Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite, commenter l'article...

Le goût mélancolique du pluralisme : avec Bellaciao et Roberto Ferrario

de : Philippe Corcuff
jeudi 23 novembre 2006 - 06h25 - Signaler aux modérateurs
JPEG - 9.1 ko

Philippe Corcuff soutient Bellaciao... Merci Philippe. Soutenez Bellaciao en signant ici - un don ici

de Philippe Corcuff Universitaire, membre du Conseil Scientifique d’Attac, co-fondateur de l’Université Populaire de Lyon

"La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la "justice", mais parce que tout ce qu’il y a d’instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la "liberté" devient un privilège." Rosa Luxemburg, La Révolution russe, 1918.

La logique capitaliste de concentration des médias menace inexorablement le pluralisme d’analyses et d’opinions. Le libéralisme politique philosophiquement attaché, dans le sillage de John Locke et de Montesquieu, au double déploiement de la liberté d’expression et de contre-pouvoirs apparaît aujourd’hui menacé par le néolibéralisme économique, axé quant à lui sur la toute-puissance du marché.

Les idéologues libéraux, alors que le totalitarisme stalinien était encore vivace, semblaient avoir enraciné l’idée d’un lien nécessaire entre libéralisme politique et libéralisme économique. Des exemples comme le coup d’Etat chilien de 1973, en associant politiques économiques néolibérales et dictature militaire, nous informaient déjà de l’entourloupe. Aujourd’hui, dans nos "démocraties de marché », le décrochage entre pluralisme et marché est moins brutal, plus lent, mais fait progressivement son chemin sous l’apparence « technique » de « contraintes économiques" inéluctables. Heureusement, des mobilisations citoyennes peuvent parfois enrayer le processus (c’est le cas du beau sauvetage de Politis par ses lecteurs), des journalistes résister (comme ceux de l’hebdomadaire Lyon Capitale, entre décembre 2005 et mars 2006 : voir http://presse.libre.free.fr ), mais on est bien conduit à constater une dégradation globale.

Sur internet, de nouveaux espaces tentent alors de faire vivre les différences contre le poids de la « pensée unique » néolibérale. Bellaciao a su jouer, dans ce contexte, un des rôles les plus actifs, en relayant mobilisations sociales, expériences alternatives, pensées critiques. Certes, l’équipe du site, comme tout collectif éditorial, a des préférences, des sympathies et des antipathies. Mais dans les limites qu’elle s’est choisie, elle a su développer un espace pluraliste et contradictoire, antidote à toute tentation d’une anti-« pensée unique » unique. Pour ma part, j’ai pu tout aussi bien exprimer sur le site mes convergences critiques avec l’équipe vis-à-vis des thèses d’Antonio Negri que mes désaccords quant aux analyses des médias formulées par Noam Chomsky. Certains lecteurs du site auraient souhaité que je ne puisse pas exprimer les seconds, d’autres encore que je ne puisse plus exprimer du tout les « mauvaises pensées » (« pas dans la ligne ») de l’être « monstrueux », « vendu à tout », que je suis supposé être. Robert Ferrario et ses amis ont tenu bon. Contre les petits procureurs d’internet, adeptes de l’insulte ad hominem et des procès diabolisants, ils ont maintenu le cap de la diversité. Contre ceux qui voudraient voir réduite la critique sociale à la répétition continue de vulgates manichéennes, ils offrent aux citoyens critiques une polyphonie d’hétérodoxies. Car, comme l’énonçait Rosa Luxemburg en 1918 dans sa prison allemande, contre les mesures autoritaires de ses camarades russes Lénine et Trotsky, la possibilité du « penser autrement » est sociologiquement nécessaire pour que nos opinions individuelles ne s’ankylosent pas et que nos rêves collectifs ne se bureaucratisent pas.

Aujourd’hui, Roberto Ferrario est mis en examen et Bellaciao est mis en danger, à la demande des Chantiers Navals de Saint-Nazaire, parce qu’ils ont relayé une critique syndicale légitime, dont les délicates oreilles patronales n’ont pas apprécié les termes abrupts. L’outil pluraliste que représente Bellaciao pourrait ainsi disparaître. Le néolibéralisme économique s’attaque sans vergogne aux acquis du libéralisme politique. Le parti de l’Argent admet de moins en moins que l’on puisse penser autrement. On ne doit pas l’accepter : d’abord les altermondialistes et les sympathisants des gauches radicales, qui verraient leurs possibilités d’expression restreintes un peu plus, mais aussi tout ceux à gauche et même...à droite qui demeurent attachés à des principes qu’ils ne voudraient pas voir noyer dans le marché.

Un monde davantage pluriel est à inventer, contre le bulldozer du profit et sa tendance à homogénéiser nos sociétés, sous les apparences trompeuses d’une diversité simplement commerciale. Face aux reculs du présent, nous avons le goût mélancolique du pluralisme, mais une mélancolie ouverte sur la possibilité d’un avenir différent. Cela passe d’abord par la résistance.


Partager cet article :

Imprimer cet article




accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Facebook Twitter
DAZIBAO
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite
Mise à jour : réfugiés italiens sept sur dix sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Oreste Scalzone
* Sur les sept personnes arrêtées hier matin à l’aube, libérées de prison et remises en « caution » sous contrôle judiciaire : Roberta Cappelli, Narciso Manenti, Marina Petrella, Giorgio Pietrostefani, Sergio Tornaghi. ** Des deux Compagnons constitués ce matin, l’audience pour « statuer » sur la demande de libération de Luigi Bergamin a été fixée à 18 heures, et il est fort probable qu’elle ait eu le même résultat. Les « demandes » formulées par l’avocate Irène (...)
Lire la suite
On avance… Marina Petrella et Roberta Cappelli sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Dominique Grange
Nous fêtons ce soir une libération qui nous fait chaud au coeur à tou.te.s, celle de nos deux camarades MARINA PETRELLA et ROBERTA CAPPELLI qui sont désormais dehors, sous contrôle judiciaire ! Mais n’oublions pas les six autres toujours détenus... Continuons à nous mobiliser per liberare tutti...pour les libérer tous ! Rejoindre notre groupe FB tu es le bienvenu ✊ (...)
Lire la suite
LIBERARE TUTTI (audio)
mercredi 28 avril
de Dominique Grange
1 commentaire
A Roberta Capelli, Marina Petrella, Enzo Calvitti, Giovanni Almonti, Sergio Tornaghi, Narciso Manenti, Giorgio Pietrostefani. En 2003, j’ai écrit cette chanson "DROIT D’ASILE", suite à l’enlèvement d’un militant italien exilé en France, Paolo Persichetti, et à son extradition, puis son incarcération en Italie. Je l’ai ensuite dédiée à Cesare Battisti, alors emprisonné au Brésil, à Marina Petrella, arrêtée en 2007 et emprisonnée en France, en attente (...)
Lire la suite
REVIREMENT INQUIÉTANT DE LA FRANCE POUR LES RÉFUGIÉS ITALIENS
mercredi 28 avril
de La LDH
Communiqué LDH A l’inverse de ce que la présidence de la République soutient, la décision de François Mitterrand, exprimée lors du congrès de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) en 1985, de ne pas extrader les réfugiés italiens en France n’excluait aucun de ceux-ci. Il est regrettable qu’en violation de toute éthique le président de la République ait décidé de revenir sur les engagements de la République. S’en prendre à des femmes et des hommes qui vivent (...)
Lire la suite
Une trahison indicible de la France
mercredi 28 avril
de Collectif Bellaciao
3 commentaires
28 avril 2021 : 7 réfugiés politiques italiens arrêtés à Paris : Enzo Calvitti, Giovanni Alimonti, Roberta Cappelli, Marina Petrella, Sergio Tornaghi, Giorgio Pietrostefani, Narciso Manenti, trois recherchaient Luigi Bergamin, Maurizio Di Marzio et Raffaele Ventura. Tous accusés d’actes de terrorisme dans les années 70 et 80. Macron heureux : "Je résolu ce problème comme l’Italie le demande depuis des années" Draghi heureux : "Le gouvernement se déclare satisfait de la (...)
Lire la suite