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Comment le groupe Pimkie a versé en 2015 à la famille Mulliez 645 M€ de dividendes

par B. Boussemart

Publie le mardi 25 octobre 2016 par B. Boussemart - Open-Publishing
3 commentaires

Bonjour

Non, vous ne rêvez pas. Le groupe Oosterdam/Pimkie, qui paraît-il, n’aurait pas les moyens d’augmenter ses salariés, vient de faire remonter 645 M€ de dividendes fin 2015, via le surholding Suramac.

Pourtant, rien ne transparaît dans les comptes des deux filiales de Suramac (Mac Marketing Advertising Consultants ; et Haped Commercial Enterprise - toutes deux situées aux Pays-Bas, paradis fiscal bien connu et bien utilisé à divers niveaux par la famille Mulliez). Sauf que :

 Haped, qui possédait 60% de Woelsewaard (le holding qui contrôle Oosterdam), a cédé en 2015 ces 60% à Mac Marketing, moyennant un prix de 372 M€ ; réalisant ainsi une belle plus-value sur la valeur de ces mêmes titres (66 M€ dans les comptes 2014) ; et qu’immédiatement après, Haped a eu l’extrême gentillesses de verser un dividende de 350 M€ à Suramac (prélevé sur le montant des anciennes réserves à 77 M€ et sur le bénéfice net réalisé en 2015 de 293 M€, suite à la vente évoquée) ;

 Mac Marketing Advertising a donc racheté au prix fort les titres Woelsewaard, filiale qu’il contrôle maintenant à 100%. Pour ce faire, Suramac a augmenté le capital de Mac Marketing, mais a entraîné un endettement supplémentaire pour cette filiale de 181 M€. Compte tenu du dividende payé à Suramac de 295 M€, c’est par l’endettement que le groupe fait remonter de l’argent : les dettes financières consolidées sont passées de 65 à 288 M€ entre 2014 et 2015 ; ce qui a permis de cumuler une trésorerie consolidée à 531 M€.

La manipulation est donc limpide : le groupe a fait remonter vers Suramac l’essentiel de sa trésorerie ; et Suramac va pouvoir verser à ses trois sociétés de contrôle de la famille (Acanthe, Cimofat et Valorest) la majeure partie de cette trésorerie, laissant à Suramac et au groupe Pimkie tout l’endettement évoqué : Suramac a déjà mis en compte une créance sur les sociétés du groupe de 332 M€.

Quant aux salariés, prière de ne pas vouloir de hausses de salaires, de travailler le dimanche et les jours fériés, et de se laisser licencier avec le minimum de dépenses pour le groupe, suite à la loi travail. Le CICE des sociétés de groupe (Diramode, PPP, Rouge-Gorge Lingerie) a rapporté en 2015 un total de 2,6 M€.

Bonne lecture B. Boussemart

http://richessem.eklablog.com/article-243-comment-le-groupe-pimkie-a-verse-en-2015-a-la-famille-mull-a127271762

Messages

  • Repris depuis le site de l’auteur, par l’auteur :

    C’est bien cela ; les "prélèvements" sur les sociétés opérationnelles se font via les loyers (payés aux firmes immobilières du groupe), via les intérêts (si les prêts sont ensuite faits par les holdings du groupe), et les diverses sociétés de services du groupe (spécialisées sur les achats, la pub .... et les conseils d’avocats ...).

    Mulliez n’est qu’un exemple parmi ...tous. Plus c’est complexe, plus ça rapporte. Et le système, rôdé, n’est pas nouveau. Plusieures décennies.

    Faut faire pêter tout ça. Alors, vous vous appercevrez que ce n’est pas le niveau bas des salaires le problème, juste les coeff de marge pris sur l’esclave de l’autre bout du monde.

  • Las de ne jamais être reconnu et inquiet face à la menace de suppression de postes, l’ensemble du service de comptabilité de l’enseigne de prêt-à-porter a débrayé, devant le siège, ce mardi matin. Une première. La direction a finalement pris un certain nombre d’engagements.

    « Aujourd’hui, nous saturons physiquement et psychologiquement. Il fallait que la direction l’entende. » Jamais, Mathieu (prénom d’emprunt) n’imaginait devoir un jour quitter son poste pour manifester sa colère. La coupe est pleine. Le jeune homme travaille depuis six ans au service comptabilité de l’entreprise Pimkie, nichée au cœur de la zone d’activités de Neuville-en-Ferrain. Ce mardi matin, à l’instar de l’ensemble de ses collègues, il a pourtant débrayé, entre 9 h et 10 h 30.

    « C’est une première, alerte Patricia Tissegouine, du CHSCT. Les bureaux ne sortent quasiment jamais pour protester. Cela prouve qu’il existe un réel mal-être. »

    La crispation couve depuis un moment. « Depuis plus d’un an, nous tentons de faire part de notre malaise, se désespère Nabyl Denfer, délégué CFDT. Le dialogue avec la direction est totalement rompu. » Les salariés de la comptabilité se disent «  exaspérés  » d’être en permanence « la cinquième roue du carrosse » : « Nous occupons une place importante dans la boîte, le service tourne très bien, mais nous ne sommes jamais associés aux projets de la hiérarchie, reprend Mathieu. On n’est jamais au courant de rien. Il n’y a aucune reconnaissance. » La cocotte-minute « explose » en mai, lorsque la direction de l’enseigne de prêt-à-porter annonce la suppression de deux postes, suite aux départs de deux salariés (à la retraite et pour projet personnel). « Nous sommes passés à neuf employés, dont un chef, et deux intérimaires. Avant cela, nous travaillions déjà à flux tendu. C’était incompréhensible. »

    Aucune raison économique

    Le comité d’entreprise (CE) commande alors une expertise, qui démontre noir sur blanc l’absence de raisons économiques pouvant justifier une telle décision. Le service comptabilité France de Pimkie a en effet « la productivité la plus élevée » par rapport aux autres zones (Allemagne, Italie et Espagne), rappelle, chiffres à l’appui, Valérie Pringuez, de la CGT. En outre, l’analyse met le doigt sur la charge de travail supplémentaire à prévoir, eu égard au souhait de l’entreprise de développer des commissions-affiliations (ces conventions particulières entre fournisseur et distributeur). Elle préconise le maintien des deux postes.

    Ce mardi, à l’issue du CE qui s’est tenu dans la foulée du mouvement de grève, la direction est finalement allée dans ce sens en proposant une embauche en CDI, ainsi que l’appui d’un CDD – dont la situation sera réévaluée à l’avenir – sur toute l’année 2017. Elle a également pris l’engagement d’instaurer davantage d’échanges avec cette partie du personnel et de l’intégrer plus souvent aux échéances du groupe. Des propositions jugées « honnêtes » par l’intersyndicale et les salariés, qui attendent désormais de voir sur le long terme. Mais envisagent la lourde période de la clôture annuelle avec (un peu) plus de sérénité.

    Source : http ://www.lavoixdunord.fr/64763/article/2016-10-25/greve-chez-pimkie-la-comptabilite-n-en-peut-plus-de-toujours-payer-l-addition