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ETRE PROFESSEUR EN FRANCE -RENTREE SCOLAIRE 2016-2017

Publie le samedi 3 septembre 2016 par Open-Publishing
10 commentaires

Malgré les déclarations pré-électorales de 2012, il est désormais clair que l’éducation n’a pas été une priorité du quinquennat Hollande.

En fait avec les réformes du premier degré et du collège, la situation très dégradée par la droite s’est trouvée encore détériorée par la "gauche".

Il ne suffit plus de crier à la trahison, il faut se montrer lucide et examiner la responsabilité des directions de certains syndicats d’enseignants dans cette déroute.

L’Education Nationale a ses syndicats jaunes, qui soutiennent toutes les régressions : CFDT et UNSA. De ces deux-là, il n’y a rien à dire, bien que peu représentatifs ils font ce pour quoi ils sont payés par qui de droit, et ont accès à tous les média du capital...

Le problème des enseignants, la résignation face aux mises en cause de leur statut, le blocage de leur salaire depuis tant d’ années par la ministre, vient d’un certain manque de combativité de leur part, mais relève aussi de la responsabilité de la direction du principal syndicat, la FSU, dans ses composantes école (SNUIPP) collège-lycée (SNES) et supérieur (SNESUP). Ces trois structures, tout en prétendant combattre les "réfomes" les accompagnent en réalité, et la connivence avec la parti socialiste est apparue tout au long de ce quinquennat.

Les victimes sont le service public d’éducation (l’ école ne transmet désormais que fort peu de connaissances et les inégalités s’accroissent) et les enseignant(e)s victimes -le plus souvent-résignées des chefs d’établissement et des corps d’inspection, deux catégories particulièrement serviles face au pouvoir et répressives face aux personnels.

L’immense difficulté de l’immense majorité des élèves à se concentrer ne serait-ce que quelques minutes, l’obsession des gadgets de télécommunication et la violence comme mode principal d’interaction de la part de beaucoup de ces élèves, le harcèlement et les intrusions "professionnelles" des associations de "parents" d’élèves dans le service des enseignant(e)s est aussi une source d’épuisement pour ces dernier(e)s.

F. Rolet, la petite chef du SNES n’hésite pas à écrire, en cette rentrée 2016-2017 que les enseignants retrouvent avec "plaisir" le lieu de leur activité professionnelle, et les élèves...

Frédérique Rolet ... ? Cette permanente du SNES enseigne-t-elle ? Connaît-elle la réalité du terrain ?

Un signe qui ne trompe pas est la très grave crise du recrutement : Ainsi, alors que le chômage de la jeunesse est si élevé depuis tant d’années, l’Education Nationale ne parvient même plus à recruter des professeurs, tant les conditions de travail sont devenues lamentables et les salaires misérables.

Quelques chiffres (concours 2016)

1443 (13,9 %) de postes non pourvus aux concours externes du CAPES, 3e concours, CAPET et agrégation.

Au CAPES
18 % des postes non pourvus en lettres modernes - 70,4 % en lettres classiques, - 56,8 % en allemand,
20 % en éducation musicale,
13,9 % en anglais, 21,25 % en mathématiques.

Au CAPET 27,8 % des postes non pourvus en sciences et techniques médico-sociales, 34,38 % sciences industriel de l’ingénieur option architecture.

A l’agrégation
23 % des postes ne sont pas pourvus en lettres classiques,
25,3 % allemand, 37,5 % en éducation musicale, - 34,9 % en mathématiques.

De tels chifffres démontrent que les étudiants en allemand et surtout en lettres classiques (latin, grec) anticipent la mise à mort de ces enseignement, programmée par la ministre Belkacem en dépit de ses dénégations. En mathématiques, les étudiants les plus doués renoncent évidemment à faire carrière dans l’Education Nationale...comment ne pas les comprendre ?

Un bilan particulièrement glorieux pour la "gauche"....

L’intersyndicale FO-CGT-SUD-SNES appelle à UNE journée de grève le 8 septembre.

 Cela suffira-t-il à enrayer la machine à détruire l’école publique pur fournir la clientèle future de l’école privée ?

Messages

  • Très bon article merci. Je rajouterai que dans le primaire le niveau de certains nouveaux enseignants semble laisser à désirer en "français" particulièrement. Difficulté de recrutement là aussi, on baisserait pas le niveau du concours pour avoir en urgence les instits qui manquaient ?

    • Effectivement, la baissé e de niveau d’un nombre croissant de professeurs des écoles recrutés récemment commence à se voir... Ils et elles ont eu tout leur cursus scolaire depuis les années 90, au moment où le climat des apprentissages a commencé à se dégrader de manière évidente.

    • Le problème avec les profs du primaire, ce n’est pas leur niveau mais le contenu de leur formation.

      Rappelons-nous : les instits étaient très mal payés. Refusant de les revaloriser en tant qu’instits, on les a appelés "professeurs des écoles".

      Et là, l’usine à gaz s’est mise en route : qui dit professeur dit recrutement niveau Capes ou agreg. Donc licence, master, même entre temps master deux.

      Il y a 20 ans, on passait l’agreg avec une maîtrise, c.a.d. un master 1. Désormais, il faut un master 2 pour passer le concours d’instit (Pardon ! De "Professeur des Ecoles" !)

      Il fallait relever le niveau de formation des instits. L’école normale entre la 3ème et le bac ne suffisait plus. C’est sûr. Mais le niveau de quoi ?

      Il aurait fallu créer une licence généraliste de futur instit, ou des écoles normales post bac, bref, quelque chose qui donne les connaissances nécessaires au métier.

      Mais non !

      Usine à gaz typiquement socialiste, (car c’est eux qui ont fait le coup) : on mène des étudiants en biologie, sociologie, dans une langue ou autre chose à un niveau de spécialisation supérieur à celui de l’agreg des années 80... pour en faire des généralistes de l’enseignement !!!

      Des gens qui n’ont pas fait de grammaire française depuis le brevet se retrouvent chargés de l’enseigner aux plus petits, aux débutants, c.a.d. au niveau où il ne faut surtout pas se rater.

      Et c’est pareil pour toutes les matières, sauf éventuellement une, celle du master 2.

      Former des spécialistes hyper-pointus pour les lâcher comme généralistes, si on faisait cela en médecine, l’espérance de vie diminuerait de dix ans en une génération.

    • Il faut ajouter qu’en passant de "instituteur" à "professeur des écoles, les enseignants du primaire n’ont pas obtenu une revalorisation salariale conséquente (surtout si l’on tient compte du nombre d’années d’études par rapport aux autres catégories 1 de la fonction publique d’Etat), mais qu’il ont perdu le droit de partir en retraite ç 55 ans, alors que depuis ce passage le métier es lui devenu de plus en plus épuisant, avec hiérarchie de plus en plus abjecte et anti-syndicale, et parents d’élèves de plus en plus intrusifs (pas toujours, mais le plus souvent à tort et à travers), parfois ouvertement hostiles aux grèves...

      Brillant résultat : Aujourd’hui, les enseignants de France sont parmi les plus mal payés des enseignants des pays de l’OCDE.
      alors que les conditions de travail se sont durcies considérablement.

      La FSU, de son côté signe un accord PPCR, qui grave dans le marbre le mépris des gouvernements en ce qui concerne le salaire de tous les fonctionnaires....

  • "A bas l’école, des flics et des patrons !" chantions-nous dans les seventies... A bas l’école au service du patronat !
    viva la revolucion !.. sociale et liberterre !

    • "A bas l’école, des flics et des patrons !"

      Ce qui était vrai dans les années soixante-dix est ENCORE PLUS VRAI aujourd’hui. Plus grave, l’école des religieux est déjà en embuscade pur tirer les marrons du feu...

      Plus encore que dans les années soixante-dix, l’école est aujourd’hui au service du capital...alors même que l’on arrive aux fameux 80% d’une classe d’age qui est "bachelière"...

       Plus encore ?

      Beaucoup d’étudiants parviennent à obtenir des diplômes Bac + 5 mais se révèlent incapables de rédiger un texte de quelques pages, ou de mobiliser des connaissances scientifiques de base, sans parler d’histoire ou géographie, bien sûr.

      — > contrairement aux années soixante-dix, l’école actuelle ne permet plus la transmission de connaissances, et rend très difficile, sinon impossible, l’acte d’enseignement. Aussi que ce soit dans le public ou dans le privé, il est devenu improbable pour un élève d’attendre de l’école qu’elle permette de développer son sens critique : certains finiront flics ou vigiles, contrôleurs dans les transports publics, soldats, matons. La plupart , intégreront des entreprises, mais sans le moindre recul sur leur activité au service du capital, et dans un rapport de force dégradé en faveur des entreprises en raison de la baisse générale du niveau des diplômes.

  • Le collège (et au-deelà l’Education nationale) se fait démolir par les libéraux, 1 article, 6 commentaires.

    La loi El Khomery une catastrophe sociale annoncée, quelques articles et commentaires.

    Le burkini, le voile, taper sur "les musulmans" ou sur "les musulmanes", textile hypo machin hyper truc, des centaines de réactions à des dizaines d’articles.

    C’est là qu’on en est ? C’est là qu’en est "la vraie gauche" ?
    On est mal barré.

  • La FSU, mais pas qu’elle, est aussi largement coupable d’abandonner les enseignants victimes de cabale (en général ce sont les derniers qui essaient encore de transmettre des connaissances) menées par les parents d’élèves et orchestrées par l’administration. Aucune défense juridique. Un "secteur juridique" (sic) particulièrement incompétent.

  • Il serait impossible de rediffuser l’excellentissime "la journée de la jupe" par les temps qui courent. Trop anxiogène à tous points de vue.

    • Je suis bien d’accord avec les critiques de plus en plus nombreuses et de plus en plus lucide qui ciblent la FSU comme syndicat jaune.

      Le 8 septembre, certains grévistes ont précisé que les classes (à 35) étaient trop chargées et que dès la première minute de cours, il était déjà IMPOSSIBLE d’enseigner.

      Il faut bien sûr continuer à revendiquer des moyens pour baisser les effectifs.

      Mais le mal est plus profond : même à 25 élèves, il est devenu très difficile d’enseigner : cela conduit à se demander pourquoi les élèves ne parviennent plus à se concentrer, ne parviennent plus à respecter les enseignants qui cherchent à transmettre des connaissances et même ne parviennent plus à s’écouter entre eux et à se respecter entre eux.