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Deux idées de l’Italie


de : MASSIMO GIANNINI
jeudi 16 mars 2006 - 08h29 - Signaler aux modérateurs
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de MASSIMO GIANNINI traduit de l’italien par karl&rosa

Le "plan quinquennal de l’ennui", qui selon les chantres désinvoltes de Silvio Berlusconi devait démarrer hier soir à 21h, a fait sa première victime. C’est le Cavaliere lui-même, qui a tristement échoué dans son premier face-à-face télévisuel avec Romano Prodi. Cela devait être "une invitation à dîner avec les électeurs indécis", comme l’avait écrit hier le Financial Times, en interprétant les intentions du président du Conseil. Le souverain séduisant, optimiste et post-moderne, qui avait enchanté les Italiens en 1994 et en 2001 n’est arrivé à exprimer que l’exact contraire de ce que jadis lui aurait suggéré son meilleur super ego. Il est apparu comme ce qu’il est devenu aujourd’hui : non pas le "caïman généreux et auto ironique" chanté par Giulano Ferrara, mais un leader rancunier et aphasique, qui a épuisé tout ce qu’il avait à offrir de bon ou de mauvais.

Ce premier défi électoral, c’est Prodi qui l’a gagné . En partie à cause de ses mérites. Dans les limites du possible, le Professeur a essayé de transmettre à ceux qui l’écoutaient un message positif et surtout tourné vers l’avenir. Il a essayé de lancer des signaux d’espoir à un pays éreinté. Il a essayé de formuler des invitations à la cohésion à une Italie déçue qui, dans la féroce balkanisation politique de ces dernières années et dans le débat stérile entre théorie du programme et théorie du déclin de ces derniers jours, risque de s’égarer à jamais. Mais le Professeur a gagné surtout à cause des démérites du Cavaliere.

Dans la méthode, Berlusconi a démontré ce qu’on savait déjà. Encerclé dans un cadre de règles rigides et enfin codifiées, le premier ministre devient un animal blessé, qui se démène et n’arrive à communiquer que sa tension, son nervosisme et son intolérance.

Il a dépassé plusieurs fois les temps impartis à ses réponses, en essayent de prolonger au-delà des limites la séquelle rituelle de soi-disant "mérites" conquis sur le terrain par son gouvernement. Il a même gaspillé l’ultime possibilité offerte par le face-à-face pour dire quelque chose d’original et de constructif, c’est-à-dire les trois minutes de l’appel final aux électeurs. Plutôt que d’esquisser au moins un brin de proposition pour la prochaine législature, plutôt que de proposer deux idées ou même une autre promesse quelconque pour convaincre ces presque 10 millions d’indécis que cela vaut encore la peine de parier sur le rêve berlusconien, il a gaspillé ses secondes précieuses pour se plaindre du "format", pour répéter encore une fois le refrain rancunier contre l’égalité des chances dans le temps d’antenne et pour attaquer la "gauche" habituelle des vieux bolcheviks recyclés.

Orphelin de sa troupe d’interviewers complaisants et de metteurs en scène personnels, désarmé dans son radotage torrentiel par la course inexorable du chronomètre, le premier ministre a implosé, enveloppé et emprisonné par un canon qui pour lui n’est pas naturel et pour cela inacceptable. En dénaturant McLuhan, il a déchargé sur le média (le format télévisuel) l’insuffisance du message (sa proposition politique). Il est aussi possible que cette heure et demie de questions et de réponses rigidement contingentées, ces cadrages fixes froidement partagés aient nui au "spectacle".

Il est aussi possible qu’ici et là elles aient été effectivement "ennuyeuses". Mais s, pour une fois, la compétition politique italienne cesse d’être ce cirque médiatique pyrotechnique que nous avons connu ces dernières années, où le plus fort se balade à l’état sauvage sur toutes les vertes vallées de l’éther, le spectateur y perd peut-être quelque chose en émotion, mais il peut y gagner beaucoup en compréhension. Le "système américain de chez nous", comme certains détracteurs bleus l’ont défini, a fonctionné comme il se devait. Les 32 pages de règlement qui règlent depuis des décennies les débats télévisuels présidentiels aux Etats-Unis, détaillées au maximum, peuvent même apparaître surréalistes dans l’allègre et inconscient "Silvioland" où nous vivons depuis cinq ans.

Mais dans ces limites et dans ces contraintes, que les parties en compétition acceptent de s’auto imposer, il y a la fatigue et donc l’essence d’une démocratie libérale digne de cette définition. C’est pourquoi Berlusconi en souffre, lui qui est habitué à cet étrange régime libéral-télécratique qu’il a construit sur lui-même et qu’il a prescrit à la nation.

Dans le mérite, Berlusconi a répété ce qu’on craignait déjà. Des chiffres et de l’idéologie. L’habituel plat réchauffé de données non vérifiables sur toutes les merveilles que son gouvernement a servies au Pays. La rance lavasse habituelle d’accusations à la "gauche" et aux "communistes", évoqués jusqu’à l’obsession psychotique. Prodi a souffert quelques fentes sur Refondation et sur le "Bertinotti retrouvé", un conspirateur déloyal en ’98, un homme d’honneur en 2006. Mais sur différentes questions concrètes il a eu beau jeu sur le premier : de l’euro aux taxes, du conflit d’intérêts aux ouvrages publics, de la concertation au rôle des femmes.

La véritable limite du débat est que les deux leaders se sont beaucoup disputés sur le passé, en se renvoyant des accusations et des carences et discuté très peu de l’avenir. Comme l’a dit à juste titre Marco Follini, l’émission concernait la compétition dialectique entre l’Italie de 1996 et celle de 2001. Ce qui a manqué, c’ est l’Italie de 2006. Mais, même dans ce cas, on doit dire honnêtement que la responsabilité principale en revient au Cavaliere. Enfermé dans son château de cartes, Berlusconi se berce de pure virtualité factuelle. Dans sa biographie personnelle, il transfigure la vie d’une Italie qui n’existe pas. Il ne sait faire rien d’autre que parler de lui, de ce qu’il a fait pour le bien de l’Italie, qui est ingrate et ne le lui reconnaît pas. Ça aussi c’est une stratégie politique, empruntée aux républicains américains : pour battre l’adversaire, n’importe quel adversaire, il faut mettre en doute et miner l’idée même de "faits". Pour y arriver, il faut un système médiatique contrôlé et complaisant : comme l’écrit Alexander Stille dans son Citizen Berlusconi, la devise fondamentale du journalisme et du discours politique moderne est que "tu as le droit de tes opinions, mais pas de tes faits". Dans cette législature, le Cavaliere, exactement comme la droite de Bush, a créé ses propres faits. En laissant de côté la réalité.

Ainsi la méthode revient se souder au mérite. Plus le journalisme et le discours politique deviennent objectifs et aseptiques, plus le miracle berlusconien s’évapore. Et un peu de bon sens de Prodi redevient même utile, lui qui essaye au moins d’éviter le retour à la barbarie politico sociale qui a dominé ces dernières années. Deux différentes idées de l’Italie se confrontent et s’affrontent. Peut être quelque peu usées toutes les deux. Mais celle de Prodi a au moins un mérite : elle regarde vers le lendemain avec un peu d’espoir. Ce n’est pas beaucoup. Mais cela suffit, dans ce pays fatigué et démoralisé.

http://www.repubblica.it/2006/c/sez...



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