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Ça passe et ça casse...

par InformationGuerrilla

Publie le jeudi 21 avril 2016 par InformationGuerrilla - Open-Publishing
2 commentaires

... Ou comment parler de casseurs pour tenter de casser le mouvement ...

Texte collectif distribué et lu lors de l’assemblée Nuit Debout le 19 avril sur la place de la République.

Depuis le début du mouvement contre la loi Travail, à Paris comme ailleurs, des actions directes ont été effectuées lors de la plupart des manifestations. Des enseignes capitalistes (banques, agences immobilières, agences d’intérim, concessionnaires automobiles, etc.) ainsi que des commissariats de police ont été attaqués de diverses manières : vitrines brisées ou devantures repeintes à l’extincteur, par des œufs de peinture ou par des graffiti. Il est même arrivé que des petits supermarchés soient pillés ! Et bien sûr, des affrontements ont eu lieu avec la police, dans des contextes assez différents (dans des grosses manifs « unitaires » comme dans des manifs sauvages, ou sur la place de la République).

Comme à pratiquement chaque mouvement social, la supposée « violence » de certain-e-s manifestant-e-s provoque des débats sans fin.

Pendant la soirée du jeudi 14 avril, une manifestation sauvage est partie de la place de la République. Le soir-même, la préfecture de police de Paris parlait d’« individus violents et déterminés (...) s’introduisant au sein de cortèges importants et non déclarés de manifestants ». Le lendemain, tous les médias s’y sont mis. France-Info estimait que « les casseurs se sont invités dans les manifestations contre la loi Travail ». Par contre, pas un mot sur le fait que les manifestations de la journée ont été cadenassées par la police, rien sur les coups de matraque, de flashball, de jets de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement faisant plusieurs blessé-e-s parmi les manifestant-e-s.

Depuis des dizaines d’années, le discours du pouvoir, qu’il soit étatique ou médiatique, n’a pas changé : les « casseurs » seraient une minorité à distinguer des « vrai-e-s manifestant-e-s ».

Par ailleurs, comme à chaque mouvement social, une partie des manifestant-e-s, ou de leurs « représentant-e-s », tiennent un discours dégueulasse et accusent les « casseurs » d’être des flics, ou d’être de mèche avec la police. Des accusations systématiquement aussi farfelues et mensongères que graves et dangereuses.

Pendant le mouvement anti-CPE, en 2006, pour refuser ces divisions, et parce que l’on pensait, parce que l’on savait, qu’un mouvement est plus fort quand il instaure un rapport de force avec le pouvoir plutôt qu’un rapport de négociation ou de partenariat, parce que l’on sentait que la diversité des moyens de lutte renforçait le mouvement lui-même, nous disions sur les banderoles, sur les murs et dans nos textes : « NOUS SOMMES TOU-TE-S DES CASSEURS ».

Nous disions cela aussi parce que la figure du casseur qui-n’existe-qu’à-travers-ça est un mythe. Les casseurs sont aussi celles et ceux qui te tiennent la main pour t’aider à sortir des lacrymos quand tu ne vois plus rien, celles et ceux qui te filent du sérum physiologique pour que tu puisses rouvrir les yeux, celles et ceux qui distribuent des tracts, qui portent des banderoles, qui écrivent des textes, qui organisent des caisses de grève, des comités anti-répression, des cantines, des infokiosques, des soirées de soutien, celles et ceux qui participent aux assemblées et bien sûr aux manifestations.

Les mouvements les plus puissants sont ceux qui réussissent à faire co-exister une grande diversité de moyens de lutte : la multiplication de toutes formes de manifestations, d’actions, de grèves, d’occupations, de blocages, d’assemblées, etc.

Tout le monde peut devenir « casseur », puisque c’est le pouvoir qui use de ce mot pour qualifier nos actes. Réagir à des brutalités policières, exprimer notre rage, nous défendre face à des injustices, tout cela peut faire de nous des « casseurs ». Là où le mot « violence » est brandi, nous parlons de solidarité, d’énergie collective, de réflexe salutaire, de survie élémentaire, de révolte et de désirs partagés. Nous ferons toujours bien plus que « casser ».

Parce qu’il n’y a pas de différence à faire entre les pratiques communes à chaque mouvement, nous le disons aujourd’hui encore :
NOUS SOMMES TOU-TE-S DES CASSEURS !

Paris, le mardi 19 avril 2016

Godzilla et quelques ancien-ne-s combattant-e-s toujours en lutte
[godzilla tSf tSf tSf squat.net]

https://paris-luttes.info/ca-passe-et-ca-casse-5440?lang=fr

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Messages

  • ""Par ailleurs, comme à chaque mouvement social, une partie des manifestant-e-s, ou de leurs « représentant-e-s », tiennent un discours dégueulasse et accusent les « casseurs » d’être des flics, ou d’être de mèche avec la police. Des accusations systématiquement aussi farfelues et mensongères que graves et dangereuses.""
    pas de discours dégueulasse,c ’est la stricte vérité que de flics infiltrent les mouvements et les manifs !
    on accuse avec preuves !!
    Dans une manif contre la casse de la sidérurgie (je me rappelle plus l’anneé) des militants CGT avient arréte un "casseur" qui avait sur lui sa carte de flic !
    il y en avaient certainement des dizaines comme lui,des flics payés pour casser et plomber la manif !!
    Donc ce n ’est ni farfelu,ni mensonger ,c est les faits .
    D’autre part mettre sur le même plan celui qui casse une vitrine et celui qui donne un pansement est assez osé.
    Je n’ai rien contre la violence organisée contre la violence du systéme et des flics.
    nous sommes en légitime défense.
    autant ne pas se tromper de cible et être cohérent avec nos buts.
    se défendre quand lesflics chargent oui ,se la péter en cassant un abri bus,non,je trouve ça débile et inutile,et contreproductif.
    je sais bien c ’est moins dangereux,ça défoule,mais même quand j’étais jeune je n’aimais pas cette pulsion de destruction lache et débile et inutile