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Aujourd’hui, certains, sautant comme des cabris, annoncent la mort du Parti Socialiste.
par Oncle Karl
Publie le jeudi 3 novembre 2016 par Oncle Karl - Open-Publishing2 commentaires
Un article de Pierre Outteryck et Pascal Bavencove
MOUVEMENT OUVRIER, RASSEMBLEMENT, MISE EN MOUVEMENT ET ACTION
Dans notre pays, le mouvement ouvrier a toujours cherché à développer de vastes rassemblements au-delà même des rangs de la classe ouvrière, à mettre en mouvement hommes et femmes ainsi rassemblés et à les faire agir. La répression violente qui s’abattit sur les travailleurs parisiens en juin 1848 et vingt ans plus tard sur la Commune de Paris montra le risque d’un « solo funèbre » de la classe ouvrière selon la formule pertinente de Karl Marx. En même temps, le mouvement ouvrier français fut dès la fin du XIX ème siècle parcourut de fractions et de courants divergents ; les deux principaux furent nommés « révolutionnaire » et « réformiste ». Très souvent fut annoncée la disparition du courant réformiste, victime, selon les dires de ses adversaires, de ses errements politiques, de dirigeants incapables de respecter le mouvement populaire. Mais chaque fois était oubliée la nature même du réformisme, sa capacité à se réorganiser, à se métamorphoser ; oublié aussi que la pérennité des courants réformistes était le fruit du système capitaliste lui-même, de l’exploitation et de la peur qu’il suscitait. Oser penser la transformation sociale, naguère appelée Révolution, oser braver de façon efficace le système capitaliste ne nécessite pas seulement du courage, cela demande avant tout la certitude raisonnée que le présent est profondément méliorable et que l’avenir peut être meilleur. Au contraire, tout pousse dans nos sociétés à perpétuer la réalité, à se contenter de mesures infinitésimales…
Nouvellement élu député, face à l’omnipotent marquis de Solages, propriétaire des mines de Carmeaux, Jaurès vécu cruellement cette pratique du rassemblement, de la mise en mouvement et de l’action des masses. Après plusieurs mois de grève, les verriers de Carmeaux furent jetés à la rue et la verrerie fermée. Ils décidèrent de créer une verrerie ouvrière. Dans la circonscription de Jaurès, pas de terrain. La député Jaurès soutint l’initiative des verriers et les aida à implanter la verrerie à Albi. Faisant cela, il perdait une part importante de son électorat et son siège mais il avait rendu aux ouvriers dignité et confiance.
En juillet 1914, la guerre rode en Europe. Jaurès s’éleva sans relâche contre les dangers de cette guerre et mit en évidence les responsables du conflit. Son assasinat le 31 janvier stoppa son action alors qu’il pensait, non sans raison, que la guerre était évitable. CGT et SFIO sombrèrent dans l’Union Sacrée. Ce fut, selon les mots de Lénine, « la faillite de la deuxième Internationale ». Mais, malgré la naissance du courant communiste, le réformisme se perpétua après le premier conflit. Il fut un des outils des classes dominantes pour protéger, sauf à de rares moments, le système capitaliste.
1968-1969, la SFIO cherche à isoler le mouvement ouvrier en grève lors des luttes du printemps 68 et ses deux principales organisations : la CGT et le Parti Communiste. Les élections présidentielles 69 avec les 6% du candidat SFIO Deferre semblaient sonner le glas du réformisme. Il eu tôt fait de changer de nom, de ravaler sa façade et de poursuivre ses objectifs qui visent, surtout depuis 1945, à limiter l’expression des travailleurs : éviter le mouvement de masse exprimé par les grèves, luttes et manifestations, réduire les débats aux enceintes parlementaires.
Aujourd’hui, certains, sautant comme des cabris, annoncent la mort du Parti Socialiste. Qu’ils se retournent sans nostalgie vers le passé et se remémorent la belle formule : « le passé est une torche qui éclaire l’avenir ». Aujourd’hui plus que jamais, comme nous le rappelle l’Histoire, définissons où est le clivage essentiel ? N’est-il pas entre ceux qui du PS au Front National, en passant par les Droites, préconisent rigueur, sacrifices de notre peuple aux profit des financiers et ceux qui, à différents titres, font d’autres choix ? Aujourd’hui notre peuple, notre jeunesse souffrent. Ils sont à la fois en colère et résignés, aux deux tiers ils subissent et refusent la loi Travail…
L’expérience acquise par les communistes ne doit-elle pas les inciter à continuer à construire le rassemblement, à définir des propositions et à trouver la personnalité qui, dans ce schéma pourri de la Constitution de la Vème république, pourra rassembler toutes les forces s’opposant au règne du capitalisme, de l’injustice, du mépris et aux risques de guerre.
Pierre Outteryck Pascal Bavencove
Messages
1. Aujourd’hui, certains, sautant comme des cabris, annoncent la mort du Parti Socialiste., 3 novembre 2016, 10:28
Le rassemblement n’est-il pas déjà en cours ?
Qui peut seulement l’imaginer dans le cadre de cette primaire de "gauche" ?
Gilles
1. Aujourd’hui, certains, sautant comme des cabris, annoncent la mort du Parti Socialiste., 4 novembre 2016, 22:09
Il serait temps qu’il meure définitivement et une bonne fois pour toute. Alain 04