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27 mai 2006, 08:48

Imaginons...

Imaginons que la LCR signe tous les appels, sans sourciller sur les reculs que contiennent ceux-ci par rapport à la dynamique unitaire du 29 mai, qui rejetait le libéralisme ET le social-libéralisme...
On passe de ce rejet, de cette aspiration à faire de la politique autrement, avec un réell contenu antilibéral à un compromis où l’on accepterait de participer à un gouvernement de gauche plurielle bis, où l’on a simplement pris la précaution de préciser que ce gouvernement ne pourrait pas être "dominé" par le social-libéralisme (dominé, ça veut dire quoi concrètement : si sur 20 ministres, il n’y en a que 5 sociaux-libéraux, donc en minorité, mais qui sont premier ministre, ministre de l’économie, ministre de l’intérieur, ministre de la défense et ministre de l’éducation, ça passe, comme le dit le texte du nouvel appel ?).
Soit, donc.

L’important, c’est donc la dynamique unitaire, et faisons fi du contenu et du programme politique !

Imaginons, donc...

La LCR, et tous les autres partenaires attendent sagement, et construisent la dynamique unitaire...jusqu’à la décision de novembre du PCF qui, imaginons, décide finalement de présenter Marie-Georges Buffet dans son coin, après avoir passé un accord avec le PS.
C’est une possibilité, réelle...qu’il faut ne serait-ce qu’un minimum envisager, non ?

Ne serait-ce que parce qu’en lisant les déclarations de MGB dans les divers médias (rassembler toute la gauche...c’est bien, mais sur quel contenu ? On peut rassembler sur un même projet les partisans du oui et ceux du non ? On peut rassembler sur un même projet Daniel Vaillant et les soutiens des sans-papiers ? On peut rassembler dans un même programme Dominique Strauss-Kahn et les salarié-e-s en lutte contre les délocalisations et les licenciements ?).
Ne serait-ce que parce que quand il s’agit de discuter de programme et de contenu, le PCF choisit de le faire avec le PS (réunion du 8 février), mais ne vient pas quand il faut le faire au sein de la gauche du NON (réunions de Copernic, réunions thématiques autour de 9 thèmes, etc.).
Imaginons donc...

Alors, que se passe-t-il en novembre prochain, une fois que le PCF, fort de ses 15 000 élu-e-s à sauvegarder, se présente seul.

Les rescapé-e-s de la dynamiques unitaires, auront donc deux mois pour se remettre de leurs émotions, trouver 500 signatures pour présenter un-e candidat-e (mission impossible...), et au final...

Au final, donc, la dynamique et le programme de cette même dynamique unitaire sera totalement absent de la campagne présidentielle 2007, faute de candidat-e, faute de signatures pour présenter ce candidat (ni la LCR, ni les autres forces du NON hors PCF n’ont d’élu-e-s permettant de trouver rapidement et facilement ces 500 signatures).
Aucun temps de parole accordé dans les médias, et surtout, le projet politique commun, de rupture avec tous les libéralismes, n’existera pas en 2007.

Alors, pour éviter cela, ne vaut-il pas mieux demander une bonne fois pour toute au PCF de clarifier ses positions par rapport au PS, ou bien vaut-il mieux foncer dans, peut-être, le mur, juste parce qu’il faut construire la dynamique pour la dynamique.

Parfois, une clarification est tout ce qui permet de sauver l’important, à savoir le contenu, le programme politique...
Et cette clarification, pour l’instant, elle n’est pas là...