Accueil > 2007 : Répondre à l’urgence sociale.
“Je veux, si je suis élu Président de la République, que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine.”
C’est ce que déclarait Sarkozy alors même que ses CRS évacuaient avec violence quelques sans-abri sur un bout de trottoir parisien parce qu’ils "dérangeaient" quelques riches riverains. Il est vrai que leurs tentes, distribuées par Médecins du monde, rendaient trop visible l’étape ultime de l’éclatement social que produit la politique menée par le Président de l’UMP et les siens depuis trop d’années maintenant.
La France qui souffre d’abord de la guerre menée aux pauvres depuis bientôt cinq ans. Ce fait, le candidat à l’Élysée prétend le faire oublier en tentant à chaque discours de marier la carpe du social et le lapin néolibéral. Il surfe sur la vague du populisme, de l’exaspération, du désespoir que cette même politique provoque dans les couches populaires et qui nourrit le vote d’extrême droite. Lui qui est en politique depuis 1977 voudrait faire oublier ses responsabilités dans toutes les régressions sociales entreprises par sa droite et lui-même depuis 25 ans tout en captant au passage la déception d’une gauche qui n’a pas tenu ses promesses.
La réalité aujourd’hui est qu’il y a 30 % de travailleurs pauvres dans la rue, selon Martin Hirsch d’Emmaüs France. La réalité est qu’il y a aujourd’hui en France, au XXIe siècle, près de neuf millions de personnes non logées ou en logement insalubre. La réalité aujourd’hui est qu’il y a sept millions de Français qui ont moins de 788 euros par mois pour survivre et que la France, si l’on en croit les nouveaux calculs de l’INSEE, compterait le double de pauvres. Que leur répond l’homme de la rupture ? “ Je propose de donner aux Français la possibilité de s’endetter davantage pour investir ”. Variante financière et hautement toxique du “ travailler plus pour gagner plus ”, repris en chœur, de Jean-Marie Le Pen au Bourget à François Bayrou à Lille.
Le logement, le pouvoir d’achat, la santé sont au cœur des préoccupations populaires. Ils obligent, fait nouveau par rapport à 2002, chacun à se positionner dans le débat électoral qui s’ouvre. Luttera-t-on contre la pauvreté en accroissant le surendettement et la surexploitation comme le proposent la droite et l’extrême droite ? La combattra-t-on en inventant de nouvelles variantes “ sociales ” du RMI, comme on l’entend chez certains au Parti socialiste ? Ou en portant le fer sur l’utilisation de l’argent comme, par exemple, ces 17 milliards d’euros d’exonérations de charges patronales, sans contrepartie, accordées en 2004 par celui qui alors fut ministre de l’Économie et qui atteignent aujourd’hui 23 milliards d’euros ? Cela se fera-t-il sans conquête de nouveaux droits pour les salariés, sans mise en place de nouvelles structures de financement et de contrôle publics ? Cela pourrait-il être possible sans l’intervention directe de tous, dans les entreprises et les quartiers, jeunes et retraités, précaires et salariés menacés ? Cela ne se fera en tout cas pas sans qu’ils donnent de la voix. C’est le seul moyen de changer la donne en 2007. Parce que répondre à l’urgence sociale exige un effort collectif colossal, il n’y a pas un jour à perdre.
Ensemble avec Marie-George Buffet, nous ferons bouger les choses.




