Accueil > Espagne. Podemos, IU, PSOE...une gauche qui dilue l’alternative dans (…)
Espagne. Podemos, IU, PSOE...une gauche qui dilue l’alternative dans l’alternance...
par Antoine (Montpellier)
Publie le samedi 24 septembre 2016 par Antoine (Montpellier) - Open-Publishing2 commentaires
La droite, emmenée par le Parti Populaire, au gouvernement depuis 2011, reste majoritaire malgré la cure d’austérité qu’elle impose à la population et la quantité impressionnante d’affaires de corruption dans laquelle elle est impliquée. L’espoir soulevé par l’émergence de Podemos fait place au désenchantement : ce parti s’institutionnalise de plus en plus et se coupe de ses racines indignées...

Le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, en discussion avec celui du PSOE, Pedro Sánchez...
Le titre original de cet article est "Etat espagnol : L’impasse politique. C’est par où la sortie ?"
Depuis la parution de ces lignes, fin août, Podemos se trouve pris dans une vive polémique, jusque là contenue publiquement, qui s’expose désormais au grand jour. Elle met aux prises Pablo Iglesias, le secrétaire général, et le "numéro 2" du parti, Iñigo Errejón. Une troisième option, celle des Anticapitalistas, cofondateurs du parti, s’exprime, en particulier à travers l’eurodéputé Miguel Urbán. Elle cherche à déjouer le face-à-face des deux dirigeants susmentionnés en appelant à ressourcer le parti à sa matrice indignée. On trouvera en fin d’article mes observations sur cette polémique.
Les législatives de juin ont donné la victoire au Parti populaire, le parti de la droite libérale conservatrice qui mène au gouvernement une violente politique d’austérité. Podemos, le parti qui est né de l’espoir soulevé par le mouvement des Indigné-e-s, subit, lui, un net recul. Pourtant le régime en place reste confronté à une tenace crise de « gouvernabilité ». Le point sur ces paradoxes espagnols.
A la législative du 26 juin dernier (26J en espagnol elliptique) les choses, ramenées à deux données certes incontestablement lourdes, semblent simples à comprendre : la droite, le Parti populaire (PP), pourtant impliquée dans un nombre incalculable d’affaires de corruption, a augmenté les voix (+ 700 000) et le nombre de députés (+14) obtenus six mois auparavant ; Podemos, auréolé de sa percée en décembre dernier, a perdu, dans ce laps de temps, un million de voix et n’a fait que maintenir, grâce à l’appoint d’Izquierda Unida (IU), le nombre de députés (71) décroché alors avec ses alliés régionaux et les écolos de Equo. Il échoue à dépasser le PSOE (socialistes) pour, comme c’était son objectif, devenir la première force de gauche et donc d’opposition ouverte à la droite. Il convient pourtant d’aller au-delà, en relativisant le succès du PP qui, fin août 2016, n’a toujours pas les moyens de s’assurer une majorité de gouvernement, ni même d’investiture pour gouverner en minorité et, aussi, en interrogeant ce qui est arrivé à Podemos. Cliquer ici
Messages
1. Espagne. Podemos, IU, PSOE...une gauche qui dilue l’alternative dans l’alternance.., 25 septembre 2016, 14:27, par Banisto
Podemos repose si j’ai bien compris,sur un depassement de l’opposition gauche /droite ´ sur une stratégie de communication pour laquelle les leaders de ce mouvement (vaut à mieux oublier les rêves de l’organisation horizontale) ont une ’expertise ´ ,bref des macros de gauche à la recherche du ppdc commun qu’on sait impossible à trouver ....
1. Espagne. Podemos, IU, PSOE...une gauche qui dilue l’alternative dans l’alternance.., 25 septembre 2016, 17:59, par Antoine (Montpellier)
Une nuance à ce que tu dis : Podemos a pris un virage stratégique qui le mène d’un refus de l’opposition gauche/droite à une acceptation d’alliance avec le PSOE (socialistes) contre la droite. En somme gauche contre droite. Mais, pour ne pas avoir l’air de se renier, la direction de Podemos ressort l’opposition progressistes/ conservateurs. Il se confirme que la com’ tient lieu de politique, pour une large part, dans ce parti. L’important reste au demeurant que la direction de Podemos rompt avec l’acquis fondamental des Indigné-es : le combat contre les partis de la "caste" dont fait partie le PSOE ! Cela se vérifie, comme je l’ai écrit, dans l’éloge, qui est fait par Iglesias, du socialiste Zapatero qui était le président de gouvernement contre lequel s’étaient soulevé-es les Indigné-es !