Accueil > Déclaration pour en finir avec la logique de guerre et de domination !

Déclaration pour en finir avec la logique de guerre et de domination !

Publie le samedi 9 avril 2011 par Open-Publishing

En tant qu’organismes québécois voués à la défense et à l’élargissement des droits civils et politiques,
économiques, sociaux et culturels, ici et partout dans le monde,
En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de justice et soucieux de développer des
relations internationales de coopération fondée sur l’égalité et la solidarité,

1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES

• de la spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s’enfonce de plus en plus ;
• de la participation du Canada, depuis octobre 2001, à une guerre d’occupation en Afghanistan qui sème mort
et destruction sous prétexte de lutte pour la démocratie, la sécurité et les droits des femmes dans ce pays et qui
s’étend maintenant au Pakistan ;
• du vote du Parlement canadien prolongeant cette intervention au moins jusqu’en juillet 2011, à l’encontre de la
volonté de la majorité de la population ;
• de l’allocation à cette logique guerrière de fonds publics sans cesse croissants (au Canada seulement, 58
millions de dollars par jour en 2009-2010) au détriment des dépenses sociales et d’une véritable aide au
développement ;
• de la complicité du Canada avec la torture, tant celle des Afghans faits prisonniers dans les combats que celle
de certains citoyens canadiens dans des prisons étrangères ;
• de la militarisation de la société canadienne qui engendre l’augmentation de la violence, notamment envers les
femmes ;
• de la campagne de peur axée sur une menace terroriste exagérée pour justifier la guerre et plusieurs mesures de
surveillance et de répression qui érodent nos droits et libertés ;
• de l’omniprésence des activités de relations publiques de l’armée canadienne dans les grands événements
sportifs, sociaux et familiaux et de leurs campagnes de recrutement dans les institutions d’enseignement jusque
dans les écoles primaires ;
• des conséquences socio-environnementales de plus en plus graves des guerres et des entraînements militaires ;
• de la militarisation croissante de l’Arctique, qui va de pair avec des projets économiques néfastes pour
l’environnement et la négation des droits des peuples autochtones.
 
2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA
 
• les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, qui nous ont entraînés dans cette
dynamique et ont justifié la guerre avec des faux arguments ;
• les grands milieux d’affaires – Conseil canadien des chefs d’entreprises en tête – qui n’y voient que des
occasions de profits, notamment pour l’industrie militaire ;
• les partis politiques qui mettent en oeuvre des politiques guerrières ou qui ne s’y opposent que du bout des
lèvres ;
• les grands médias qui véhiculent peu l’opposition de la majorité de la population à la guerre et ne présentent
pas ses conséquences tragiques pour les populations civiles.
Pour en finir avec la logique
de guerre et de domination !
 
3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT le faux discours de la « guerre contre le terrorisme »
et l’implication militaire, directe ou indirecte, du Canada aux côtés des États-Unis dans le cadre d’une
politique visant à étendre leur hégémonie à l’ensemble de la planète et caractérisée par :
 
• plusieurs guerres déclenchées et menées en violation du droit international, dont le droit humanitaire
international : Kosovo en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 ; et d’autres
appréhendées, contre l’Iran et la Corée du Nord, que l’on menace même de frappes nucléaires ;
• le détournement du Conseil de sécurité qui ne condamne ni ces agressions illégales, ni les crimes de guerre
qu’elles entraînent, ni les projets flagrants de mainmise étrangère mis en oeuvre par les agresseurs à l’encontre
du droit international ;
• l’élargissement provocateur de l’OTAN vers l’Est et sa double transformation en tant que bras armé de
l’hégémonie étasunienne intervenant partout dans le monde et en tant que mandataire de l’ONU, jetant ainsi
un profond discrédit sur l’ONU aux yeux de l’opinion publique mondiale ;
• les menaces et les plans de déstabilisation à l’égard de certains pays qui refusent de se soumettre au « Nouvel
ordre mondial » imposé par les États-Unis ;
• la relance d’une course aux armements, y compris le développement de nouvelles armes nucléaires et une
militarisation accrue de l’espace.
 
4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contribuer à
renverser cette dynamique mondiale destructrice en exigeant
du Gouvernement du Canada :
 
• le retrait immédiat des troupes canadiennes de l’Afghanistan ;
• la réduction importante des dépenses militaires et la tenue d’un vaste débat public sur la politique étrangère
canadienne, le rôle de l’armée, l’industrie militaire et le commerce des armes ;
• la fin du partenariat militaire avec les États-Unis, y compris le retrait du Canada de l’OTAN ;
• la fin de son discours d’instrumentalisation des droits des femmes et de promotion de la « responsabilité de
protéger » pour justifier la guerre et la condamnation ferme de toute intervention non conforme au droit
international ;
et de la communauté internationale :
• le renouvellement démocratique de l’ONU, notamment par le respect intégral de sa Charte, le renforcement
du rôle de l’Assemblée générale et une réforme en profondeur du Conseil de sécurité dont l’abolition du droit
de veto ;
• l’application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU concernant l’implication des femmes
dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que les processus de paix.

http://www.echecalaguerre.org/assets/files/evenements/SOMMET/Declaration.pdf