Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

"Rôle et forme du débat" Questionnements sans joie d’un merle moqueur


de : Barbara Bouley
mardi 13 février 2007 - 22h45 - Signaler aux modérateurs
1 commentaire
JPEG - 22.6 ko

de Barbara Bouley metteurE en scène et dramaturge

Quelle lubie citoyenne a traversé hier mon esprit ?

Plutôt que d’allumer les bougies et d’inventer avec un compagnon charmant une soirée tendre et flamboyante, je me suis remise à croire à l’utilité des débats préélectoraux sur les questions de « Culture ».

Dans le 93, au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, trois cent trente personnes avaient répondu à l’invitation de la soirée intitulée : "THEATRE ET POLITIQUE".

Ce débat était organisé par le directeur et l’équipe du Centre Dramatique National en partenariat avec les états généraux de la culture et le soutien du Syndicat National des entreprises artistiques et culturelles.

Sur le grand plateau, un dispositif scénique assez simple : au centre, deux beaux fauteuils blancs dont celui de cour sera occupé en permanence par un critique dramatique.

Parenthèse : Si vous souhaitez consulter la liste des personnages qui vont successivement, dans mon récit, entrer et sortir par l’escalier central aménagé pour relier la salle à la scène vous pouvez téléphoner au théâtre de la commune (01 48 33 16 16). Je ne prends pas aujourd’hui le temps d’écrire mes impressions sur cette soirée pour faire l’analyse les contenus des paroles des uns et des autres…

Mon regard critique est ailleurs et je laisse le soin aux journalistes culturels de faire ce travail.

Derrière les fauteuils, un piano à queue dans le clair-obscur attend patiemment.

Un pianiste entrera vers minuit pour interpréter une « fantaisie » sur « Le temps des cerises ». Vous souvenez vous de cette chanson, écrite avant la Commune de Paris, et dédicacée par l’auteur, Jean Baptiste Clément à une infirmière morte lors d’une semaine sanglante ?

Seul, le pianiste avec les sonorités transformées de ce chant révolutionnaire d’espoir, a eu hier le pouvoir utile sur ma conscience : celui de l’invocation et des émotions.

Si « Au temps des cerises » de juin 2007, M. Sarkozy, avec le concours de la candidate oubliée (Alias la machine à voter) est autorisé à gouverner avec l’appui d’une assemblée d’élus, il nous faudra vite réapprendre ces chants de Résistance…

Passons et reprenons :

Sur la scène du Théâtre de la Commune, un halo de lumière chaude dessine les deux fauteuils. La salle elle aussi est éclairée…Cela semble logique : ce n’est pas à un spectacle auquel nous sommes conviés ce soir mais à un DEBAT.

C’est du moins l’intitulé du programme que l’on nous a remis à l’entrée et de l’invitation reçue : DEBAT : Quelle politique pour la création artistique en France ?

Des artistes s’adressent aux représentants de quelques candidats (Marie George Buffet, Ségolène Royal ,Dominique Voynet et José Bové ) pour les interroger sur l’importance qu’ils comptent accorder dans leur programme au développement de la création artistique et des structures nécessaires à son essor indispensable à la vie des citoyens.

Bien.

C’est cet l’intitulé… et l’énoncé « DEBAT » qui furent la raison de mon changement de programme et de mon déplacement en citoyenne attentive à ces questions si indispensables à nos vies…

Oh !!!Désir philanthropique quand tu nous tires hors des bras d’un bel amant…pour hors des ébats, débattre…qu’attends - tu de nous vraiment ?

Hélas ! Rien.

Car débat, hier, il n’y eut pas.

Humains curieux, nous étions rassemblés par des metteurs en scène, des artistes, des politiques, pour regarder tous dans la même direction, un SPECTACLE intitulé : DEBAT.

Ces détournements de sens épuisent vraiment et le corps et l’esprit…

Je songe aux caresses de mon amant.

J’aurais du hier ne pas quitter ces bras…vraiment.

Dans un rapport frontal, les organisateurs de THEATRE ET POLITIQUE tentaient de nous faire croire aux apaisantes vertus de la parole en assemblée, à la circulation des idées.

Mais, comme sur les plateaux de télévision, ici aussi, les spécialistes régnaient sur scène et un public muet ingurgitait leurs discours depuis la salle.

Une société engluée dans le spectacle.

Les découragements supplémentaires qu’engendrent ces soirées de débats avortés, m’obligent aujourd’hui à endosser le rôle du merle moqueur : Je l’assume.

De nature polymorphe, j’aime les transformations et ,après tout, le rôle du merle moqueur n’est pas plus triste à tenir que ceux interprétés par les personnages qui, hier, défilèrent sur scène tour à tour pour prendre place sur le fauteuil blanc en face du critique dramatique.

En effet, du point de vue subjectif du merle moqueur :

 Tristes, sans passion et sans fureur furent les artistes de cette soirée (choisi par le Directeur- maître de cérémonie) qui viendront lire ou dire combien l’art et la culture sont en danger, combien le rôle de l’art est subversif…Combien ils ont peur et combien aujourd’hui ils s’autocensurent par crainte que n’arrivent plus leurs subventions.

 Lugubre, le sociologue qui osa encore, dans un texte bien mâché et sous les applaudissements du public, jouer sur les stériles ficelles stylistiques de la dichotomie entre culture et divertissement.

 Tristes et en costumes sombres et cravates, les représentants politiques, qui viendront, dans leur introduction, nous rappeler que l’art doit être au cœur des programmes de ces élections, au cœur des projets de société pour une France en voie de transformation et que la culture est un des biens communs de l’humanité.

Dans le détail : Tantôt « vaguement philosophes » mais sans proposition (les Verts), tantôt « plutôt techniciens » avec une ébauche de programme (PCF), toujours très arrogants et sans l’ombre d’une vision poétique des autres mondes possibles (Altermondialistes), tantôt vides et translucides comme les deux technocrates PS qui, dans le rôle des annonceurs d’un pseudo programme culturel de Mme Royal, nous diront qu’un petit groupe d’individus vient de terminer un RAPPORT sur la culture qui sera prochainement rendu public…Quand ? Nous ne le saurons pas.

Artistes et politiques quittons nos rôles un instant SVP :

Un cœur qui bat est un cœur que l’on alimente non ?

Et le cœur des programmes de nos sociétés contemporaines et nous le savons tous, est celui à qui l’Etat donne le plus de moyens :

L’armée (plus les polices ; plus la sécurité intérieure, plus toutes les surveillances…)

Retour sur le point de vue subjectif du merle moqueur :

Involontairement tristes enfin les publics de cette soirée sans émotions… Involontairement triste, le démos désorienté qui ne semblait plus savoir ce que débattre veut dire. Un démos qui, nourri de léthargie, n’osa pas, lors d’un débat annoncé, prendre la parole.

Le merle moqueur a bien envie de hurler : Qu’est ce que raconte pour la démocratie d’aujourd’hui cette volonté récurrente (inconsciente peut-être, du moins je l’espère) de gommer la notion même de débat ?

Merle moqueur à Messieurs les organisateurs du débat « THEATRE ET POLITIQUE » d’hier :

Si, comme l’exprima cette femme retenue par vos soins pour incarner le rôle du public, « la culture doit concourir à élargir le champs de conscience », Alors…

Qu’entendons nous, artistes aujourd’hui par le mot DEBAT ?

Pourquoi être entré ,à votre tour, dans cette dangereuse habitude télévisuelle de dévitalisation du sens ?

Quelle dramaturgie a nourri les hommes et les femmes que vous avez invités à débattre sans nous ?

Vous qui pratiquez l’art de la scénographie, la forme frontale vous paraît-elle sincèrement la plus appropriée à la circulation des idées, des paroles ?

La discussion doit être organisée certes… mais si elle est totalement ficelée par les soin d’organisateurs qui ne souhaitent plus le surgissement de l’imprévu, de l’échange informel, peut-on encore la nommer débat ?

Le mot meeting ou actions de communication n’aurait-il pas été plus juste pour nommer ce qu’hier vous nous avez fabriqué ? Ah ! c’est certain, si vous aviez eu le courage de ces mots-là, je serais restée chez moi.

Messieurs les artistes-organisateurs de ce faux-débat, je lis sur votre programme et m’étonne : Les propos échangés durant cette soirée feront l’objet d’un document écrit qui sera remis aux différent(e)s candidat(e)s.

Demain, quelle synthèse oserez-vous faire de cette cérémonie sans échanges, de cette mascarade sans démos ?

Hier soir, j’ai eu la désagréable sensation que mon champs de conscience fut, par votre vision non-démocratique de la notion de débat , plutôt réduit.

Hier au Théâtre de la Commune, nous étions peu nombreux et je doute qu’en dedans de nous il y eu Athènes , ses agoras, ses houleux débats contradictoires et ses vivantes assemblées…

Quand les vents de cette triste bourrasque seront passés, j’aurai peut-être le courage de revenir par écrits sur les fondements de la démocratie des origines…

Un prochain débat « préélectoral » sur les questions de culture est d’ores et déjà annoncé : Le 1er mars à 19h au Cabaret Sauvage (Parc de la Villette) :

Marie- George Buffet invite les artistes à une rencontre-débat…

J’espère que les organisateurs de ce moment (qui nous fera, peut-être, par folle philanthropie et croyance en de beaux lendemains sur le chemin des arts sortir des bras d’un savoureux amant !) sauront renouer avec :

 Le sens politique

 La poésie et l’expression

 L’hospitalité chaleureuse des rencontres

En attendant, le merle moqueur qu’il m’a plu pour Vous, lecteurs et lectrices de Bellaciao, d’interpréter aujourd’hui, repart se poser sur une branche et commence un autre chant, avec en écho la voix du poète Eugène Guillevic : Poètes, inventeurs et porteurs de la joie tragique, inventeurs et porteurs de la joie sacrée, avant le temps des cerises de juin, nos avons à dire, à écrire, à exprimer...



Imprimer cet article


Commentaires de l'article
"Rôle et forme du débat" Questionnements sans joie d’un merle moqueur
14 février 2007 - 17h27

Le Merle, le Dissocié et le Réfugié
par Paolo Persichetti.

Francesco Merlo écrit pis que pendre des réfugiés abrités en France, dans « La Repubblica » du 18 Janvier 2007. Il les représente tels un cirque Barnum et, ainsi qu’en un registre de la Préfecture, en vient même à inventer une discussion imaginaire entre « sortants » et entristes » de la lutte armée. Mais il prend surtout à partie Oreste Scalzone, qui vient de voir, après trente ans, ses inculpations de crimes et délits prescrites.
Son propos est un minestrone de mots qui amoncellent couleurs, racontars, affabulations, gossip, préjugés. Fait là une façon de parler. L’argot inévitable de tout migrant qui a dû apprendre la nouvelle langue par nécessité. Mais ensuite, il ajoute que certains d’entre eux publient des livres, font de la recherche universitaire, ouvrent des librairies et des petits commerces, sans se rendre compte de la contradiction qu’il y aurait là. Il trouve aussi à redire sur le fait qu’ils ne s’habillent décidément pas chez Prada (façon de dire qu’il les trouve « mal fagottés » N.d.T.) et s’émerveille qu’on puisse ainsi camper 26 ans en survivant d’expédients, c’est-à-dire de précarité. Question intéressante que celle-là, qui devrait renvoyer aux chantiers bien de chez nous de la déréglementation du marché du travail.
Qui ne voit Paris que de ses fenêtres des Grands Boulevards (c’est le cas d’Enki Bilal, qui habite un 6° avec balcon : quelle bonne nouvelle ! N.d.T.) et gagne avec un seul article 4 fois l’équivalent en salaire d’un ouvrier et 8 fois celui d’un précaire en Call-Center (centre de télécommunications informatisées : opérateur de saisie bilingue/trilingue=6 euros/h !N.d.T.), est saisi par l’angoisse face à une telle prospective et appréhende les trottoirs de la ville, la chaleur nauséabonde de son réseau souterrain de voies ferrées (« Elle lui disait « Marcel… »/[ Il s’appelait Marcel,]« Fais-moi le métro…/ [Il lui faisait le métro] » in « Marcel » de Pierre Perret. N.d.T.), comme un piège mesquin et méchant.
Dante avait des mots assez amers pour évoquer l’exil : « Tu devras te défaire de toute chose qui t’aura été agréable […] Tu éprouveras combien est salé/ le pain des autres,et combien la route est dure / à descendre et à en sortir par les échelles des autres ».
Ce serait là ni plus ni moins le fait que chacun se livre à ses expériences, qu’il faut compter avec les diableries de la technologie, mais à Paris, il y a tant d’ascenseurs et d’échelles mobiles à profusion, et puis, c’est le beurre qui est salé, pas le pain ! En somme, si l’on vit cette ville sous l’angle des soupentes des quartiers populaires et multiethniques, cette dureté devient générosité, solidarité, complicité naturelle, entrelacs de vies qui déboulent de mille coins de la planète, chacune avec sa valise d’histoires (valise qui devient de plus en plus un kit de voyage uniforme pour « nulle part » - « c’est toujours la même histoire », avec des palettes de couleurs à découvrir de dessous les musiques des langues ! N.d.T.)
Scalzone, et d’autres comme lui, ont toujours mis tout ça au présent, sans nostalgie, sans regrets et en s’accommodant des branches qui se greffaient là-dessus, comme elles venaient.
Ce sera peut-être là une lointaine parentèle, mais les paroles de Merlo rappellent celles d’un journal publié à Paris sur les deniers de l’Ovra, la tristement célèbre police politique de Mussolini. Lequel journal était destiné à la dense communauté d’émigrants italiens et s’intitulait, comme par hasard, « Le Merle ». Sa raison d’être était la calomnie quotidienne des réfugiés antifascistes.
Immoral est le voyage tant qu’il s’y trouve des étrangers, écrivait autrefois Claudio Magris. Et les réfugiés ne l’ont jamais été. La nostalgie a été celle des autres, comme le raconte Milan Kundera, exilé lui aussi un moment. Nostos et Àlgos sont des mots grecs qui signifient « retour » et « souffrance ». La nostalgie est donc la tristesse que provoque l’impossibilité de revenir. Mais en d’autres langues, l’étymologie varie, et charrie du latin d’origine le sens d’ignorer. En ce cas, la nostalgie s’exprime comme « souffrance par l’ignorance » de ne pas savoir ce qu’il se passe loin de nous. Aussi Scalzone n’a-t-il pas eu le temps, tout au long de ces années, de regretter, ni d’ignorer quoi que ce soit, ainsi qu’Ulysse en l’alcôve de Calypso. Impliqué entre les milliers de rencontres et découvertes de toutes ces batailles de la nouvelle modernité liquide, comme l’appelle Zygmunt Bauman : migrants, sans domicile, jeunes de banlieues, précaires, alter mondialistes, grèves générales telle celle de 1995, pendant que chez lui faisaient étape musiciens, poètes, théâtreux et voyageurs, évadés et rescapés de magistratures, armées et polices du demi-monde, y compris quelque fasciste gravement esquinté et un démocrate-chrétien recherché. Il suffisait de présenter un mandat de capture comme sésame pour se faire ouvrir sa porte.
Les nostalgiques sont restés en Italie, certains parce qu’ils ont fait des années 70 l’objet de leur ressentiment acharné, tel Sergio Segio. Un de ceux qui se racontent fascinés par un destin inéluctable. « Il n’y a pas de salut possible pour qui a songé changer le monde », écrit-il dans un livre où il boucle une série impressionnante de citations maladroites détournées, s’inscrivant « au nombre des condamnés à la défaite, qui ne choisissent pas le chemin de l’exil, mais d’aller jusqu’au bout en payant ce qu’il faut au rêve maintenu envers et contre tout ». Conviction qui le mène à revendiquer une sorte d’éthique originelle : avoir commis d’abord une erreur juste et avoir dans la foulée refusé sur un mode plus juste encore la justesse de l’erreur passée. Preuve d’excellence absolue, qui justifierait son désir irrépressible d’accéder au statut de personne peu commune qui se disait un temps communiste.
Immergé dans la déclinaison d’un écoeurant scénario inspiré de d’Annunzio*, il se met lui-même en scène enfermé dans une atmosphère d’esthétisme combattant : « âme capable de tendresse », qui choisit « de mourir non pas en la lente hémorragie de la vie, mais de hâte**, sans réserve, ainsi qu’une chandelle allumée par les deux bouts, non pas de maladie du corps, mais par cette maladie de la cohérence, par une irrémédiable infection de l’âme ». Poète armé, nouveau Sturm und Drang***, rêveur impatient, adepte du carpe diem, il s’écrie : « Nos instants sont éternels et nous récompensent de tout ». Fleur flétrie plus que fleur du Mal, maudit raté plus que rédempté réussi, même si c’est avec des mots qui ont toujours un faible pour la culasse de calibre bien huilée et l’invariance de la poésie de geste, la métrique de l’intention qui conduit à une héroïque « Marche à la rencontre d’une belle mort »****. Celle des autres, évidemment. Une prose à mi-chemin entre l’imitation de Marinetti et celle du Vittoriale, sans nous épargner la joyeuse fin hollywoodienne qui condamne le funeste protagoniste à vivre enfin repenti et satisfait, et qui – pour emprunter à Jim Thompson dans son « Coup de poing » - ne peut pas faire moins, chaque matin, face au miroir de sa propre vie, que de cracher au visage de celui qui a été le crachat de celui qu’il est devenu.

L’expérience des réfugiés représente d’au-delà de ces vingt dernières années, une anticipation du possible, de ce qu’ aurait pu être le futur italien si avait été amorcée une solution politique aux années 70. Un démenti cuisant pour les entrepreneurs de la stratégie de tension et d’alerte, un exemple à proscrire avec une férocité qui atteste d’une incontinente rancœur pour qui, entre dissociés et repentis, ne perd pas une occasion de monter en chaire et de réciter le sermon autocritique des autres, en échange de splendides récompenses. À Gauche, comme à Droite, beaucoup singent le réformisme blairiste. Mais voilà que le Premier ministre anglais s’est sali les mains au contact du conflit irlandais, a négocié avec l’ I.R.A., a libéré tous les prisonniers politiques, y compris ceux convaincus de crimes de sang, et a stabilisé les étapes d’un processus politique qui a mené à la fin du conflit. En Italie, au contraire, une telle stratégie de décantation n’a inspiré que des libéralisations et des privatisations. Nous restons l’unique pays d’Europe dans lequel le cycle politique de la lutte armée ait été suspendu, voici vingt ans par un acte unilatéral de ses militants. Nous sommes les seuls à compter encore une centaine de réfugiés et prisonniers politiques désormais proches des trente ans passés en prison. Nous sommes les seuls à sélectionner les victimes : « oui » pour Calabresi, « non » pour Pinelli*****.
Voir dans ce retour de Scalzone l’énième occasion d’une possibilité de tourner la page ne serait-il peut-être pas plus utile et intelligent ?
Question superflue en un pays qui a enterré les faits sociaux des années 70 sous une pile de dossiers pénaux, cependant que les carnages, de ceux des nazis fascistes à ceux qui ont tenté d’arrêter les mouvements, demeurent impunis, sans éclairage véridique, enfermés dans une armoire dont les portes seraient tournées vers le mur. En Italie, les faits révolutionnaires passés ne peuvent accéder à l’Histoire. C’est pour cette raison que l’unique futur qui réussisse à pointer à l’horizon paraisse fardé de la couleur plombée de la Faute. Sélective, naturellement.

Traduit de l’Italien par Sedira Boudjemaa, artiste-peintre ;
Nîmes , le Mardi 13 Février 2007 ; 15 h 20.

Notes du traducteur :

*D’Annunzio et Marinetti : D’Annunzio, c’est le poète de la pompe aristocratique, néo-classique romantique italienne, qui va inspirer la grandeur patriotique des délires d’Empire mussoliniens ; Marinetti est un esthète, écrivain et « futuriste », qui sombrera dans la compromission avec le « monumentalisme » du fascisme mussolinien

** « Vivre vite » , film de fiction-couleur espagnol de Carlos Saura ( ?) des années 1983, tourné dans une grande banlieue de Saragosse, contant la fuite en avant de jeunes éléments des Grapo lumpenisés vers une trajectoire à la « Bonnie and Clyde »…

*** Sturm und Drang : littéralement, en Allemand, « Assaut/Tempête et Pression/ Étranglement/applatissement », mais pourrait aussi figurer « La Douceur et la Violence » à la base de toute inquisition policière pour obtenir des aveux.

**** « Choisir sa mort » est le thème récurrent du recrutement légionnaire emphatisé, magnifié et glorifié dans les pays occidentaux par les poncifs chrétiens comme fascistoïdes, depuis que ce sont constituées les armées modernes (par opposition aux recrutements + ou - mercenaires des soldats= qui acceptent de tuer et de risquer leurs vies en contrepartie d’une solde, en deniers, comme en ducats). Dans l’allégorie du « Légionnaire », on trouve un « bric-à-brac » qui va de la chanson pour « viandes saoûles » d’Edith Piaf, aux facétieuse saillies de feu le Géné-râle Bigeard sur « la Paix des Braves » visant à honorer le comportement tortionnaire de troupes rabaissées aux rôles mercenaires pourvues d’une « idéologie combattante », en échange d’une reconnaissance octroyée aux « maquisards sans uniformes » du titre de « combattants », afin de les soumettre, les duper, les faire craquer et parler, just’avant de les « liquider ». Dans un cas comme dans l’autre, l’idéologie « habille » de Destin une condition misérable de réprouvé-refoulé par un ordre social cynique, qui en fait un tueur patenté « au nom du Bien civilisateur ». Vieille histoire et vieille soupe de godillots éculés avec arôme de Sexe, Mort et Sang.

*****En 1970, Calabresi est un commissaire de police exécuté pour avoir commandité le meurtre d’un anarchiste italien, en le jetant par la fenêtre lors d’un interrogatoire, à Milan, suite à un attentat à la bombe meurtrier en gare de Bologne.
Pinelli sera convaincu sans preuve de cette exécution et condamné « pour l’exemple »…






Rencontre Macron/Gilets Jaunes ? Jérôme, éborgné, se confie !
vendredi 28 - 18h30
Un député de LREM mise à fond pour la réforme des retraites, et pour cause !
vendredi 28 - 18h15
Reportage : Quel cadre juridique pour la chirurgie esthétique dans les pays gouvernés par la gauche ou la droite
vendredi 28 - 10h55
de : Stella2
Du pain contaminé et des jeux, Boycott des JO radioactifs TOKYO 2020
vendredi 28 - 10h22
de : JY Peillard
La Bourse de Paris dévisse de 3,36% et ça continue ... !
vendredi 28 - 10h11
de : gutknecht
1 commentaire
Le Dow Jones perd près de 1.200 points, panique persistante autour du coronavirus
jeudi 27 - 23h20
de : nazairien
AVOCATS EN GRÈVE : LA RÉSISTANCE CONTINUE
jeudi 27 - 16h36
de : JO
LE VENIN DANS LA PLUME - Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République
jeudi 27 - 14h13
de : Ernest London
1 commentaire
Contre l’interdiction du parti communiste polonais
jeudi 27 - 09h23
de : jodez
2 commentaires
Suppression de tournées : La Poste invente le facteur qui traverse les murs
jeudi 27 - 07h58
Désencerclement : C’est l’heure de l’mettre !
jeudi 27 - 07h28
de : Hdm
Mme. Belloubet pressentie pour le Cour des Comptes ?
mercredi 26 - 11h22
de : joclaude
3 commentaires
Anti-racisme à gauche et signes religieux. (Fr - Deutsch)
mercredi 26 - 00h26
de : Christian DELARUE - Monique DEMARE
UN ESPACE INDÉFENDABLE - L’Aménagement urbain à l’heure sécuritaire
mardi 25 - 07h03
de : Ernest London
Élections, piège à cons ?
lundi 24 - 13h28
de : jean1
1 commentaire
A paris . 24 février 2020 : Les rendez-vous de Publico. ATTENTION (R)évolution permanente
lundi 24 - 12h18
de : jean1
2 commentaires
La Bourse de Paris s’affole face au coronavirus
lundi 24 - 10h55
de : nazairien
6 commentaires
Retraites : « avec le 31 mars, nous voulons refaire une très, très grosse journée »
lundi 24 - 09h12
2 commentaires
AGRIBASHING : COMMUNAUTARISME & AMALGAME
dimanche 23 - 21h44
de : Christian DELARUE
1 commentaire
No soy un hombre libre .
dimanche 23 - 16h07
de : L’iena rabbioso
1 commentaire
Gilets Jaunes : Éric Drouet évacué du Salon de l’Agriculture
samedi 22 - 11h49
2 commentaires
Ça branle dans le manche ! C’est l’heure de l’mettre
jeudi 20 - 06h14
de : Hdm
(video) Quand Castaner étale l’intimité d’Olivier Faure... pour défendre celle de Benjamin Griveaux
mercredi 19 - 17h48
de : Arnaud Benedetti
2 commentaires
DÉMOCRATIE - Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France
mardi 18 - 20h32
de : Ernest London
MICHEL DEBRONDE VIT EN NOUS
mardi 18 - 12h40
de : Nemo3637
Emission : Radio Manif – L’Hôpital saigne !
mardi 18 - 10h29
de : Emission Polémix et La Voix Off
Graeme Allwright est mort (video)
lundi 17 - 21h03
de : jean1
1 commentaire
La délation au service de la pédagogie !!! ???
lundi 17 - 20h55
de : Le moustique socratique
Tita Nzebi, chanteuse humaniste en concert le 28 mars
lundi 17 - 14h39
LE CAUCHEMAR DE DON QUICHOTTE - Sur l’impuissance de la jeunesse d’aujourd’hui
lundi 17 - 12h40
de : Ernest London
Grande Fête du livre de Noir et Rouge 22 février 2020
lundi 17 - 12h04
de : Frank
Boom de l’IA en France : 260 000 microtravailleurs à 21 € par mois en moyenne
lundi 17 - 08h08
Ce que signifie le retour de Lyssenko et pourquoi il faut le combattre !!!
dimanche 16 - 21h39
de : Lepotier
3 commentaires
BOLIVIE - L’enjeu des services privés de santé derrière l’expulsion des médecins cubains.
dimanche 16 - 12h22
de : allain graux
VENEZUELA : LES ETATS-UNIS ACCUSES DE CRIMES CONTRE L’HUMANITE DEVANT LA COUR PENALE INTERNATIONALE
dimanche 16 - 10h17
de : JO
Plaidoyer pour le Rojava - Réflexions d’un internationaliste sur les aléas d’une révolution - ed. Acratie
samedi 15 - 11h58
de : acrate
RETRAITES : le bracage à 72 milliards qu’aucun média n’a vu !
samedi 15 - 10h28
de : JO
3 commentaires
Le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans
vendredi 14 - 18h41
de : Mars
2 commentaires
Deal électoral entre Partis bourgeois traditionnels et l’Alternative für Deutschland/AfD fascisant : La crise politique à
vendredi 14 - 18h34
de : Ollaf
TOULOUSE : Actions Syndicales , la lutte continue ! Et même si Macron ne le veut pas !
vendredi 14 - 16h20
de : JO

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Rendez les choses aussi simples que possible, mais pas plus simples. Albert Einstein
Info Com-CGT
Facebook Twitter Google+
DAZIBAO
Projection-soutien aux grévistes "Soigne et tais-toi" Mardi 4 février à 19h30
jeudi 30 janvier
de Info’Com-CGT
2 commentaires
Pour soutenir les grévistes qui luttent actuellement contre la réforme des retraites, "Les rencontres Info’Com" organisent une soirée projection-soutien du film ’’Soigne et tais-toi". • Date : 4 février à 19h30 • Lieu : Salle Colonne au 94 bd Auguste-Blanqui 75013 Paris • Participation libre reversée à la Caisse de grève. "Les rencontres Info’Com" est un rendez-vous culturel organisé par le syndicat Info’Com-CGT. Son objectif est de vous (...)
Lire la suite
REMISE DE LA SOLIDARITÉ FINANCIÈRE À L’OPERA DE PARIS MARDI 31 DÉCEMBRE 14H
mardi 31 décembre
de Info’Com-CGT
6 commentaires
Donnez, partagez, investissez dans la lutte… c’est déterminant ! Faire un don en ligne https://www.lepotcommun.fr/pot/soli... #CaisseDeGreve : remise solidarité financière pour salariés de l’Opéra de Paris mardi 31 décembre 2019 à 14h, dernier jour de l’année en symbole de lutte artistique vs #reformesdesretraites de #macron. Participation 13h à l’AG et remise publique du chèque sur les marches de l’Opéra Bastille à (...)
Lire la suite
POUR DÉFENDRE MA RETRAITE ET CELLE DE MES ENFANTS, JE VERSE À LA CAISSE DE GRÈVE (VIDEOS)
vendredi 27 décembre
de Info’Com-CGT
https://www.lepotcommun.fr/pot/soli... Nous sommes des millions à être opposés à la réforme des retraites que veut imposer le gouvernement. Cette "réforme" a pour objectif de nous faire travailler encore plus longtemps et mettre en place une retraite à points qui baissera inéluctablement le montant nos futures pensions ! Ne laissons pas faire. Agissons ensemble en participant aux mobilisations ou en alimentant la caisse de grève afin d’aider celles et ceux qui sont en grève et se (...)
Lire la suite
FÊTE DE L’HUMANITÉ 2019
jeudi 12 septembre
de Info’Com-CGT
Cette année encore notre syndicat participera à la Fête de l’Humanité les 13, 14 et 15 septembre à La Courneuve. Cet événement est à la fois un moment de débats politiques, syndicaux et sociaux, mais également des moments de partages entre camarades. C’est pour notre syndicat une manifestation grâce à laquelle nous pouvons faire connaître les combats que nous portons, rencontrer des salarié.es de nos secteurs d’activité et d’autres, échanger et approfondir des (...)
Lire la suite
11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE (video)
mercredi 11 septembre
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Mes amis, C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, (...)
Lire la suite
(video) LE SYNDICALISTE GAËL QUIRANTE EN GARDE A VUE. RASSEMBLEMENT DES 12H30
lundi 17 juin
de Roberto Ferrario
2 commentaires
LE RASSEMBLEMENT POUR GAËL AURA LIEU AU COMMISSARIAT DU 15e 250 RUE DE VAUGIRARD (Métro Vaugirard) aujourd’hui lundi 17 juin dès 12h30 Venez nombreux et faites tourner !! "On était au siège de La Poste pour négocier, la police a débarqué en mode Shining, à la hâche. Ils accusent T3s GaelQuirante de dégradations : mais c’est eux qui ont démoli les portes !" Gaël Quirante a été emmené en GAV ce dimanche, à 6h. "On était à deux doigts de signer un accord après un an de grève. (...)
Lire la suite
Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
Lire la suite