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Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
de : La Louve
vendredi 8 janvier 2010 - 11h34 - Signaler aux modérateurs
51 commentaires
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de La Louve

Alors, voilà, j’écoute et je lis ce que disent les uns et les autres ( défenseurs ou juges à charge) d’Albert Camus à cette occasion du quarantième anniversaire de sa mort accidentelle.

Je n’ai pas le temps de rentrer complètement dans le détail de ce qui m’a amenée à cette hypothèse, mais il me semble que ce dont la plupart des intervenants souhaitent parler au fond, c’est du grand tabou de la guerre d’Algérie.

Mais encore, d’en parler d’une certaine manière. Avec du recul, plus de recul, moins d’affects. D’un point de vue historique justement.

Comme si le temps était venu de lever le tabou, de briser le silence, d’analyser...

(Attention, et ce sera ma précision d’importance, mais je dois la faire - ce n’est nullement pour moi une façon d’en appeler à ces "réconciliations nationales" bidons que l’impérialisme a le secret de nous imposer, genre "on est tous frères et sœurs au pays des Bisounours maintenant que la guerre est vraiment finie, tous ensemble tous ensemble ouai" !).

Peut-être me trompé-je cependant, et je suis ouverte à la démonstration contraire.

Car au fond, sur Camus, on ne parle essentiellement que de cela.

Camus et l’Algérie.

Camus et la guerre d’Algérie.

Camus et "sa" guerre d’Algérie.

Camus et son célèbre mais TOUJOURS tronqué « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. » , interprété presque systématiquement comme aveu, parti-pris colonialiste.

Camus contre Sartre, ou Sartre contre Camus, guerre d’Algérie, Manifeste, Prix Nobel - GUERRE D’ALGÉRIE.

Parenthèse- Je ne m’en sors jamais, de ce Kacew de Lituanie qui se fit appeler Gary, mais je viens de finir "L’affaire homme" donc, un recueil d’articles ou d’interviews de Romain Gary écrits ou donnés entre 1957 et sa mort (on "célèbrera" d’ailleurs les 30 ans de son suicide le 2 décembre de cette année) qui comportent des joyaux de philosophie, d’analyse et de poésie (enfin c’est mon avis, et je le partage !) et notamment, la préface que Gary fit à l’édition américaine de "La Peste" de Camus.

Or ce n’est pas cela que j’aimerais citer d’abord à propos de Camus, et pour illustrer ce "mauvais procès" qu’on lui fait actuellement - parce que l’intellectuel, comme nous tous d’ailleurs en règle générale, n’est plus courageux-, mais une interview de Gary par Jérôme Le Thor qui lui demande "Quels sont vos rapports avec le monde en général , par exemple avec le monde politique ?"

Et voici ce que répond Gary, - que je trouve finalement mille fois plus juste et plus humble que ce que répondait un Sartre au même genre de question, lui qui se fit un devoir de correspondre à la mythologique figure de "l’intellectuel engagé" -

"Je me suis complètement dégagé de toute participation politique à la petite semaine. Les grandes options sont évidentes dans mon œuvre. Étant donné le poids écrasant du passé historique, toute notion de "solution" est inconcevable dans l’immédiat.
Le noir et le blanc n’existent pas : le choix est presque toujours entre le moins mauvais et le pire. Je ne signe pas les manifestes parce que mon œuvre entière est un manifeste. Il y a cependant une identification entre moi et le gaullisme historique qui a fait que toute la critique de gauche -sauf les communistes- m’est toujours systématiquement tombée sur le dos. Par exemple, Guy Dumur, un jour, a conclu à propos de mon livre, chien blanc, qui est une défense de la faiblesse et où le "faible" - the underdog- gagne à la fin : "Les faibles sont toujours perdants dans l’oeuvre de Romain Gary : ce n’est pas pour rien qu’il est gaulliste." J’ai gardé cette phrase en mémoire, avec son sous-entendu quasi-fasciste, non que j’en veuille au critique en question, qui se débat comme il peut dans la vie, mais parce qu’elle montre les a priori tendancieux que les critiques professionnels, ceux de la dialectique conçue comme une fin justifiant les moyens, servent avant tout souci de justice à l’égard d’une œuvre. Le roman a toujours une un contexte politique, mais les options politiques pratiques immédiates, ce que j’appellerai la technique d’application des principes, est rarement à la portée du romancier parce qu’il n’est pas omniconscient. J’ai horreur des transferts de compétence. Dostoïevski était un génie, mais qui donc irait confier le destin du monde à Dostoïevski ? ou à Céline ? Vous savez une œuvre romanesque peut dégager ou défendre des idées admirables mais tout est dans la manière de les appliquer, et là, tout peut devenir massacre. Il est évident , dans mon œuvre, que les moyens que l’on emploie pour atteindre un but juste sont au moins aussi importants que les buts poursuivis. Une civilisation ce sont d’abord les moyens."

Il me semble que ce que dit Gary ici, c’est en parfaite résonance avec cette fameuse préface à "La peste" où il dit :

"Camus ne proposait ni traitement ni vaccin philosophique, il savait que personne n’était immunisé. Mais il pensait qu’un homme atteint un stade critique lorsqu’il commence à croire qu’il a "absolument raison". Je cite ses mots : "Croire qu’on a absolument raison est le début de la fin".

Alors, qu’on reproche à Albert Camus cette position philosophique qui me semble justement décrite ici entre autre, par Gary, ce point de vue sur la vie, ce qu’elle doit être, en général, qu’on pourrait appeler "la défense du droit de douter en tout temps, y compris en temps de guerre", pourquoi pas.

Mais dans ce cas le sujet est nettement, plus vaste que ce qu’on lui prête sur la guerre d’Algérie.

Or il me semble que, ces derniers jours, ce n’est pas ce dont il s’agit.

Et qu’en revanche, si le besoin se fait tant sentir de focaliser cette critique philosophique SUR la guerre d’Algérie exclusivement, et bien qu’on ait le courage ou l’honnêteté, ou la clairvoyance de se dire au moins : "Non ,le vrai sujet ici ce n’est plus Camus, c’est ’la guerre d’Algérie’. Le doute est il possible, non pas au sujet de la légitimité de la "décolonialisation" - là le doute n’est pas absolument pas possible - , mais au sujet de la façon dont s’est déroulée cette lutte légitime ?" Y a t il ou non la possibilité de questionner aujourd’hui avec une position plus "historiciste", la guerre d’Algérie en soi, et ce qu’il en advint, l’indépendance de l’Algérie telle qu’elle est (et nullement "l’indépendance en soi"), et dans son entièreté, si possible ?

Non pas pour "refaire l’histoire" et donner des bons ou des mauvais points (je pense que l’on ne peut pas juger en temps de paix de la même manière qu’en temps de guerre et que c’est facile de dire "ah, moi j’aurais fait ceci ou cela" - et je pense que Camus ne disait rien d’autre dans son fameux "entre la justice et ma mère..." - la situation d’exception qu’est une guerre implique de la part de ceux qui analyseront plus tard de tenir compte ABSOLUMENT de ce contexte très précis). Mais pour analyser au plus juste, dans la mesure du possible presque "froidement", avec du recul, ce qui s’est passé, et sans prendre les vessies pour des lanternes ou se complaire dans une position facile qui consiste à dire "Si ma tante en avait elle s’appellerait mon oncle", mais pour préparer l’avenir.

Alors, si cette intuition est juste, et bien allons-y, parlons (enfin ?) de la guerre d’Algérie, sans détours,du mieux que nous pouvons du point de vue de 2010, où l’Algérie et le peuple de ce pays existent désormais (et c’est heureux) comme un "en-soi", et de l’avenir de l’Algérie et du "peuple" algérien (ou plutôt, des peuples qui composent ce qu’on doit appeler la nation algérienne), et laissons les ossements de Camus où ils sont.

Mais ce n’est pas très juste de cacher derrière de prétendues critiques littéraires ou d’un écrivain, un désir qu’on ne veut pas assumer (même si je peux aussi comprendre pourquoi on ne veut pas ou on pense ne pas pouvoir assumer ce désir sur un sujet tel que celui -ci à l’époque que nous traversons)...

http://osemy.blogspot.com/2010/01/g...



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Commentaires de l'article
Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 11h41

Qui a écrit ce remarquable article ? C’est toi Osémy-Elodie ?

Al.



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 11h42 - Posté par

oui oui c’est moi. ;) Dingue non ?


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 12h01

Eh bien moi j’ai toujours préféré Sartre et ses imperfections à Camus. Personne ne se demande pourquoi nos médias n’ont jamais célébré un quelconque anniversaire du premier ni pourquoi l’idée est venue à qui vous savez d’honorer le second du Panthéon.



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 12h10 - Posté par

Si si on veut bien se le demander et j’attends ta suggestion avec impatience....

Parce qu’il y a une réponse toute prête à ce type de raccourcis très faciles !

(Le nain insupportable a récupéré Jaurès et Guy Môquet entre autres- alors POURQUOI, selon ton même raisonnement bien sûr ???!!!!!!!)


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 12h17 - Posté par

Et dis moi le Sartre qui a accepté le titre de Docteur Honoris Causa de l’Université de Jérusalem en 1976 tu le kiffes aussi ? ;)


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 12h24 - Posté par

Pour Jean Amadou, cette représentation est plus ambiguë : « En 1943, dans l’année la plus noire de l’Occupation, il fit jouer à Paris Les Mouches. C’est-à-dire qu’il fit très exactement ce que fit Sacha Guitry, donner ses pièces en représentation devant un parterre d’officiers allemands, à cette différence qu’à la Libération Guitry fut arrêté alors que Sartre fit partie du Comité d’épuration, qui décidait quel écrivain avait encore le droit de publier et quel autre devait être banni. André Malraux qui, lui, avait risqué sa vie dans la Résistance, ne se crut pas autorisé pour autant à faire partie de ce tribunal autoproclamé. » Michel Winock estime que « ce fut la rouerie de Sartre de transformer un échec théâtral en bénéfice politique ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-P...

Personnellement, je ne me sers pas de tout ça pour juger de l’oeuvre de Sartre.

Qu’il ait refusé le Nobel et accepté le titre de l’université de Jérusalem en 76 (c à d 3 ans après la guerre du Kippour et 1 an après que l’ONU assimilera enfin le sionisme au racisme) je ne m’en sers pas pour juger de l’oeuvre en soi et démonter le philosophe.

Mais je refuse qu’on fasse de Sartre un héros anti-Camus qui lui aurait été le salaud.

TROP FACILE !

Tout ça pour te dire, mon cher, dans ce genre de domaine très glissant, si on veut chercher des poux dans la tête à quelqu’un et notamment à un "intellectuel" on trouvera bien - et il y a des chances que plus il va se prétendre sur de son fait et engagé, plus cela sera facile....


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 12h37

"Raccourci très facile", oui, parce que ce n’est pas le lieu de discuter de l’oeuvre philosophique et littéraire de l’un et de l’autre. Sartre est un grand bourgeois qui a réduit à minima sa mauvaise foi constitutive alors que Camus, d’origine prolétaire s’est peu à peu doté de cette même mauvaise foi. Nous n’avons pas les mêmes références culturelles.
Quant au Sartre vieillissant, tout le monde sait qu’il a été récupéré par un obscur maoïste devenu un brillant sioniste, ce qui n’étonne personne un peu au fait de ce qu’a d’aléatoire toute trajectoire individuelle. Jesse



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 12h57 - Posté par

"Raccourci très facile", oui, parce que ce n’est pas le lieu de discuter de l’oeuvre philosophique et littéraire de l’un et de l’autre.

Mais si on pourrait - et puis c’est pas moi qui ai commencé sur ce coup là, mais toi !

C’est intéressant ça

Sartre est un grand bourgeois qui a réduit à minima sa mauvaise foi constitutive alors que Camus, d’origine prolétaire s’est peu à peu doté de cette même mauvaise foi.

et je serais presque d’accord je l’ai pensé aussi même. Et puis finalement, je me dis, d’où ça sort cette histoire de mauvaise foi/bonne foi de l’autre ?!!

ahlllaallaaa - "LA FOI" on a bien du mal à s’en sortir hein Jesse ?

c’est quoi la BONNE, la MAUVAISE FOI ? et qui en juge comment dis moi ?

En tout cas c’est bien tu mets le doigt exactement sur ce que j pense que en effet les intellectuels du PC ont reproché très facilement à Camus sans jamais oser le dire clairement, et qui s’est poursuivi dans l’éducation des militants de ce parti : Camus un abjecte prolétaire devenu un petit bourgeois. N’est ce pas ? Camus, l’intellectuel fils de prolétaire qui SURTOUT QUITTA le PARTI COMMUNISTE.

Mais dites le, bordel , et ce sera plus simple que de tourner autour du pot avec de mauvaises raisons : le PCF, son intelligentsia, ont "banni" Camus parce que Camus a quitté le PCF. Camus est devenu le traitre, le petit bourgeois ou pire "l’embourgeoisé" comem tu le dis d’une autre manière...

Tiens pour ceux qui veulent lire qque chose de vraiment intéressant, notamment au niveau des références, sur "Camus et le communisme" de Dominique CELLE sous la direction de JF SIRINELLI :

http://webcamus.free.fr/download/ac...

Alors... VIVE SARTRE !!!!!!????

Ps : J’adore le "Nous n’avons pas les mêmes références culturelles". ...


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 14h08 - Posté par

D’ailleurs autant pour moi je dois préciser...Camus quitta tellement le Parti d’alors qu’il fut ....EXCLU pour "dissidence" !

Fasciste, trotskiste...les premiers à le salir furent souvent d’anciens "camarades" du PC opposés au mvt fondé par Messali hadj et dont Camus était très proche.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 15h01 - Posté par

Polèmique Camus-Sartre on connait, mais polémique Camus-Pcf ? je manque d’éléments...


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 15h31 - Posté par

Au risque de me répéter :

"Camus et le communisme", entre autre

ICI

http://webcamus.free.fr/download/ac...


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 17h06 - Posté par

Merci pour ce lien vers un travail universitaire bien documenté mais bien calé sur les rails de la pensée dominante actuelle (René Rémond pour apprécier l’action du Pcf dans la formation du Front Populaire....) Manque toute référence au voyage de Thorez à Alger pour la création du PCA où est lancé l’idée de l’Algérie : nation en formation. Le rapport de Camus à cette notion, intermédiaire entre la position "anticolonialiste" de l’IC et le sentiment "franco-français" des prolétaires pieds noirs majoritaires au PCA, qui sera, plus tard, reproché au Pcf, n’est pas évoqué. Pas plus que la contradiction apparente entre son "exclusion" du Pcf et son embauche comme journaliste, dans le journal du PCA, "Alger Républicain"....


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
9 janvier 2010 - 10h07 - Posté par

Bien sûr que c’est "sur les rails de la pensée dominante" ?!!!! Tu t’attendais à quoi ?Y’a encore une grande production intellectuelle communiste selon toi ? Faut nous renseigner alors, j’étais pas au courant. En même temps, si les cocos écrivaient plus et mieux -et honnêtement - sur, justement, ce genre de sujets, on n’en serait pas réduits à piocher dans les "travaux universitaires bourgeois" hein ?

Parce que moi si j’ai le choix entre Lacroix Riz et Courtois j’hésite pas une seconde, je prends Lacroix Riz, la dernière "grande et (vraie) intellectuelle" communiste (et je le pense en dépit de certaines critiques qu’on peut lui faire).

Bref, écoute ensuite tu écris l’histoire comme tu veux. Heureusement qu’il y a des camarades au PCF qui ne font pas comme toi la politique de l’autruche et reconnaissent que le rôle du PCF a été plus que louche trouble et amlbigu au sujet de la guerre d’Algérie car il y avait bien deux courants (il y a tjs eu - les internationalistes, les vrais, qui étaient donc farouchement pour la libération des peuples par eux mêmes-, et les autres). Quant au fait que Camus n’aurait pas été exclu, l’auteure de ce mémoire documente - toi tu "supposes". tu vois la nuance ? Alors ok pour critiquer - mais avec un peu plus d’éléments STP. Sinon on est vraiment dans la "défense affective" et je pense que c’est justement le contraire de ce qu’il faut aujourd’hui.

Alors tu veux parler du PCA et de Thorez ? Ben allons-y. Nous t’écoutons. Qu’est il allé faire à Alger et qu’a fait le PCA ?


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
9 janvier 2010 - 11h23 - Posté par

Envoyé du PCF, Robert Deloche, est considéré comme étant « la véritable autorité du PCA avec pour rôle d’appliquer les directives du PCF ». Il accuse Albert Camus d’être trotskiste, ce qui conduit à l’exclusion de l’écrivain par le PCF à l’automne 1937.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 13h38 - Posté par Roberto Ferrario

Tiens tiens notre" chere mascotte" Jesse, le "pompier" de service, le mec que se permet de juge, et que profère l’accusation imparable, indiscutable, irréprochable...

"TU EST UN MAOÏSTE...."

Jesse le gardien de la "FOI", du temple, des écrits...

Et oui chez pas mal des stals la politique et en particulier "l’idéologie communiste" ressemble fort a rient d’autre que, a une "religion orthodoxe" ou "l’excommunication" est le "pain quotidien"...

La recherche de la "pureté" et de infaillibilité" amène au "sectarisme" a "l’exclusion" avec (comme dans l’inquisition") tous "l’arsenal" des accusation classique...

Franchement rient a voir avec les plus élémentaires bases du marxisme, ou la dialectique et "exaltation de les contradiction" on été le fondement de toutes discussion et avancé historique du mouvement communiste, le débat et la confrontation a été l’essence dans les premiers mouvements communistes et dans la préparation de la révolution russe... juste a l’arrêt brutal après la "prise du pouvoir" de part du "moustachu", que a rient a envie d’un vulgaire "coup d’état" quelconque...

Et a cet moment la le "débat" c’est transformée en "exécutions sommaire" de presque tous le dirigent communiste en URSS...

Et voila que on essaie de répété les même choses aujourd’hui, le faux procès d’intention, les accusation gratuite, la diffamation, l’intoxication de l’info... tous est bon pour démolir qui a été dans le passe avec nous et le salir avec le "révisionnisme historique" classique des ces gens la...

Inutile d’insister a raconté des mensonges, si quelqu’un est devenu "bourgeois" est bel et bien le PCF et dans tous les façon d’être, compris la façon d’expulsée ces propres militants que ont ose avoir des opinion propre...

Encore aujourd’hui et de plus en plus on assiste a de "règlement des conte" ou le PCF ne recule pas a "réglé" les débat envoient la police et utilisant les lois du pouvoir... les plaints judiciaires deviens argent courant pour "éliminé" certain camarades que sont considère comme des pestiféré...

Dans les commentaire de Jesse on retrouve les même façon de faire, même si on parle des chose du passe, la violence dans les accusation n’ont pas change...

"Nous n’avons pas les mêmes références culturelles"

Cet phrase donne l’envie de pense que "ces gens" font le chois de donne tous leur énergie a considère des "ennemie de classe" les camarades communistes plus que les capitalistes de tous gendre...

RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 15h32 - Posté par

Peut être qu’ils veulent dire " TUEZ un maoïste" et que tu comprends mal parce que tu as mauvais esprit ? ;)

hi hi hi LL


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 17h15

Le temps neigeux excite apparemment les esprits.
Gardien de la foi ? Ma foi... Chacun est gardien de la sienne, on dirait.
Un mot seulement. Je ne blâme en rien le fait d’avoir été maoïste je m’interroge seulement sur le grand écart qui consiste à partir de là à épouser le sionisme, ainsi que pratiqua Pierre Victor devenu Benny Lévy, élevé dans le marxisme-léninisme althussérien(des qualités intellectuelles duquel j’ose dire que je ne pense pas beaucoup de bien).
J’ajoute que je doute que les Révolutionnaires qui croient à la bonne foi ( voir pour s’amuser dans L’Etre et le Néant l’analyse de la foi de la mauvaise foi) de la classe qu’ils veulent éliminer et dépasser en aient les moyens.
Et je peux dire ici que je considère Sartre comme un philosophe léger (il l’a lui même reconnu en annotant des pages et des pages de Hegel :"C’est lui qui a raison, c’est lui qui a raison !...") mais comme le plus grand romancier du XXéme siècle.
Ma foi...



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 17h33 - Posté par Roberto Ferrario

Et bien on rame mais on reponde pas clairement...

Comme dab on lance la pierre mais on cache la main...

RF

PS : moi je me presente (patte blanche...) avec nom et prenom...


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 18h50 - Posté par sam 82

Camus et la guerre d’Algérie .

Camus trouve légitime de dénoncer a juste raison la dépendance imposée par la force au peuple algérien . ainsi que l’attitude des français . mais sur le fond il ne combattait pas la domination coloniale . car il était contre le principe de la construction de l’algérie en nation indépendante . avec pour prétextes entre autre que les arabes étaient manipulés par l’URSS , refrain repris a l’époque par toute la droite et les sociaux démocrates . par contre il préconisait une intégration de l’Algérie dans la république française par processus parlementaire qui aurait obligé a modifier la constitution . pour ma part je pense que Camus avait tort car qu’on le veuille ou non , qu’un peuple ait la volonté d’être indépendant en l’occurrence au travers de la nation algérienne , rien de plus normal . d’ailleurs ne déclarait -il pas a propos de l’indépendance de l’Algérie que ce serait ( pour la nation française le prélude d’une sorte de mort historique et pour l’occident le risque d’un encerclement qui aboutirait a la kadarisation de l’Europe , et a l’isolement de l’Amérique ) . ces propos sont d’une étonnante actualité , et peuvent servir de base a tous les tenants qu’ils soient de droite ou de gauche de la théorie coloniale du choc des civilisations . même s’il s’apitoyait sur la misère des algériens , sur le fond Camus est resté colonialiste comme la majorité de la dite gauche a l’époque . et encore aujourd’hui la question reste posée avec la domination de l’impérialisme capitaliste , qui n’est qu’une colonisation des peuples du monde qui n’ose pas dire son nom . et droite et gauche sont toujours sur la même longueur d’onde . comme quoi la gauche reste la solution de rechange pour le mode production capitaliste , et camus est une de ses références . sam 82 .



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 19h38 - Posté par

La guerre d’Algérie, pouvait être évitée mais pas la décolonisation. Et le 2 janvier 1956 une majorité PS-PC a été élue sur la base de la négociation avec le FLN. Ma Guy Mollet a capitulé devant les colons. Une solution satisfaisante pour tous les prolos d’Algérie (arabes et blancs) pouvait se dégager, qui aurait été très profitable au peuple algérien, mais il fallait réembarquer les colons !


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
9 janvier 2010 - 10h10 - Posté par

Mais où sont les preuves , les PREUVES du colonialisme de Camus, Sam82 ? On n’attend que ça, des PREUVES ( pas des citations tronquées ) pour discuter sereinement de ce sujet.

Pour l ’instant je n’ai rien lu de tel nulle part - donc j’attends.

Et du coup j’attends aussi que l’on se mette au clair avec TOUS LES ACTEURS de l’époque alors y compris le PCF - car le premier qui va tenter de faire passer le PCF pour irréprochable dans cette histoire de l’indépendance est un menteur.

Moi je maintiens que le fond du pb dans l’histoire ce n’est pas Camus, Camus c’est un détail de cette guerre.

LL


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
9 janvier 2010 - 11h57 - Posté par sam 82

salut LL

si tu peut te procurer le monde diplomatique du moi de novembre 2000 , sur lequel il y a un article d’Edward Said intitulé Albert Camus ou l’inconscient colonial très instructif sur le sujet ,et ou se trouve la citation . alors que le fond du problème ne soit pas Camus c’est certain , mais il a quand même participé a entretenir l’illusion que la question coloniale algérienne pouvait être résolue sans donner l’indépendance au peuple algérien avec une nation algérienne indépendante . pour ce qui est de l’anti communisme oui Camus était anti communiste , et dire cela ce n’est pas gommer les erreurs du PCF sur les questions coloniales . a ce sujet je me permet si tu es intéressée par la question la lecture du bouquin : les communistes français et la guerre d’Indochine - de Alain Ruscio historien et communiste je ne sais pas s’il est toujours au PCF . il a écrit également ; : le crédo de l’homme blanc , ainsi que la décolonisation tragique . c’est un spécialiste des questions coloniales . mais peut être l’a tu déjà lu . sam 82 .


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
9 janvier 2010 - 15h24 - Posté par François Pellarin

En ce qui concerne le passage (environ 2 ans) de Camus au PC il y a au moins deux versions :1)Camus a quitté le Parti 2)Camus a été viré.

Pour la deuxième hypothèse il aurait été viré pour avoir dénoncé les "camps soviétiques"et,de ce fait, se serait vu reproché de décourager la classe ouvrière.

Je ne sais pas où est la vérité mais ce qui est sûr c’est que si Camus a dénoncé les camps ,il n’a fait aucune distinction avec la direction stalinienne du parti.Il se serait donc,comme beaucoup,servi du stalinisme pour discrédité le communisme.Amalgame facile dont les traitres se servent aujourd’hui encore.

Mais il faut rester prudent,je parle au conditionnel,même si beaucoup de gens partage cette thèse.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
9 janvier 2010 - 15h58 - Posté par

Mais il faut rester prudent,je parle au conditionnel,même si beaucoup de gens partage cette thèse.

C’est bien le moins qu’on puisse dire. En 38, quand on parle des camps de travail en URSS, il ne s’agit que d’un système pénitentiaire original. Et d’ailleurs en parle-t-on ? Soljénitsyne n’y entrera qu’en 45, et ne sera publié qu’en 62 !

Pour répondre à LL, s’il n’est pas sérieux de qualifier Camus de "colonialiste", il reste difficile de le ranger dans les anticolonialistes parceque, jamais, il ne préconise l’union entre les prolos pieds noirs et les arabes contre la mini-minorité bourgeoise coloniale qu’il fallait déposséder.

A partir du moment où à l’union de classe on préfère l’union de race, la valise devenait l’issue obligée. Pour avoir connu l’Algérie en 65, j’ai pu mesurer le coût qu’elle a payé pour le départ des 10% de pieds noirs, surtout dans les zones urbaines.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
10 janvier 2010 - 12h28 - Posté par François Pellarin

Pourquoi 38 ? Je ne parle pas du moment précis où Camus a quitté ou a été viré du Parti,je parle des publications faites à partir de 55.D’ailleurs ces publications étaient ,quasi interdites.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
10 janvier 2010 - 17h58 - Posté par

http://tarn.pcf.fr/Monsieur-le-Pres...

Monsieur le Président, devenez camusien !

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d’accueillir les cendres d’Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République

3 janvier 2010

au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : " Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu’une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l’éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l’histoire sans jamais commettre d’erreurs : il n’a jamais, bien sûr, commis celle d’une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s’engager pour combattre l’occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s’est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l’Ouest pour l’estimer totale à l’Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

Camus fut l’opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d’autres se révélèrent si petits.

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l’instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d’origine en devenant, par la culture, les livres, l’école, le savoir, celui que ’Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : " Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé. " Dès lors, c’est à La Princesse de Clèves que Camus doit d’être devenu Camus, et non à la Bible.

De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l’américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d’une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d’autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.

Savez-vous qu’Albert Camus, souvent présenté seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c’est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu’il n’ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l’argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l’impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains.

Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande " une vraie démocratie populaire et ouvrière ", la " destruction impitoyable des trusts ", le " bonheur des plus humbles d’entre nous " (OEuvres complètes d’Albert Camus, Gallimard, "La Pléiade", tome II, p. 517) ?

Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, " désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit ", et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n’a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L’Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l’inconscient collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le " syndicalisme révolutionnaire " présenté comme une " pensée solaire " (t. III, p. 317).

Est-ce cet Albert Camus qui appelle à " une nouvelle révolte " libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la " forme de la propriété " dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n’est pas une exception, c’est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : " Le pouvoir rend fou celui qui le détient " (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l’anarchiste, le libertaire, l’ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d’Etat qui s’illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l’emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lorsde vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d’ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l’occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.

Camus parlait en effet dans L’Homme révolté de la nécessité de promouvoir un " individualisme altruiste " soucieux de liberté autant que de justice. J’écris bien : "autant que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c’est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c’est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c’est l’Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d’âme ; la justice sans la liberté, c’était l’URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l’incarnation souveraine, n’est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd’hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes , dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n’est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs, descendants aujourd’hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d’Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu’aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?

Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu’elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé " La condition ouvrière " qu’il fallait faire " participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national" (t.III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate...

Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l’intelligence contre les partisans du sang de l’armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c’était par défaut : Albert Camus n’a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu’elle soit morale.

Comment comprendre, sinon, qu’il écrive dans L’Express, le 4 juin 1955, que l’idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l’opportunisme des totalitarismes du moment et qu’elle " réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté " (t. III, p. 1020) - ce qui dans L’Homme révolté prend la forme d’une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien... Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n’est pas la critique de tout le socialisme, loin s’en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l’hégémonie d’un seul.

Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu’il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin... Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l’efficacité de son exemplarité (n’est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.

Donnez-nous en effet l’exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu’au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n’entendez pas mener une politique d’ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l’action politique à l’amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire...

A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d’un Camus au Panthéon, qu’à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n’aura pas été opportuniste, autrement dit, qu’elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu’en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l’origine d’une authentique révolution qui nous dispenserait d’en souhaiter une autre.

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.

Michel Onfray


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
11 janvier 2010 - 16h15 - Posté par

Je n’aime pas du tout Onfray - mais sur c coup là je partage plutôt pleinement son avis sur la question.

Camus est pour moi un communiste, anti stalinien, anti soviétique, mais certainement pas "trostkiste", et un anti colonialiste. Et oui je pense qu’on peut être anticolonialiste ET pacifiste.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
11 janvier 2010 - 16h11 - Posté par

Je ne sais pas où est la vérité mais ce qui est sûr c’est que si Camus a dénoncé les camps ,il n’a fait aucune distinction avec la direction stalinienne du parti.Il se serait donc,comme beaucoup,servi du stalinisme pour discrédité le communisme.

 ???? C’est TOI qui dis ça François ?? pincez-moi je rêve...

alors les trotskistes qui dénonçaient la direction stalinienne française ÉGALEMENT en prenant appui sur l’existence des camps, ce sont de vils anti-communistes ? ;)

J’ai du mal comprendre. Peux tu préciser STP... Merci

LL


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
11 janvier 2010 - 17h43 - Posté par Roberto Ferrario

Je me suis tous le temp demande : "Pourquoi historicament en France pour etre "communiste" sans etre ni des "mutants" ni des "neo social dem" on doit etre obligatoriement dans trois categorie : staliniste, trotskiste, ou maoïste...(plus les centaines d’autres sous categorie...ou on peux trouve des melange de trois a differents degres...) ?

Pourquoi n’a pas esisté un mouvement radicalement ancré avec l’ideologie, la theorie et la pratique communiste sans faire part des ces trois "aberrations"... ?

C’est ne pas un hasard que memme de "neo, filo ou se que voule trotskiste" arrive a soutenir que etre "anti stalinien" équivaut a etre des "anti communiste"...

Moi aussi je te demande François des explication...

RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
11 janvier 2010 - 22h45 - Posté par La Louve

Slt Sam

Tjs pas d’accord avec ton interprétation de Camus, désolée.

C’est l’interprétation classique d’une grande partie du PCF qui prend ses racines dans une histoire au fond plus complexe et qui n’a que peu de choses à voir avec l’Algérie au bout du compte.

Mais cette interprétation est fausse et pour le coup extrêmement orientée.

Toute l’oeuvre de Camus et sa vie CRIENT l’inverse de ce mensonge.

D’ailleurs personne ne m’a jamais mis sous le nez un passage de Camus où il clame qu’il est "Algérie française" ! Pour cause, un tel passage n’existe pas. La seule citation (tronquée) qu’on donne est tjs la même - mais elle est aussi tjs TRONQUÉE et sortie du contexte.

Pas de bol Camus qui a cumulé quatre "handicaps" pour certains d’alors, 1 être pied-noir, 2 être fils de prolos 3 être pacifiste et 4 être critique vis à vis de la direction stalinienne et néo stalinienne du PCF.

Le jour où les gens (je ne parle pas de toi) qui ont monté ce bateau de "Camus colonialiste" auront autant de considération pour l’humanité que Camus, ils pourront parler.

Mais Camus touche et a tjs touché à LA question qui n’en a pas fini de traverser le PCF (et de nombreux partis plus ou moins héritiers de la 3ème internationale et du "marxisme-léninisme") :

LA FIN JUSTIFIE T ELLE TOUJOURS LES MOYENS ?

Si oui.. Alors 4 millions de morts et l’épuration de 95% du Comité central du parti bolchévique, ce n’est RIEN ou plutôt , pire, c’est "dramatique" mais c’était "nécessaire", Si OUI alors on peut cogérer jusqu’à la dégueulade avec le PS le Modem et j’en passe, Si OUI alors on a toujours raison même quand on a tort car il suffit au besoin d’invoquer les "circonstances exceptionnelles" et "la lutte contre l’ennemi de classe" pour justifier les crimes de toute sorte.

Malheureusement si c’était aussi simple ça se saurait.

Moi je dis : Ce n’est pas parce que ce qui représentait alors majoritairement "le communisme" était attaqué par la bourgeoisie (sans blague) qu’on devait taire ses critiques et ses refus. Ce n’est pas parce qu’on formulait ces critiques qu’on était un "anticommuniste" (on pouvait l’être bien sur mais pas "nécessairement"). C’est le non débat en temps et en heure qui a flingué tous ces partis et hélas, pour longtemps encore , l’espoir que pour des millions de gens, le socialisme révolutionnaire, le communisme, ont suscité, bien plus encore que les crimes avéré qu’on peut reprocher à Staline et aux directions qui ont suivi (qui ont été presque pires de mon point de vue que ce qui s’est passé sous Staline himself)/

A ce tarif là, à quand TILLON "ANTICOMMUNISTE" ???

Remarque, TILLON a bien fini par être exclu du PCF - et pas après 2 ans et demi de Parti, non... Juste un demi-siècle...

http://www.ina.fr/economie-et-socie...

Remarque, ça a été dit, dans les années 70 par DUCLOS lui-même - il dit l’opération garaudy était anti-communiste et l’affaire tillon qu i est la relance de l’affaire garaudy est une opération anti communiste... :)

http://www.ina.fr/politique/partis-...

Bref.

Soyons sérieux camarades s’il vous plait et ouvrons les yeux, en tout cas, sur Camus. On peut lui reprocher à la rigueur son pacifisme (comme on peut le reprocher à d’autres) c’est un autre débat - mais pas d’avoir été "colonialiste" ni de près ni de loin.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
8 janvier 2010 - 21h29

Or les communistes d’Algérie, malgré la
création d’un P.C.A. séparé lors du premier Congrès d’Alger le 4 juillet 1936, étaient encore
largement soumis aux directives de Paris, voire de Moscou. Le P.C.A. n’était autonome qu’en
apparence et Robert Deloche, envoyé de Paris comme conseillé était en fait la véritable autorité du
P.C.A. avec pour rôle d’appliquer les directives du P.C.F. L’E.N.A. de Messali Hadj se trouva ainsi
rapidement prise entre deux feux : interdite par le gouvernement Léon Blum au début de l’année
1937, elle allait dès mars 1937 s’incarner dans le Parti du Peuple Algérien (P.P.A.). Le mouvement
messaliste, devait en outre se heurter à l’hostilité des communistes. Le P.P.A. dont le slogan
proclamait "Ni assimilation, ni séparation mais émancipation", représentait une gène à la lutte contre
le fascisme. D’autant que les messalistes n’avaient pas apprécié le silence du P.C.A. devant la
dissolution de l’E.N.A. par un gouvernement de Front Populaire. Ainsi le ton allait monter entre
les deux parties. Des deux côtés, des tracts étaient distribués. Le P.P.A. se présentait aux élections
municipales de juin 1937 contre la liste communiste. Quant aux communistes, ils n’hésitaient pas à
dénoncer les messalistes aux autorités. Cette situation était intolérable pour Camus : il avait luim
ême recruté des militants pour l’E.N.A.31 et il les voyait désormais poursuivis, arrêtés, emprisonnés sous les applaudissements du Parti : "Ces militants arabes [étaient] devenus mes
camarades dont j’admirais la tenue et la loyauté (...)" . Quelques-uns vinrent le trouver et lui
demandèrent s’il "[laisserait] faire cette infamie sans rien dire (...)" : "Je me souviens encore, écrit-il à
Grenier, que je tremblais alors qu’on me parlait ; j’avais honte"32. Il faut remarquer que d’autres
dissensions ont contribuer à éloigner Camus du Parti. Sa gestion du Théâtre du Travail, avec un
programme finalement peu communisant fut remise en cause par des propos diffamants33. Dès
lors, l’attitude de Camus va paraître suspecte : il restait fidèle aux messalistes désormais considérés
comme fascistes. Il est accusé par Robert Deloche d’être trotskiste. La nouvelle ligne du Parti est
ouvertement discutée par Camus au sein de la cellule du Plateau-Saulière. Padula lui-même
s’aligne sur l’attitude de Camus. Finalement la dissidence de Camus fut portée à l’ordre du jour de
la cellule et seul Maurice Girard le soutint jusqu’au bout. Celui-ci rendit sa carte du Parti, mais
Camus préféra se laisser exclure (à l’automne 1937). Là s’arrête pour Albert Camus son expérience
de militant. Mais il est à souligner que si Camus émettait des réserves sur l’idéologie marxiste au
moment même où il songeait à adhérer, sa rupture avec le Parti n’est en rien idéologique mais
purement politique (voire politicienne) : c’est l’attitude des cadres du Parti et la nouvelle ligne
politique qui consommèrent la rupture. Aussi bien Camus respecte toujours le modèle soviétique
en 1938 : il fait remarquer à son ami Charles Poncet que "là-bas, au moins, ce n’est pas comme chez
nous où l’on fusille les lampistes. Là-bas, ce sont les généraux que l’on fusille"34. De même, il voit chez
les radicaux-socialistes (qu’il déteste), les responsables de l’échec du Front Populaire, bien que ce
soit le P.C.F. qui ait le premier retiré son soutien à Blum. Il garde cependant de son expérience une
farouche hostilité aux cadres du Parti et aux hommes politiques en général. La politique ellem
ême, telle qu’elle est pratiquée ne lui inspire qu’amertume. Il confie dans ses Carnets en août
1937 : "Chaque fois que j’entends un discours politique ou que je lis ceux qui nous dirigent, je suis effrayé
depuis des années de n’entendre rien qui rende un son humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui disent
les mêmes mensonges". Puis, en décembre : "Ceux qui ont une grandeur en eux ne font pas de
politique"35.

http://webcamus.free.fr/download/ac...



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
11 janvier 2010 - 18h30 - Posté par sam 82

je suis étonné que Camus soit mis en avant par rapport a l’Algérie , alors qu’il a toujours pris position pour prolonger la présence française en Algérie . appelons les choses par leur noms , pour prolonger la colonisation sous une forme ou une autre . dans le même temps silence pesant , pour ne pas dire plus sur les ouvrages ayant trait a la décolonisation , écrits par Bourdieu , germaine Tillon ; Kateb Yacine , Frantz Fanon , jean genet . comprend pas , en précisant qu’on ne peut pas dire que c’étaient ou sont , de dangereux (STAL ) puisqu’il semble que ce soit un des critères essentiel . sam 82 .



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
11 janvier 2010 - 19h04 - Posté par Roberto Ferrario

alors qu’il a toujours pris position pour prolonger la présence française en Algérie

Et ca continue...

Sam ici chez nous si tu affirme quelque chose du doit apporté les preuves avec des référence ou tous les monde peux vérifié... on est pas un site ou on fait la collection de les diffèrent diffamation... et on n’est non plus un "annexe" de un groupe politique précis, ou on peux crashe sur tous le monde sans se soucier de preuve de se que on dit...

Je dit pas que tu a raison ou que tu a tort mais on attend que tu argument ou que tu nous éclaire sur tes affirmation...

RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 03h35 - Posté par ashraf amine

Pour ce qui est des "preuves" en voilà un échantillon :
http://socio13.wordpress.com/2010/0....

Camus déclarait en 1957 au journal L’Express :« Il faut considérer la revendication d’indépendance nationale algérienne en partie comme une des manifestations de ce nouvel impérialisme arabe dont l’Egypte, présumant de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment, la Russie utilise à des fins de stratégie anti-occidentale. »

Dans le livre publié par la bibliothèque de documentation internationale contemporaine sur "La France en guerre d’Algérie", on trouve un texte de grande qualité sur l’évoluton de Camus, devenu de plus en plus pro-colonialiste au fur et à mesure que la guerre s’intensifiait et que la perspective de l’indépendance se rapprochait. Pourtant, Camus avait été proche 20 ans plus tôt du courant ndépendantiste de Messali Hadj et avait justement condamné l’attitude du PCF qui lui avait retiré son soutien. D’où un certain nombre de malentendus.Camus a fini par trouver que "l’Algérie algérienne ça n’a(vait) pas de sens"(1956). En même temps il s’est placé dans la perspective du juge intègre qui "a le coeur au milieu de la poitrine contrairement aux deux autres catégories d’hommes qui l’ont sur le côté" (comme disait le poète chinois Lu Xun). Il a condamné "les excès des deux camps". Des "anticolonialistes" de cette eau là, on en a entendu plein pendant l’attaque israélienne contre Gaza. Pendant la conquète de l’ouest, quand les fusils tuaient les flèches, ils/elles condamnaient déjà "les excès des deux camps ".L’admiration d’Onfray pour Camus n’a rien d’étonnant : voilà un type qui passe sa vie à cracher sur tous les mouvements émancipateurs, il était condamné tôt où tard à rencontrer Camus (qui avait quand même plus la classe).

J’ai plus de respect pour l’attitude de Sartre, aussi punk soit-elle. Sartre a pris de vrais risques physiques(appart plastiqué, etc)pour dire que l’indépendance était inéluctable et que le plus tôt serait le mieux. si la guerre s’était terminé 5 ans plus tôt le mur de haine et de peur qui séparait les prolétaires d’origine européenne de leurs frères de classe arabe aurait été moins profond. Camus en refusant de prendre ses responsabilités a une petite responsabilité là dedans.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 09h21 - Posté par La Louve

Génial !! Bon c’est toujours pareil quoi. Dans cet article les sources sont de tout le monde sauf de Camus. Ce sont des citations d’analyses sur Camus qui citaient ou se référaient sur quoi elles mêmes à part une interprétation de l’auteur ? Une sorte de collection d’opinions donc.

Je cite l’article :

" Références :

Kateb Yacine. Un homme, une œuvre, un pays, entretien à Voies multiples, Laphomic, 1986.

Edouard W. Saïd, Albert Camus ou l’inconscient colonial, Le Monde diplomatique, novembre 2000.

Chroniques algériennes, Gallimard. Idem. Ibid.

Dans sa préface à un ouvrage de Frantz Fanon (Les damnés de la terre, Maspero, 1961), Sartre qui est sans doute avec Francis Jeanson, l’intellectuel français qui a le mieux saisi les mécanismes de l’oppression coloniale, écrit : « Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. »

Journaliste anticolonialiste proche de la cause algérienne.

L’expression est de Sartre.

On ne sait si le philosophe existentialiste critiquait le mode de construction à l’américaine de L’Etranger, son écriture au passé composé, ou s’il doutait du caractère authentiquement fictif de l’œuvre. Avait-il connaissance de ces étranges affinités entre ce roman bizarre qui a rendu célèbre l’écrivain pied-noir, et l’œuvre géniale d’un écrivain juif autrichien, Stefan Zweig. Bizarres autant qu’étranges, en effet, ces similitudes entre Meursault, l’étrange héros assassin de Camus, et le personnage récurrent, L’Etranger, de l’œuvre de Zweig.

Selon Leïla Benmansour (El Watan des 23 et 24 avril 2006), L’Etranger serait non pas une création fictive, mais une construction sur la base des cinq nouvelles de Stefan Zweig (Le joueur d’échec, Amok ou le fou de Malaisie, Lettre d’une inconnue, Ruelle au clair de lune et Vingt-quatre heures de la vie d’une femme).

Pour l’universitaire algérienne, le remords aurait tourmenté Camus au point de « le plonger dans un malaise grandissant, atteignant la dépression, alors que tout lui souriait ».

Camus n’aura pas le courage d’évoquer l’œuvre de Zweig. Mais, en parlant de son prix Nobel, lors d’une conférence à Stockholm sur le mensonge dans l’art, il lancera à une assistance intriguée, cette phrase énigmatique : « Cette récompense dépasse mes mérites personnels. » Sartre aurait raillé « la philosophie facile » « pour classes terminales » de Camus. Ce sont des pieds-noirs qui huent Camus, le menacent et torpillent sa conférence sur la trêve civile au début de l’année 1956 à Alger.

Jean Jacques Gonzales, Une utopie méditerranéenne. Albert Camus et l’Algérie en guerre. ln Mohammed Harbi et Benjamin Stora, La guerre d’Algérie. La fin de l’amnésie, Robert Laffont, 2004.

El Watan(Algérie) du 31 décembre

VOILA. PAS UNE ŒUVRE DE CAMUS CITÉE DANS UN ARTICLE SUR CAMUS.

J’aurais fait ça à la fac les profs m’auraient balancé ma copie dans la figure en me disant "HORS SUJET". Hors sujet - une étude des opinions sur Camus n’est pas une étude sur l’anticolonialisme de Camus.

La seule citation ici est extraite d’un article de l’Express, et comble de la manipulation, voici comment l’Express- 2010 lui même présente cette citation soi disant de l’Express-1958 (qui se moque de qui ?) :

Bélaïde Abane est révolté par les propos qu’aurait tenu Camus dans L’Express en 1958. "Il faut considérer la revendication d’indépendance nationale algérienne en partie comme une des manifestations de ce nouvel impérialisme arabe dont l’Egypte, présumant de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment, la Russie utilise à des fins de stratégie anti-occidentale." Le journaliste considère que Camus, qui "ne fait que traduire la propagande du bloc colonialiste a en périphrases ampoulées" a fait "preuve d’un aveuglement incurable". (1)

Source :
http://www.lexpress.fr/culture/albe...

Voilà, alors, 1° L’Express lui même n’arrive même pas à attester que ses propos aient été tenus dans ses colonnes - il dit "les propos qu’aurait tenu Camus".

2° cette phrase, je répète, soit disant de Camus :

« Il faut considérer la revendication d’indépendance nationale algérienne en partie comme une des manifestations de ce nouvel impérialisme arabe dont l’Egypte, présumant de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment, la Russie utilise à des fins de stratégie anti-occidentale. »

Je ne vois pas en quoi elle signe un colonialisme ! Ou alors les mots n’ont pas le même sens pour nous, on ne parle pas la même langue.

Au contraire !! Et Malheureusement, elle est dramatiquement démontrée dans toute sa JUSTESSE notamment par la situation dans laquelle l’Egypte (et l’Arabie Saoudite, entre autres) ont finalement laissé le peuple palestinien.

Pour quiconque soutient la cause du peuple palestinien, cette phrase a une résonance terrible et hélas pour nous Camus avait vu juste.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 11h51 - Posté par Roberto Ferrario

Super la référence du site "socio13", un site internet d’un "révisionnisme historique" hallucinant ou on arrive encore aujourd’hui a présenté Stalin comme une "pauvre victime" du "complot international anticommuniste"...

Sans parle des tonnes d’insulte, des propos diffamatoire et de la désinformation organise contre nous (Bellaciao...) et publie sur leur site...

On conne parfaitement la personne que gère cet site, et le fait que dans cet article on vomis des "rumeurs" contre Camus sans aucun référence n’est pas un hasard, l’important est de continue a colporte sciemment les mensonges et les accusation...

Rient n’est mieux que le répété a l’infini pour que dans le temps devient vérité...

Juste un autre exemple de se que on étudié dans les écoles stalinien des différents parti communiste, il n’y a pas si longtemps......

Mentir, mentir car la vérité n’est pas toujours bonne à dire...

RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 12h02 - Posté par Roberto Ferrario

J’ai plus de respect pour l’attitude de Sartre, aussi punk soit-elle. Sartre a pris de vrais risques physiques(appart plastiqué, etc)

Tiens tiens, la "théorie du sacrifice" classique de la culture "judéo-chrétienne" et d’autre religions... on évalue les degrés de "fiabilité" et de "valeur" de un camarade en base au attentats que a subi ou a son sacrifice corporel...

Et bien on avance, on va bien finir pour comprendre que le "stalinisme" a rient avoir avec le communisme mais c’est juste un autre forme de pouvoir totalitaire et presque religieuse que manipule les conscience pour dirige un pays dans un unique intéresse personnel...

RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
11 janvier 2010 - 19h50 - Posté par Roberto Ferrario

Tiens Sam moi j’apporte quelque infos avec les référence...

Et si tu pense que être un pacifiste veux dire "OBLIGATOIREMENT" etre un anticommuniste...

Je attend pour savoir si tu considère même la LDH comme un "ennemie anticommuniste"...

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...



Albert Camus à Perpignan

Un bel hommage a été rendu à Albert Camus, lors du colloque franco-algérien organisé à Perpignan du 11 au 13 octobre 2007, alors que l’écrivain est l’objet d’une tentative de “récupération” de la part des nostalgériques (= les nostalgiques de l’Algérie française) à l’occasion de l’inauguration prochaine d’un « Mur des disparus ».
[Cette page a été mise en ligne dans une première version le 16 oct. 07, mais elle a été modifiée et complétée le 30 oct. 07]

Un hommage aurait touché Albert Camus : celui que lui ont rendu Algériens et Français, en l’associant à Kateb Yacine, lors du colloque consacré à ces deux écrivains anticolonialistes, organisé à Perpignan par le Centre méditerranéen de littérature [1].


Un bel hommage a été rendu à Albert Camus, lors du colloque franco-algérien organisé à Perpignan du 11 au 13 octobre 2007, alors que l’écrivain est l’objet d’une tentative de “récupération” de la part des nostalgériques (= les nostalgiques de l’Algérie française) à l’occasion de l’inauguration prochaine d’un « Mur des disparus ».

[Cette page a été mise en ligne dans une première version le 16 oct. 07, mais elle a été modifiée et complétée le 30 oct. 07]



Un hommage aurait touché Albert Camus : celui que lui ont rendu Algériens et Français, en l’associant à Kateb Yacine, lors du colloque consacré à ces deux écrivains anticolonialistes, organisé à Perpignan par le Centre méditerranéen de littérature [1].


La pérennité de l’œuvre de Camus et de Kateb

El Watan le 15 octobre 2007

Jean Daniel, dès l’ouverture des travaux de ce troisième Festival « Lire en Méditerranée », a trouvé le ton juste. Il a su faire entre l’actualité du cinquantenaire du prix Nobel remis à l’écrivain en 1957 et l’attachement au pays. Il rappela le discours prononcé à cette occasion à Stockholm. Camus, en remerciant l’auguste assemblée, avait rappelé, avec sa distinction naturelle, que l’hommage rendu l’est à un « Français d’Algérie » : « En une seule première phrase, Camus fait référence à une origine contestée alors. »

Cette expression, alors que la France a mis sa force militaire pour venir à bout du soulèvement, signifie la « fierté et la fidélité » de l’auteur de L’Etranger à sa terre dont, dans son douloureux exil, il savait qu’elle était perdue. « Camus avait fait son deuil de l’Algérie française », explique le directeur du Nouvel Observateur : « On ne le sait pas assez, mais dès les tueries du 8 mai 1945, il l’avait compris. Il avait essayé avant guerre de dire et construire une Algérie multiple avec les écrivains de l’époque : Feraoun, Mammeri, Roblès… » Mais Camus avait ensuite mesuré son impuissance face aux deux belligérants que plus rien ne pourrait réunir. « Il a pris acte que la violence conduit peu à peu à oublier la raison pour laquelle elle a débuté, menant à l’injustice ». Jean Daniel a connu le Camus des temps difficiles des années 1956/1957, où, déchiré, il s’était enfermé dans un silence dont on n’a pas compris tout le sens humaniste, mais qu’on gagnerait certainement aujourd’hui à analyser, dans une Algérie que les démons n’ont pas quittée. C’est d’ailleurs tout le sens du dernier livre de Jean Daniel consacré à Camus et sous-titré : « Comment résister à l’air du temps ? »

C’est Benamar Mediene qui eut la responsabilité d’évoquer la vie et l’œuvre de Kateb Yacine qu’il a bien connu. Il fit le portrait de l’auteur de Nedjma, le « rebelle », en le croisant avec celui de Camus, « l’homme révolté ». « Leur point commun, c’est la puissance de séduction. Ils sont des séducteurs en eux-mêmes par le simple rayonnement qu’ils dégagent ». Séducteurs, mais, « comme les chats, ils sont des insoumis. Ils ont un orgueil superbe, insolent, ils ont l’orgueil de la provocation ». L’émotion suscitée par cette phrase gagne l’amphithéâtre accroché aux lèvres de l’universitaire. « De leur vivant, ils sont des mythes. Ils sont vivants, réels, politiques, ils traînent dans leurs textes une quantité de symboles qui les transcendent, mais ils sont toujours à hauteur d’homme ». Là, tout est dit : ils restent humains, eux dont les mots ont touché les voûtes célestes. « Camus et Kateb sont des êtres magnifiques parce qu’ils nous rassemblent. » L’éditeur au Seuil Louis Gardel (qui publia notamment les œuvres de Tahar Djaout auquel le colloque rendit hommage) eut ces mots qui sonnent comme une conclusion à une journée de débat : « Camus et Kateb ont fonctionné à l’indignation, laissant ce message : “Dites votre vérité, et pas les vérités du moment’’. » C’est presque une feuille de route léguée à la postérité.

Walid Mebarek

http://www.elwatan.com/La-perennite...



Une entreprise des nostalgériques

Un « Mur des disparus » sera érigé à Perpignan dans le jardin de l’ancien couvent Sainte-Claire. D’après ses promoteurs, « y figureront les noms des Pieds-noirs disparus pendant la guerre mais aussi une citation de Camus et une autre d’un auteur algérien contemporain en hommage aux milliers — on parle de 65 000 harkis disparus et assassinés en Algérie » de mars à décembre 1962.

La réalisation de ce mur et du Centre de la Présence Française en Algérie qui l’accompagnera est confiée à Jean-Marc Pujol, premier adjoint de Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan, et à Suzy Simon-Nicaise, présidente du Cercle algérianiste de Perpignan. Rapatriés d’Algérie, ils défendent tous les deux les thèses des nostalgiques de l’Algérie française.


Le 5 juillet 2003, ils participaient à l’inauguration du monument élevé dans le cimetière du Haut-Vernet de Perpignan :


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La stèle de Perpignan.


à la mémoire des quatre fusillés de l’OAS :

  • Bastien-Thiry, instigateur et acteur de l’attentat du « Petit-Clamart », le 22 août 1962, qui visait à abattre le Chef de l’Etat, le général Charles de Gaulle,
  • Degueldre : chef des escadrons de la mort à Alger, qui dirigea l’attentat contre six Inspecteurs des Centres sociaux éducatifs, le 15 mars 1962,
  • Dovecar et Piegts, impliqués dans l’assassinat du commissaire central d’Alger, Roger Gavoury, le 31 mai 1961.

Comme le rappelait un article récent [2] : « Suzy Simon-Nicaise était présente à la cérémonie [de Perpignan, en 2003], aux côtés de Jean-Marc Pujol. Elle : “Je ne condamne pas l’OAS. Je me pose la question : si j’avais eu 18 ans à cette époque, est-ce que je ne serais pas devenue moi aussi résistante ?” Lui : “Je ne dénonce pas l’OAS, ni n’en fait l’apologie. Ces gens se sont engagés en réaction aux mensonges de l’Etat français. L’Adimad a sa justification.” »


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Inauguration de la stèle de Perpignan, le 5 juillet 2003.


Cette cérémonie était organisée par l’“Association amicale pour la Défense des Intérêts Moraux et matériels des Anciens Détenus politiques et exilés de l’Algérie française” (Adimad), une association « qui a pour but de défendre, par tous les moyens légaux, la mémoire de tous les martyrs et de toutes les victimes des ennemis de l’Algérie française », d’après l’article 2 de ses statuts.
L’Adimad est actuellement présidée par un ancien officier putschiste, complice d’une tentative d’assassinat du déporté résistant Yves Le Tac hospitalisé au Val-de-Grâce à Paris, à la suite d’un attentat au cours duquel il avait été grièvement blessé à Alger.


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Au centre de la photo précédente : Jean-Marc Pujol.


Lors de la cérémonie du 5 juillet 2005, le président de l’Adimad remercia « très vivement » Jean-Paul Alduy et Jean-Marc Pujol : « Ils ont eu le courage, je dis bien le courage, d’accepter que ce monument soit érigé sur leur commune. » [3]. Deux ans plus tard, le 6 juillet 2005, l’Adimad devait tenter de renouveler la cérémonie de Perpignan, en inaugurant de façon solennelle une stèle analogue à Marignane — mais, devant les nombreuses protestations, la manifestation fut interdite. Aujourd’hui, après avoir relayé l’appel à souscription pour le financement du « Mur des disparus », l’Adimad appelle à participer au rassemblement de Perpignan le 25 novembre prochain.


Les « ultras » contre Camus

En tentant de s’approprier Camus, les nostalgiques de l’Algérie coloniale ont-ils la mémoire courte ou veulent-ils réécrire l’histoire ?

Certes, Albert Camus, né à Oran, était un “Français d’Algérie”, et la guerre d’Algérie le bouleversait profondément. Mais ses positions n’avaient rien à voir avec celles des « ultras » qui le considéraient d’ailleurs comme un « traître » favorable à l’indépendance de l’Algérie.

La lecture de nombre de ses écrits — la série d’articles sur la misère de la Kabylie en juin 1939, les articles consacrés à l’Algérie qu’il a publiés dans Combat en mai 1945, sa protestation en mai 1947 contre la répression sanglante de l’insurrection malgache : « nous faisons ce que nous avons reproché aux Allemands de faire » — montre qu’il avait une conscience aiguë de la profonde injustice du colonialisme.

A-t-on oublié l’épisode de la Trêve civile ? En janvier 1956, Albert Camus était venu défendre l’idée d’épargner les populations civiles des deux côtés. Mais l’hostilité des « ultras » de l’Algérie française entraîna l’échec de sa proposition. Ce fut la fin des interventions publiques de Camus dans l’affaire algérienne ; désormais il préféra agir dans la discrétion pour tenter de sauver la tête de militants algériens condamnés à mort.

Les responsables du projet de « Mur des disparus » qui n’hésitent pas à afficher leur “proximité” avec ceux qui tentent par tous les moyens de réhabiliter l’OAS, ont-ils oublié que l’organisation terroriste est responsable de l’assassinat de Mouloud Feraoun, écrivain algérien ami d’Albert Camus ?

On mesure combien serait indécente une référence à Albert Camus sur un monument en mémoire d’une seule catégorie de victimes ! Camus qui avait écrit : « Persuadons-nous bien qu’en Afrique du Nord comme ailleurs on ne sauvera rien de français sans sauver la justice. » [4]


Le mur de la mémoire sélective

El Watan le 15 octobre 2007

Tout en soutenant par sa présence le colloque « Algérie » organisé par le Centre méditerranéen de littérature, en hommage à deux écrivains qui ont dénoncé l’injustice du colonialisme, Albert Camus et Kateb Yacine, le maire Jean-Paul Alduy (Ump) fait le grand écart en s’apprêtant à inaugurer le 25 novembre un « Mur des Disparus », le premier du genre en France, dans la lignée du refus de la repentance du président Sarkozy et son appel du pied pour rendre hommage aux victimes européennes d’après le 19 mars 1962.

Dans la dernière livraison de la revue municipale Perpignan magazine (septembre 2007), la présidente locale du Cercle algérianiste à l’initiative de l’érection de ce mur, Suzy Simon-Nicaise, indique que « 3000 noms figureront ; ceux des personnes de toutes confessions, dont les corps n’ont jamais été retrouvés ni rendus à leurs familles, parmi lesquels près de 400 appelés du contingent ». Rien sur les harkis. « C’est bien plus compliqué car, pour la majorité, leurs identités ne sont pas connues », ni, bien sûr, rien sur les Algériens tombés en mars 1962 et dans les mois qui suivirent l’indépendance.

Dans les nouveaux locaux du Cercle, dans un bâtiment municipal, sera ouvert en 2008, un Centre de documentation de la présence française en Algérie : « Nous n’avons pas l’intention de tirer un trait définitif sur cette partie de l’histoire de France. Nous n’avons pas vocation à devenir amnésiques en reniant notre propre histoire. »
Le maire, dans son blog internet, estimait, le 3 octobre dernier, qu’ « il s’agit de la démarche normale de femmes et d’hommes déracinés qui sont en quête de re-connaissance de leur histoire ».

En septembre, la colère des opposants à cette création avait amené le maire à suspendre le conseil municipal. Le collectif « Non au musée de la ville de Perpignan à la gloire de la colonisation » reste mobilisé, d’autant qu’en juin dernier un hommage à l’OAS avait été organisé devant une stèle édifiée à cet effet.

Walid Mebarek

Notes

[1] Colloque « Algérie ! Algérie ! Regards croisés sur les pas d’Albert Camus et de Kateb Yacine ».

[2] Extrait de Mémoire sélective, Pierre Daum, Libération le 20 septembre 2007.

[3] Le compte-rendu de cette cérémonie du 5 juillet 2003 que l’on trouve notamment sur le site du cercle algérianiste de Nice est tout à fait édifiant sur le sens de la manifestation : Voir http://nice.algerianiste.free.fr/pa...

[4] Voir Albert Camus : l’Algérie en mai 1945.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 11h22 - Posté par La Louve

J’en ai assez des "opinions" sur la question, j’aimerais, pour une fois lire un travail sérieux et documenté PAR l’OEUVRE DE CAMUS, sur le prétendu colonialisme de Camus - mais manifestement ça n’existe pas.

Outre que le fait de rendre UNE PERSONNE (qui plus est morte et ne pouvant pas se défendre) responsable de tous les maux de cette guerre, je constate que tout le monde se répète une fable de décennie en décennie sans toutefois JAMAIS se frotter à l’œuvre (romans essais articles...) elle même - et pour cause.

Le fond du problème, c’est que rétrospectivement, les prises de position de Camus sont justes à certains égards (son analyse de l’avenir politique du monde ,de l’Algérie, de la France...) quant à ce que peut donner une indépendance obtenue dans ces conditions.

Je pense que la seule chose rationnelle et FONDÉE, que l’on peut dire est que Camus aurait souhaité une indépendance de l’Algérie qui versât moins de sang innocent, et dans laquelle ce qu’il estimait être les "différents peuples d’Algérie" y compris les pieds-noirs, auraient pu vivre en bonne intelligence dans un pays libéré. Si avoir formé ce vœu, en étant directement concerné dans sa chair, comme "pied noir" , et tout en s’étant BATTU inlassablement contre les représailles de l’État français, y compris en prenant part au procès de nombreux mb du MNA de M Hadj, c’est être un "colonialiste", et bien les bras m’en tombent.

Qu’on le fasse de surcroît en faisant appel à Marx et au communisme, alors là, je dois dire que c’est encore plus fort !!

Qu’ensuite, on critique cette philosophie que Sartre disait "statique", et qu’on pourrait dire presque plutôt éthique, ou kantienne, et qu’on pense que dans de telles circonstances, non seulement elle n’était pas applicable mais encore, qu’elle n’était pas acceptable et qu’elle était un frein à la lutte pour l"indépendance, cela je l’entends bcp plus aisément et je n’ai pas d’avis tranché sur la question.

Personnellement je me garderais bien de donner des leçons, surtout rétrospectives, sur de tels sujets, n’ayant jamais été en SITUATION. Je me pose toujours la question de savoir par exemple, au sujet de la révolution en tant qu’elle peut être moment de violence et d’exception, si celle ci devait impliquer que je condamne mon FRERE ou ma SOEUR à mort au nom de cette révolution, que ferai-je ?... Bien malin qui peut dire sans hésiter "j’appuierai sur le bouton" !!!!

Mon outrecuidance ;) ne va pas jusqu’à me croire capable de choses dont j’ignore la réalité la plus crue.

En effet, je n’ai jamais vu mourir un homme devant mes yeux, éventré par une balle, mutilé par un éclat d’obus. Je n’ai jamais TUE personne de MES MAINS, je n’ai jamais vu quelqu’un être torturé ou égorgé ; "Dieu merci", je n’ai jamais fait la guerre (comme je pense la grande majorité des gens qui fréquentent ce site ou d’autres d’ailleurs, par la force des choses...) Comment parler de LA MORT de façon détachée, en étant sur de soi, dans de telles conditions ?

Ensuite il n’y a pas de solution à l’heure actuelle à "comment obtenir son indépendance d’un oppresseur sans adopter en retour son comportement ?".

C’est une question tout simplement tragique qui agite le communisme depuis des lustres, peut être LA contradiction à ce qui se réclame du communisme : LA FIN/ LES MOYENS.

Que le capitalisme en fasse l’économie, c’est bien "normal" - c’est un système pourri.

Mais NOUS ?

Est ce que ce n’est pas un "autre monde" que nous voulons ?

Le bien de l’humanité, par la domination préalable d’un prolétariat supposé être meilleur et plus éclairé, plus humain que ses exploiteurs ?

Je pense que nous ne sommes pas assez civilisés, assez éduqués, assez intelligents, pour avoir la réponse pour le moment, mais je ne désespère pas . (Et d’où l’importance pour les communistes de placer au cœur de notre combat celui de l’enseignement et de la culture, au sens le plus étendu possible) Car il va de soi que, pour moi, la solution angélique du "tendre l’autre joue" n’est pas "LA" solution non plus - et elle ne l’était pas pour Camus NON PLUS.

Je n’admets pas non plus les gens qui prennent plaisir à se vautrer dans la "repentance" ou la "haine de soi". Simplement parce que cela dénote une faiblesse dialectique et une fainéantise intellectuelle conséquente.

Cela étant dit tant que nous n’aurons pas résolu cette contradiction ÉNORME, autrement que par les solutions de facilité essayées jusqu’à présent, tout projet communiste ou s’en réclamant est voué à l’échec, je le crains car si nous n’aspirons plus qu’à "prendre la place" des capitalistes dans leurs "vêtements" d’oppresseurs, in fine , qu’avons nous à offrir de mieux, d’autre, que le capitalisme ? Une économie plus ou moins collectiviste ou nationalisée ? C’est mieux que rien mais est ce que vous croyez que les gens vont accepter que le sang soit versé pour cela ?

Est ce ça ce qu’est devenu notre ESPOIR, notre utopie ? (et n’est ce pas d’une certaine manière ce qu’on constate tous les jours avec les cycles électoraux sans remise en question du système bourgeois ?).

Et avec le recul, à l’indépendance algérienne telle qu’elle a été gagnée (et encore une fois, ceci existe et c’est une bonne chose car le colonialisme est inacceptable),ne peut on "opposer" la libération de Cuba ?

Non pas pour "donner la leçon" à ce qui bien plus grands que moi, firent l’indépendance de l’Algérie, ni pour "rejouer le match" ou donner des leçon à bon compte et commodément installée dan mon fauteuil, non, mais pour tirer des leçons, pour l’AVENIR.

J’ai bien conscience de ce que ce type de "comparaison" a de théorique, chaque situation étant nécessairement "particulière". Mais quand même.

Indépendance cubaine qui ne s’est pas faite avec des roses et des mots doux, qui était une guerre également, et de "décolonisation" aussi, sans aucun doute, mais qui, à ma modeste connaissance, n’a pas connu le déferlement de violences presque barbares des deux côtés. Les opprimés ont gardé un minimum d’humanité et de recul dans la lutte pour leur émancipation.

Et c’est peut être pour cela que le devenir de ce socialisme a été aussi pérenne jusqu’à présent dans un monde pourtant capitaliste. Et c’est peut être pour cela que Castro et Guevara se sont toujours tenus paradoxalement éloignés le plus possible de l’URSS, et du communisme tel que revendiqué par celle-ci alors.

Ce mouvement SOCIALISTE de libération et d’indépendance nationale de l’Algérie existait aussi en Algérie. Il existait dans le FLN ,au sein d’un courant précis, et en dehors du FLN - Qui l’a abattu et pourquoi ?

Voilà - théorie et pratique, oui, mais à quel prix pour des communistes qui prétendent (à juste titre je l e pense toujours) incarner l’avenir meilleur de l’homme passant par la classe ouvrière ?

Je n’ai pas la réponse à cette question.
Mais je pense qu’elle doit JUSTEMENT être posée, exactement pour cette raison.

ps : quant à Sartre je pense, comme la plupart des gens raisonnables qui aiment pouvoir assumer en actes ce qu’ils disent en paroles, qu’on ne peut pas prôner de choses qu’on n’est pas en état d’appliquer immédiatement soi même d’abord. Quant on voit comment Sartre a fini limite sioniste rétrospectivement, en employant EXACTEMENT les mêmes arguments que Camus mais cette fois à son compte ("le peuple palestinien que je soutiens et Israël dont je suis l’ami") http://ha.ina.fr/video/CAA760136610..., c’est sa lutte pour "l’Algérie indépendante" qui rétrospectivement pourrait faire "rigoler" d’un point de vue ÉTHIQUE - on donne des leçons à bon compte quand on n’est pas directement concerné, le "nez dan la merde", et facilement en plus...) La vieillesse est un naufrage ou Sartre était il un flagorneur ?

Je laisse le "mot de la fin" à ce court extrait d’une interview de Mouloud MAMMERI, qui est assez court, mais qui me semble juste et honnête, et qui est dans cette collection d’affirmations, une forme de justice à Camus, sensible et finalement assez "camusienne".

http://ha.ina.fr/video/I09335540/mo...



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 18h27 - Posté par sam 82

tu as tes opinions sur camus , très bien . pour ma part j’ai les miennes qui son en totale opposition , et ça ne date pas d’aujourd’hui car je ne découvre pas camus . je ne cherche pas a te convaincre , je n’ai pas tout lu , mais quand même quelques ouvrages . ou j’ai perçu une sorte de mépris par rapport aux arabes , par rapport a leur aptitude a être indépendants . c’est toute une mentalité une mentalité coloniale que je n’aime pas . on ressent cela d’ailleurs dans sa déclaration a l’express qui est bel et bien réelle elle est gênante pour sa réputation . a partir de là je trouve immoral que Camus ait toujours été présenté comme anti colonialiste , alors que yacine , germaine tillon frantz fanon et d’autres ont été sans ambiguités sur le sujet . d’ailleurs l’article de Belaid Abane ( entre la mère et la justice ) résume bien la pensée de Camus au travers de ses ouvrages . on pet lire l’article sur changement de société , je sais je connait la polémique par rapport au site , mais n’empêche qu’il y a de bons articles qui sortent des idées reçues et que j’apprécie également . quand aux considérations sur les révolutions l’idéal et puis il y a la pratique . a ma connaissance aucune révolutions dignes de ce nom ne ce sont faites avec des fleurs . on a jamais vu les capitalistes perdre leur privilèges , sans essayer de les conserver y compris par la violence . ( venezuella , Cuba , Chine , la révolution bolchévik pour ne citer que celles là . si la révolution advenait en France , je n’ai aucune illusions quand a la réaction des tenants du capital . mais bon on peut toujours rêver . sam 82 .


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 18h58 - Posté par

Erreur Sam, ce n’est pas une "question d’opinions", justement - des opinions, c’est marrant 5 minutes mais il y en a trop sur ce sujet - je constate, voilà, et j’attends des constats et des éléments de fait de "l’autre côté".

Mais admettons, (moi je cherche toujours à faire changer d’avis mon interlocuteur si je pense qu’il se trompe ou jusqu’à ce que lui m’ait convaincue à son tour ;)) - bref.

Mais alors que penses tu de ce que dit THOREZ en 39 parlant de l’Algérie comme d’une " nation en formation ", à la base ensuite du soutien du PC à la conception de " l’Union française " ?

Est ce que ça ne te semble pas la même chose que Camus ?

Ou alors il y a deux poids deux mesures ? (je sais bien qu’au PC on n’est tjs pas très à l’aise sur le vote des pv spéciaux mais bon...)

Quant à la déclaration de l’eXpress à laquelle tu fais référence c’est la quelle et de quoi tu parles ?

Celle de 1955 que j’ai mise intégralement sur le site (et je rappelle juste la date - 1955 - qui était en France à 100 % POUR L’INDÉPENDANCE TOTALE DE L’ALGERIE ALORS ? Certainement pas le courant majo du PCF à ce stade puisqu’il votait les pv à Guy Mollet UN AN APRES l’appel à la trêve civile de Camus - en totale opposition alors avec son autre courant - ou celle dont il est permis de douter et que même les journalistes de l’Express n’ont pas retrouvée rapportée dans un article cité ici ?

Tout ce que je dis c’est que, les leçons de morale de certains "communistes du PCF" à Camus ça va 5 minutes....Et "bizarrement" ceux qui ont été sur place, ceux qui ont connu l’Algérie, qui sont nés là bas, même s’ils ont pris à un moment des chemins fort différents de ceux de Camus, n’ont jamais craché sur Camus comme certains le font ici en étant plus "radicaux" que les radicaux algériens encore en vie...


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 15h03

Cependant, là, on est dans un autre registre car c’est un article à prétention scientifique de l’Express 2010 dont s’agit - aussi, je pars du principe que l’auteur a les moyens de ses prétentions (même de droite, on ne peut pas trop tricher avec les sources), et donc, quand il dit "ce que Camus aurait dit", pour moi ça signe non un pb de point de vue mais un pb de SOURCES (si mes souvenirs d’ex-étudiante-chercheuse sont corrects..). C à d que la source n’existe pas ou plus et que c’est un "on-dit" rapporté par une personne en l’occurrence l ’auteur de l’article cité ici. LL



Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 11h50 - Posté par sam 82

écoute LL qu’on le veuille ou pas Camus par rapport a l’indépendance de l’Algérie a eu une position tranchée . par exemple François Chavanes dans Camus tel qu’en lui même cite Camus ( si bien disposé qu’on soit envers les revendications arabes , ,on doit cependant reconnaitre qu’en ce qui concerne l’algérie , l’indépendance est une formule purement passionnelle . ) les opinions se fondent sur des faits , des écrits , des déclarations , tu sais cela aussi bien que moi si ce n’est mieux . donc si Camus est critiqué pour ses positions colonialistes , par certains ce qui est mon cas . c’est qu’il a pris position sur le sujet . . bon j’arrête là sur camus . sur la position de Thorez et du PCF , c’est vrai qu’il n’a pas eu début une position claire , d’ailleurs c’est pour cela que je te citai les ouvrages d’alain Rusciau je ne suis pas sur de l’orthographe . sur ce point pour une fois je suis bien d’accord avec toi comme quoi tout arrive ! quand au plein pouvoirs a guy mollet bien sur que que c’est une erreur monumentale . même si cela était sur la promesse d’un cesser le feu , ce qui n’est en aucun cas une excuse . et puis les promesses de la SFIO a l’époque , comme celles du PS aujourd’hui , ou des sociaux démocrates en général on sait par expériences ce quelles valent . sam 82


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 12h19 - Posté par

Slt Sam - Bon de tte façon on ne va pas couper les cheveux en 4 à l’infini...

Il va me falloir un peu de temps encore pour digérer tout ce que j’ai lu ici et là à ce sujet ( sachant qu’à l’origine mon propos premier était surtout de dire que ces attaques contre Camus colonialiste cachaient une volonté de remettre sur la table des débats politiques la guerre d’Algérie...ce en quoi je crois que je n’ai pas tort en revanche...) -et finalement, si tout ceci me fait penser que sur le côté (Camus colonialiste" j’ai eu tort, je reviendrai, comme je le fais tjs , ou à chaque fois que je peux, sur mon erreur d’interprétation ou d’analyse.

Slmt voilà et ce n’est pas par obstination mais à ce stade , je ne suis tjs pas convaincue par "vos " arguments.

Moi je pense que la seule chose qu’on peut lui reprocher VRAIMENT (et c’est ce que certains appellent "ambiguïté" d’autres "colonialisme", par ex.) c’est celle qui peut être reprochée à tous les pacifistes, et sur ce coup là , je n’ai pas d’avis tranché, à savoir d’avoir souhaité la PAIX pour TOUS sans le SANG et d’aboutir à une position qui est une sorte de "ni/ni" (son fameux "ni bourreaux ni victimes" d’ailleurs).

Est-ce possible ? Est ce que quiconque ne prend pas partie "pour" ou "contre" est forcément à classer du côté des "méchants" ?

Je pensais naïvement qu’un colonialiste était qqu’un qui, comme l’OAS, soutenait "Algérie française". Je n’arrive tjs pas à admettre l’idée de certains que Camus ait été "Algérie française".

C’était plus subtil - voici mon interprétation de ce que j’ai lu :

Pour éviter le bain de sang de ce que Camus estima à un moment (car Camus était plus radical je pense sur la question de l’indépendance de l’Algérie dans sa jeunesse qu’en 1956) être la mauvaise manière de gagner l’indépendance (notamment par rapport à l’immixtion de l’Egypte, de l’URSS et aussi de l’Espagne franquiste mais aussi par rapport à sa critique de l’inexistence de la "nation algérienne" je le rappelle donc, partagée par Thorez -mais pas par tout le PCF - pdt longtemps), Camus pensa qu’il valait mieux faire une trêve des combats des deux côtés et se donner plus de temps au débat et à la réflexion, plutôt que de s’assassiner les uns les autres, tout en proposant pendant cette transition, un nouveau régime pour les peuples "non français" de l’Algérie comportant plus de droits, une place à part entière dans la société etc.

Quant à la critique je l’ai dit ailleurs ce qui m’insupporte (mais je reconnais que ce n’est pas ton cas à toi donc ne te sens pas visé) c’est que de nos jours, dans le PCF, ceux qui rejettent Camus et lui font porter une responsabilité très lourde, sont les mêmes qui sont à l’aise pour dire que le PCf lui n’a rien eu à se reprocher et que les pouvoirs votés à G Mollet furent une simple "erreur". Et c’est ce "deux poids deux mesures" qui m’agace bcp sur ce sujet.

Tout ceci étant dit sans oublier AUSSI qu’au PCF (comme tjs et comme partout ) il y a eu des hommes et des femmes admirables qui ont pris part corps et âmes dès le début pour ce qu’ils ont pensé être une juste cause à ce moment, le payant parfois de leur vie. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai aps dit hein ;)

LL


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 12h48 - Posté par Roberto Ferrario

Je conseil de lire "entièrement" ce deux article publie sur Bellaciao, indépendant de ce que je peux pense, ces articles peux clarifié et/ou apporte des information supplémentaire :

 Portée politique et idéologique de la "Lettre à Maurice Thorez" : Aimé Césaire entre théorie et pratique

 Le PCF et la question algérienne (1959)

Un ciao comunista
RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 12h41 - Posté par Roberto Ferrario

Sam comme tu ose parle de "erreur monumentale" de part du PCF et tape aussi violemment sur Camus ???

Deux poids deux mesures ???

Le parti a toujours raison ???

Ça suffi de dire que a fait un erreur pour passe autre, et par contre expulse des camarades et le traite de tous les noms... ca oui c’est "normal"...

RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 12h44 - Posté par

Euh là à mon avis me terme de "erreur "est mal interprété ou mal à propos et je pense avoir compris ce que Sam82 a voulu dire, en quoi je suis d’accord avec lui.


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 13h13 - Posté par Roberto Ferrario

Bien sur que je suis d’accord moi aussi... mais avec un nuance, que la "pratique" de résoudre le débat interne au PCF a été historiquement réglé par des affirmation a posteriori, déclarant que on a fait des "erreurs" dans le passe, par contre on oublie plus que fréquemment que pendant le "moment des erreurs" on expulse et on accuse de tous le mots les camarades que n’ont été pas en accord avec ces "erreurs", le problème est que aujourd’hui on passe l’éponge et on "pardonne" le parti pour ces erreur parce que soit disant a fait autocritique, mais on continue a tape sur les camarades que a ce moment précis on hurle a l’erreur...

Ces traites on du accepte les décision du parti quitte d’affirmé après que on a fait des "erreurs"... mais non... au lieux de ce taire rendre publique leur divergence, donc condamne a "perpétuité"...

La preuve que cet "attitude" ou cet "coutume" reste bien encre dans la tette des certaines militants, le parti a raison de ce autocritique et de faire de sorte de continue a faire n’importa quoi (ca suffi de dire après que on a fait des erreur...) par exemple on peux hurle aux quatre vents que le parti fait un "erreur" monumentale de ce allie au PS et bien les camarades que ose dire ca, encore aujourd’hui sont mis a l’écart si ne sont pas pousse a la porte (on est passe par la...) et si ne marche pas on va "raconté" a posteriori qu’été un "erreur"... bref le bon Joker providentiel...

Mais donc des ces camarades que se sont oppose a cet politique a leur temps on ne fait quoi ???

Et bien pour garantir une "virginité" perpétuel de les diffèrent directions du parti que on suivi on continue a tape sur cet "anticomunistes"... et comme ca on ne remette pas (encore un foi..) en réalité en discussion les choix du passe... mais en particulier et bien plus grave on ne remette pas en réalité en discussion les choix du présent...

Voila se que je voulu dire...

RF


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 18h35 - Posté par sam 82

oui Roberto quand je parle d’erreurs , ce n’est pas pour dédouaner le parti d’avoir accuser les camarades qui n’était pas d’accord , ou qui ont été exclus . la je te rejoint . je prend un exemple le cas André Marty dans un autre contexte . et d’autres plus actuels . la on touche au fonctionnement démocratique du parti qui n’est pas une mince affaire , certes les dirigeants en parlent , mais dans la pratique tout reste faire ,vaste chantier . sam 82 .


Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
12 janvier 2010 - 21h24 - Posté par Roberto Ferrario

Rencontre mémoire

rencontre mémoire

Henri Alleg « Combattre le déni
du passé colonial »

Grande figure du combat anticolonial, Henri Alleg continue de plaider pour la reconnaissance officielle de la torture et des crimes de guerre commis pendant la guerre d’Algérie.

Henri Alleg  : ce nom reste indissociablement lié à la Question, bouleversant témoignage des tortures infligées par l’armée française au directeur du quotidien communiste Alger républicain pendant la guerre d’Algérie. Redoutable manifeste préfacé par Sartre, frappé de censure, diffusé sous le manteau, qui contribua de façon décisive à la prise de conscience contre cette sale guerre coloniale. Arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes de la 10e D.P. au domicile de Maurice Audin, son camarade arrêté la veille et torturé à mort, Henri Alleg est à son tour emprisonné à El-Biar où il est torturé, avant son transfert au camp de Lodi, puis à Barberousse, la prison civile d’Alger. C’est là qu’il écrit la Question, dont le manuscrit est transmis à ses avocats. Trois ans après son arrestation, Henri Alleg sera inculpé pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’État » et condamné à dix ans de prison. Transféré en France, il profite d’un séjour à l’hôpital pour échapper à son incarcération à la prison de Rennes. Avec l’aide des communistes, il rejoint la Tchécoslovaquie et ne reviendra en France qu’après les accords d’Évian. Il retrouve ensuite l’Algérie indépendante, où il relance, avec ses camarades, la publication d’Alger républicain. Rencontre avec un homme toujours fidèle à ses idéaux anticolonialistes et communistes.

Pourquoi la France peine-t-elle toujours à regarder son passé colonial en face  ?

Henri Alleg. Ceux qui ont mené la guerre d’Algérie, les gouvernants à Paris comme les dirigeants colonialistes en pied en Algérie, ont tout fait pour dissimuler au peuple français la vérité de la colonisation et des horreurs commises pendant la guerre. Ils ont sciemment caché cette vérité, derrière le paravent des droits de l’homme, du respect des individus, pour des raisons politiques. Pas seulement à l’égard de la guerre elle-même  : la vie des Algériens sous le régime colonial était une insulte quotidienne aux valeurs dont se réclame la France.
Il serait d’ailleurs faux de penser que la torture a été importée en Algérie au moment de la guerre. À Alger républicain, nous recevions régulièrement des Algériens qui, sortant de prison, venaient au journal témoigner des traitements qu’ils avaient subis. Personne ne pouvait ignorer ces faits. Malheureusement, si nous donnions la parole à ces hommes torturés, le journal était immédiatement saisi et l’auteur de l’article, poursuivi et condamné. Dans ces conditions, lorsque la guerre a commencé, ce qui était pratiqué à petite échelle a pris des dimensions considérables. Il reste que la torture, en Algérie, avait toujours été pratiquée, depuis les débuts de la colonisation, de manière « artisanale ». Des officiers faisaient mettre le feu devant des grottes où étaient réfugiés des Algériens pour que la fumée s’engouffre et les asphyxie. Ils entraient, ensuite, compter les cadavres. Des gens comme Bugeaud se sont vantés de telles atrocités.

Comment expliquer le silence qui a entouré cet usage de la torture  ?

Henri Alleg. Civils, militaires, mem-bres de l’administration, beaucoup jugeaient normal le silence autour de ces faits. En parler eût été « faire du tort » à la France. L’Algérie était une province française. Aux yeux de la plupart des gens, il était impensable de dénoncer la façon dont cette province française était gérée. Donc, on se taisait. Mais pendant la guerre, des choses cachées en France étaient parfaitement connues et dites en Algérie. Pas dans les journaux. Mais les Européens savaient parfaitement qu’un homme arrêté était systématiquement torturé. Juges d’instruction, policiers approuvaient ces pratiques, censées, à leurs yeux, dissuader « les Arabes », comme ils disaient, de rejoindre la lutte contre le colonialisme.

Près d’un demi-siècle après ces événements, qu’est-ce qui empêche l’État français de reconnaître officiellement la torture, de dire, par exemple, la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin  ?

Henri Alleg. Pendant très longtemps, les promoteurs de cette politique sont restés dans les rouages du pouvoir. Aucun d’entre eux n’a jugé la conduite de la France en Algérie indigne d’un peuple qui prétend être à l’avant-garde de la lutte pour les droits de l’homme. Pour des raisons bassement politiques, pendant des années, personne n’a soulevé le problème. On a enterré le passé.

Pensez-vous à des hommes comme François Mitterrand  ?

Henri Alleg. Bien sûr. Mais il n’est pas seul en cause. Des hommes de droite comme de gauche sont impliqués. Guy Mollet a tour à tour nié, couvert, béni, minimisé la torture. Pourtant, même s’il n’y avait eu qu’un seul cas de torture, ce serait intolérable  ! Aucun tortionnaire n’est jamais passé devant un tribunal. Chose extraordinaire, le général de Bollardière fut le seul officier supérieur sanctionné pendant la guerre d’Algérie. Non pas pour avoir couvert ou pratiqué la torture, mais pour l’avoir dénoncée  ! Certains, face au scandale, ont certes fini par s’exprimer. Par exemple, à l’occasion du procès du général Aussaresses, accusé d’avoir pratiqué la torture par Louisa Ighilahriz. À la barre, ce sinistre personnage a justifié les tortures décrites dans son livre. Il a expliqué comment il avait fait fusiller des dizaines d’Algériens pour « faire réfléchir » les rebelles potentiels. C’était tellement ignoble que Jacques Chirac, appuyé par Lionel Jospin, avait jugé intolérable l’argumentaire de ce tortionnaire. Aussaresses a été condamné à quelques milliers d’euros d’amende. Pas pour ses crimes, mais pour apologie de crimes. Jacques Chirac a demandé qu’il soit rayé des listes de la Légion d’honneur. Cela a dû lui faire perdre quelques menus avantages. Belle sanction  !

Comment jugez-vous le discours de la droite sarkozyste sur les « aspects positifs » du colonialisme et sur
le « refus de l’autoflagellation »  ?

Henri Alleg. J’y vois une nette volonté de reprendre les vieux slogans colonialistes. Venant d’un président de la République, ces justifications de la colonisation sont inadmissibles. Elles visent, en fait, à faire porter les responsabilités aux colonisés, qui n’auraient rien fait, pendant des siècles, pour se hisser au niveau des nations prétendument éclairées. Cet argumentaire, qui charpentait le discours prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, est totalement stupide et insultant du point de vue politique. Exciter la fibre raciste ou chauvine, cela a toujours été une spécialité de la droite et de la réaction. Il y a là des survivances du travail idéologique mené pendant des siècles auprès des Français pour exalter la soi-disant générosité des entreprises coloniales. C’est la reprise des idées colonialistes les plus attardées. Quant à ceux qui jugent la colonisation comme une période horrible, dont la France ne saurait se flatter, ils sont présentés, de nouveau, comme de « mauvais Français ». Face à ces offensives rétrogrades, je regrette que le Parti communiste, pendant toute une période, ait un peu délaissé ce combat anticolonialiste pour ne pas froisser ses partenaires « de gauche »… Ceci dit, je suis frappé par l’attention que la jeune génération porte à cette histoire, et que j’ai l’occasion de vérifier chaque fois que je suis invité dans des collèges, des lycées, où je m’exprime, face à des classes métissées, sur le thème du colonialisme en Algérie et de la lutte des Français contre l’esprit colonial. En dépit du recul des idées révolutionnaires, personne ne songerait, aujourd’hui, à remettre en question le principe des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette idée, malgré tout, s’est enracinée dans les consciences.
La Question, témoignage sur les supplices que vous a fait subir l’armée française pendant la guerre d’Algérie, a été republiée aux États-Unis.

Comment expliquer l’écho de ce livre là-bas  ?

Henri Alleg. Le livre avait déjà fait l’objet d’une publication aux États- Unis en 1958, deux mois après sa parution et sa saisie en France. S’il a récemment suscité là-bas un regain d’intérêt, c’est que, comme le pouvoir colonial en Algérie, l’administration Bush a justifié le recours à des moyens extrêmes en invoquant la « lutte contre le terrorisme ». Lors de conférences que j’ai données aux États-Unis, j’ai été frappé par la précision des questions qui m’étaient posées, par des citoyens ou des journalistes, sur le « supplice de la baignoire ». Supplice relevant, selon les termes de G.W. Bush, d’une méthode « légale ». J’ai reçu, là-bas, dans les universités où je me suis rendu, un accueil extraordinaire, très chaleureux.

Avez-vous senti là-bas une authentique prise de conscience sur la politique extérieure américaine  ?

Henri Alleg. Chez les étudiants et les professeurs qui m’ont accueilli là-bas, j’ai découvert un état d’esprit très critique vis-à-vis de la politique conduite par les États-Unis en plusieurs endroits du monde. Pour cette nouvelle édition de la Question aux États-Unis, j’ai écrit un texte très virulent contre Bush, contre la guerre faite en Irak, contre les prisons secrètes de la CIA, contre Guantanamo. Mais c’est sans comparaison avec le texte au vitriol que signe, en introduction, l’historien américain James D. Le Sueur. Bien sûr, entre-temps, l’élection de Barack Obama a suscité des espoirs. Mais tous ceux qui ont cru que cette alternance politique serait synonyme de changement radical sont aujourd’hui profondément déçus. Il ne suffit pas de changer la couleur du président pour rompre avec les visées impérialistes d’un pays.

Il y a vingt ans, tombait le mur de Berlin. Pourquoi êtes-vous resté fidèle à l’idée communiste  ?

Henri Alleg. Il est difficile de s’expliquer là-dessus. Autant me demander pourquoi mon cœur bat à tel rythme. Lorsque je me suis engagé, il était relativement simple de savoir quelle voie emprunter. J’avais quinze ans lorsqu’a éclaté la guerre d’Espagne et je rêvais, avec mes amis, de m’engager parmi les brigadistes. Nous étions trop jeunes pour cela. Mais nous savions parfaitement quel était notre camp. Il y avait, d’un côté, Franco, les hitlériens, les fascistes, et, de l’autre, le Front populaire, le combat pour un autre monde. À nos yeux, cet autre monde était symbolisé, à l’époque, par l’URSS et les pays socialistes. Des choses auxquelles nous avons sincèrement cru ont été cruellement démenties par l’histoire. Moi aussi, j’ai fait le point. Mais je crois que les désillusions ne doivent pas ébranler notre conviction que l’on peut changer le monde. Notre rôle de révolutionnaire n’est pas, désormais, de s’acheter un équipement complet pour aller à la pêche le dimanche. Pourquoi de telles fautes, de telles erreurs ont-elles été commises  ? Nous devons tirer notre propre bilan de ces expériences historiques, sans se rallier docilement au discours de ceux qui nous ont toujours combattus. On le voit aujourd’hui  : la crise du capitalisme met à mal ceux qui présentent ce système comme indépassable. Il nous faut poursuivre ce combat pour une autre société. Il n’y en a pas d’autre qui vaille. Ou alors, il faut tout accepter, comme nous y invite Sarkozy, et devenir nous aussi, des dealers, des gens qui font leur beurre sur le dos des autres.

Que signifie être anticolonialiste aujourd’hui  ?

Henri Alleg. L’anticolonialisme, aujourd’hui, c’est le refus de toute réécriture officielle du passé colonial. C’est le combat contre la soumission de peuples au nom d’idées fausses, comme la prétendue supériorité de telle civilisation sur telle autre. Cela implique de se situer sans restriction du côté des peuples qui luttent pour leur liberté. Sans se laisser berner par des arguments fallacieux visant à justifier, au nom des droits de l’homme, des positions de force des anciens propriétaires de la terre coloniale. On ne peut pas exclure de ce combat la lutte des Palestiniens. C’est aussi un problème colonial.

Votre parcours est aussi celui d’un
journaliste. Quel regard portez-vous,
rétrospectivement, sur l’aventure
d’Alger républicain ?

Henri Alleg. J’ai exercé ce métier en militant communiste, animé de convictions. Ce fut pour moi un engagement, au sens fort du terme, dans le contexte de l’Algérie coloniale. C’était vrai aussi pour mes camarades d’Alger républicain. Des gens venaient travailler au journal pour une misère, mais ils étaient heureux de pouvoir y défendre des idées. Je pense en particulier à Kateb Yacine, disparu il y a vingt ans. Cet homme fantaisiste, plein d’esprit, attachant, était un journaliste brillant. Lui aussi se vivait d’abord comme un militant, animé d’un absolu dévouement aux causes que nous défendions.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui


http://www.humanite.fr/article27585...

Guerre d’Algérie - Ce que me semblent cacher les critiques post-mortem à A. CAMUS
13 janvier 2010 - 14h33 - Posté par

Elle est très forte et très belle cette interview. H Alleg y dit bcp de choses qui font réfléchir et sa manière de présenter les choses sonne vraiment juste. LL

Il y a vingt ans, tombait le mur de Berlin. Pourquoi êtes-vous resté fidèle à l’idée communiste  ?

Henri Alleg. Il est difficile de s’expliquer là-dessus. Autant me demander pourquoi mon cœur bat à tel rythme. Lorsque je me suis engagé, il était relativement simple de savoir quelle voie emprunter. J’avais quinze ans lorsqu’a éclaté la guerre d’Espagne et je rêvais, avec mes amis, de m’engager parmi les brigadistes. Nous étions trop jeunes pour cela. Mais nous savions parfaitement quel était notre camp. Il y avait, d’un côté, Franco, les hitlériens, les fascistes, et, de l’autre, le Front populaire, le combat pour un autre monde. À nos yeux, cet autre monde était symbolisé, à l’époque, par l’URSS et les pays socialistes. Des choses auxquelles nous avons sincèrement cru ont été cruellement démenties par l’histoire. Moi aussi, j’ai fait le point. Mais je crois que les désillusions ne doivent pas ébranler notre conviction que l’on peut changer le monde. Notre rôle de révolutionnaire n’est pas, désormais, de s’acheter un équipement complet pour aller à la pêche le dimanche. Pourquoi de telles fautes, de telles erreurs ont-elles été commises  ? Nous devons tirer notre propre bilan de ces expériences historiques, sans se rallier docilement au discours de ceux qui nous ont toujours combattus. On le voit aujourd’hui  : la crise du capitalisme met à mal ceux qui présentent ce système comme indépassable. Il nous faut poursuivre ce combat pour une autre société. Il n’y en a pas d’autre qui vaille. Ou alors, il faut tout accepter, comme nous y invite Sarkozy, et devenir nous aussi, des dealers, des gens qui font leur beurre sur le dos des autres.





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