées syndicales et les levées de boucliers a-postériori que l’on connais…

Aller vers le pluralisme ce n’est pas disposer d’un système démocratique avancé pour que des partis se fassent une concurrence déloyale dans le but d’éjecter et de supprimer ses opposants une fois franchie une barre « majoritaire » sujette à discussions et posant une nouvelle problématique des alliances au sortir de ces élections anticipées qui iraient même jusqu’à (préfèreraient même peut-être) voire une simplification de la démocratie au travers d’une entente Merkel / Schröder qui expulserait de facto toute autre alternative pluridisciplinaire puisque n’y seraient de la sorte ni associés les Verts, ni la FDP qui connaît également un méritoire rebond et encore moins la formation (coalition déjà existante faut-il le préciser ?) LinkParteil qui, quoi qu’il arrive est déjà le grand vainqueur de cette consultation électorale puisqu’avec leurs 54 sièges ils pourraient devenir un pôle d’attraction pour les indécis et un catalyseur dans l’hémicycle d’autant plus que c’est au sein de cette formation qu’on trouve les solutions à tous ces problèmes auxquels sont appelés à faire face les partis conservateurs aux issues droitières dont on connaît le panel apeurant étalé à longueur des colonnes des médias : chômage (évidemment), impôts (cela coûte) et une réforme de l’Etat à la clé n’en finissent pas d’ornementer la diatribe acharnée contre laquelle une réelle opposition propose un autre schéma de gestion et d’autres considérations sociales pour parvenir à un redressement effectif qui ne fait pas que sommer le produit des idéaux utopique avec d’irréalisables promesses…

Peindre cette démocratie en envisageant des alliances farfelues aux couleurs bigarrées qu’exigerait presque le verdict des urnes n’est pas qu’un pur infantilisme comme l’a qualifié Daniel Cohn-Bendit mais, et il l’a fort bien souligné, relève d’une société qui n’est pas culturellement formée et disposée à envisager ce genre de configuration qui apparaît, à tort et sous couvert de nombreux préjugés, comme étant quelque peu révolutionnaire… Non ! Il s’agirait plutôt de convaincre tout le monde que les pourcentages des électeurs ne sont pas destinés à supprimer des partis mais d’en solidifier quelque uns dans le but d’un fonctionnement élargi ou appelée « grande coalition » dont personne ne doit être laissé de côté…

Il faudrait qu’une autre issue sorte des tractations qu’ont entamé les représentants avec l’appui des médias pour envisager l’unique continuation des urnes qui estime en droit de faire fonctionner la seule alliance possible, à savoir, un Schröder un peu plus à droite et une Merkel qui ne sera jamais à gauche. Ces deux histrions politiques que sont devenus le SPD et la CDU ne doivent pas fermer la porte à la démocratie et aux conduites des marches, ou marges gouvernementales, aux trois tiers restants (Vert – Link – FDP) qui regroupent à eux trois le quart de l’électorat ; hormis les deux pointures mentionnées ci-dessus… Ce serait faire preuve de persévérance dans une abnégation du pouvoir dont les organes structurels appellent à plus d’unicité qui proviendrait non pas d’un monolithisme mais d’une ouverture aux forces représentatives de la démocratie qui font chuter à 35% uniquement les deux principales formations politiques qui perdent de leur splendeur et de leur prestige face à l’organisation pluridimensionnelle que pourrait constituer une coalition Verte – Rouge – FDP… si « culturellement » l’épicentre du parti FDP> semble plus disposé à retrancher la part de conservatisme dont la CDU n’a jamais réussi à s’extirper pour comprendre que les meilleurs alliances fonctionnelles ne peuvent, pour bien fonctionner, que s’unir à trois ! Une nation tripartite ! Ce que sont incapables de réaliser SPD et CDU réunis…

Ainsi, faire la démocratie comme le demande les urnes, consiste à demander aux deux représentants majoritaires - mais minoritaires aux regard de l’ensemble du pays – de faire farce de choux gras, de descendre de leur piédestal et d’ouvrir la porte aux idées qu’ils n’ont jamais compris…


> Le 29 mai allemand
22 septembre 2005 - 21h05 - Posté par

Quand la ou le politique se font universitaires ça permet parfois de parler la même langue


> Le 29 mai allemand
23 septembre 2005 - 00h31 - Posté par

Désolé, mais des phrases d’1km de long avec des mais,que, qui,si,etc. à n’en plus finir, cela rend la lecture indigeste et la compréhension difficile.


> Le 29 mai allemand
24 septembre 2005 - 08h30 - Posté par

en france , donc , le oui aurait du l’emporter , puisque la traduction politique de notre peuple a l’assemblée nationale et au senat etait à plus de 90 % pour le oui , cet argument montre simplement que voter une fois tous les cinq ans signe les limites de notre systeme democratique !


> Le 29 mai allemand
23 septembre 2005 - 01h55 - Posté par

Je vis en Allemagne. Ma famille a pris de plein fouet les réformes néolibérales du SPD et des Verts, ce n’est pas rien. Bien entendu, l’Allemagne n’est pas passée à gauche, bien entendu on peut toujours bla bla bla et gna gna gna. Il reste que ce vote est formidable pour l’avenir qu’il porte en lui. Oui, c’est un rêve, pour moi de troisième génération, qui commence à se réaliser. Oui, cela bouge, et c’est tellement certain, que ça bouge comme on ne l’imagine pas d’avance,
c’est cela qui est crédible. 54 députés de vraie gauche en Allemagne ce n’est pas la révolution, mais c’est inestimable, un appui inespéré pour les combats à venir. Oui ça bouge, il se passe des choses nouvelles à la base. Oui, il y a ceux et celles qui sont dans les marges et qui regardent les trains passer. Je n’imagine pas que les Verts ou que le SPD sont à gauche, ce n’est pas mon problème. Mon but n’est pas de convertir Schröder ou Fischer. S’ils restent des politicards de droite ce n’est pas mon échec. Ma victoire ce sont les presque 9 % du Linkspartei. C’est une grande victoire. En plus le but est atteint, ni la CDU ni le SPD n’ont la majorité. Mon voeu justement est qu’ils forment la nouvelle coalition. La CDU c’est la droite, ce n’est pas à démontrer. Il sera bon pour les victoires à venir que le SPD prouve de lui-même qu’il est aussi à droite, comme les Verts.

Lorsque les Verts on atteint 7% on a parlé d’une percée historique, d’une grande victoire pour eux (mais avec le Bundnis 90). Le Linkspartei perce, contre la calomnie de l’appareil médiatico-politique mobilisé, et atteint son but d’empêcher la majorité de la CDU ou du SPD, c’est un échec ?

Helge


> Le 29 mai allemand
23 septembre 2005 - 19h50 - Posté par

Lorsque les Verts on atteint 7% on a parlé d’une percée historique, d’une grande victoire pour eux (mais avec le Bundnis 90). Le Linkspartei perce, contre la calomnie de l’appareil médiatico-politique mobilisé, et atteint son but d’empêcher la majorité de la CDU ou du SPD, c’est un échec ?

Non une victoire !

Maintenant j’attends la suite avec curiosité ....
Pourquoi pas un gouvernement SPD-CDU-FDP avec des verts à l’exterieur se rapprochant du LinksPartei ?

Et que croirez-vous que feraient ceux qui, dans le SPD, sont à gauche avec un tel gouvernement ?
Nous ne sommes pas du tout dans la même situation que l’experience precedente qui avait secoué déjà fortement l’Allemagne . Il y a maintenant une autre force à gauche et le liberalisme a montré son échec à promouvoir la prospérité des populations.

Copas


> Le 29 mai allemand
26 septembre 2005 - 12h49

Moi je ne sais pas si les uns et les autres sont libéraux sociaux libertaires ou libertaire liberaux ou écolo libertaires ou je ne sais quoi en core je constate
1) qu’ils sont tous de la même génération.
2) qu’ils sont tous dans la politique depuis trés trés longtemps.
3) qu’ils ne parle tous que de théories économico-politiques réductrices de la réalité, alors qu’a l’heure actuelle l’accès de tous à tous les savoirs ne nécèssite plus une grille de lecture imposée par en haut.

Conclusion ce n’est ni un débat droite gauche ni un débat sociaux-libéraux, mais c’est aussi comme en France un problème générationnel, un problème de renouvellement du personnel politique. Les 35 heures et le partage de l’emploi en politique c’est pour quand ?
En 1980 François Mitterrand disait déjà :" Jamais le savoir n’a été autant diffusé, jamais le pouvoir n’a été aussi concentré"

Alors finalement tout cela ne serait-il pas un problème éthique. Un problème que nous entretenons chacun individuellement avec la politique et le pouvoir que nous percevons souvent comme une possibilité de dommination et non une charge temporaire de représentation de l’intèrêt publique.






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