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Affaire Bettencourt : "Dédé arrosait large"...

Publie le mercredi 7 juillet 2010 par Open-Publishing

de Jean-Christophe Martin

Affaire Bettencourt : "Dédé arrosait large", les confessions de l’ex-comptable de la famille Bettencourt qui implique Sarkozy, Woerth, Balladur et Chirac dans des affaires de financement politique

Les dernières révélations du site Mediapart dans l’affaire Bettencourt

La revue de presse de Jean-Christophe Martin... Avec d’abord un détour par la presse en ligne, un témoignage explosif dans l’affaire Bettencourt...

Et c’est encore le site Mediapart qui alimente les révélations : il avait déjà mis en ligne les fameux enregistrements volés chez Liliane Bettencourt par son maître d’hôtel... Lundi, l’ex-comptable des Bettencourt a été à nouveau entendue par la police, dans le cadre de l’enquête sur ces enregistrements pirate. Ensuite, elle s’est confiée directement à Mediapart. Au coeur de son témoignage, elle évoque des financements politiques, et les destinataires des fameuses enveloppes d’argent qu’elle distribuait toutes les semaines. Pour la première fois, elle a cité devant les enquêteurs le nom d’Eric Woerth, et ensuite à Mediapart le nom de Nicolas Sarkozy. Toujours selon la comptable, Patrice de Maistre, qui gère la fortune Bettencourt, lui avait demandé de retirer en liquide 150 000 euros en 2007 pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Elle reconnaît aussi qu’elle n’a pas de preuves matérielles définitives de ce qu’elle affirme, mais dit-elle tout le monde savait exactement ce qui se passait avec les politiques qui défilaient chez les Bettencourt. Il aurait fallu être stupide dit-elle pour ne pas comprendre. Elle explique aussi qu’elle a décidé de parler à Mediapart parce qu’elle en a marre de voir tant de gens qui n’assument pas leurs responsabilités et qui racontent n’importe quoi. Témoignage à lire en ligne sur Mediapart.

Les titres maintenant dans la presse papier ?

Un homme à la une, Rémy Pfimlin, le nouveau président de France Télévisions. Un PDG de consensus souligne la Tribune, mais pour Libération, c’est le signe que Sarkozy perd les commandes, avec ce PDG qu’il a nommé selon Libération à contrecoeur, après avoir déjà subi le départ de deux ministres, Libération qui parle d’un week-end de panique à l’Elysée. Le Figaro raconte aussi comment Nicolas Sarkozy cherche à sortir de la crise gouvernementale, selon le Figaro le chef de l’Etat pourrait revoir son calendrier et accélérer un grand remaniement du gouvernement sans attendre le mois d’octobre. Il serait aussi question d’une prochaine intervention télévisée toujours selon le Figaro, et pour France Soir c’est simple, Sarkozy doit parler pour sortir de la crise. La crise vue par l’Humanité, c’est la droite rongée par le fric, c’est la une de l’Huma pour qui la crise ouverte par la démission de deux sous-ministres peut annoncer un tsunami politique.

Du côté de la presse économique, rigueur et relance...

Christine Lagarde, la ministre de l’économie, parlait ce week-end de la rilance, le mélange de rigueur et de relance... Ce matin, c’est la rigueur qui est à la une, avec une interview de François Baroin dans les Echos... Il annonce des aides revues à la baisse pour le logement et pour l’emploi... avec une baisse des subventions pour l’emploi des salariés à domicile et pour le logement étudiant, quant à l’aide aux handicapés, elle augmentera moins vite que prévu. Voilà pour la rigueur, mais toujours dans la presse économique, le côté relance, il est à la une de la Tribune, France Telecom relance les embauches, avec l’annonce de 10 000 recrutements en trois ans. Une rupture souligne la Tribune après des années de plans de départs. Enfin dans le Parisien-Aujourd’hui en France, encore plus fort que la rigueur, ce titre étonnant : une enquête sur les CDI à 0 euros, et même sur une société où il faut payer si on veut être embauché .

Dans le Nord, l’événement du jour : c’est le passage du Tour de France...

L’événement largement relayé par la Voix du Nord... Le village de Rumegies et ses 1600 habitants s’apprêtent à accueillir huit hélicoptères, près de 800 journalistes et 197 bicyclettes... C’est par Rumegies que le Tour parti de Rotterdam va revenir au pays dans l’après-midi. Sur place, c’est la mobilisation générale racontée par la Voix du Nord, les commerçants pavoisent, les villes fleurissent, les cantonniers réparent les routes, et les fans sont déjà sur le bord des routes, ils ont tous un petit vélo dans la tête...


La revue de presse de Jean-Christophe Martin... Avec d’abord un détour par la presse en ligne, ce témoignage explosif dans l’affaire Bettencourt...

Dédé arrosait large, ça pourrait être le titre d’un polar... Ce matin, c’est le dernier chapitre de l’affaire Bettencourt. Le dernier épisode du feuilleton s’est joué en deux actes, c’était hier : Claire T., l’ex-comptable des Bettencourt, a été à nouveau entendue par la police, dans le cadre de l’enquête sur les enregistrements pirate du majordome dans l’hôtel particulier de Neuilly chez Liliane Bettencourt. Ensuite, deuxième acte, la comptable s’est confiée directement au site Mediapart.

Au coeur de son témoignage, elle évoque des financements politiques et surtout les destinataires des fameuses enveloppes d’argent qu’elle distribuait généreusement à la demande de ses employeurs. A qui allaient ces enveloppes ? Pour la première fois, elle répond à cette question clé, en citant des noms.

Selon la comptable, Patrice de Maistre, qui gère la fortune Bettencourt, lui avait demandé en 2007 de retirer en liquide 150 000 euros pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, avec une partie de cet argent retiré en Suisse. Sarkozy, c’est le premier nom. Le deuxième, c’est celui d’Eric Woerth, Patrice de Maistre avait aussi affirmé, toujours selon la comptable, que c’est à Eric Woerth que l’argent devait être remis discrètement.

Dédé arrosait large, l’expression est de la comptable, il arrosait vraiment large, car toujours selon la comptable dans ses confessions aux enquêteurs ou à Mediapart, en plus de la campagne Sarkozy, André Bettencourt aurait aussi financé en liquide le Parti républicain, mais aussi la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, et elle suggère qu’il aurait pu aussi financer les activités politiques de Jacques Chirac.

Et la comptable nous fait littéralement rentrer dans l’intimité des Bettencourt...

Elle précise qu’à Neuilly, chez les Bettencourt, c’était un défilé permanent d’hommes politiques qui venaient se faire remettre les fameuses enveloppes, y compris Nicolas Sarkozy... Nicolas Sarkozy qui recevait aussi son enveloppe, elle est précise quand elle décrit la scène, ça se passait après le repas, dans un petit salon du rez-de-chaussée, avec une enveloppe d’argent en guise de digestif. Surréaliste : la comptable précise même que comme les Bettencourt souffraient tous les deux de surdité et que tout le monde parlait fort, on entendait derrière les portes ce qu’on n’aurait pas dû entendre. C’est vraiment comme au théâtre. Quant à Nicolas Sarkozy, elle précise encore que c’était un habitué, que tout le monde savait qu’il venait récupérer de l’argent.

Est-ce que tout ça est vrai, ou est-ce que c’est une mauvaise pièce de théâtre, l’Elysée, joint ce matin par France Info, dément formellement ce qui concerne Nicolas Sarkozy... La comptable reconnaît d’ailleurs qu’elle n’a pas de preuves matérielles définitives de ce qu’elle affirme, mais elle souligne que tout le monde savait exactement ce qui se passait avec le défilé des politiques, et il aurait fallu être stupide dit-elle pour ne pas comprendre.

Pourquoi cette confession aujourd’hui, elle explique qu’elle a décidé de parler à Mediapart parce qu’elle en a marre de voir tant de gens qui n’assument pas leurs responsabilités et qui racontent n’importe quoi. Témoignage stupéfiant dans les coulisses de la politique et d’un hôtel très particulier à Neuilly.

Michel Rocard et Simone Veil parlaient ensemble ce week-end dans le Monde de la "broyeuse médiatique". Ce matin, c’est le site Mediapart qui fait tourner la broyeuse à plein régime en alimentant le flot des révélations sur l’affaire Bettencourt.

Ecrits avant les révélations de Mediapart ce matin, les titres de vos journaux pourraient sembler prémonitoires : la Croix s’interroge sur la "République irréprochable" promise par Nicolas Sarkozy, plus brutalement, l’Humanité dénonce la droite rongée par le fric, le Figaro détaille les nouveaux scénarios de Sarkozy qui pourrait accélérer un grand remaniement sans attendre la rentrée pour sortir de la crise gouvernementale, et pour Libération, Sarkozy perd les commandes après un week-end de panique à l’Elysée...

http://www.france-info.com/chroniques-a-la-une-de-la-presse-2010-07-06-affaire-bettencourt-dede-arrosait-large-les-confessions-de-l-ex-462509-36-41.html