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vendredi 16 octobre 2020 (11h52) :
BOLIVIE : Second coup d’Etat ou fraude électorale ?

De : joclaude
3 commentaires

Bolivie : Il pourrait y avoir un coup d’Etat ou une fraude 15 Octobre 2020, 17:57pm |SOURCE : Publié par Bolivar Infos - A lire absolument pour bien comprendre la traque en cours contre le MAS éliminé par un coup d’Etat ! par Guido Miguel Vassallo

L’ex-président de la Bolivie a participé à un débat avec plus de 300 militants, dirigeants sociaux et journalistes. Lors de cette rencontre organisée par le groupe Simón Bolivar, l’ex-dirigeant cultivateur de coca a évoqué les élections du 18 octobre, que le MAS doit « gagner avec un gros écart » pour éviter que la droite parle à nouveau de fraude.

L’ex-président de la Bolivie Evo Morales est conscient que son pays se trouve, une fois de plus, dans une situation historique. Il pense aussi que la droite qui a déjà orchestré un coup d’Etat qui l’a éloigné du pouvoir en novembre 2019, fera tout son possible pour que le Mouvement Vers le Socialisme (MAS), favori dans tous les sondages, ne puisse pas s’imposer aux élections du 18 octobre : « Ils savent que nous allons gagner les élections et l’opposition va chercher à empêcher le triomphe de Luis Arce grâce à un coup d’Etat ou à une fraude. C’est pourquoi il faut gagner avec un gros écart. » Et il considère que le vote de l’étranger est très important et que l’ambassade de la Bolivie en Argentine cherchera à « saboter le vote » de la communauté la plus importante de résidents boliviens à l’étranger. De plus, il pense que le MAS doit améliorer sa campagne dans les villes pour éviter un second tout dangereux car les secteurs les plus réactionnaires et conservateurs du pays s’allieraient.

« A la fin des années 80, un groupe de jeunes du mouvement paysan indigène et originaire nous a demandé : « Jusqu’à quand va-t-on nous gouverner d’en-haut et de l’étranger ? quand allons-nous nous gouverner nous-mêmes ? » a raconté Morales au début du débat. Pour lui, la semence qui a fini par germer au MAS est une expérience unique au monde : « C’est un mouvement que nous avons construit pour la libération. C’est pourquoi le coup d’Etat que nous avons subi l’année dernière a été non seulement un coup d’Etat contre l’Indien mais aussi un coup d’Etat contre le modèle économique. »

Elections et sondages

Dans la dernière ligne droite de la campagne, Morales se demande : « Pourquoi le gouvernement de fait a-t-il repoussé 3 fois les élections ? Parce qu’ils savaient que nous allions gagner au premier tour et avec une large majorité. Ils nous ont obligé à nous mobiliser. Et avec les mobilisations d’août, nous nous sommes affainblis dans les villes. »

Il évoquait ainsi les manifestations qui se sont déroulées dans différents points du pays, organisées par la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) et les militants de base du MAS pour lesquelles Evo Morales en personne, réfugié en Argentine, a été accusé de « génocide » et de « terrorisme. »

Les derniers sondages d’intentions de vote continuent à donner l’avantage au candidat du MAS, Luis Arce. L’ex-ministre de l’Economie de Morales obtiendrait, selon le Centre Stratégique Latino-américain de Géopolitique (CELAG), 44,4% des voix contre 34% pour Carlos Mesa, le candidat de Communauté Citoyenne. En troisième position, Fernando Camacho de l’alliance Nous Croyons obtiendrait 15,2% . Un sondage antérieur diffusé par la chaîne Unitel accordait à Arce 41,2% d’intentions de vote et 33,5% à Mesa. Dans tous les cas, l’écart entre Arce et les autres candidats se maintient bien que rien ne permette d’affirmer qu’il gagnera au premier tour.

Le vote de l’étranger

Morales comprend que les sondages sont bons et doivent être faits bien qu’ils oublient un élément essentiel : « On ne prend pas en compte le vote de l’étranger. Des membres de l’ambassade de Bolivie en Argentine et des consulats vont le saboter parce qu’ils savent que nous allons les détruire. » Selon le Tribunal Suprême Electoral, le corps électoral comprend 7 332 925 personnes ayant le droit de vote. Sur ce nombre, 301 631 vivent à l’étranger : cela représente un peu plus de 4% du corps électoral. En Argentine, le pays étranger dans lequel résident le plus de Boliviens, 142 568 citoyens ont le droit de voter, un chiffre qui représente presque le double de celui des habitants du département de Pando (72 136), par exemple.

Un autre facteur qui rend le vote des résidants en Argentine important, c’est qu’aux élections présidentielles de 2014, le MAS avait eu plus de 92% des voix et en 2019, plus de 82%. « L’année dernière, certains ne sont pas allés voter parce que nous étions sûrs de nous. Maintenant, il ne faut pas être sûrs de nous. J’ai lu une note de membres de l’ambassade argentine qui e répond et qui dit que ce que dit Evo est faux. Mais dans les faits, ils vont chercher à saboter. Le but est de gagner largement pour qu’ils ne disent pas qu’il y a eu fraude et nous allons y arriver, » a affirmé Morales et il a appelé les Boliviens résidant en Argentine à voter et à surveiller le vote. « Ils sont en train de nous provoquer. Ils veulent faire démissionner le procureur général Juan Lanchipa, provoquer des troubles pour suspendre les élections et choisir une nouvelle date. Là, ils veulent s’unir avec Jeanine Áñez, Tuto Quiroga et Fernando Camacho et nous, nous diviser. »

Revenir à une Amérique Latine unie

Morales a aussi consacré quelques minutes à évoquer une alliance de la région nécessaire et urgente : « Je voudrais que les temps de Chávez, Lula, Kirchner, Correa reviennent … Revenir à l’UNASUR et à la CELAC qui en ont fini avec les doctrines de sécurité nationale de ces temps-là. Qu’a fait Donald Trump ? Organiser le Groupe de Lima para attaquer Nicolás Maduro. Il faut renforcer ces espaces que nous construisons, nous devons rétablir l’intégration latino-américaine, » a-t-il déclaré et il a comparé « l’empire nord-américain » à un pitbull : « Il mord et ne lâche pas et cet acharnement va coûter. »

Il a affirmé avoir de « bons souvenirs » du « camarade » Néstor Kirchner : « Par exemple, quand nous avons nationalisé le pétrole et que les compagnies disaient qu’elles allaient partir, c’était tout un scandale. Nous avons dit que si elles voulaient être nos associées, qu’elles restent mais que 82% serait pour les Boliviens. A ce moment-là, Kirchner m’a appelé et m’a dit : « Dis aux compagnies pétrolières que si elles n’investissent pas, moi, j’investis en Bolivie. Tout de suite, les transnationales se sont tues. »

La défense des ressources naturelles est une question centrale pour Morales. « Je suis convaincu qu’en occident, ils ne nous veulent que pour que l’Amérique Latine garantisse la matière première. » Il a rappelé que le sénateur républicain Richard Black avait avoué que les Etats-Unis avaient organisé un coup d’Etat en Bolivie pour le lithium Et les mots du patron de Tesla, la multimillionnaire Elon Musk, qui « a dit textuellement le 24 juillet : « Nous allons faire un coup d’Etat où nous voulons, faites avec. » C’est pourquoi, pour Morales, aujourd’hui plus que jamais, la lutte est une lutte pour le contrôle et l’administration des ressources naturelles. Pour lui, il serait merveilleux de pouvoir industrialiser le lithium et que « la Bolivie, l’Argentine et le Chili puissent en fixer le prix pour le monde entier. » 2 L18

Morales a aussi souligné que les Latino-américains doivent réenvisager le rôle des forces armées. « Je rappelle que quelques années après que nous soyons arrivés à la présidence, un commandant m’a surpris en me disant : « Nous, nous sommes anti-impérialistes. Et c’est sûr, pendant la lutte pour l’indépendance, en 1810, les métis se sont organisés et se sont joints à la lutte du mouvement indigène. Les forces armées sont nées dans la Bolivie anticolonialiste et il faut les récupérer. »

De Buenos Aires, l’ex-président connaît à la perfection les défis et les obstacles qui se présentent au MAS s’il veut être à la hauteur des circonstances. Mais jamais il ne perd son optimisme : « Avec l’unité et la participation du peuple, le 18 octobre, nous serons à nouveau des millions et nous rendrons la liberté et la dignité au peuple bolivien. »

source : Página 12

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos


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Commentaires de l'article
BOLIVIE : Second coup d’Etat ou fraude électorale ?
16 octobre 2020 - 15h28 - Posté par jaime - 46.**.192.***

Très bon article . Voir sur le site venezuelas infos également une analyse pertinente comme d’habitude de M Lemoine , sur le site les 2 rives de Romain Migus et ou sa page Facebook une video où il donne la parole à
Nadia Cruz défenseur des droits de l’Homme ( allo Amnesty Internationale !!! ) , à Segundina Flores , dirigeante du Mouvement des Femmes Paysannes , Alex Anfruns , journaliste .




BOLIVIE : Second coup d’Etat ou fraude électorale ?
17 octobre 2020 - 10h06 - Posté par JOclaude - 46.**.192.***

Amnesty Internationale ? Ouais de toujours joue avec "cachez ce sein que je ne saurais voir !"



BOLIVIE : Second coup d’Etat ou fraude électorale ?
17 octobre 2020 - 10h58 - Posté par jaime - 46.**.192.***

je confirme .




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