Le congrès du PCF ou la " stratégie " de l’ambiguïté
Le trente-troisième congrès du PCF n’aura pas amené de grandes surprises. Il confirme la stratégie de l’ambiguïté mise en œuvre par Marie George Buffet. Réélue, pour un troisième mandat, secrétaire générale du parti avec 91,2 % des voix au lieu de 76,1 % en 2003, sa position personnelle se trouve renforcée ainsi que l’orientation qu’elle défend depuis les élections régionales de 2004. Celle-ci s’inscrit dans la continuité de la " mutation " engagée par Robert Hue (30ème congrès en 2000), sans pouvoir dénouer les contradictions du PCF, d’où l’ambiguïté. Le PCF est comme paralysé, incapable de choisir entre la logique de la mue et préserver son influence, donc son indépendance du PS. La logique de la mue, c’est l’alliance avec les sociaux libéraux dans laquelle s’est affaiblie le PCF. Préserver son influence donc son indépendance, c’est le risque de la rupture et le risque de la ruine de l’appareil des élus… L’orientation de Marie Georges Buffet, c’est choisir de ne pas choisir en prétendant faire du PCF le parti du rassemblement de toute la gauche, de la LCR au PS… pour aller au gouvernement.
Une stratégie vouée à l’échec.
L’union populaire ou le regroupement antilibéral pour faire " bouger " la gauche
Si la mobilisation contre le CPE a su s’inviter au congrès, ce n’est pas elle qui était au cœur des débats mais la question de l’élection présidentielle. Comme le souhaitait Marie Georges Buffet, il fut décidé de ne pas décider avant octobre… Une décision largement approuvée par le congrès puisque la motion sur la stratégie a obtenu 67,6 % des voix.
Le raisonnement est simple : il prend appui sur la victoire du non le 29 mai pour démontrer que la victoire de la gauche, " c’est possible, c’est cela que nous avons fait ensemble " comme le disait Buffet dans son discours introductif. Elle oublie l’hétérogénéité du non, y compris du non de gauche, pour conclure que la victoire électorale, dans le cadre institutionnel, d’une vraie gauche antilibérale est possible en 2007. Bien sûr, cela passe par une alliance avec le PS, mais un PS convaincu de l’antilibéralisme. " Il faut révolutionner la gauche ". Cela implique de rassembler toute la gauche du non unie derrière le PC. Certes l’hypothèse d’une candidature communiste est soumise au débat mais pour la majorité du PCF le débat est déjà tranché : " une candidature communiste (...) sera plus efficace pour porter cette union ". Et l’Huma de renchérir en rendant compte du congrès : " Parmi les partisans de la démarche majoritaire, aucun délégué n’a avancé l’idée que pour être unitaire, il ne fallait pas que la candidature soit issue du PCF ".
Répondant aux critiques de notre organisation sur l’alliance avec les sociaux libéraux pour aller au gouvernement, Marie George Buffet a ainsi résumé sa pensée : " Je ne veux pas que les luttes, les espérances soient bafouées par la droite, trahies par une gauche de renoncement, marginalisées par une gauche minoritaire ".
Minoritaire, nous verrons, mais de toute façon la question n’est pas là. Le débat porte sur le programme, les " engagements pour changer la vie ", et les moyens de les faire aboutir. Est-il possible de changer la vie en participant à l’alternance ou l’alternative dans le cadre des institutions ? Toute l’expérience du mouvement ouvrier, et en particulier les échecs du PCF lui-même qui ont ruiné sa propre influence en particulier dans la classe ouvrière, sont là pour démontrer que non.
30 % des voix des délégués se sont portés sur l’amendement préconisant " sans attendre (...) une candidature communiste ". Cet amendement militait pour que le PCF annonce dès maintenant sa candidature mais sans proposer, quant au fond, une autre orientation que la politique d’union populaire pour aller au gouvernement avec le PS, une nouvelle mouture de l’union de la gauche.
Une mutation qui n’en finit pas...
L’orientation décidée par le congrès vise à enrayer l’effondrement électoral et militant du PC en essayant de concilier la mutation de l’ancien parti stalinien en parti réformiste, parti de gouvernement, avec une critique radicale du capitalisme libéral porteuse du mécontentement et de la révolte des classes populaires. Ce compromis est le contenu de l’antilibéralisme qui reprend les thèmes essentiels du mouvement altermondialiste.
Depuis l’effondrement dans les années 90 des bureaucraties issues de la contre-révolution stalinienne qui suivit Octobre 1917, le PCF tente de gérer sans grand succès ses contradictions. Né de la vague révolutionnaire de 1917 puis soumis aux intérêts politiques et diplomatiques de la bureaucratie stalinienne, il finit par trouver sa place dans la vie politique parlementaire nationale mais sans jamais devenir un parti " comme les autres ". Il restera et reste encore marqué par ses origines révolutionnaires. Il porte encore les stigmates de sa naissance, ses liens avec octobre 1917 et le communisme qui se confondent avec ses liens avec le monde du travail.
C’est cette histoire qui l’a façonné et qui le définit et explique son influence même si les intérêts diplomatiques de ses maîtres du Kremlin l’ont depuis longtemps, depuis 1936 puis 1943, conduit à se réconcilier avec les institutions nationales et à devenir ainsi un parti de gouvernement.
Le communisme a été transformé en une idéologie sans vie pour les besoins de la bureaucratie soviétique, justifiant la dictature du socialisme dit réel. Cette idéologie sans rapport, si ce n’est formel, avec le marxisme, imprégnée de nationalisme et de moralisme, reprenant à son compte les préjugés réformistes, restait néanmoins pour beaucoup étrangère à l’idéologie des classes dominantes impérialistes du fait de la Guerre froide et de l’antagonisme entre l’URSS et les puissances impérialistes alors secouées par la révolution coloniale.
Les liens avec la bureaucratie soviétique emportés avec cette dernière, il reste un parti réformiste lié au monde du travail et façonné par l’idéologie et les combats de son passé.
L’antilibéralisme ou la voie étroite du nouveau réformisme
Son réformisme se dégage du communisme en se nourrissant des idées dominantes au sein du mouvement altermondialiste mais a bien du mal à fournir un programme, une orientation politique qui lui permette de reconquérir son influence militante au sein de la classe ouvrière ou d’en conquérir une nouvelle au sein de la jeunesse. A l’heure de la mondialisation impérialiste, le réformisme en tant que force politique organisée, que parti, a bien du mal à exister. Il prend le seul contenu quant au fond acceptable par la bourgeoisie, celui du social-libéralisme.
D’une certaine façon, la contradiction qui était au cœur de la mue engagée par Robert Hue, la mue de l’ancien parti stalinien en un nouveau parti réformiste, se développe en une nouvelle contradiction : comment faire vivre un parti réformiste, anti-libéral, à l’heure de la mondialisation financière et impérialiste, comment prétendre aller au gouvernement sans sacrifier son influence dans les classes populaires.
La course à la rentabilité financière dans le cadre de la concurrence mondialisée a considérablement réduit les marges de manœuvre de la bourgeoisie. La pensée unique, libérale, s’impose au point que prétendre à une critique radicale telle que la formule le PC aujourd’hui tout en prétendant aller au gouvernement dans le cadre des institutions pour changer la vie crée des tensions difficilement maîtrisables.
Pour un parti de tous les communistes, révolutionnaire et démocratique
L’ambition de Robert Hue, transformer l’ex-parti stalinien en un parti réformiste pleinement intégré au jeu politique national, aboutit à un fiasco parce que le PC y a perdu l’essentielle de sa base ouvrière.
Enfant d’Octobre 1917 et de la montée révolutionnaire qui suivit la première guerre mondiale, transformé en parti réformiste sous les effets de la contre-révolution stalinienne, il voit aujourd’hui se dénouer la contradiction entre réforme ou révolution, entre antilibéralisme et communisme.
Achever sa mue en parti réformisme antilibéral conduit à l’alliance avec le PS sans condition, c’est-à-dire à la liquidation du PC en tant que parti indépendant voulant " changer la vie ". Marie George Buffet représente une politique d’attente et la vie décidera… en octobre.
Il y a pour le PC et ses militants une autre perspective : renouer avec le communisme pour participer avec l’extrême gauche à la construction d’un nouveau parti, un parti de tous les communistes. Un tel choix ne peut se faire par une adaptation passive aux rapports de force, adaptation qui définit quant au fond la politique de Marie George Buffet. Ce n’est pas une mue mais une révolution. C’est à cette révolution qu’aspirent bien des militants qui regardent vers la Ligue. Les différentes minorités qui se sont regroupées pour présenter contre la majorité une liste alternative pour l’élection du conseil national, liste conduite par le maire de Vénissieux, André Gerin, expriment, pour une part, cette aspiration à ce que le PC ne reste pas dominé par les rapports de force. Ces minorités regroupées derrière différents textes ("Fiers d’être communistes ", " Colère et espoir ", " Mettre le PCF sur les rails de la lutte de classe ") restent, pour l’essentiel, accrochées à un passé révolu, ce qui les prive de la capacité de formuler une orientation lutte de classe, communiste, démocratique et révolutionnaire.
Cette tâche revient, pour l’essentiel, au courant trotskiste qui a, contre le stalinisme, défendu le communisme démocratique, révolutionnaire, le marxisme.
Il s’agit de donner à ces idées leur actualité politique, pratique et concrète, pour les combats actuels. Cette tâche ne peut être que collective. Elle ne peut s’accomplir qu’en lien avec les luttes de classes réelles, à travers les confrontations et les débats.
La contre-révolution stalinienne emportée par ses propres crimes et reniements, effondrée sous le poids de sa propre faillite, restent les idées du communisme en tant qu’idées du combat pour la liberté et l’émancipation. Pour affronter la nouvelle période qu’ouvre le développement du capitalisme libéral et impérialiste, il est nécessaire de regrouper tous ceux qui se reconnaissent dans ces idées dégagées de leur caricature stalinienne ou réformiste.
La nouvelle étape de la crise du PCF dont le 33ème congrès a préparé les conditions donnera à cette discussion son caractère d’actualité, voire d’urgence. En octobre, Marie George Buffet sera amenée à lever les ambiguïtés. Il faudra décider et choisir, ou l’antilibéralisme allié du social-libéralisme ou la lutte démocratique et révolutionnaire pour le communisme. Marie George Buffet et l’appareil du parti ont choisi, pas l’ensemble des militants.
Le congrès du PCF ou la " stratégie " de l’ambiguïté
Le trente-troisième congrès du PCF n’aura pas amené de grandes surprises. Il confirme la stratégie de l’ambiguïté mise en œuvre par Marie George Buffet. Réélue, pour un troisième mandat, secrétaire générale du parti avec 91,2 % des voix au lieu de 76,1 % en 2003, sa position personnelle se trouve renforcée ainsi que l’orientation qu’elle défend depuis les élections régionales de 2004. Celle-ci s’inscrit dans la continuité de la " mutation " engagée par Robert Hue (30ème congrès en 2000), sans pouvoir dénouer les contradictions du PCF, d’où l’ambiguïté. Le PCF est comme paralysé, incapable de choisir entre la logique de la mue et préserver son influence, donc son indépendance du PS. La logique de la mue, c’est l’alliance avec les sociaux libéraux dans laquelle s’est affaiblie le PCF. Préserver son influence donc son indépendance, c’est le risque de la rupture et le risque de la ruine de l’appareil des élus… L’orientation de Marie Georges Buffet, c’est choisir de ne pas choisir en prétendant faire du PCF le parti du rassemblement de toute la gauche, de la LCR au PS… pour aller au gouvernement.
Une stratégie vouée à l’échec.
L’union populaire ou le regroupement antilibéral pour faire " bouger " la gauche
Si la mobilisation contre le CPE a su s’inviter au congrès, ce n’est pas elle qui était au cœur des débats mais la question de l’élection présidentielle. Comme le souhaitait Marie Georges Buffet, il fut décidé de ne pas décider avant octobre… Une décision largement approuvée par le congrès puisque la motion sur la stratégie a obtenu 67,6 % des voix.
Le raisonnement est simple : il prend appui sur la victoire du non le 29 mai pour démontrer que la victoire de la gauche, " c’est possible, c’est cela que nous avons fait ensemble " comme le disait Buffet dans son discours introductif. Elle oublie l’hétérogénéité du non, y compris du non de gauche, pour conclure que la victoire électorale, dans le cadre institutionnel, d’une vraie gauche antilibérale est possible en 2007. Bien sûr, cela passe par une alliance avec le PS, mais un PS convaincu de l’antilibéralisme. " Il faut révolutionner la gauche ". Cela implique de rassembler toute la gauche du non unie derrière le PC. Certes l’hypothèse d’une candidature communiste est soumise au débat mais pour la majorité du PCF le débat est déjà tranché : " une candidature communiste (...) sera plus efficace pour porter cette union ". Et l’Huma de renchérir en rendant compte du congrès : " Parmi les partisans de la démarche majoritaire, aucun délégué n’a avancé l’idée que pour être unitaire, il ne fallait pas que la candidature soit issue du PCF ".
Répondant aux critiques de notre organisation sur l’alliance avec les sociaux libéraux pour aller au gouvernement, Marie George Buffet a ainsi résumé sa pensée : " Je ne veux pas que les luttes, les espérances soient bafouées par la droite, trahies par une gauche de renoncement, marginalisées par une gauche minoritaire ".
Minoritaire, nous verrons, mais de toute façon la question n’est pas là. Le débat porte sur le programme, les " engagements pour changer la vie ", et les moyens de les faire aboutir. Est-il possible de changer la vie en participant à l’alternance ou l’alternative dans le cadre des institutions ? Toute l’expérience du mouvement ouvrier, et en particulier les échecs du PCF lui-même qui ont ruiné sa propre influence en particulier dans la classe ouvrière, sont là pour démontrer que non.
30 % des voix des délégués se sont portés sur l’amendement préconisant " sans attendre (...) une candidature communiste ". Cet amendement militait pour que le PCF annonce dès maintenant sa candidature mais sans proposer, quant au fond, une autre orientation que la politique d’union populaire pour aller au gouvernement avec le PS, une nouvelle mouture de l’union de la gauche.
Une mutation qui n’en finit pas...
L’orientation décidée par le congrès vise à enrayer l’effondrement électoral et militant du PC en essayant de concilier la mutation de l’ancien parti stalinien en parti réformiste, parti de gouvernement, avec une critique radicale du capitalisme libéral porteuse du mécontentement et de la révolte des classes populaires. Ce compromis est le contenu de l’antilibéralisme qui reprend les thèmes essentiels du mouvement altermondialiste.
Depuis l’effondrement dans les années 90 des bureaucraties issues de la contre-révolution stalinienne qui suivit Octobre 1917, le PCF tente de gérer sans grand succès ses contradictions. Né de la vague révolutionnaire de 1917 puis soumis aux intérêts politiques et diplomatiques de la bureaucratie stalinienne, il finit par trouver sa place dans la vie politique parlementaire nationale mais sans jamais devenir un parti " comme les autres ". Il restera et reste encore marqué par ses origines révolutionnaires. Il porte encore les stigmates de sa naissance, ses liens avec octobre 1917 et le communisme qui se confondent avec ses liens avec le monde du travail.
C’est cette histoire qui l’a façonné et qui le définit et explique son influence même si les intérêts diplomatiques de ses maîtres du Kremlin l’ont depuis longtemps, depuis 1936 puis 1943, conduit à se réconcilier avec les institutions nationales et à devenir ainsi un parti de gouvernement.
Le communisme a été transformé en une idéologie sans vie pour les besoins de la bureaucratie soviétique, justifiant la dictature du socialisme dit réel. Cette idéologie sans rapport, si ce n’est formel, avec le marxisme, imprégnée de nationalisme et de moralisme, reprenant à son compte les préjugés réformistes, restait néanmoins pour beaucoup étrangère à l’idéologie des classes dominantes impérialistes du fait de la Guerre froide et de l’antagonisme entre l’URSS et les puissances impérialistes alors secouées par la révolution coloniale.
Les liens avec la bureaucratie soviétique emportés avec cette dernière, il reste un parti réformiste lié au monde du travail et façonné par l’idéologie et les combats de son passé.
L’antilibéralisme ou la voie étroite du nouveau réformisme
Son réformisme se dégage du communisme en se nourrissant des idées dominantes au sein du mouvement altermondialiste mais a bien du mal à fournir un programme, une orientation politique qui lui permette de reconquérir son influence militante au sein de la classe ouvrière ou d’en conquérir une nouvelle au sein de la jeunesse. A l’heure de la mondialisation impérialiste, le réformisme en tant que force politique organisée, que parti, a bien du mal à exister. Il prend le seul contenu quant au fond acceptable par la bourgeoisie, celui du social-libéralisme.
D’une certaine façon, la contradiction qui était au cœur de la mue engagée par Robert Hue, la mue de l’ancien parti stalinien en un nouveau parti réformiste, se développe en une nouvelle contradiction : comment faire vivre un parti réformiste, anti-libéral, à l’heure de la mondialisation financière et impérialiste, comment prétendre aller au gouvernement sans sacrifier son influence dans les classes populaires.
La course à la rentabilité financière dans le cadre de la concurrence mondialisée a considérablement réduit les marges de manœuvre de la bourgeoisie. La pensée unique, libérale, s’impose au point que prétendre à une critique radicale telle que la formule le PC aujourd’hui tout en prétendant aller au gouvernement dans le cadre des institutions pour changer la vie crée des tensions difficilement maîtrisables.
Pour un parti de tous les communistes, révolutionnaire et démocratique
L’ambition de Robert Hue, transformer l’ex-parti stalinien en un parti réformiste pleinement intégré au jeu politique national, aboutit à un fiasco parce que le PC y a perdu l’essentielle de sa base ouvrière.
Enfant d’Octobre 1917 et de la montée révolutionnaire qui suivit la première guerre mondiale, transformé en parti réformiste sous les effets de la contre-révolution stalinienne, il voit aujourd’hui se dénouer la contradiction entre réforme ou révolution, entre antilibéralisme et communisme.
Achever sa mue en parti réformisme antilibéral conduit à l’alliance avec le PS sans condition, c’est-à-dire à la liquidation du PC en tant que parti indépendant voulant " changer la vie ". Marie George Buffet représente une politique d’attente et la vie décidera… en octobre.
Il y a pour le PC et ses militants une autre perspective : renouer avec le communisme pour participer avec l’extrême gauche à la construction d’un nouveau parti, un parti de tous les communistes. Un tel choix ne peut se faire par une adaptation passive aux rapports de force, adaptation qui définit quant au fond la politique de Marie George Buffet. Ce n’est pas une mue mais une révolution. C’est à cette révolution qu’aspirent bien des militants qui regardent vers la Ligue. Les différentes minorités qui se sont regroupées pour présenter contre la majorité une liste alternative pour l’élection du conseil national, liste conduite par le maire de Vénissieux, André Gerin, expriment, pour une part, cette aspiration à ce que le PC ne reste pas dominé par les rapports de force. Ces minorités regroupées derrière différents textes ("Fiers d’être communistes ", " Colère et espoir ", " Mettre le PCF sur les rails de la lutte de classe ") restent, pour l’essentiel, accrochées à un passé révolu, ce qui les prive de la capacité de formuler une orientation lutte de classe, communiste, démocratique et révolutionnaire.
Cette tâche revient, pour l’essentiel, au courant trotskiste qui a, contre le stalinisme, défendu le communisme démocratique, révolutionnaire, le marxisme.
Il s’agit de donner à ces idées leur actualité politique, pratique et concrète, pour les combats actuels. Cette tâche ne peut être que collective. Elle ne peut s’accomplir qu’en lien avec les luttes de classes réelles, à travers les confrontations et les débats.
La contre-révolution stalinienne emportée par ses propres crimes et reniements, effondrée sous le poids de sa propre faillite, restent les idées du communisme en tant qu’idées du combat pour la liberté et l’émancipation. Pour affronter la nouvelle période qu’ouvre le développement du capitalisme libéral et impérialiste, il est nécessaire de regrouper tous ceux qui se reconnaissent dans ces idées dégagées de leur caricature stalinienne ou réformiste.
La nouvelle étape de la crise du PCF dont le 33ème congrès a préparé les conditions donnera à cette discussion son caractère d’actualité, voire d’urgence.
En octobre, Marie George Buffet sera amenée à lever les ambiguïtés. Il faudra décider et choisir, ou l’antilibéralisme allié du social-libéralisme ou la lutte démocratique et révolutionnaire pour le communisme. Marie George Buffet et l’appareil du parti ont choisi, pas l’ensemble des militants.