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L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940


de : La Louve
lundi 22 octobre 2007 - 16h33 - Signaler aux modérateurs
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de Charles Tillon, Gradignan, 17 juin 1940

"Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France.

Ils ont tout trahi.

Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler , livrer le pays entier au fascisme.

Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.

Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.

Il est le nombre : uni, il sera la force.

 Pour l’arrestation immédiate des traîtres

 Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.

Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, UNISSEZ VOUS DANS L’ACTION !"

Source : F.T.P. Soldats sans uniformes.

http://assoc.orange.fr/memoiredegue...

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Dommage que certaines personnes au parti aient tellement honte de leur passé moscovite mal digéré qu’elles nous aient toutes et tous entraîné dans un déni qui empêche de défendre l’honneur des communistes et du PCF avec les bons outils.

Avant la rupture du pacte germano soviétique (au sujet duquel il faudrait quand mêm erétablir la vérité) , il y a eu ,dès mi 1940, des hommes comme Tillon, communiste dedans et dehors (sauf à faire du révisionnisme, ce qui est passible des tribunaux, et je crois qu’il ne faut pas héister).

Oui, il y a eu des résistante-s- communistes bien avant 41. Sinon, pourquoi le Parti aurait-il été interdit dès 1939 ? Pétain, Laval , Bousquet ne s’y étaient pas trompés.

Si on était moins empêtré dans cette mauvaise conscience, si les choses étaient plus claires, on n’hésiterait pas à citer cet appel du 17 juin.

Oui mais voilà, Tillon y parle de l’URSS. Et puis tillon "sent le souffre" , car c’est une victime des dysfonctionnement du PCf dans les années 50-60...

Donc, on tient tout sous silence pour le "grand public".

Moi, je n’ai pas honte.

Je l’ai déjà dit plusieurs fois.

Je n’aime pas Staline et je n’aurais jamais pu être stalinienne mais JE N’AI PAS HONTE. Je ne cautionne pas les pratiques de purge et de calomnies qui ont pu être celles , entre autre, (ca nous n’en avions pas l’apanage !) du PCF à une époque, mais je n’en ai pas honte non plus.

Je les considère comme faisant partie de notre histoire, ni plus ni moins.

Un héritage. Avec ses salières en argent, ses bijoux, et ses vieux pneus usés au fond du garage, ou les peintures sans valeur accrochées au mur du couloir....

Mon père pourrait avoir tué, en mon for intérieur, je le condamnerai peut être, mais il resterait mon père. Mon parti peut avoir failli, si j’y reste, c’est mon parti et nous en sommes tous et toutes responsables.

Notre honneur, ce n’est pas de faire que ce qui est arrivé n’ait pas existé, cela est impossible.

Notre honneur, c’ est de faire de toute cette fange et de toutes ces belles choses qui sont les nôtres, qui sont si douloureusement humaines ("humaines trop humaines" sans doute), un chemin pour l’émancipation de l’Homme et pour la liberté.

Et j’emmerde les Verts de Bagnolet, nos "camarades" de groupe, ces historiens de seconde zone qui ne veulent connaître que ce qui les arrangent, qui crachent dans la soupe après l’avoir mangée. (Elle était bonne la soupe quand on vous l’a servie avec un teirs de nos subventions ?)

Mais quand donc notre direction va t elle se réveiller et nous débarrasser de TOUS ces gens-là (Verts, Autain etc) qui nous salissent et nous insultent à la première occasion ?

On n’aura pas de groupe ? Et ALORS ?! Nous ne l’avons plus en réalité depuis un moment.

A quoi nous sert-il ?

Le champ de la Résistance a quitté le Palais Bourbon, réveillez-vous camarades ! Ca se passe ailleurs que dans vos chambres d’enregistrement moisies.

Oui, le PCF français a, pour des tas de raisons, bonnes et mauvaises, été proche de Staline et du PC de l’URSS. Mais il n’a pas été non plus son seul et plus fidèle larbin ni l’immonde qu’on décrit à plaisir. Et encore une fois sur cette époque, y aurait-il beaucoup à dire qui n’est toujours pas dit. Certes il y eut les goulags. Mais il y eut aussi Stalingrad. Combien de soldats soviétiques morts pendant cette seconde guerre mondiale ?

Et tiens, les héritiers des socialistes n’ont ils pas laissé crever les Espagnols dans des camps ? Voté les pleins pouvoirs à Pétain ? N’ont ils pas été pour l’Algérie Française ?Et qui le leur rappelle ? Qui n’a pas de "casserole" aux fesses ?! Les catholiques, qui ont été de grands massacreurs de toutes sortes pendant des siècles ? Les américains, libérateurs, peut être, mais aussi, génocideurs honteux du peuple indien ? Les anglais, libérateurs aussi, mais colonialistes jusqu’au la moelle ?

Et j’en passe et des meilleures.

L’essentiel ce n’est pas de se cacher de ses erreurs ni de les "expier" mais de simplement les reconnaître et de les assumer pour AVANCER et ne plus les recommencer.

Je comprends la référence dans ce texte de Tillon, elle ne me choque pas, même si on peut en gloser à l’infini.

En revanche, j’aime son texte, j’aime profondément son message ,j’aime qu’il l’ait prononcé devant une poignée de camarades sur les hauteurs de Gradignan, EN FRANCE, avant que De Gaulle ne lance le sien le 18 juin, de Londres, (mais... malheur aux vaincus !)

J’aime son idée de la Résistance dans l’Action. J’aime sa pratique permanente de la Résistance. J’aime bien l’homme aussi, avec ses défauts également.

Charles Tillon, peut être plus encore que le jeune Guy Môquet à qui on a rendu hommage aujourd’hui, c’est l’honneur du PCF.

Tillon, fondateur du Mouvement pour la Paix, exclu à deux reprises du PCF dont la dernière fois pour avoir critiqué, justement, le fonctionnement "stalinien" du PCF et l’invasion de la Tchécoslovaquie.

Tillon, "l’anti-apparatchik" : justice soit faite à sa mémoire.

Honte aux Verts et hommage au camarade Tllon, enfin, et à toutes les camarades et tous les camarades qui l’ont suivi, devancé, précédé, sur le chemin de la résistance et de la clandestinité pour libérer la France.

(N’attendons pas que Sarkozy nous le vole pour le redécouvrir !)

La Louve

http://charlestillon.free.fr/index.html

PS : Et pour information chers "amis " Verts, il n’est pas si sûr que dans "1984", Orwell , proches des idées communistes, anti impérialiste notoire, fasse une critique du communisme, ni même du stalinisme d’ailleurs - du totalitarisme oui sans doute. Mais on murmure que c’est une critique du totalitarisme CAPITALISTE qu’Orwell a réalisée là. Chacun voit midi à sa porte donc...



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Commentaires de l'article
L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 16h58

Ouest-France du 9/10 mars 2002-08-30

La veuve de Charles Tillon vient d’écrire un exceptionnel livre de mémoires.

L’héroïque liberté de Raymonde Tillon

« J’écris ton nom Liberté » Ce vers d’Eluard est le titre du livre que vient d’écrire Raymonde Tillon, l’épouse de l’ancien chef de la résistance communiste et de l’ancien ministre de De Gaulle. Charles Tillon (1897-1993) Mme Tillon qui est revenue vivre à Rennes où son mari est né, propose un exeptionnel témoignage.

La perte de ses parents à l’âge de 4 ans, la déportation à Ravensbruck, l’exclusion du PCF au plus fort du stalinisme d’après-guerre ; la vie de Raymonde Tillon a été marquée par les épreuves. Ce destin exceptionnel forgé dans la douleur mais riche de grandes joies, Mme Tillon le raconte dans un livre autobiographique.

Femme et « fidèle secrétaire » de Charles Tillon, cette grande figure historique née du côté des Lices en 1897, Raymonde a pris à son tour la plume pour « évoquer sept décennies de luttes et d’espoir » en dénonçant d’entrée de jeu « le stalinisme à la française qui a bien existé » Engagée très jeune dans les jeunesses communistes puis au sein du PCF, Raymonde Tillon s’est mobilisée sur le front syndical (CGT) entre les deux guerres, au temps du Front Populaire.

Avec son premier mari, Charles Nédellec (1907-1944) elle ne ménage pas son énergie au service de la cause ouvrière. Mais la seconde guerre mondiale la met rudement à l’épreuve. Déportée à Ravensbruck en avril 1944, Raymonde Tillon réussit à s’extirper de l’horreur en mai 1945. « Quand je suis arrivée à Paris, pesant à peine 35 Kg, j’ai appris le décès de mon mari, mort d’épuisement dans la résistance »

« Fraternité brisée »

Raymonde Tillon met au lendemain de sa libération, son idéal communiste au service des institutions. Vivant à Marseille, elle devient conseillère générale, puis députée de la Constituante avant d’entrer à l’Assemblée nationale ou elle fait la connaissance d’un certain d’un certain Charles Tillon, Député PCF d’Aubervilliers, ancien mutin de la Mer noire, chef de la Résistance communiste FTP et ministre de De Gaulle de 1944 à 1947. Ils unissent leur destin familial (deux enfants naîtront de leur union, qui s’ajoutent aux deux garçons de Charles, lui aussi veuf) et vont faire face ensemble à l’écroulement de leur idéal communiste au début des années 50.

Le stalinisme fait des ravages. Ils se démarquent des positions du PCF « qu’ils ne comprennent pas » C’est l’époque des « Procès de Moscou à Paris », titre d’un des livres de Charles Tillon. « Le Parti nous en a fait voir, mais nous avons résisté »Le couple Tillon s’exile en Provence. La Fraternité est brisée. « Pour avoir protesté contre l’invasion soviétique en Tchéchoslovaquie, Charles Tillon est finalement exclu du PCF en 1970. Les enfants ayant grandi, les Tillon reviennent vivre au Pays (à la Bouexière) avant de repartir pour Marseille où le géant Charles Tillon s’éteint le 13 janvier 1993.

Raymonde Tillon a choisi en juillet dernier de revenir vivre « là où Charles est né » . Le rapatriement des cendres de son époux est en préparation. Aujourd’hui, Raymonde Tillon est soulagée d’avoir dit « ce qu’elle avait à dire » Mais foin de nostalgie, Raymonde Tillon fait « une confiance extraordianire à la jeunesse »

« J’écris ton nom Liberté », de Raymonde Tillon aux éditions du Félin, collection

Résistance-Liberté-Mémoire, 212 pages, 19,50 €. Préface de Germaine Tillon, Postface de Charles Louis Foulon.

Le moustique socratique



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 17h00

Déclaration d’Eric BERROCHE. adjoint au Maire de la ville de Rennes, Président du Groupe Communiste

LA MODERNITE D’UN ENGAGEMENT

Rennais au destin national, Charles Tillon a joué un très grand rôle dans les luttes émancipatrices qui ont traversé le XX ème siècle " Mutin de la Mer Noire ", il a refusé avec ses camarades de se dresser contre la jeune Révolution bolchevique. Après sa détention dans un bagne marocain, il a participé activement aux luttes revendicatives en Bretagne et il est rapidement devenu secrétaire de la C.G.T.U. en Ille-et-Vilaine.

Mais on se souvient aussi de Charles Tillon dans sa lutte contre le fascisme qui allait s’abattre sur l’Europe : dès 1938, au côté des Républicains espagnols puis dans la Résistance française où il a été le fondateur des Francs-tireurs et partisans français.

A la Libération, il devient Député, ministre de l’Air puis de l’Armement et président de l’Association nationale des anciens combattants et résistants.

Ce Rennais, ce démocrate était un grand homme. Ses combats pour la justice, la paix et la liberté demeurent d’une criante actualité dans un monde qui reste menacé par les totalitarismes.

Lorsque le capitalisme, les multinationales imposent leurs règles injustes, souvent inhumaines aux individus et aux peuples ; lorsque la haine, la xénophobie et le rejet de l’autre se qualifient pour le second tour de l’élection présidentielle, on mesure la modernité des idées auxquelles Charles Tillon a consacré sa vie.

Ce sont ces mêmes idées qui ont motivé l’engagement politique de Charles Tillon, au parti communiste dans lequel il a joué un rôle important. Ami de Louise Bodin et adhérent du PCF dès 1921, il en devient l’un des dirigeants en entrant au Comité central en 1932, puis au Bureau politique au lendemain de la guerre. Mais l’histoire retient surtout comment Charles Tillon a été, de la façon la plus injuste qui soit, mis à l’écart du parti communiste. Avec tant d’autres femmes et d’hommes de valeur et de courage, Charles Tillon fut victime des conceptions staliniennes qui ont longtemps marqué les projets et le fonctionnement même du parti communiste français.

C’est avec lucidité que les communistes regardent en face leur histoire. Notre choix pour un communisme du XXI éme siècle est un choix qui place l’homme au centre de la société. Dans une période difficile, nous devons redoubler d’effort pour imaginer un projet communiste moderne, ouvert, dynamique et proche des aspirations de nos concitoyens. Ce choix d’un communisme nouveau nous engage pour l’avenir, il nous incite à assumer pleinement les erreurs du passé.

A l’occasion du transfert du corps de Charles Tillon au cimetière de l’Est, à Rennes, je voudrais redire aujourd’hui, à ceux qui en ont été victimes, à leurs proches, que nous condamnons sans appel les comportements qui leur ont fait tant de mal. J’ai en même temps pleinement conscience qu’aucune parole, aucun acte ne pourra effacer l’injustice et réparer les souffrances.

Je veux dire tout à fait solennellement toute la reconnaissance et le respect que nous avons pour Charles Tillon, infatigable militant de la libération humaine, des idéaux de justice, de solidarité et de démocratie.

Le moustique socratique



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 17h19 - Posté par

Cher_e Moustique Socratique
propos de la citation du discours d’Eric Berroche, je crains que nous nous soyons mal compris ;-) pour moi le discours nécessaire sur le stalinisme ne saurait se résumer à un mea culpa (ce qui est le cas ici). C’est bien, mais ce n’est pas dans un hommage ou une oraison funèbre que l’on va régler cette question en balayant le sujet en deux ou trois lignes.... D’autant qu’à mon humble avis, le stalinisme du PCF et le stalinisme en URSS c’était bien 2 choses TRES différentes... donc....A bon entendeur !
La Louve


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 21h05 - Posté par

l’exposé, à lui seul, justifierai la nécessité de "Bellaciao", mais nous pourrions apporter toute les preuves du monde, toutes les explications : l’anticommunisme c’est comme le racisme, bête idiot et méchant ! c’est un avatar des "exploiteurs" une mine contre la solidarité et l’égalité, le respect des uns et des autres.

Certains crachats volent si bas qu’ils retombent sur ceux qui les émettent, j’ai rarement le sentiment du mépris mais quelquefois j’avoue...

Roger de ANDRADE de Pluvigner en Morbihan


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 17h18

CHARLES TILLON

Cette page est constituée d’extaits du livre "La Direction du PCF dans la Clandestinité (1941-44)"

La grande guerre (1914-18) et la démobilisation

Charles Tillon était Breton. Métallurgiste, comme Benoît Frachon, mais de quatre ans plus jeune, d’une famille sans doute un peu plus aisée que celles de ses futurs camarades, on ne lui connaît pas d’engagement politique précis dans sa prime jeunesse. Mobilisé en 1916, une stratégie pour échapper à l’enfer de Verdun le pousse à s’engager pour cinq ans dans la marine. C’est à bord du croiseur "Guichen", au sein d’un petit groupe d’une demi-douzaine de marins mécaniciens, que va s’éveiller la conscience politique de Charles. A défaut de baptême du feu, il y fera ses premières armes de syndicaliste en obtenant la participation de délégués de l’équipage à l’achat de vivres.

A bord du Guichen, en Méditerranée, la petite équipe de machinistes politisés avait souscrit un abonnement collectif à l’Humanité, le journal de la SFIO. Six mois après l’armistice, salué par des débordements de joie, le Guichen croisait toujours au large de la Grèce, et l’atmosphère était explosive à bord, où les marins supportaient de plus en plus mal l’éloignement de leurs foyers. Pour les mêmes raisons, des mutineries avaient éclaté en mer Noire où croisaient des bâtiments français, intervenant contre la jeune révolution russe. Les marins du Guichen crurent qu’ils allaient appareiller vers la mer Noire, et Charles, qui n’avait pas 22 ans, prit la tête d’une mutinerie, rapidement matée.

Le congrès de Tours et les débuts du PCF

A Rennes, Charles était en contact avec une militante du parti communiste, Louise Bodin , qui lui apprend que le Congrès de Tours a décidé d’inscrire d’office tous les anciens de la mer Noire. Auparavant, il avait dû endurer pendant un an les terribles conditions du bagne militaire et failli laisser sa peau à Dar Bel Hamri au Maroc. Il lui faudra près d’un an de convalescence avant de pouvoir travailler. C’est sans doute de ce séjour au bagne qu’il tirera toute la hargne de sa vie de militant. Agitateur patenté dans toutes les usines où il peut se faire embaucher et d’où il se fait vite licencier, il est élu secrétaire de l’union départementale CGTU et devient permanent syndical en 1924.

Par comparaison avec Duclos et Frachon, les responsabilités que Charles Tillon exerce au Parti sont plus modestes ; en 1929, il accédera au rang de secrétaire régional. Mais l’essentiel de son activité reste sur le terrain syndical, avec des conflits sociaux souvent très durs, comme la grève des ouvriers des conserveries, les "Pen-sardines", à Douarnenez, en 1924. Il aura droit, lui aussi, à un certain nombre de condamnations qui frappaient immanquablement les meneurs de grèves. Jusqu’en 1930, Charles reste en Bretagne, toujours responsable syndicaliste dans les milieux de la pêche et de la marine marchande ; on lui confiera ensuite le secrétariat de la Fédération CGTU de la céramique et de la chimie.

Les années 30 et le front populaire

En 1931, Charles Tillon, membre du bureau confédéral de la CGTU, effectue son premier et d’ailleurs unique voyage à Moscou. Il y sera reçu par les dirigeants de l’Internationale, Manouïlsky et Piatnisky. Interrogé avec ses camarades sur la situation au sein du PCF, Tillon fut impressionné par la qualité d’écoute de ces vieux bolcheviques.

Le travail syndical quotidien de la Fédération de la Chimie et de la céramique conduisit Tillon à Limoges où il rencontra Colette, une ouvrière dont il eut un fils Claude. Colette suit Charles à Paris, mais le bébé reste en nourrice à Limoges, car les conditions de vie d’un militant ne laissent guère de temps pour l’éducation d’un enfant. Les chassés croisés entre la direction du parti et la CGTU sont fréquents : Frachon, responsable des questions syndicales à la direction du Parti est reversé au secrétariat de la CGTU, et Tillon prend un peu de galon au Parti. Il est intégré au Bureau Politique comme suppléant. Thorez lui fait comprendre qu’il aurait été préférable d’être passé par les écoles de cadres du parti, mais la ligne du moment consiste à faire grimper des militants considérés comme "proches de la base." Tillon reste en effet un militant toujours combatif, encore gratifié, en 1934, de 15 jours d’internement avec sursis pour "outrage et rébellion à agents de la force publique." On lui confie le secteur des chômeurs, de plus en plus nombreux en France, puis, la réorganisation du syndicat des dockers.

Dans la Chambre du Front Populaire, Tillon est député d’Aubervilliers. Il est toujours membre du Comité Central, mais il n’est plus suppléant au Bureau Politique. C’est un tournant dans sa vie, car ses mandats politiques lui interdisent de garder des responsabilités à la CGT.

La guerre d’Espagne

Charles Tillon sera également impliqué dans la guerre d’Espagne, non pas dans le cadre des brigades internationales, mais dans la phase finale de la guerre. En mars 39, il est désigné pour faire partie d’une délégation internationale chargée de récupérer des rescapés de l’armée républicaine. Cette opération fut à vrai dire un fiasco. Acculé à Alicante avec des réfugiés, attendant en vain qu’un navire ami puisse forcer le blocus des phalangistes, finalement aux mains des franquistes, dans l’impossibilité de négocier quelque évacuation que ce soit, Tillon dut sa propre évacuation au nouvel ambassadeur de la France auprès de Franco, un maréchal de France, Philippe Pétain.

1939 : Tillon envoyé à Bordeaux

En raison de son age, Tillon n’est pas mobilisé en Septembre 1939. Après la dissolution du 26 Septembre, sauver le parti, voilà la tâche qui rassemble tous les dirigeants et tous les militants fidèles. "Personnellement, écrit Charles Tillon dans ses mémoires, aussi blessé que je fusse par la cuisine secrète de Staline et le sort qu’il nous infligeait, ignorant des marchandages du pacte, je jugeais que pour préserver l’avenir, il fallait sauver l’appareil clandestin afin que le PC survive... Le devoir, c’était d’abord de sauver pour un autre avenir le legs de ces vingt dernières années de combats, faites de succès, de défaites, de folies parfois, mais de foi et d’esprit de sacrifice par en bas toujours." Fin septembre, Tillon a perdu le contact à la fois avec Duclos et Frachon. Il en profite pour régler ses histoires de famille. Avec une voiture et un chauffeur du parti, il descend à Limoges chercher Colette et son fils Claude. Il case le fils à Rennes, chez ses parents et remonte à Paris assumer comme il peut les responsabilités qui sont encore les siennes sur le Nord de l’agglomération parisienne. Fin octobre, il retrouve le contact avec Frachon qui le fait passer en réserve, dans la clandestinité totale. Il se morfond de planque en planque, chambre de bonne dans le 8ème arrondissement, ou recoin dans l’appartement de la famille nombreuse d’un instituteur, fait semblant d’être utile en dépouillant la presse et rédigeant des notes économiques. Colette est restée à Aubervilliers, traînant dans ses déplacements des policiers attachés à ses basques. Elle arrive à les décrocher pour apporter à son Charles sa boite de peinture. Et puis, un jour, vers le mois de décembre, Georgette Cadras vient le chercher pour l’emmener à Frachon. Les deux hommes se connaissent bien, s’estiment, mais leur rencontre reste lugubre, nulle lueur ne vient éclairer le ciel de leurs espoirs "Pourvu, disait Benoît, que ’l’oncle Joseph’ se renforce sur son sixième de globe." Le sixième de globe était une périphrase très en vogue chez les communistes pour désigner l’URSS. A l’issue de cet entretien, Tillon partira à Bordeaux, responsable d’un secteur d’une douzaine de départements tombés encore plus bas que la région parisienne.

1940, Responsable de la région de Bordeaux

Charles Tillon retrouve Colette à la gare de Bordeaux. En Gironde, il ne reste plus qu’un seul responsable en poste, tous les fils sont à renouer. Charles s’établit dans un pavillon à Arcachon, se faisant passer pour un peintre parisien qui a peur des alertes. Il se rend à Bordeaux deux fois par semaine. Germaine Beyer , sa belle soeur, le rejoint à Bordeaux et devient son agent de liaison. Avec une demi-douzaine d’autres jeunes militantes, elle renoue le contact avec tous les départements du secteur. Une imprimerie est créée pour la diffusion de l’Humanité clandestine. C’est à cette époque que Charles s’attache le service des Covelet . Pas question pour Victor, 58 ans, 107 Kilos, ouvrier tourneur, communiste depuis le congrès de Tours, de révéler à ses camarades ses nouvelles fonctions. Il doit au contraire annoncer qu’il est trop vieux, qu’il raccroche, qu’il doit penser à sa famille. Les Tillon et les Covelet louent une maison ensemble, près de Bordeaux, au Bouscat. Marguerite Covelet veille sur la sécurité. De dix-huit ans plus jeune que son mari, mais déjà grisonnante, vive et fine, raconte Tillon, femme de tête. On fabrique donc à Bordeaux une édition régionale de l’Humanité. Tillon raconte qu’il censure, les Bordelais ne sauront rien des textes de l’IC qui exaltent "l’amitié des peuples d’Allemagne et de l’URSS cimentée par le sang..."

Au moment de la débacle, Tillon, qui, comme tous les responsables régionaux, avait perdu le contact avec la direction de Paris (Frachon) reçoit la visite de Mounette Dutilleul qui avait fait la jonction à Bordeaux avec Danielle Casanova (vers le 18 Juin). Les deux femmes qui viennent de quitter Frachon remettent à Tillon la somme de 80000F et le testament de "l’oncle" Frachon : en cas de pépin, il devrait assumer la direction du Parti.

L’occupation

Le 15 juin, le jour où les Allemands entraient dans Paris, Bordeaux avait été l’ultime refuge du gouvernement de Paul Reynaud . Le lendemain, Paul Reynaud cédait la place à Pétain. le 17 juin au matin, alors que les Allemands foncent sur la ville, De Gaulle, secrétaire d’état à la guerre dans le cabinet de Paul Reynaud, parvient à quitter Bordeaux et à s’envoler pour Londres . Ce même 17 juin, à 12H30 Charles Tillon, dans un ancien moulin de Gradignan, une planque qu’il occupait depuis une dizaine de jours, écoute le message radio-diffusé du nouveau chef d’état "C’est le coeur serré que je vous dit aujourd’hui qu’il faut cesser le combat". Charles remonte à l’étage pour rédiger un tract intitulé "Peuple de France" et dont la diffusion, nous dit-il, commence le soir même.

"Ils avaient livré à Hitler et à Mussolini l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie. Et maintenant, ils livrent la France, ils ont tout trahi.

Après avoir livré les armées du Nord et de l’est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler , livrer le pays tout entier au fascisme. Mais le peuple Français ne veut pas de l’esclavage, de la misère et du fascisme, pas plus qu’il n’a voulu la guerre des capitalistes. Il est le nombre, uni, il sera la force.

Pour l’arrestation immédiate des traîtres

Pour un gouvernement populaire, libérant les travailleurs, rétablissant la légalité du Parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.

Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les armes, unissez-vous dans l’action."

Le premier contact entre Tillon et un envoyé de Tréand eut lieu au début du mois de septembre dans les vignes de Saint-Emilion. Beyer , le beau-frère, est également présent à la rencontre. Roques, un ancien mineur, vint demander qu’on lui remette la liste des principaux dirigeants de la région et des planques utilisées pour le matériel. L’irascible Charles se fâcha tout rouge et refusa de communiquer les informations demandées. Il avait déjà mis en œuvre dans sa région des mesures de cloisonnement dont la nécessité s’imposera ultérieurement au Parti clandestin.

Octobre 40 : De retour à Paris

L’incartade ne fit pas obstacle à l’avancement de Tillon. En octobre, convoqué à Paris par Frachon, il se vit proposer une entrée au secrétariat. Au même moment, la police de Vichy rentrait en guerre ouverte contre les communistes en arrêtant tous les militants qui s’étaient découverts en suivant les consignes de leur direction. La politique de légalisation avait viré au fiasco le plus total. La promotion de Tillon résultait à la fois d’un parcours sans faute et de la confiance de "l’Oncle" Frachon qui l’ayant bien connu à la CGTU, voyait en lui l’homme des coups durs et des situations difficiles.

Dans un article que Frachon écrivit pour l’Humanité en 1970, il affirme qu’il avait fait remonter Tillon de Bordeaux pour s’occuper de la lutte armée "C’est vers octobre-novembre 1940 qu’en secrétariat de parti, nous décidâmes d’entreprendre l’organisation systématique de la lutte armée... Notre choix se porta sur Charles Tillon qui, dès les premiers temps, avait été désigné pour diriger une région importante, celle de Bordeaux. Il venait d’ailleurs, dans cette même région, de créer des groupes d’action. Nous avions baptisé ces groupes "O.S.", ils devaient par la suite devenir les FTPF..."

A la fin de 1940 ou même au début de 1941, il n’est nullement question au sein de la direction de lutte armée contre l’occupant. Les groupes d’O.S. qui ont été créés dans la région de Bordeaux ou ailleurs sont essentiellement un service d’ordre adapté à la clandestinité, donc armé, quand il y avait des armes, destiné à protéger les militants et à châtier les traîtres. Charles Tillon avait remis la responsabilité de la région de Bordeaux à son beau-frère Beyer et dès la fin décembre, il attendait à Paris qu’on voulut bien lui confier ses nouvelles fonctions. En fait, il ne sera vraiment intégré à la direction qu’au mois de mai suivant et restera même totalement inactif jusqu’à l’entretien qu’il parviendra enfin à avoir avec Duclos au mois de mars.

1941 L’épisode de Palaiseau

A Palaiseau, la communauté Tillon-Covelet s’établit en Février 41 dans un quartier de grande banlieue où se juxtaposent à l’époque des quartiers populaires et des zones de pavillons plus huppés, souvent résidences secondaires de bourgeois parisiens. La maison que Marguerite Covelet avait dénichée répondait aux normes de sécurité qui incluaient une sortie de secours au fond du jardin. L’agglomération de Palaiseau était tout en longueur, et la maison du 257 rue de Paris en était située à l’extrémité, entre les stations de métro Palaiseau et Palaiseau-Villebon, mais plus près de Palaiseau-Villebon. Laissons Charles Tillon raconter son installation. On est en janvier 41, Charles vit enfermé dans une planque, à Paray-Vieille-Poste, et, en accord avec Arthur , décide de faire monter les Covelet de Bordeaux :

"Quinze jours plus tard, Dallidet m’amenait Victor (Covelet ) dans un petit restaurant de la porte d’Italie... Transis de froid dans Paris, mes amis Covelet m’apportaient des nouvelles reçues de Rennes. Les gendarmes, périodiquement, questionnaient mes parents et repartaient en haussant les épaules : "C’est pour notre rapport, on le recherche plus que jamais, votre fils." J’expliquai à mes Bordelais que je leur demandais de louer un pavillon avec un jardin aussi enclos que possible dans une localité située sur la ligne Palaiseau-Orsay. Ils y vivraient en rentiers craintifs, avec "leur nièce" Colette... La fine Marguerite chercherait dans les agences. Dallidet leur procurerait des meubles d’une ancienne planque de Frachon. Un mois plus tard, Dallidet, qui serait le seul à connaître la nouvelle adresse du ménage Covelet, m’amenait au 257, rue de Paris à Palaiseau. Une neige récente patinait le sol. On avait quitté la gare précédente les derniers et rôdé avant de venir sonner devant un vieux portail bleu charron délavé. Victor nous attendait. Une cour étroite, deux marches, les amis habiteraient au rez-de-chaussée. Ils jubilaient d’avoir trouvé une bonne planque en passant par une agence et signé un bail avec le propriétaire qui exigeait des locataires "aimant l’ordre et la tranquillité". Justement, les Covelet aimaient ça.

Marguerite se mit à porter un chapeau sur ses cheveux blancs et fréquenta la messe. Enfin, ils avaient tous deux de si bonnes bouilles ! Victor rayonnait : "Regarde cet alignement de poiriers les bras en croix le long de la palissade qui enclôt le jardin, et ces pommiers tout au fond, et ce petit chemin d’amoureux qui permet de rejoindre la route de Villebon et les champs... On pourrait éviter la grand-rue" Il allait soigner le jardin, élever les lapins... Les rongeurs, c’était la nourriture nationale. Je n’avais plus qu’à attendre l’arrivée de Colette. Dallidet avait inspecté les lieux. Le petit portail au fond des quarante mètres de jardin et qui donnait une double issue par un petit sentier entre les haies, ça peut servir...

...(Après une entrevue avec Duclos), je rentrai à Palaiseau, étonné de devoir continuer à vivre comme une endive et me demandant pour quelle raison le secrétariat à trois annoncé par Frachon comme si nécessaire en octobre 40, ne se réunissait pas. J’occupais mon temps à relire ma maigre provision de bouquins et me repaître des "Châtiments" et de "L’année terrible" du Père Hugo, d’où je tirais les vers les plus adaptés aux crimes de 1940 et aux châtiments nécessaires.

Palaiseau, patrie du petit Bara, s’étirait le long de la rue de Paris où les commerçants, comme ailleurs, affichaient le portrait de Pétain dans leurs vitrines vides. Colette était arrivée de Bordeaux. Victor Covelet , maigrissant à vue d’oeil, prenait le métro pour aller à Paris acheter quelques petits pains durs au marché noir. Sous chaque toit, la vie animale dépendait de chaque bouchée comptée en famille. L’antifascisme retrouvait un timide chemin par les ventres affamés..."

Le 257, rue de Paris, qui fut habité au lendemain de la guerre par l’écrivain Jean-Pierre Chabrol, alors jeune journaliste à l’Humanité, a été rasé quelques années plus tard, quand fut percée l’avenue du 8 Mai 1945.

Portrait

Quand il s’installe à Limours, Charles Tillon a 41 ans, un an de moins que Duclos et quatre de moins que Frachon. Qu’importe, si fin 41, l’organisation militaire des FTPF n’est à peine plus qu’une idée, tout juste une esquisse, c’est bien la figure du militaire qui se dégage de Charles Tillon. Le menton volontaire, les yeux clairs, Charles pourrait être un colonel de GI’s préparant méticuleusement le débarquement. Il ne s’agit pas de passer à la trappe son passé, antimilitariste jusqu’à la mutinerie, ni de réduire abusivement la palette de ses talents à la dominante. Le récit de la carrière de Charles, déjà riche, résonne comme une suite de campagnes : Il a fait la mer Noire (1919), il a fait la grève de la sardine de Douarnenez (1924), la marche des chômeurs du Nord (1933), la campagne électorale contre Laval à Aubervilliers (1936) et, dernière de ses aventures, la plus amère aussi, Alicante et l’agonie de l’Espagne Républicaine.

C’est en service commandé que Charles est dans son élément. A Thorez , qui lui propose une entrée au bureau politique, en 1932, il répond "Tu sais, moi, je ne suis pas un politique, je suis surtout un organisateur, pourquoi ne demandes-tu pas à Gabriel Péri ?" C’est vrai qu’il n’a pas fait la carrière d’un politique. Au comité central, il est bien l’un des rares à ne pouvoir coucher sur son CV le moindre stage à l’école Lénine . Comme syndicaliste, il n’exerça jamais pour le compte du Profintern, l’internationale des syndicats, une de ces responsabilités, qui valent à l’intéressé, à l’issue de son année passée à Moscou, la confiance des responsables de l’IC ou le contact avec certains services de renseignements soviétiques. Assurément, Charles n’est pas l’homme des textes de congrès, des revirements à 180 degrés, des fumeuses magouilles pour écarter un supposé trotskiste du comité fédéral de la Meurthe-et-Moselle. Il aime à se sentir en service commandé. Un objectif, des moyens, et il met son bulldozer en marche. Charles est un infatigable travailleur qui met au service de sa mission en plus d’une capacité de travail hors du commun, une hargne et une volonté d’en découdre qui ne s’éteignit jamais à dater du jour où les coups de nerfs de boeuf marquèrent son dos au bagne de Dar Bel Hamri.

Chez les militaires, Charles n’était pas militaire, il était syndicaliste. Sur le Guichen, qui croisait en Méditerranée en 1918, il avait réussi à faire admettre des délégués des matelots pour assister le cuistot lorsqu’il descendait à terre faire les courses. Quelques mois plus tard, pionnier de la culture pour le peuple, il obtiendra l’extension à tout l’équipage du droit de visiter Delphes. Avant d’être syndicaliste chez les militaires, Charles avait voulu faire les Beaux-Arts. Plus tard, il écrivit, d’ailleurs fort bien, un certain nombre d’ouvrages ; notre militaire avait bien des cordes à son arc. Son érudition lui valut l’estime de Thorez.

Les témoins qui l’ont connu évoquent le caractère très entier de Charles, euphémisme pour éviter de parler d’un sale caractère. Charles essayait de faire les choses au mieux et supportait mal le laxisme, les démarches tortueuses et les faux-semblants. La colère chez lui montait très vite. Mais Frachon ne l’avait pas choisi pour être diplomate. Voici ce qu’il en témoignera vingt cinq ans plus tard, alors que Tillon est en état de guerre ouverte contre le Parti :

"...C’est vers octobre-novembre 1940 qu’au secrétariat du Parti nous décidâmes d’entreprendre l’organisation systématique de la lutte armée... Notre choix se porte sur Charles Tillon qui, les premiers temps, avait été désigné pour diriger une région importante, celle de Bordeaux. Il venait d’ailleurs, dans cette même région de créer des groupes d’action, nous avions baptisé ces groupes "OS", ils devaient par la suite devenir les FTPF.

Je reçus moi-même Tillon, nous examinâmes ensemble tous les aspects du problème posé, la façon dont il faudrait commencer le travail et le poursuivre. Je lui demandais si cela lui conviendrait d’en prendre la responsabilité, ce qu’il accepta. Personnellement, je connaissais Tillon de longue date, non seulement comme communiste, mais aussi comme un militant syndicaliste, pas toujours commode, mais expérimenté, combatif et ayant dirigé des grèves pas toujours faciles, elles non plus. Il était, de plus, député et membre du comité central. Etant donnée l’importance prévisible qu’allait prendre la lutte armée et la nécessité que ce soit le Parti, dans son ensemble qui en prenne la responsabilité et agisse en conséquence pour lui donner toute la vigueur nécessaire, il fut convenu que Tillon participerait à toutes les réunions du secrétariat du Parti.

Les discussions avec Tillon n’étaient pas toujours faciles, mais nous savions cela. En définitive, il fut un bon dirigeant des FTP..."

Raph, le frère d’Arthur , rangera plus tard Tillon et Frachon dans la même catégorie des "anars", ce qui même dans la bouche d’un fidèle d’entre les fidèles, n’est pas forcément péjoratif, mais caractérise la trace de réflexes individualistes qui sont normalement sacrifiés aussi bien dans nombre de pratiques religieuses que dans la pratique communiste orthodoxe. Malheur en tous cas à celui sur qui s’abattaient les foudres de Charles le magnifique comme c’est arrivé à un certain Roques, envoyé de Tréand en Septembre 40.

Tillon :

" J’aperçus sur la route un homme qui attendait. C’était Roques, l’ancien mineur, le secrétaire régional du Parti à Nantes, en 1929-30. Un tas de souvenirs, Roques... Il venait de la part de Duclos et de Tréand . Sa mission n’était que de m’informer de la réorganisation de la propagande du Parti... Pour cette "réorganisation", Tréand me faisait demander de lui remettre la liste des principaux militants de la région et des planques utilisées pour la confection de notre matériel... Je l’arrêtai.

Tu me demandes là, pour Paris, des renseignements dont j’interdis la centralisation, que j’entends laisser partager entre plusieurs équipes. Quoi, vous voulez tout diriger, à Paris ? Vous êtes fous, ou c’est pour me dessaisir de la région qu’on t’envoie ? Vous avez fait quelle révolution là-haut ?

Je voyais le pauvre Roques secouer la tête et ses joues s’empourprer sous les tâches de son visage de jovial rouquin. Il tentait de protester, mais j’étais furieux :

Ici, on a vu les hitlériens s’installer ici mieux que chez eux et vu aussi ceux qui se jettent à leurs bottes... Nous nous refusons à découvrir nos militants. Pour nous ici, les flics ont peut-être changé leurs menottes de poches en changeant de patrons, rien pour le reste...

... Si tu n’as rien d’autre à me dire, moi, je n’ai rien à te donner. Inutile de continuer la promenade. Au retour, tu diras aux camarades que s’ils désapprouvent ma position comme membre du comité central, je suis prêt à remettre la région à qui ils désigneront et à rentrer dans le rang des antifascistes.

Tu ne vas pas faire de blagues, Charles me dit Roques en secouant sa tignasse sur son front de mineur, où le charbon avait laissé des zébrures indélébiles.

On verra bien s’il s’agit de blagues ! au plaisir de te revoir. Tu vas retrouver ton chemin pour la gare, ici, on ne peut pas trinquer au Muscadet comme à Nantes..."

Plus tard, à Paris, Tréand reçut également sa part, mais c’était d’abord Roques qui avait écopé. C’est ça, un caractère entier.

Au cours de sa carrière, Charles a gagné l’estime et le respect de beaucoup de ses compagnons. Il lui manquait cependant un certain sens du contact, et certains de ses proches regrettaient son manque de chaleur. Etait-ce l’effet d’un strabisme divergent qui induisait chez ses interlocuteurs une certaine distance ? Charles est pourtant un sentimental,. il a besoin d’une carapace pour protéger une nature émotive.

Le moustique socratique



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 17h50

Charles Tillon (Rennes, 3 juillet 1897 - Marseille, 13 janvier 1993) était un député communiste français et membre du comité de direction du parti. Il pris part à la Résistance pendant la guerre. Exclu du PCF en 1952, il est réintégré cinq ans plus tard, avant d’être de nouveau exclu après le Printemps de Prague.

Mobilisé en 1916 dans la marine, il est l’un des dirigeants de la mutinerie de la mer Noire (26 juin 1919), et est condamné à cinq ans de bagne au Maroc. Bénéficiaire d’une remise de peine (1921), il adhère au PCF et à la CGTU et entre au Comité central du Parti (1932). Député d’Aubervilliers (1936).

Après la dissolution du PCF (septembre 1939), il rentre dans la clandestinité et organise la Résistance communiste à travers les Francs-Tireurs et Partisans (Francs-Tireurs et Partisans, juin 1941) dont il est le chef du Comité militaire national.

Elu député communiste de la Seine en 1945 et réélu en 1951, il est membre des deux Assemblées constituantes en 1945 - 1946, puis il siège à l’Assemblée nationale jusqu’en 1955. Il est membre du Bureau politique du PCF (1945 - 1952), et dirigeant du Mouvement de la Paix. Il est exclu du PCF en 1952 (affaire Marty-Tillon), réintégré en 1957, et de nouveau exclu en 1970 après avoir protesté contre l’invasion de la Tchécoslovaquie et critiqué le fonctionnement stalinien du PCF. En 1974, il se retire dans sa Bretagne natale et s’installe à La Bouëxière où il se consacre à l’écriture et à la peinture. Il décède à Marseille le 13 janvier 1993 et est enterré à Rennes, au cimetière de l’Est.

Le moustique socratique



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 18h35 - Posté par

Mais cher moustique,ce n’est pas parce qu’il condamnait l’invasion de la tchécoslovaquie qu’il a été exclu,puisqu’a l’époque la direction condamnait cette invasion(voir les titres de l’Huma de 1968).

Il avait un différent avec sa cellule et sa section qui aurait du être traitée tout à fait autrement et qui était mineur.

Par contre sa divergence sur le fonctionnement du parti était réelle et....c’est lui qui avait raison !

En plus si certains veulent mettre en doute son appel,sachez que l’en trouve des traces dans les journaux de 1940,la censure n’ayant pas encore pris toute sa place(la petite gironde en particulier).

Pour tout le reste les archives du PCF sont ouvertes.Quant a l’attitude du PS à l’époque,en 39 Blum vote avec tout les groupes la dissolution du PCF,la déchéance des députés communistes,leur déportation au bagne de Maison Carrée en Algérie,et il vote la loi Sérol la mise à mort mis a part,comme tout ses camarades unanimes.

Et ce sont les mêmes qui donnent des leçons de démocratie.Il serait temps que l’on rappelle certains faits.

Pour le reste je prends tout:j’assume les ombres et les lumiéres.

Et bonne fête Elodie !

Jean Claude Goujat

PCF Landes


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 19h24 - Posté par

Cher Goujat essaye de pas être grossier et impoli...

Faut-il encore mentir comme al’epoque... Vous essayez de déformer l’histoire "comme au bon vieux temps" du Petit Père des People ???

1968-1970 : Il soutient, le mouvement de mai 1968 et le « Printemps de Prague » avec Sartre, Vercors, Krivine et bien d’autres. Il condamne l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie.

En 1969, il relate son expérience militante dans un nouvel ouvrage :

La révolte vient de loin (Julliard).

Ses positions publiques et critiques envers les dirigeants communistes, son engagement contre la « normalisation » en Tchécoslovaquie et sa participation au comité d’initiative pour la création d’un nouveau « Secours rouge » envenime ses relations avec le PCF.

Mais trop c’est trop !

Il signe en 1970 avec Garaudy, Pronteau et Kriegel-Valrimont, un manifeste appelé « Il n’est plus possible de se taire » dénonçant la politique stalinienne qui continue à sévir au PC.

Il dénonce à la télévision le passé de G. Marchais parti travailler en Allemagne.

Il apprend par courrier de sa cellule de base d’Aix en Provence (une vingtaine de membres) qu’elle vient de l’exclure du Parti où Lénine l’avait placé en tête !!!

La cellule exclut aussi son épouse Raymonde. Cet acte méprisable les laisse indifférents.

Roberto Ferrario


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 22h42 - Posté par

Merci Roberto,

Copas


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 18h11

Merci pour cet article qui remet l’Histoire à sa place et la politique à la sienne. Et bien nous prendrait de traiter à l’avenir les choses de cette façon pour éviter les compromissions et les silences qui coutent chers. Les petits arrangements font de grands dégâts dans les têtes. Depuis combien de temps n’a-t-on pas été clairvoyants ? Les demandes relatives à la constitution d’un groupe à 15, à un pouvoir dont les idées et les actes sont totalement antagonistes à celles du PCF, me paraissaient totalement empruntes d’un esprit boutiquier favorisant le discrédit d’une force d’opposition claire. En effet comment combattre celui qui a octroyé une parcelle de boutique supplémentaire ? Le paierons nous au prix fort ? Je le crains.

Le communisme est d’actualité au moment où, ça y est, les gens ont compris que la terre n’a pas de ressources infinies. Il en faudrait peu pour qu’il comprennent maintenant qu’il faut donc partager cette terre équitablement en mettant du même coup au rencart toute l’idéologie capitaliste douce aux détenteurs de propriété privée, faite sur mesure pour accroitre le taux de profit des détenteurs de capitaux et infernale à la grande majorité de l’humanité faible et pauvre qui ne pourra pas supporter plus avant l’expansionnisme, l’égoisme et l’individualisme promue par les maîtres de ce système mondialisé inique.

C’est ce qui fait peur aux capitalistes qui essayent de poser des chausses-trappes, car, dans l’inconscient politique des Français, le PCF garde ce pouvoir énorme de déplacer des montagnes de solidarité contre l’égoïsme. Le programme du CNR n’y est pas pour rien. Dans l’esprit du maître qui gouverne, donner à parler du PCF rebelle et de son histoire, permet de désamorcer, de son point de vue, sa capacité à rassembler contre l’inique. Quelle stratégie employer pour ne pas se laisser enfermer ? Il va falloir réfléchir très vite et très bien. Le congrès devra répondre à cela, face à ce qu’a dit tout haut Denis Kessler le n° 2 des patrons dans Challenges, excusez du peu, c’est énorme !!!

Il faut faire face à l’Histoire pour être compris et soutenus et pour cela il faut conserver ce nom, PCF, nom du seul parti qui n’ait pas changé de nom depuis son origine parce qu’il est digne de toutes les avancées qu’il a apporté, il est digne de toutes ses erreurs et de toutes ses insuffisances. Quel autre parti peut en dire autant ?

N’avoir honte de rien de ce qui a été fait et donner à réfléchir sur les actes vrais permet d’être crédible sur la dénonciation de la collusion de la bourgeoisie avec les nazis et de la collusion du capital avec les affameurs d’aujourd’hui. Bien peu, dès lors, peuvent donner des leçons au PCF qui aura gardé son nom.

JP



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 19h33 - Posté par

Charles Tillon a été un grand résistant avec Frachon et Duclos, le fameux triangle FTP.

Je pense que son exclusion a été une grave erreur, comme pour d’autres d’ailleurs

Il y a un paragraphe qui me gène ( L’URSS s’est entendu avec l’Allemagne), pour quelles raisons il y a eu ce pacte ?????????

Les classes dominantes collaboratrices ont voulu démolirent l’image du parti des fusiliers.

Ils ont même parfois troubler les communistes que nous sommes et malheureusement certains

dirigeants du PCF ont contribué à cette salle besogne.

Il s’agit donc de dire l’histoire et ne pas oublier par exemple l’appel du 10 juillet 1940.

Il y a donc nécessité de transmettre la vérité historique et de réinstaller la belle et grande image

DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

C’est pour cette raison qu’une initiative intéressante est en cours ???mais je vous réserve la surprise.

Pour les nuls de l’histoire il faut lire Charles Tillon et me dire comment s’appelait le cuisinier

qui faisait la bouffe dans une lessiveuse lors d’une grande marche des chômeurs dans les

années 30, Charles Tillon était un des responsables de cette marche mémorable.

A vos bouquins. Francis de Montmartre.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 22h40 - Posté par

Il y a un paragraphe qui me gène ( L’URSS s’est entendu avec l’Allemagne), pour quelles raisons il y a eu ce pacte ?????????

Euuuuhhhhh, oui pourquoi ?

Une des meilleures armées du monde, l’armée rouge, avait été décapitée par le petit fumier. Jusqu’aux plus bas grades il avait fait fusiller, torturer, enfermer dans des camps.

Un délai ?
Mais pourquoi en ce cas l’armée rouge a-t-elle été surprise de l’attaque nazie ?
Pourquoi Staline semble n’y avoir pas cru ?

Ce n’est plus qu’une question historique maintenant. Je fais partie de ceux qui pensent que la résistance au nazisme a été le fruit d’abord du peuple soviétique contre le petit fumier.

Ce qui a fait face au nazisme cela a été ce qui restait des conquêtes d’octobre, des morceaux de l’armée rouge non encore trucidé par Staline, des avancées techniques militaires de l’armée rouge persistantes.

Cette armée qui avait gagné une grande guerre 17 ans auparavant contre les armées blanches et les armées anglaises, françaises et allemandes, était le dernier bastion des derniers restes de la révolution russe. Des gens courageux, expérimentés, organisateurs, qui furent liquidés pour partie ou expédiés dans les camps de la dictature. Tout en panique les survivants furent récupérés devant la débâcle, façon armée française en 1940, produite par l’incurie de Staline.

Voila mon sentiment...

Copas


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 10h25 - Posté par

arrgghh francis t’es méchant !!
Le cuisinier de la marche ?Bon, je suis pas invitée officiellement à participer au concours mais je vais vérifier - cependant, à vue de nez j’aurais pu dire peut être ton père ? ... pour gagner une bouffe , moi, je ferai des bornes ;-)

J’espère que mon message a été assez clair sur un point :
Si on doit , je pense, condamner d’un point de vue moral (ah oui je suis "moraliste" comme on dit) et critiquer d’un point de vue communiste ce qu’on a appelé le stalinisme (et Staline, si ça vous amuse la psychologie de comptoir..), en revanche et d’un point de vue communiste également, on ne peut pas critiquer "tête en l’air" les alliances qui ont été faites par les communistes avec les staliniens à cette époque, et cracher par principe sur tout ce qui a été plus ou moins proche des staliniens soviétiques. Ce serait nier le fondement même du marxisme à savoir la contingence, la dialectique et le matérialisme.(je ne sais pas si c’est beaucoup plus clair ce que je viens d’écrire mais bon...).

Quant au pacte germano soviétique, nous savons très bien ce qu’il en est (oui c’était la réponse du berger à la bergère au pacte Daladier Chamberlain - je me permets de rappeler que celui qui est revenu de Berlin en disant que "Mr Hitler était un parfait gentleman" , je crois, ne s’appelait pour le coup ni duclos, ni Staline, et que l’Occupation ET la collaboration sont des faits Français et certainement pas communistes alors....), oui , ce pacte, ça a pu être une manière de temporiser, bref c’est cela que je voulais dire quand j’ai dit "il faut dire la vérité à propos du pacte germano soviétique" - sous entendu : ce n’est certainement pas dans les livres d’histoire officielle qu’on trouve cette vérité - (mais ce n’est certainement pas non plus dans des brulôts pro stal de quelques allumés qui demeurent ici ou là).

L’histoire du monde c’est aussi une histoire d’alliances, bonnes ou mauvaises ,certaines plus dangereuses ou critiquables que d’autres. L’essentiel est de faire cesser les mauvaises alliances le plus vite possible et de ne pas y revenir.

Bonne journée
La Louve
PS : Et j’ajoute ce super article paru dans l’Huma en 1990, à l’attention spéciale de mon "amoureux communiste" mais qui sera bon à lire pour tout le monde ;-)


UNE CHAINE HUMAINE

http://www.humanite.fr/1990-07-04_A...

Dans Paris occupé, imprimer un texte en faveur de la « Liberté et l’indépendance nationale » était une gageure.

L’appareil clandestin du PCF, en pleine réorganisation, y parvient au prix d’immenses sacrifices.

« J’AI voulu prendre date avec l’histoire » avait dit Jacques Duclos à Jean Laffitte (1) lors de leur première entrevue au début de décembre 1940. La défaite, l’exode, l’occupation : l’été 40 est celui de la terrible tourmente qui plonge la France dans une nuit qui durera 5 ans. Interdit depuis l’automne 1939, une bonne part de ses militants mobilisés, le PCF va devoir reconstituer, dans les conditions que l’on imagine, son organisation. Mounette Dutilleul qui assurera la liaison avec le Secrétariat du parti dispersé, nous précise : « Il est décidé à l’arrivée des troupes nazies, qu’une partie de la direction restera à Paris sous la responsabilité de Jean Catelas et de Gabriel Peri. Une autre équipe rejoindra Limoges avec Benoit Frachon et Arthur Dallidet. Une troisième se dirigera vers Bordeaux où se trouve Charles Tillon, responsable inter-régional : ce sont Victor Michaut, Danielle Casanova et Georges Ternet. Ils ne trouveront pas Charles Tillon, replié en grande banlieue de Bordeaux, mais écriront vers le 15 ou 16 juin un manifeste édité par les camarades de Bordeaux un mois avant celui de Tillon ».

Lorsqu’ils partent tous, le 12 Juin 1940, ils sont coupés de toutes relations avec Bruxelles d’où « Jacques Duclos était parti début juin, mais restait bloqué par les combats de la « tenaille allemande » du Nord et l’encerclement de la poche de Dunkerque (2). Hélas ! Jacques Duclos arrive à Paris le 12 Juin quelques heures après le départ de Benoît Frachon. De son côté Pierre Villon, responsable de « l’Humanité » est au lit avec 40° de fièvre ! Dans la première quinzaine de Mai, par liaison radio, Maurice Thorez et Jacques Duclos, s’étaient mis d’accord sur l’analyse de la situation ».

Jacques Duclos est logé chez Etienne Virlouvet, 1 rue du Docteur Labbé dans le 20 éme. C’est là, qu’il va rédiger cet appel dit du « 10 juillet ».

Le 14 Juin, les troupes allemandes occupent Paris. Le 18 Juin, Colette Godfrin (3), fille de l’imprimeur Roger Tirand, cherche la liaison avec le Parti. Elle décide d’aller chez son amie Suzanne Virlouvet. Suzanne aussi est heureuse de savoir les Tirand restés à Paris, car elle a entendu dire par son beau-frère, que la direction du Parti cherche un imprimeur. Elle dit à Colette : « Attends-moi - Je vais aux nouvelles et je te dirai ce qu’il faut faire ». Quand elle revient, Suzanne lui dit : « Dis à ton père de ne pas bouger de Paris, Jacques Duclos va avoir besoin de lui ».

Vers le 27 ou 28 Juin (Colette que nous avons interviewée hésite sur la date), Jean Catelas arrive chez les Tirand avec un texte manuscrit intitulé « Appel au peuple de France ». C’est Henriette Maranne qui va faire une première mise en page sur stencil. Son fils Jean, qui n’a pas encore 15 ans, l’accompagne dans un petit pavillon du 19 ème, près d’une entrée des Buttes-Chaumont, nous confie-t-il. Il se rappelle avoir diffusé l’Appel avec les camarades de son quartier. Dans le même temps, l’équipe réduite de direction cherche Jean Jerôme. S’il se fait démobiliser rapidement, il peut trouver du matériel d’impression. Or il vient de rentrer et cherche la liaison ! Jean Jerôme, dit « Leblanc » pour Colette, amène chez Tirand d’abord une Gestetner toute neuve et du papier. On refait un nouveau stencil et l’Appel continue à sortir. Il est transporté par Francis Virlouvet qui loue une petite poussette chez le bougnat du coin de la rue de la Huchette. Il porte les paquets chez Maria Serre-Oria. Celle-ci est concierge. C’est chez elle que les équipiers de Brechet, responsable de la diffusion de la région parisienne, viennent prendre le matériel pour les faire parvenir aux sections de leur région au fur et à mesure de la reprise des contacts avec les démobilisés ainsi que les premiers camarades revenus de l’exode. GabrieL Peri et Pierre Villon donnent des extraits de cet appel dans « l’Humanite » clandestine qui est tapée depuis octobre 1939 par Blanche Gourdin, à qui le parti a demandé de prendre avec son mari, petit artisan en bâtiment, un poste de Concierge rue de l’amiral Roussin dans le 15 ème. Blanche Gourdin était dactylo au Comité Central avant guerre, elle connaissait bien l’écriture de Jacques Duclos ainsi que celles de Georges Politzer et de Pierre Villon.

De son côté Simone Lampe, autre dactylo de l’appareil clandestin reproduisait les stencil pour Brechet. Elle se souvient d’avoir tapé « l’appel du 10 Juillet » : « Le Blanc (Jérôme) a trouvé de beaux caractères Cheltenham pour que soit enfin imprimé l’appel. Tirand les met en page, le texte ne rentre pas, Leblanc et Colette proposent de couper le texte. Mais le camarade Tréand arrive. Il exige de conserver tout le texte. Il menace de sanction si celui-ci est modifié ! Il faut donc retrouver des caractères plus petits, que Leblanc ramène à nouveau ! Le temps est passé vite avec tous ces aléas de la clandestinité. On édite ainsi les premiers 30 000 appels. Les évènements du 10 Juillet 1940 (vote du Parlement à Vichy qui supprime les libertés républicaines en donnant les pleins pouvoirs à Pétain) et du 13 (remaniement du gouvernement dont sont exclus tous les anciens élus républicains) obligent la direction du Parti à demander de revoir le texte et d’interrompre le tirage. Colette Tirand-Godfrin voit Pierre Rebière qui avec Janin a remplacé Tréand, écarté. Pour « rentrer » le nouveau texte qui fait évidemment référence aux évènements du 10 et 13 Juillet 40,il faut rechanger la présentation pour gagner de la place. Les archives du Musée de la Résistance Nationale conservent ces différents exemplaires de l’appel.

Roger Tirand avait appelé son vieil ami, Marcel Lemarrec à tirer l’Appel avec lui dès son retour d’exode les premiers jours d’Août. Ils en avaient réalisé 600 000 exemplaires, quand la police allemande, guidée par un renégat, les arrête le 6 Septembre 1940 avec Francis Virlouvet et la camarade Maria Serre. Nos imprimeurs et leurs compagnons furent condamnés à des peines allant de un à un an et demi de prison. Ils purent « prendre le large » en sortant de prison et rejoindre la Résistance. Marcel Lemarrec à nouveau arrêté, bénéficie encore d’une sottise du greffe de la prison qui aurait dû le maintenir dans un camp. Les trois enfants de Maria Serre, responsables d’un autre centre d’édition dans le 18 ème, arrêtés en Février 42 furent déportés à Auschwitz en Janvier 1943. Roger Tirand, Marcel Lemarrec et Francis Virlouvet sont décédés. Maria SERRE-ORIA a 90 ans. Elle habite Marseille avec sa fille, Lucienne Thevenin, revenue d’Auschwitz, maintenant aveugle et près de sa fille Jeanne également revenue d’Auschwitz mais qui ne marche plus guère. Blanche Gourdin-Coureuil a été déportée dans le dernier convoi d’Août 1944 à Ravensbruck. Son mari, arrêté avec Politzer, a été fusillé en Septembre 1942. Jean Catelas, arrêté en mai 1941 a été guillotiné le 24 septembre 41, Pierre Rebière a été fusillé le 5 Octobre 1942.

Grâce aux sacrifices de ces hommes et de ces femmes, bientôt l’union des résistants se réalisera pas à pas, pour rendre à notre pays, son indépendance et ses traditions démocratiques.

Collaboratrice du Comité Central Clandestin 1939-1941 - Agent de Liaison entre les directions des deux zones 40-41. Dirigeante des Comités Féminins de la Résistance : Septembre 41

* Novembre 42 - Zone interdite puis zone Nord - internée à Loos et Cuinq

(1) Jean Laffitte. « Ceux qui vivent ». Editions Messidor

(2) cf. Jacques Estager « Ami entends tu ». Editions Messidor

(3) cf « Ralph, vive le PCF » de Raymond Daudet. Editions Messidor

Josette Cothias-Dumeix


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 16h06 - Posté par

Elle va bien réussir à trouver avant moi, et elle aura droit au casse-dalle gratos, la petite Elodie. Mais, après tout, à son age, faut bien qu’elle se sustente. Gros poutous. Vieux stal borné.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 23h42 - Posté par

A oui Josette Dumex tu a mis dans le mille. J’ai souvent entendu parler de tes parents lorsque j’étais à Saulieu( j’y suis de nouveau) avec Etienne Virlouvet et Aurore Thorez.

Il y a eu erreur sur l’adresse de Etienne et Francis(sénior) il s’agit du 79 rue de la Verrerie Paris 3ème, le lieu est très important pour la vérité historique.

Je serai très heureux de te rencontrer le 6 Novembre à 19H.

J’attends encore un peu que tout soit bien caler pour demander à Roberto de me mettre l’invitation sur le site.

En ce qui concerne Raph j’ai déjà piquer des colères car je n’ai pas vu un mot dans l’huma lors de son décès.

OK pour Charles Tillon je me suis mélanger les pinceaux pourtant j’ai son appel depuis des années.

Le nom de Charles Tillon je l’ai vu pour la première fois dans la cave de ma grand mère à Saulieu, le tonton était chargé de lui amener la bouffe.

Il y a eu un autre sujet de discorde avec Tillon à la libération, Etienne avait la même position, mais je pense qu’ils avaient tord, je ne rappelle pas pourquoi, avec Martelli on peut s’attendre à tout.......

Elodie tu es invitée évidemment, mais je ne te donnerai pas la parole car lorsque tu la prends
on ne peut plus la récupérer ! biz biz qui aime bien chatie bien. Francis


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
24 octobre 2007 - 11h40 - Posté par

Page 172 de son livre "On chantait Rouge" :

"........... je marchais tantôt en tête, tantôt en queue de la colonne, puis je sautais de la vieille Chenard pour aller préparer l’étape, là où le cuisinier de la Bellevilloise, Virlouvet et son aide, préparaient les repas en installant dans une cour d’école ou sous un hangar deux chaudières en fonte des lavandières de campagne..............."

Il s’agissait d’une marche des chômeurs organisée du Nord vers la Région Parisienne à la fin de l’année 1933.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
24 octobre 2007 - 15h17 - Posté par

Tu as gagné c’était mon tonton mon deuxième papa, donc rendez vous pour la bouffe le 6 novembre.

C’est un repère important parmi d’autres que je vais utiliser pour crédibiliser mon témoignage.

La gastronomie au service de la résistance
Je vais démontrer avec une historienne que les travaux de Bourderon, de Martelli et de Pennetier sont partiels et partiales.

Vous pouvez être fiers de vos aînés de la résistance camarades

Il vrai que avec certains dirigeants du PCF ? ça ne se joue dans la même catégorie, c’est insolent mais c’est ce que je pense.

Amitiés à tous. Francis.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 19h12

Le pacte DALADIER-CHANBERLAIN-HITLER de 1938 qui LIVRAIT GRATUITEMENT à Hitler la Tchéquoslovaquie ne laissait pas d’autre choix à l’U.R.S.S que de signer le pacte Molotov-Ribbentrop. Vieux stal borné.



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 19h41 - Posté par

Exact mon copain VTB, mais réponds à la question que je pose plus bas il y a une bouffe à la clé !!!! F de M


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
24 octobre 2007 - 14h53 - Posté par

Moi, je t’ai laissé la réponse, et je cède bien volontier ma "bouffe " à VSB. La Gamine


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
24 octobre 2007 - 16h42 - Posté par

Merci Gamine, je peux avoir des détails sur la " bouffe " ? Vieux stal borné.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
25 octobre 2007 - 07h53 - Posté par

Aucune idée. Mais j’en profite pour te donner la solution de ma devinette :la réponse est RIEN, car :
Rien mieux que Dieu, rien pire que le Diable, les pauvres n’ont rien, les riches ont besoin de rien, et si tu ne manges rien tu risques d’en mourir.

Ca ne fait même plus rire mes enfants !!


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
26 octobre 2007 - 00h08 - Posté par

Merci Gamine gros poutous et à plus. Vieux stal borné. P.S. Suis au Musée à Montreuil dimanche.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
24 octobre 2007 - 17h38 - Posté par

Tous mes camarades sont invités.

je vais poser une autre colle à La Louve, nous allons bien réussir à la coincer ?

Dans le 17è comment s’appelait le militant communiste bien qui connu qui s’est occupé pendant 30 ans des retraites des anciens combattants et des prisonniers de guerre ??
dans le 17è ?? . Francis


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 19h42 - Posté par

Munich 38 : "mr Hitler, vous avez les mains libres... à l’Est" disent Daladier et Chamberlain

Moscou 39 :" mr Hitler, vous avez les mains libres... à l’Ouest" dit Staline

Réponse du berger à la bergère !

CN46400


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
25 octobre 2007 - 23h03 - Posté par

On était déjà très loin là de l’internationalisme prolétarien ....

Copas


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
25 octobre 2007 - 23h27 - Posté par

Surtout que 38 en URSS c’est quoi ?

Qui liquide-t-on en URSS à cette période ? Rien de plus pressé que de fracasser l’armée rouge, la liquidation de ce dernier bastion est vachement plus importante pour le petit fumier moustachu que de faire face au nazisme.

Va-t-on profiter de ce délai pour reconstruire l’armée rouge ? Hum ? Apparemment pas... Le prix payé par les Soviétiques à la malfaisance de la classe nomenclaturiste et de son tueur en chef va être astronomique face à l’ennemi nazi.

Le délai ne servira à rien, sauf à fournir à l’Allemagne nazie des moyens économiques très utiles dans le renforcement de ses capacités militaires.

Ce ne fut donc pas un délai. Et je me demande si cette buse de Staline n’a pas réellement cru qu’une paix avec Hitler était possible.

La résistance héroïque des peuples d’Union soviétique face au déferlement des troupes nazies doit être mesurée à l’aune de l’impéritie de ses dirigeants, Staline en tête de gondole.

On ne comprend pas le pacte avec les nazis (qui est beaucoup plus resserré que les accords honteux des daladiers and co) si on ne prend pas en compte la destruction d’une des meilleures armées du monde en 38 par la liquidation de son encadrement et la dispersion du reste dans des camps, l’armée rouge. On ne comprends pas non plus cela sans également des choix affaiblissants en termes de matériels (l’URSS a plus de tanks à l’entrée en guerre que les nazis, de meilleurs canons, une bonne aviation..) et une méfiance persistante et criminelle envers ce qui reste de l’armée rouge (séparation des tankistes de leurs tanks, ne pas croire au avertissements venus de toute part sur l’imminence de l’assaut, ne pas croire la réalité même de l’agression quand elle se déroulera, punir et fusiller les troupes isolées repassées dans le camp soviétique au prix d’héroïques batailles de retrait, etc).

Au bout d’un moment et face à la réalité persistante et avérée de l’attaque nazie, et enfin la clairvoyance de se rendre compte que tant le peuple que les salauds qui le dirigeaient passeraient à la casserole, Staline , allait aller repêcher en catastrophe les cadres militaires non encore liquidés des camps et la population soviétique produire une résistance héroique .

Le pacte Hitler-Staline n’aura finalement servi à rien face à un adversaire résolu

Copas


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 19h34

N’oublions pas l’essentiel J’étais hier à la commémoration des fusillés du camp de Souge près de Bordeaux 300 Fusillés pour la très grande majorité membres de la JC ou du PCF
Deuxième lieu de France par le nombre de fusillés.
Les allemands n’ont pas eu besoin de leur courir après - Il avait été jeté dans les prisons en vertu du décret du SOCIALISTE SEROL.
Ils sont d’autant plus pugnace à notre égard qu’il ont été en tant qu’organisation largement aux abonnés absent. On n’a le culot, par exemple de reprocher au PCF d’avoir voté les pleins pouvoirs à Guy Mollet (Pourquoi pas ?) MAIS SANS JAMAIS REPROCHER AUX SOCIALISTES DE LES AVOIR DEMANDES ; Et qui à déclaré "La France de Dunkerque à Tamanrasset" qui à envoyé des troupes réprimés les malgaches Et bien Tonton Mitterand - Qui à organisé la bataille d’Alger Massue allons donc LE SOCIALISTE LACOSTE ou est le regard critique sur son histoire Et bien il faut bien l’avoué à droite du PCF que dalle
Bernard TRANNOY PCF Bassin Arcachon



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 20h18

Sur la Tchécoslovaquie en 68, la direction du pcf a désapprouvé l’intervention soviétique de 68 (et non condamné comme l’a fait Tillon, les mots sont importants comme dirait l’autre).
Et surtout, comme dit Roberto, Tillon a combattu la "normalisation" (Husak, la répression, etc,) alors que la direction du PCF était singulièrement discrète sur la question. Aragon, lui, a défendu les intellectuels tchécoslovaques et parlé de "Biafra de l’esprit". rebral



1984 anti totalitaire ? anti imperialiste/communiste ?
22 octobre 2007 - 20h21

1984 est un livre anti propagande :)

Adam



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 21h27

Il ya des fêtes que l’on célébre en partage avec des ami(e)s de coeur, même si l’on ne trinque pas au même endroit...

On a pas tous le don d’ubiquité. je lève mon verre donc, car bien des réticents, des peines à jouir on eu tôt fait de critiquer les élans révolutionnaires d’une trop jeune ou trop sagace militante...

Je le redis ici haut et fort, à la lecture de ce texte tellement d’actualité qui met le doigt là où il le faut, je me bats pour ce communisme là, je me sens lié à cette communauté de coeur et d’esprit et t’apporte à nouveau mon soutien et t’assure de mon asile s’il devait un jour triste et obscur revenir le temps des chasses aux sorcières !

Un copain, disait il y a quelques jours avec le sourire devant mon dépît de tant de calculs et de tant d’immobilisme au Parti :

"Allons, allons les communistes ont toujours été minoritaires, tu le sais bien, reste communiste mon ami..."

Bien sororellement,

Boroh Piotr



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 22h43 - Posté par

Euh....Je peux trinquer avec vous ? Vieux stl borné.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 21h50

"Oui le socialisme reste à inventer pour désenchaîner la vieille espérance ouvrière. C’est là mon vœu, au bord du dernier rivage, au terme du voyage où il me faut tourner les yeux vers le cortège du passé, la multitude de ceux que j’ai aimés parce qu’ils allaient leur chemin en tâtonnant, souvent dans le doute, mais sans jamais désespérer"

Charles Tillon


Mon grand-père a été un de membre du "Secours rouge" créer en 1968 par Charles Tillon... et fut "expulsé" du PCF pour le même motif...

Roberto Ferrario



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
22 octobre 2007 - 23h01 - Posté par

michel de toulon : je suis surpris que personne ne parlent de la guerre d’espagne qui fut vraiment le laboratoire des fascites allemands et italiens.BLUM en refusant d’intervenir militairement pour aider la république espagnole a ouvert la voie de la seconde guerre mondiale. Et qui est aller se battre sur la terre espagnole contre les FRANQUISTES si ce n’est les communistes des brigades internationales. Les communistes ont étaient les premiers a rentrer en résistance bien avant 1940.C’est les accords de MUNICH avec les allemands ,anglais ,français,qui ont tout simplement amenés L’URSS a signer un pacte de non agression.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 16h09 - Posté par

Et quand Daladier, à l’atterrissage a vu la foule l’applaudir, il a dit " Les cons, s’ils savaient....". Vieux stal borné.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 17h28 - Posté par

oui c’est meme le pcf qui par l’intermédiaire de georges gosnat ex trésorier national du pc qui a monté la compagnie maritime france navigation pour ravitailler la république espagnole en arme . suite a la non intervention du gouvernement du front populaire . sam 82


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 21h16 - Posté par

A l’époque, Paul Vaillant-Couturier avait interpellé le gouvernement à l’Assemblée : vous avez signé la paix sur la peau d’un peuple libre. Et le PCF avait bien analysé . MUNICH, C’EST LA GUERRE. Vieux stal borné.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
24 octobre 2007 - 22h12 - Posté par

Je me doute que ton papa a du souffrir Roberto.

Mais en ce qui te concerne tu démontres que dans des moments difficiles il ne faut pas fuir mais au contraire se battre.

Un petit clin d’oeil et j’en aurai fini avec mes petites histoires car je vais lasser.

J’avais un tonton qui s’appelait Rinaldi un pays à toi, un antifasciste.

Il résidait à Monaco et il a hébergé des résistants.

Amitiés. Francis


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 17h59

A tous, vous êtes très bien intervenus sur Charles Tillon, son excommunication du PCF et vous avez raison de vous en offusquer, c’est pour ces bonnes raisons qu’il a, lui et tous ceux qui lui ressemblent, toute sa place comme communiste au PCF, pour participer à son avenir, et pour ne pas laisser décider les papes d’ici ou d’ailleurs, d’hier ou de demain, de l’avenir de la lutte des classes, du capitalisme à dépasser, du socialisme à inventer.

Le communisme n’appartiendra jamais au chef, au pouvoir, à celui qui contrôle, qui inquiète ou exclu, il appartient au faible, au petit, au peuple.

Le Communisme et son parti t’appartiennent Charles Tillon, ainsi que tu te nommes, quelle que soit ta génération et ta dénomination actuelle.

Salut fraternel.

Le Rouge-gorge



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
23 octobre 2007 - 21h35 - Posté par

Merci pour toutes ces interventions et ces apports précieux afin de remettre les pendules à l’heure après des années de calomnies.

Il est essentiel de rappeller sans cesse que le combat des communistes contre les nazis, "ceux de l’extérieur", mais aussi "de l’intérieur") ne commença pas avec la fin du Pacte Germano-soviétique, mais dès le début de la guerre.

J’ai connu la vérité dès le début, mais il est vrai que dans les années 60 c’était dificile de tenir de tels propos dans le Parti sans être étiqueté comme un agent de la bourgeoisie et sans se faire, au mieux, sanctionner.

La vérité, c’étaient mes parents qui me l’avaient apprise : Ma mère, collaboratrice de la MOI avec Charles Nédélec à la Bourse du Travail de Marseille dès 1935, et mon père, journaliste à Rouge Midi avec Fernand Pauriol et arrêté dès 1939 par les autorités françaises. Qui l’ont emprisonné durant toute la "drôle de guerre" puis remis aux nazis après l’invasion de la zone no-no et qui l’expédièrent à Büchenwald.

Ils n’ont jamais cessé de m’expliquer et de me dire que la vérité sortirait un jour malgré tout.

Comme je l’ai fait toute ma vie autour de moi et dans ma famille.

Le Parti, ces quatre dernières décennies surtout, a gravement failli à son rôle moteur de défense des travailleurs et des exploités. Ainsi qu’au rôle essentiel d’information qui lui est dévolu, quoiqu’il arrive, et quelque incompréhension et préjudice que ça puisse lui causer.

On ne peut être à la fois "révolutionnaire" ET "opportuniste".

Et encore merci à La Louve.

G.L.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
24 octobre 2007 - 02h20

Je reprends une phrase qui m’avait échappé dans le texte d’Elodie : les Américains, LIBERATEURS, peut-etre,......C"est ce qui se dit, mais....A l’automne 41, Hitler s’apperçoit que l’Opération Barbarrossa a échoué ( allez Cop, prépare-toi, y a de la polémique sur la planche ), mais il ne peut faire autrement que de continuer VERS LE CAUCASE : pétroles, blé, matières premières et installations industrielles. Il lui faut s’emparer de Stalingrad : noeud de communications et centre industriel. La bataille de Stalingrad commence à l’été 42 et se termine début janvier 43, mais l’Allemagne nazie est loin d’etre vaincue : à ce moment-là, c’est plutot kif-kif, et les dirigeants nazis décident en février-mars d’une bataille décisive. Ce sera la bataille de KOURSK, qui sera le véritable tournant de la guerre. L’affrontement sera préparé " à visière ouverte " pendant quatre mois, et les Allemands abandonnent le terrain avant d’etre tous massacrés aux alentours de la mi-aout 43. Les anglais, qui comme dit si joliment Liddle-Hart, chronique et historien militaire, avaient jusque-là " dépensé les vies RUSSES sans compter " décident avec leurs alliés américains, de " voler au secours de la victoire". Ce sera la conférence de Téhéran, qui se tiendra fin nobembre 43. Elle décidera de " l’ouverture du second front ", le débarquement de Normandie, que Staline ( ou l’URSS ) reclamait à cor et à cri depuis des mois et des mois. Jusqu’à mai 45, 80% de l’armée allemande combattront à l’Est et le front de l’Est coutera aux Allemands 80% de leurs pertes. Churchill dira après la capitulation l nous avons tué le mauvais cochon. En foi de quoi, il récupèrera toutes les divisions allemandes qui se seront rendues, y compris et surtout celles réchappées du front russe, et au leu de les démobiliser, les gardera dans des camps pour reprendre le combat contre l’URSS. Hein, qu’on en trouve des trucs rigolos, quand on s’interresse à l’histoire. Vieux stal borné.



Pourquoi ce silence ?
25 octobre 2007 - 15h27 - Posté par

"L’année 1939 est une année noire pour le Parti Communiste Français.Le pacte d’unité d’action communistes socialistes est rompu.La politique du Front Populaire n’est plus que nostalgie.La droite est revenue au pouvoir.La guerre approche à grand pas.Aprés le pacte germano-soviétique,le gouvernemnt décrète la dissolution du PCF,la CGT se déchire.Ses dirigeants,membres du PCF sont chassés des postes de direction.Les élus sont déchus de leurs mandats électifs.Des députés communistes sont déportés en Algérie.Ce sont les 27 du chemin de l’honneur.Un décret du ministre socialiste Sérol prévoit la peine de mort pour les communistes.

La chasse aux communistes est ouvertes dans tout le pays[.....]le long chemin de la clandestinité est pris par ceux qui échappent à la répression.Charles Tillon est de ceux-là.Alors qu’il est un simple membre du comité central,Benoît Frachon secrétaire national avec Jacques Duclos sur le territoire,lui confient la tâche de réorganiser le parti en province,il se trouve de fait à la tête de inter-régions de douze département,ce qui en dit long sur la confiance qui lui était accordée.

[....]S’organiser c’est bien,mais il faut agir.Au cours d’une réunion clandestine,tenue à Gradignan le 16 juin 1940,la déçision est prise de lancer un appel à la population.Charles Tillon esr chargé de la rédaction du texte,ce sera l’appel du 17 juin 1940,il est signé le Parti Communiste comme l’indique sa reproduction publiée dans un des livres édité aprés la guerre :"on chantait rouge",ce texte est aujourd’hui exposé au Musée de le Résistance,au Centre National Jean Moulin à Bordeaux.

[....]Paradoxalement il ne sera pas mis en exrgue par les instances dirigeantes du PCF,y compris lorsqu’une campagne d’une virulence inouïe déferle sur le pays tentant d’accréditer l’dée que l’entrée en résistance du PCF ne s’est faite qu’aprés l’invasion de l’URSS en juin 41.

[...]Sa participation au scrétariat national à été gommée de l’histoire du parti.Il en est de même pour Auguste Lecœur loin des valeurs communistes de Charles Tillon qui resta toujours digne et fidéle à ses engagement de toute une vie.Auguste Lecœur sombra dans un anticommunisme virulent aprés son exclusion dans les années 50.Néanmoins,il fut,c’est un fait,un des organisateurs de la résistance et membre du secrétariat clandestin.

Pourquoi ce silence ?plusieures hypothéses[...]il ne fallait pas faire de l’ombre à l’appel du 10 juillet 1940 signé de M.Thorez, et J.Duclos,appel marqué par la vision de l’URSS et par voie de conséquence l’internationale communiste de la nature de la guerre de 1940,considérée comme un guerre impérialiste.De plus Charles Tillon,simple membre du comité central avait enfreint le principe sacro-saint du centalisme démocratique en publiant cet appel quelque peu différent de l’état d’esprit de l’époque.

[...]Peut être pourra-t-on faire un lien entre ce texte et l’exclusion de Charles Tillon ?Toujours est-il que sept ans aprés la victoire sur le nazisme,des premiére sanctions s’abattent sur le glorieux chef des FTPF.

Le 7 décembre 1952,il est dans un premier temps non pas exclu,mais démis de toutes ses responsabilités au parti.Discipliné ,Charles Tillon met à la disposition du Parti tous ses mandats électifs:maire de Aubervilliers,conseiller général et députés de la seine.

En 1957 il sera lavé de toutes les accusations mensongéres portées contre lui,mais la blessure est profonde,elle ne peut se cicatriser.Aucun retour à des postes de direction n’est envisagé:il reste simple communiste dans une cellule d’Aix en Provence.

En 1970,un nouveau procés est instruit sous la houlette de Georges Marchais alors secrétaire général adjoint.Conformément au aus statuts ,il revient à la cellule d’Aix en Provence de commencer le procés,elle déçide de demander l’exclusion de son plus illustre adhérent.La fédé des Bouches du Rhône,d’accord avec la cellule,ratifie la déçision et transmet le dossier au comité central.La mécanique est bien réglée.La démocratie est"respectée",c’est la base qui propose !

A la réunion du comité central du 3 juillet 1970,la demande de la cellule d’Aix en Provence et de la fédération des bouches du rhone est acceptée.La déçision est définitive."

Tiré du livre "Héroïques"Cégétistes et communistes,résistants de la premiére heure.

Antoine Porcu.Geai Bleu Editions

Jeune et récent adhérent du PCF à ce moment j’ai vu de vieux camarades en pleurer de rage et de chagrin.Je n’ai pas oublié l’impression qui m’est resté jusqu’a aujourd’hui.Nous savions tous que c’etait du bidon et pourtant on est restés.Pourquoi ?parce que l’on pensait que l’on pouvait changer les choses de l’intérieur.On nous avait pas dit que le chemin serait aussi long !

Mais avant de m’accuser d’impolitesse et de grossiéreté Il fallait me dire que la parole du moustique socratique était parole d’évangile.

Roberto ces événements on ne me les a pas racontés,je les ai vécus !

Jean Claude Goujat

PCF Landes


Pourquoi ce silence ?
25 octobre 2007 - 18h18 - Posté par

Bon, Roberto Le moustique et toi, je pense qu’au fond vous êtes d’accord sur la question,
pour dire que Tillon a été viré deux fois pour ses prises de position "anti-nomenklatura" ( j’appelle pas ça le Parti en ce qui me concerne...) - mais c’est vrai que quand tu as fait ta référence au fait que c’était sa cellule qui l’avait exclu, sans rien dire de plus, j’ai cru que tu cherchais à "dédouaner" la direction de l’époque de ce fait ( et je pense que c’est ce que d’autres avaient compris aussi...) .

Il se trouve, à te lire aujourd’hui, que nous nous sommes plantés sur notre interprétation et donc, à lire ce que tu viens d’écrire, moi je te présente mes excuses (même si je n’ai rien dit, je dois t’avouer que je l’ai pensé !!) -

C’est encore une leçon de la communication sur internet
on me reproche souvent d’être" longuette" mais je sais trop (pour l’avoir expérimenté plusieurs fois à mes dépens) les débordements auxquels peuvent donner lieu des propos lapidaires ou incomplets. Un conseil à certain-e-s donc : n’ayez pas peur allez au fond de votre pensée , d’être clairs et sans ambigüité et signalez votre état d’esprit par des "emoticons" type _ ;-) (humour ) :-) (ravi) :-( (désolé) :-I (vexé)  :- (fâché) etc (en attendant que bellaciao en mette qques uns à notre disposition un jour ;-)) , ça aide à gagner du temps et aussi à mieux se comprendre

La Louve


Pourquoi ce silence ?
25 octobre 2007 - 19h53 - Posté par

Un dernier petit mot, je serai très rigoureux concernant mon témoignage par respect pour mes camarades et VSB.... ma famille car les acteurs principaux sont décédés et je n’ai pas reçu d’autorisation poste mortel et pour l’histoire.

Je me suis décidé car je suis révolté comme vous avec toutes ces inecxatitudes, ces caricatures et profanations.

Par contre je m’interroge depuis longtemps sur le stalinisme et ses relais ?? mais je n’ai pas à distribuer des bons points. Salut et fraternité. F de M


Pourquoi ce silence ?
25 octobre 2007 - 23h59 - Posté par

Salut Francis de Montmartre, on a commença une polémique avec Cop sur le stalinisme, la bureaucratie, suite à un article d’Elodie et ça fait un moment que je mouline ces questions pour une bonne raison : qui ignore l’Histoire se condamne à la revivre. Alors, j’essaye d’apporter ma modeste contribution, mais ce qui me laisse assez dubitatif, c’est de voir le nombre de gens qui " sautent sur leur chaise comme des cabris en criant stalinisme, stalinisme ". Ceci dit, meme si j’ai pas bon caractère ni des tonnes de patience, je ne suis pas méchant pour un rond, et foutre en taule des gens pour le simple motif qu’ils ne sont pas d’accord, c’est pas vraiment mon truc. Tout ça pour te dire que je suis toujours preneur quand il s’agit d’apprendre. Salut et gros poutous à la petite Elodie. Vieux stal borné.


L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
28 avril 2008 - 19h44 - Posté par Orman

Très beau texte, que j’approuve à 95%. Seul bémol : la question "Pourquoi le PCF aurait-il été interdit dès 39 s’il n’avait pas été résistant ?".

Ben justement, il a été interdit parce qu’il était pro-nazi. Ou plus exactement, anti-anti-nazi.

En 39, France et Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne hitlerienne à la suite de l’invasion de la Pologne. Le PCF, sur ordre de Moscou (du Komintern, exactement) et dans la logique du pacte germano-soviétique, dénonce cette guerre et appelle à la grève dans les usines d’armement. Ce comportement, alors que le pays est en guerre, est qualifié "intelligence avec l’ennemi". Le PCF est interdit et les députés communistes déchus de leurs mandats.

Donc, le PCF n’a pas du tout été interdit en 39 pour acte de résistance. C’est tout juste le contraire.

Ravi d’avoir pu répondre à ta question.

Amitiés,



L’appel de Charles Tillon du 17 juin 1940
29 avril 2008 - 10h02 - Posté par

Mais dis donc Orman !

Petit malin va...

Tu crois que parce que tu viens poster tes thèses révisionnistes sur des textes de l’an dernier personne en va te voir et que ça servira pour plus tard ?

Raté.

Reprenons ( je crois que tu as besoin d’une petite remise à niveau historique).

Hitler, Mussolini, Chamberlain ( envoyé GB) et Daladier (envoyé France) signent les Accords de Munich le 27 ou 28 septembre 1938. Les deux zozos reviennent en déclarant que M. Hitler est un "gentleman".

On connaît la suite, qui fera dire à Churchill : « l’Angleterre avait le choix entre déshonneur et la guerre. Elle a choisi le déshonneur, et elle aura la guerre. »

Dans la foulée, Daladier qui pensait se faire trucider en revenant en France,voit quil n’est rien - il en profite pour se débarrasser des communistes (anti-munichois dès l’origine pour des raisons évidentes...)

Molotov-Ribbentrop signent le "pacte germano -soviétique) le ...23 août 1939 !! C’était donc la réponse du berger à la bergère et l’on sait pourquoi. Et heureusement que cela fut joué ainsi d’ailleurs.

Voili voilou.

La Louve





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