Accueil > Courrier à la mairie du XIIIème

Courrier à la mairie du XIIIème

Publie le jeudi 16 mars 2006 par Open-Publishing

Paris, le 13 mars 2006
www.cgtparis.fr
Union des syndicats CGT de Paris

Monsieur le maire,

Dans la perspective de notre entrevue du 20 mars, il nous a semblé utile de vous faire part des sujets et préoccupations des salariés de la capitale et des revendications de nos organisations syndicales définies en commun lors de notre 15éme congrès, les 6-7et 8 Décembre 2005.

Si de nombreux motifs d’insatisfaction sont directement liés aux choix gouvernementaux il n’en reste pas moins que de nombreux syndicats CGT d’entreprises du privé comme du public ont exprimé leur mécontentement face aux orientations de la Mairie de Paris :

La situation de l’emploi ne peut uniquement se regarder à travers les chiffres de la DDTEFP, ils indiquaient en décembre 110.353 demandeurs d’emplois soit une baisse de 12.5% par rapport à 2004 . Dans les faits, plusieurs milliers de privés d’emplois ont purement et simplement été radiés, les 10.000 RMISTES supplémentaires le démontrent et l’emploi précaire est subi par de plus en plus de salariés.

Face à cette situation, nous attendons des engagements concrets de la mairie pour faire de Paris une « zone économique et sociale hors précarité » comme annoncé.

L’éloignement Travail/Domicile est une réalité majoritairement subie par les salariés parisiens.
L’utilisation par le patronat du « 1% » a d’autres fins que la construction de logements sociaux aggrave la pénurie. Il y a toujours plus de 100.000 demandeurs dans la capitale et 40.000 sans abri dont de nombreux salariés parisiens.

Pour la CGT il n’est que temps de répondre à cette urgence sociale :

Réquisitionner les logements vides et appliquer le droit de préemption de la mairie
Entreprendre les travaux indispensables pour lutter contre l’insalubrité
Contraindre les employeurs à contribuer à l’effort logement
Remettre à plat des choix qui conduisent à la vente de terrains publics et à la démolition d’immeubles
Créer un véritable service public du logement, ...

Agir et engager un vaste débat public est une nécessité. La CGT organise des assises départementales sur le logement social le 4 mai 2006.

La fermeture de structures sanitaires et la programmation de nouvelles suppressions de lits aggravent l’accès aux soins des habitants et des salariés parisiens . Cette situation est pour nous inacceptable et nous demandons que la municipalité contribue au maintien et au développement de toutes les structures d’accueil.

La question du transport, de son coût pour les salariés est une préoccupation constante de la CGT. Le droit au transport pour tous et sa gratuité en particulier pour les demandeurs d’emplois sont une priorité revendicative en 2006. Améliorer l’environnement et le développement économique à Paris passe par un bond quantitatif et qualitatif des transports publics.

Ainsi le projet de réouverture de la petite ceinture ferroviaire au fret et au transport de voyageurs serait un plus pour les parisiens, les salariés de la capitale et les franciliens.

Le maintien et le développement des structures de proximité de services publics dans les arrondissements sont essentiels pour la vie des quartiers et la réponse aux besoins des usagers. Ces structures contribuent de façon pertinente à la vitalité du tissu économique local . Nous constatons un affaiblissement considérable et la modification en profondeur de leur fonctionnement. La Mairie doit agir auprès des grands opérateurs tant dans le contenu des cahiers des charges des délégations de service public, que sur leur devenir.

Un bilan de la situation et une concertation avec l’ensemble des partenaires pour définir un véritable schéma des services publics à Paris s’imposent.

Lors de notre entrevue, nous aborderons plus particulièrement
des situations concrètes nécessitant des réponses urgentes.

Cité des sciences . D’ici la fin du 1er semestre 2006, le conseil de Paris approuvera définitivement le PLU. Comme nous vous l’avons déjà demandé en octobre 2005 nous renouvelons notre exigence du maintien de la Cité des Sciences (19è) en zone verte.

Deux Hôpitaux publics de la capitale sont particulièrement menacés.
La CGT s’oppose à la fermeture de l’hôpital St Vincent de Paul (14è) et au démantèlement de l’Hôtel Dieu (4è) seul hôpital public des 9 premiers arrondissements.

Service public Parisien de l’Eau. La CGT à Paris continue de revendiquer le retour en régie directe des services publics parisiens concédés aux sociétés privées. Pour celui de l’eau, Jacques CHIRAC avait engagé le processus de privatisation en créant la SAGEP. Avec le CRECEP, la mairie actuelle prolonge cette logique au détriment des règles sanitaires essentielles. La mairie de Paris s’est pourtant déclarée ville hors AGCS. Pour la CGT cette position doit conduire à ce que l’eau ne soit pas une marchandise. Engager dès aujourd’hui une concertation pour le retour des différents services constituant le service public de l’eau au sein des administrations parisiennes est primordiale.

La Poste. La CGT a pris connaissance des vœux du Conseil de Paris et du communiqué de presse de Monsieur SAUTTER du 19 avril 2005 défendant le Service Public Postal. Nous notons pour 2006, 300 nouvelles suppressions d’emplois et des fermetures de guichets à Paris et demandons une nouvelle intervention de votre part. Les organisations syndicales, organisent d’ailleurs cette semaine, une conférence de presse et une action dès le 28 mars.

Service public du Gaz et de l’Electricité à Paris. Malgré les multiples positions prises par les élus au Conseil de Paris, les directions d’EDF et de GDF à Paris, maintiennent leurs menaces de fermetures de structures de proximité technique et clientèle. Nous vous demandons d’organiser une table ronde avec l’ensemble des acteurs concernés sur l’avenir de ces Services Publics dans la capitale.

La Bourse du Travail est dédiée aux logements des syndicats confédérés, sous le contrôle des Unions Départementales. Le logement des syndicats à la Bourse du Travail est un élément important de leur indépendance vis à vis du patronat et du gouvernement et de la reconnaissance de leur rôle irremplaçable pour les travailleurs. Il est inacceptable que la ville introduise le principe du paiement d’un loyer .

Nous nous opposons fermement à cette conception et vous rappelons que l’occupation des surfaces affectées à notre UD est sous notre entière responsabilité . Il n’est pas du ressort de la Ville de remettre en cause les statuts et modes d’organisation dont notre UD s’est dotée.

D’autre part nous sollicitons de la mairie de Paris ainsi que des mairies d’arrondissement, aide matérielle ou financière pour nos Unions Locales, antennes de proximité favorisant dans chaque arrondissement l’accueil, l’écoute et la défense des salariés parisiens en activité professionnelle, au chômage ou en retraite ainsi que de ses habitants.

Nous interviendrons également sur l’avenir de la Manufacture des Gobelins dans le 13ème arrondissement.

Veuillez recevoir, Monsieur le Maire, nos respectueuses salutations.

Didier NIEL
Secrétaire Général