Accueil > Emission - Pourquoi Jean Zay a t-il été oublié pendant 50 ans ?

Emission - Pourquoi Jean Zay a t-il été oublié pendant 50 ans ?

par Polémix et La Voix Off .com

Publie le lundi 12 septembre 2016 par Polémix et La Voix Off .com - Open-Publishing

La France qui semble renaître en 1944 est truffée de traitres et de collaborateurs des nazis. Jean Zay, lui, a été assassiné... par des Français...

Pendant un demi siècle, pas de « devoir de mémoire », encore moins de devoir d’Histoire pour Jean Zay. Pourquoi disparait-il totalement pendant 50 ans ? Pour réapparaitre dans les années 90 ? Et entrer au Panthéon en 2015 ?

Qu’est-ce que cette polémique du Drapeau, poème qu’il écrit à 19 ans, en 1924, 6 ans après la fin de la Grande Boucherie de 14-18 ? (Texte disponible ici).

A la Libération, De Gaulle forge le mythe d’une France unie – autour de lui – dans la résistance contre l’occupant. Légende dont Jean Zay est escamoté. Avec ses réalisations de 36-39, le jeune Ministre de « la vraie gauche », dérangeait déjà de son vivant. Mort, il dérange aussi, car il n’a pas été assassiné par des Allemands, mais par des Français de la Milice. Victime d’une guerre civile française. Dérangeant rappel de ce temps où les Français ne s’aimaient pas. S’aiment-ils mieux aujourd’hui ?

La République qui renait en 1944, blanchit des cohortes de collaborateurs français des nazis : Hauts et petits fonctionnaires, militaires… eux mêmes serviteurs d’importants financiers et industriels français, traitres et membres des 200 familles, qui comprennent dès 1941 que les nazis, (sur lesquels ils misaient depuis les années 30), vont perdre la guerre, que les USA vont devenir les nouveaux maitres du monde, et qu’il est temps de changer de monture.

Jean Zay – son humanité, sa moralité, ses convictions républicaines, son enthousiasme, son inventivité, sa vitalité… ont cruellement manqué à la renaissance d’une France dont une grande partie de l’appareil restait truffé de traitres, collabos, anti-républicains et de profiteurs capitalistes sans scrupules… France dont des descendants des 200 familles sont aujourd’hui toujours au pouvoir. Et dont les crimes contre le peuple alimentent toujours le terreau du fascisme français, vieille tradition de ce pays.

De Jean Zay, il nous reste un héritage social détruit par tous les gouvernements, y compris par ceux qui se prétendent « de gauche ». Et Souvenirs et solitude, magnifique journal où il évoque présent de la prison. Le passé des réalisations et de la vie gouvernementales des années 30, (et notamment les puantes coulisses de l’odieuse politique munichoise en faveur des régimes fascistes). Et futur des réformes à entreprendre pour une République plus juste et plus forte. Comme celle que voulaient nous léguer les héros de la Résistance française du CNR – Conseil National de la Résistance – qui, avant de s’effacer, nous ont, en 2003, lancé cet appel.

Entretien avec Hélène Mouchard-Zay, l’une des deux filles de Jean Zay, et l’une des fondatrices du CERCIL : Centre d’Etudes et de Recherches sur les Camps d’Internement du Loiret.

Emission sur [www.polemixetlavoixoff.com->]

Portfolio