claude de toulouse : « ... si la fuite en rase campagne de la majorité de la direction de la LCR , est de la faute du PCF , il faut qu’on m’explique , mais affutez les arguments , je ne me contenterai pas de faux semblants à la con… »
Au centre du rassemblement antilibéral pour des candidatures unitaires, le PCF, sa politique et ses manœuvres
Lors des assises, le 13 mai, les débats ont été polarisés par l’appel à la création de collectifs d’initiatives pour des candidatures communes, publié le jour même dans l’Humanité et signé quelques jours auparavant par le Parti communiste en tant que tel.
Se situant dans la perspective d’une " rupture avec le cadre libéral ", celui-ci exprime " l’ambition de changer en profondeur la donne politique, de bouleverser le rapport de forces à gauche ", " avec l’objectif d’une majorité et d’un gouvernement qui appliquent une politique au service du peuple. " Son contenu, de fait, s’inscrit dans la politique que le PCF avance sous le nom de l’union majoritaire populaire.
La seule fausse note, aux yeux des participants aurait été l’intervention d’Olivier Besancenot, que l’Huma rapporte ainsi : "interpellé par des délégués pour le refus de la LCR de s’associer à l’appel, [il] se dit "d’accord avec une candidature unitaire" mais pas d’accord pour un gouvernement un un accord parlementaire avec le PS". L’intervention d’Olivier Besancenot a suscité aussitôt les dénégations d’Yves Salesse ou de Clémentine Autain qui ont juré leurs grands dieux, en reprenant le texte de l’appel, " nous ne participerons pas à un gouvernement qui serait dominé par le social-libéralisme ".
La formule est pour le moins hypocrite, les bonnes intentions en la matière ne résistant pas à la logique de la recherche d’alliance avec le PS que sous-tend " l’objectif d’une majorité et d’un gouvernement qui appliquent une politique au service du peuple. " Ni plus ni moins que l’objectif que se fixe l’appel de Marie-Goerge Buffet, issu du Congrès du PCF, pour un rassemblement antilibéral.
Eclairante à ce propos, est la "tribune libre" de Cohen-Seat publiée dans l’Huma le 12 mai : "Olivier Besancenot dit en substance : rien avec le PS, c’est un préalable. […] Il est hors de question de refaire la " gauche plurielle " et de cautionner au gouvernement une politique libérale. Mais " rien avec le PS ", c’est absurde et catastrophique. La seule vraie question est celle de la politique qui sera menée. Si elle est libérale : pas de participation au gouvernement. Si elle rompt franchement avec les politiques passées et permet de changer vraiment la vie de notre peuple, pourquoi ne pas aller nous battre jusqu’au gouvernement pour défendre nos idées et nos propositions ? " Et d’enchaîner avec la proposition à peine déguisée d’un donnant-donnant présidentielle derrière Buffet, contre partage de circonscriptions législatives : " Et pour les candidatures, ne pourrait-on pas mettre nos petits ego dans la poche et voir simplement ce qui permettrait le meilleur résultat possible pour tout le monde dans ce rassemblement ? Actuellement, il y a 22 députés communistes. Si on se donnait l’objectif que toutes les forces antilibérales aient le maximum d’élus en présentant des candidatures unitaires dans tout le pays ? Pour la présidentielle, qui pourrit toute notre vie politique, il ne peut y avoir qu’une candidature. Personnellement, je pense que Marie-George Buffet serait une très bonne candidate. Elle en a - comme d’autres - les qualités personnelles : elles lui ont valu, comme ministre de la Jeunesse et des Sports, une réputation de détermination et de courage."
Difficile de ne pas voir là une de ces manœuvres dont le PCF est depuis longtemps passé maître, la mise en place de structures pseudo-unitaires au service de ses intérêts d’appareil, en l’occurrence, la " candidature de rassemblement "... de Buffet qui, dans une interview à l’Huma le 11 mai, condescendait, bien entendu, à se voir entourée d’autres porte-paroles de la campagne contre la constitution. Vu ce que disent aujourd’hui les sondages, cela se comprend !
Ceci dit, le PCF a raison du point de vue d’une politique définie par le cadre institutionnel quand il prône l’alliance avec le PS. Il n’y a pas, en effet, d’autre possibilité d’obtenir une majorité électorale, dans le respect du cadre des institutions et du système capitaliste.
Affirmer la nécessité de rompre avec ce cadre ne veut pas dire qu’il faille négliger les batailles politiques que sont les élections, mais il s’agit de mettre celles-ci au service du combat anticapitaliste, de la lutte des classes, la préparation d’une contre-offensive du monde du travail et de la jeunesse.
La dynamique des collectifs du Non étouffée par les limites de l’antilibéralisme
Incapables d’être de véritables cadres de front unique, lieux de négociations autour des candidatures unitaires sans le reconnaître, les collectifs ont été incapables d’intervenir sauf en de très rares endroits dans les luttes. Cela aurait exigé de leur part une politique indépendante de la gauche gouvernementale, des grandes confédérations syndicales et du respect des institutions, comme l’a montré le mouvement contre le CPE et son succès dû à l’audace des jeunes qui ne se sont laissés arrêter ni par le vote d’une loi ni par l’inertie des directions syndicales.
Toute dynamique, au contraire, a été étouffée au sein des collectifs par une politique plombée par le réformisme antilibéral. L’idée qu’il faudrait une perspective de victoire électorale de la gauche pour gagner sur le terrain des luttes sociales -ce que les jeunes ont pourtant infirmé en infligeant un recul au gouvernement-, l’idée qu’un débouché politique serait indispensable, exprime la dépendance politique à l’égard de la gauche institutionnelle et gouvernementale. Celle-ci a comme conséquence un manque de confiance dans les capacités d’initiatives des travailleurs, des jeunes, du mouvement social.
Or, ce sont les luttes et les luttes seules qui peuvent changer le rapport de force même si bien évidemment, les points marqués sur le terrain électoral sont autant de moyens d’action.
Quant au débouché politique, il est dans les luttes elles-mêmes, c’est-à-dire la capacité des travailleurs d’exercer leur pression aujourd’hui, demain leur contrôle sur l’État et l’économie pour postuler au pouvoir, à leur pouvoir.
Tirer le bilan de cet échec, avancer une perspective anticapitaliste
Des milliers de militants, de jeunes, de salariés, tirent les leçons des luttes de ces dernières années, s’affranchissent des verrous mis par les directions des grandes confédérations syndicales, du PS et de ses satellites. Oeuvrer à leur regroupement dans la perspective d’un mouvement d’ensemble exige une politique indépendante de celle du PC qui contribue, à la gauche du PS, à contenir la crise qui déchire le gouvernement.
Il s’agit, dans les luttes comme dans les élections, de porter une perspective anticapitaliste en toute indépendance des partis gouvernementaux ou des partisans du syndicalisme d’adaptation en combinant la préparation d’un mouvement d’ensemble, aujourd’hui indispensable, et la construction d’une force nouvelle, un parti des travailleurs.
Les révolutionnaires militent pour la plus large unité autour des exigences du monde du travail, sociales et démocratiques, tout en défendant, dans les luttes comme dans les élections, des perspectives, anticapitalistes qui sont la seule réponse à la crise.
claude de toulouse : « ... si la fuite en rase campagne de la majorité de la direction de la LCR , est de la faute du PCF , il faut qu’on m’explique , mais affutez les arguments , je ne me contenterai pas de faux semblants à la con… »
Au centre du rassemblement antilibéral pour des candidatures unitaires, le PCF, sa politique et ses manœuvres
Lors des assises, le 13 mai, les débats ont été polarisés par l’appel à la création de collectifs d’initiatives pour des candidatures communes, publié le jour même dans l’Humanité et signé quelques jours auparavant par le Parti communiste en tant que tel.
Se situant dans la perspective d’une " rupture avec le cadre libéral ", celui-ci exprime " l’ambition de changer en profondeur la donne politique, de bouleverser le rapport de forces à gauche ", " avec l’objectif d’une majorité et d’un gouvernement qui appliquent une politique au service du peuple. " Son contenu, de fait, s’inscrit dans la politique que le PCF avance sous le nom de l’union majoritaire populaire.
La seule fausse note, aux yeux des participants aurait été l’intervention d’Olivier Besancenot, que l’Huma rapporte ainsi : "interpellé par des délégués pour le refus de la LCR de s’associer à l’appel, [il] se dit "d’accord avec une candidature unitaire" mais pas d’accord pour un gouvernement un un accord parlementaire avec le PS". L’intervention d’Olivier Besancenot a suscité aussitôt les dénégations d’Yves Salesse ou de Clémentine Autain qui ont juré leurs grands dieux, en reprenant le texte de l’appel, " nous ne participerons pas à un gouvernement qui serait dominé par le social-libéralisme ".
La formule est pour le moins hypocrite, les bonnes intentions en la matière ne résistant pas à la logique de la recherche d’alliance avec le PS que sous-tend " l’objectif d’une majorité et d’un gouvernement qui appliquent une politique au service du peuple. " Ni plus ni moins que l’objectif que se fixe l’appel de Marie-Goerge Buffet, issu du Congrès du PCF, pour un rassemblement antilibéral.
Eclairante à ce propos, est la "tribune libre" de Cohen-Seat publiée dans l’Huma le 12 mai : "Olivier Besancenot dit en substance : rien avec le PS, c’est un préalable. […] Il est hors de question de refaire la " gauche plurielle " et de cautionner au gouvernement une politique libérale. Mais " rien avec le PS ", c’est absurde et catastrophique. La seule vraie question est celle de la politique qui sera menée. Si elle est libérale : pas de participation au gouvernement. Si elle rompt franchement avec les politiques passées et permet de changer vraiment la vie de notre peuple, pourquoi ne pas aller nous battre jusqu’au gouvernement pour défendre nos idées et nos propositions ? " Et d’enchaîner avec la proposition à peine déguisée d’un donnant-donnant présidentielle derrière Buffet, contre partage de circonscriptions législatives :
" Et pour les candidatures, ne pourrait-on pas mettre nos petits ego dans la poche et voir simplement ce qui permettrait le meilleur résultat possible pour tout le monde dans ce rassemblement ? Actuellement, il y a 22 députés communistes. Si on se donnait l’objectif que toutes les forces antilibérales aient le maximum d’élus en présentant des candidatures unitaires dans tout le pays ? Pour la présidentielle, qui pourrit toute notre vie politique, il ne peut y avoir qu’une candidature. Personnellement, je pense que Marie-George Buffet serait une très bonne candidate. Elle en a - comme d’autres - les qualités personnelles : elles lui ont valu, comme ministre de la Jeunesse et des Sports, une réputation de détermination et de courage."
Difficile de ne pas voir là une de ces manœuvres dont le PCF est depuis longtemps passé maître, la mise en place de structures pseudo-unitaires au service de ses intérêts d’appareil, en l’occurrence, la " candidature de rassemblement "... de Buffet qui, dans une interview à l’Huma le 11 mai, condescendait, bien entendu, à se voir entourée d’autres porte-paroles de la campagne contre la constitution. Vu ce que disent aujourd’hui les sondages, cela se comprend !
Ceci dit, le PCF a raison du point de vue d’une politique définie par le cadre institutionnel quand il prône l’alliance avec le PS. Il n’y a pas, en effet, d’autre possibilité d’obtenir une majorité électorale, dans le respect du cadre des institutions et du système capitaliste.
Affirmer la nécessité de rompre avec ce cadre ne veut pas dire qu’il faille négliger les batailles politiques que sont les élections, mais il s’agit de mettre celles-ci au service du combat anticapitaliste, de la lutte des classes, la préparation d’une contre-offensive du monde du travail et de la jeunesse.
La dynamique des collectifs du Non étouffée par les limites de l’antilibéralisme
Incapables d’être de véritables cadres de front unique, lieux de négociations autour des candidatures unitaires sans le reconnaître, les collectifs ont été incapables d’intervenir sauf en de très rares endroits dans les luttes. Cela aurait exigé de leur part une politique indépendante de la gauche gouvernementale, des grandes confédérations syndicales et du respect des institutions, comme l’a montré le mouvement contre le CPE et son succès dû à l’audace des jeunes qui ne se sont laissés arrêter ni par le vote d’une loi ni par l’inertie des directions syndicales.
Toute dynamique, au contraire, a été étouffée au sein des collectifs par une politique plombée par le réformisme antilibéral. L’idée qu’il faudrait une perspective de victoire électorale de la gauche pour gagner sur le terrain des luttes sociales -ce que les jeunes ont pourtant infirmé en infligeant un recul au gouvernement-, l’idée qu’un débouché politique serait indispensable, exprime la dépendance politique à l’égard de la gauche institutionnelle et gouvernementale. Celle-ci a comme conséquence un manque de confiance dans les capacités d’initiatives des travailleurs, des jeunes, du mouvement social.
Or, ce sont les luttes et les luttes seules qui peuvent changer le rapport de force même si bien évidemment, les points marqués sur le terrain électoral sont autant de moyens d’action.
Quant au débouché politique, il est dans les luttes elles-mêmes, c’est-à-dire la capacité des travailleurs d’exercer leur pression aujourd’hui, demain leur contrôle sur l’État et l’économie pour postuler au pouvoir, à leur pouvoir.
Tirer le bilan de cet échec, avancer une perspective anticapitaliste
Des milliers de militants, de jeunes, de salariés, tirent les leçons des luttes de ces dernières années, s’affranchissent des verrous mis par les directions des grandes confédérations syndicales, du PS et de ses satellites. Oeuvrer à leur regroupement dans la perspective d’un mouvement d’ensemble exige une politique indépendante de celle du PC qui contribue, à la gauche du PS, à contenir la crise qui déchire le gouvernement.
Il s’agit, dans les luttes comme dans les élections, de porter une perspective anticapitaliste en toute indépendance des partis gouvernementaux ou des partisans du syndicalisme d’adaptation en combinant la préparation d’un mouvement d’ensemble, aujourd’hui indispensable, et la construction d’une force nouvelle, un parti des travailleurs.
Les révolutionnaires militent pour la plus large unité autour des exigences du monde du travail, sociales et démocratiques, tout en défendant, dans les luttes comme dans les élections, des perspectives, anticapitalistes qui sont la seule réponse à la crise.