Accueil > Egypte : le peuple intervient !
Egypte : le peuple intervient !
par de" C@n@ille le ROUGE"...via A.C
Publie le jeudi 6 décembre 2012 par de" C@n@ille le ROUGE"...via A.C - Open-Publishing4 commentaires
Même si la situation reste complexe, une donnée essentielle est apparue ce début décembre. Les démocrates ne se laissent pas faire et sont capable de passer à l’action face aux milices historiquement fascisantes des frères musulman protégés tout aussi historiques de l’impérialisme britannico-français.
Dans cette phase de l’affrontement, les Égyptiennes y tiennent une place décisive face à l’obscurantisme politico religieux.
« Avertissement final, la présidence assiégée » titrait le quotidien Al-Chourouq, tandis que la journal indépendant Al-Watan a évoqué une « Révolution sur le palier du président ».
A ceux qui pensaient que les cartes étaient distribuées et que la partie pouvait s’engager, le peuple égyptien, essentiellement les Cairotes pour l’instant mais... des opposants au président ont aussi manifesté à Alexandrie (nord) et dans les villes de Sohag et Minya (centre), vient de les reprendre et les rebat.
La donne essentielle c’est que Morsi représentant des intégristes plus ou moins (et plutôt plus que moins) protégé de l’impérialisme (dont son porte avion régional israélien) vient de prendre son baptême de l’air (un peu précipité) en hélicoptère devant l’assaut populaire et laïc.
Des dizaines de milliers de personnes ont assiégé la présidence mardi soir, ce qui ne s’était jamais produit même pendant la révolution qui avait renversé Moubarak en 2011.
Mardi, les manifestants, dont de nombreux membres de l’opposition laïque et de gauche, avaient pu s’approcher du palais situé à Héliopolis, dans la banlieue de la capitale, après avoir coupé les barbelés installés à quelques centaines de mètres de là. La police antiémeute a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser, sans succès avant de devoir battre en retraite.
Lorsque la presse évoque les forces de répression il s’agit essentiellement de la police peu d’information concernant le positionnement de l’armée (en se souvenant de son rôle atypique du point de vue institutionnel dans l’histoire de l’Égypte contemporaine). Le seul élément de débat à son sujet concerne la fuite Mosri qui indique que les militaires semblent maintenir leur distance avec le pouvoir et son orientation islamiste.
Sur cette partie institutionnelle de la crise, la presse qui s’est mobilisée contre la réforme constitutionnelle informe que :
"Le Conseil supérieur de la justice a décidé de déléguer des magistrats pour superviser le référendum malgré l’appel au boycott de plusieurs juges, ouvrant la voie à la tenue du scrutin. Les élections doivent en effet être placées sous supervision judiciaire en Égypte.
Mais le Club des juges, un syndicat professionnel en faveur du boycott, a campé sur sa position. « Nous ne pardonnerons pas » aux juges qui superviseront le vote, a lancé son président, Ahmed al-Zind."
Mohamed Morsi assure que son décret est « temporaire » et qu’il vise à accélérer les réformes démocratiques. L’opposition l’accuse de dérive autoritaire. Pour protester, plusieurs quotidiens indépendants et d’opposition ont décidé de ne pas paraître mardi.
Mercredi 5 décembre
lu sur
http://canaille-le-rouge.over-blog.com/article-egypte-le-peuple-intervient-113142026.html






Messages
1. Egypte : le peuple intervient !, 6 décembre 2012, 13:42, par richard PALAO
le peuple égyptien semble en effet ne pas vouloir se faire voler sa révolution et laisser un dictateur en remplacer un autre .
A suivre la réaction de l’armée , neutre jusqu’ à présent mais qui pourrait bien basculer dans le camp des démocrates , car les officiers issus de l" ancien régime sont hostiles aux frères musulmans , tout dépendra du rapport de force entre les anti-MORSI et les pro-MORSI ...si les premiers arrivent à s unir pour mettre le pouvoir intégriste en difficulté , ils peuvent espérer le soutien de l’armée , mais avec le risque que celle-ci prenne le pouvoir au prétexte de rétablir " l’ordre" .
tout reste ouvert ...
1. Egypte : le peuple intervient !, 6 décembre 2012, 16:44
Oui, c’est ouvert, et c’est mieux que si c’était... tout vert.
Chico
2. Egypte : le peuple intervient !, 7 décembre 2012, 08:02, par Copas
Ce qui se passe en Tunisie est aussi extrêmement important, et les affrontements se multiplient entre les milices du pouvoir s’appuyant sur une police benaliste non épurée et les travailleurs, leur organisation.
L’UGTT appelle à une grève générale pour demander la dissolution des milices du gouvernement.
La révolution continue et après avoir giclé les tyrans, affronte d’autres forces réactionnaires .
Les forces politiques réactionnaires se prétendant islamistes qui ont été propulsées en avant par la première vague révolutionnaire, s’usent très vite.
Les frères musulmans au pouvoir en Egypte, le Parti islamiste Ennahda au gouvernement en Tunisie, font preuve de leur incapacité à assurer les libertés élémentaires du peuple, à assurer la prospérité du peuple et finissent par utiliser les forces de répression de l’ancien régime, notamment la police non épurée, pour se maintenir et essayer d’écraser les soulèvements populaires qui se produisent à cause de situations sociales inchangées.
La semaine dernière, à Siliana en Tunisie, une grève générale d’une semaine de l’UGTT, a mis la police benaliste liée aux milices de Ennahda face aux prolétaires révoltés de la ville en proie au chômage et à la misère.
Comme du temps de Ben Ali, le régime Ennahda à fait une répression dure, avec plus de 300 blessés du côté d’une population qui avait peu de temps avant voté Ennahda.
Le parti au pouvoir s’use vite en Tunisie. Comme les Frères Musulmans en Egypte, car l’islamisme politique s’acclimate bien du capitalisme prédateur qui crée la misère, la guerre et le despotisme.
Lentement ils perdent du terrain et tentent par la violence contre les travailleurs et leurs organisations de garder leurs positions.
Les tentatives des frères musulmans pour contraindre, ou interdire, des syndicats de travailleurs qui se sont développés dans le soulèvement populaire et mentent des grèves indiquent bien le caractère anti-social.
L’attaque du siège de l’UGTT, centrale syndicale unique en Tunisie, par la milice de Ennahda a été la réponse du pouvoir face au camouflet que lui a infligé l’organisation ouvrière à Siliana à l’issue d’une grève générale régionale d’une semaine qui a fini en crise politique du régime.
La riposte des travailleurs a été immédiate et plusieurs régions (6) étaient en grève hier en Tunisie, pendant qu’un appel là à tout le pays pour une grève générale était lancé par l’UGTT pour le 13 décembre.
Le principal point revendiqué,la dissolution de la milice gouvernementale, indique l’intensité de la crise politique.
3. Egypte : le peuple intervient !, 7 décembre 2012, 08:20, par Copas
Là comme ailleurs, la présence de la gauche française, ses organisations de travailleurs, aux côtés des luttes des peuples, leurs organisations, est très importante.
Les révolutions égyptiennes et tunisiennes sont à une nouvelle étape où elles affrontent d’autres factions réactionnaires qui démontrent jour à jour qu’elles sont incapables de diriger les pays et leur apporter prospérité et libertés.
A chaque étape de ces processus, le camp du peuple peut gagner ou perdre. Les solidarités élémentaires et internationalistes, même petites, peuvent faire la différence dans un sens ou dans l’autre.
Aucune étape n’est gagnée et rien n’est perdu...
Mao aurait parlé de révolution continue, et Trotsky de révolution permanente, pour parler des trans-croissances des processus révolutionnaires, l’usure une à une des forces réactionnaires qui remplacent les anciennes à la tête des pays, toutes s’accommodant du capitalisme et usant des forces policières et militaires des anciens régimes tyranniques, tout autant que les démocrates bourgeois et nobles libéraux, dans l’année 1917, avaient usé des moyens répressifs laissés par le tsarisme pour tenter de controler la poussée révolutionnaire.
Là les processus sont bien plus longs (car la situation est moins cataclysmique que celle de la fin de la guerre de 14 pour la Russie impériale), mais ils expriment bien des processus comparables .
A chaque étape et instant, les révolutions en cours peuvent être stoppées définitivement, mais dans aucun cas pour l"instant les forces réactionnaires qui se succèdent n’ont réussi à le faire ni n’arrivent à concentrer assez de forces pour étouffer les processus révolutionnaires suffisemment pour qu’ils ne ressurgissent pas.
Bref, à l’inverse de ce qui se fit à l’époque de la chute du Shah d’Iran, les partis réactionnaires religieux n’ont pas réussi à produire une contre-révolution malgré leurs tentatives.
Il n’y a pas de secret là dessus, c’est bien plus compliqué pour ces forces réactionnaires par le fait des rapports de classe bruts dans ces sociétés.
La solidarité avec les révolutions tunisiennes et égyptiennes est vitale et importante.