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A droite toute contre le pluralisme

par SNJ - CGT

Publie le vendredi 3 juin 2016 par SNJ - CGT - Open-Publishing

A l’heure où les grands groupes industriels
et financiers
ont fait main basse sur les m
é
dias, où le
pluralisme est plus que jamais en danger avec des menaces pour la survie des
rares
journaux
indép
endants, comme
par exemple
l’Humanité
, le Sénat
a aggravé la proposition de loi Bloche sur
l’indépendance et le pluralisme des médias adopté par l’Assemblée nationale début mars.
Aujourd’hui
,
de Bolloré à D
rahi, de Dassault à Bouygues,
les milliardaires de
s médias
ont plus que jamais l’oreille du
P
alais du Luxembourg.

Les syndicats de journalistes avaient, en effet, appelé les parlementaires à revoir le projet de loi en
réformant les aides à la presse, en renforçant les seuils anti-
concentration afin de gar
antir le
pluralisme de l’information et à accorder un statut juridique aux rédactions
face aux propriétaires des
contenus et des contenants
. On en est loin.

Les sénateurs ont gommé les rares éléments quelque peu ennuyeux pour leurs amis propriétaires des
médias. Le « 
droit d’opposition
 » appliqué dans l’audiovisuel public et qui permet à chaque journaliste
de refuser un acte contraire à son intime conviction professionnelle devait être généralisé.
Malheureusement l’auteur de la loi, M Bloche, l’a rattaché
à une charte éthique par entreprise –
une
déontologie à la carte
 !-
qui d
o
it être négocié
e
avant le 1
er
juillet 2017. Et bien le Sénat a supprimé la
négociation en indiquant seulement que l’entreprise devait se « 
doter
 » d’une charte. Idem avec
l’obligation
de consulter le comité d’entreprise une fois par an sur son respect. Une véritable aubaine
de plus pour les Drahi, Bouygues et consorts.

Concernant la protection des sources, là encore, les sénateurs ont durci le texte
 : collaborateurs de la
rédaction ex
clus de la protection, conditions moins restrictives pour lever le secret des sources.
M
Hollande avait promis une loi réformant la loi Dati de 2010. Après un enterrement de première classe
décidé
par Manuel Valls
,
le sujet est revenu dans le cadre de la l
oi Bloche avec un texte en retrait par
rapport à d’autres pays européens mais contenant des avancées
par rapport à la loi Dati
. Sauf que la
situation n’est plus celle de 2012. Entre la loi renseignement et la directive européenne sur le secret
des affaires
le métier de journaliste est clairement en danger et la loi Bloche nettement insuffisante.

Le renforcement des pouvoirs du CSA, dans un rôle de « 
gendarme
 » de la profession, est un leurre.
Que ce soit dans l’audiovisuel public ou dans le privé
le CSA n’a
pas réussi à jouer son rôle de gardien
de « 
l’honnêteté, de l’indépendance, du pluralisme de l’information et des programmes
 » comme le
prône l’article 2 de la loi Bloche. Ce n’est pas en instituant des « 
comités de déontologie
 »
composés
de personnalités
indépendantes que les prises d’intérêts, les rachats effectués dans des conditions
obscures ou les multiples cas de censure vont cesser. Le CSA n’est pas un organe indépendant
,
compte
tenu de sa composit
i
on. Le SNJ-
CGT appelle à sa démocratisation en
y incl
uant des représentants des
téléspectateurs et auditeurs.

Enfin les sénateurs ont décidé d’instaurer un plafond de ressources pour les journalistes bénéficiaires
de l’allocation pour frais d’emploi dont le montant est inchangé depuis 1971. Le SNJ-
CGT appel
le
l’ensemble de la profession à se mobiliser afin de dénoncer cette disposition totalement incongrue
dans un texte sur l’indépendance et le pluralisme des médias.

Le SNJ-
CGT appelle la profession à faire bloc pour empêcher un mauvais coup contre la démoc
ratie,
et
avec l’ensemble des syndicats à
se mobiliser contre un texte de loi qui ne répond pas aux questions
clés posées par la concentration des médias et de l’in
formation aux mains de quelques-
uns.