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Greenpeace intercepte le Probo Koala en Estonie

Publie le mardi 26 septembre 2006 par Open-Publishing
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Paldiski, Estonie - Greenpeace bloque le Probo Koala coupable de la catastrophe d’Abidjan et demande aux autorités estoniennes d’arrêter le navire.

Trois semaines après que le Probo Koala a déversé 400 tonnes de déchets toxiques à Abidjan (Côte d’Ivoire), causant la mort de sept personnes et l’intoxication de milliers d’autres, Greenpeace investit et bloque le navire ancré au port de Paldiski, en Estonie. Ce navire, responsable d’un trafic de déchets toxiques, doit cesser toute activité et être maintenu au port le temps d’une enquête complète.

L’Arctic Sunrise, l’un des bateaux de Greenpeace, est entré aujourd’hui vers 17 heures (heure locale, 16h en France) dans le port de Paldiski et s’est posté aux abords du Probo Koala, empêchant toute manœuvre du navire sans toutefois bloquer l’activité du port. A 18 heures (17h en France), l’Arctic Sunrise a jeté l’ancre, arborant une banderole : « Le trafic de toxiques tue ».

"Nous bloquons aujourd’hui le Probo Koala car il est scandaleux qu’il ait pu continuer sa route et son trafic de déchets sans être inquiété, après avoir tué sept personnes et intoxiqué plus de 50 000 habitants d’Abidjan, s’insurge Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace France, depuis le pont de l’Artic Sunrise. Dans cette scandaleuse affaire, le Probo Koala constitue une véritable pièce à conviction : les autorités estoniennes doivent saisir et analyser ses installations, livres de bord et communications. Nous ne bougerons pas tant que le navire n’aura pas livré toutes les informations nécessaires à l’établissement précis des responsabilités." Il est inacceptable que les propriétaires du navire et la société Trafigura qui l’a affrété puissent continuer leurs activités illégales et dangereuses, sans attendre les résultats des enquêtes en cours en Côte d’Ivoire et aux Pays-Bas.

Pour Greenpeace, la Commission européenne doit demander aux autorités judiciaires des Etats membres de tout mettre en œuvre pour que ces investigations aboutissent dans les meilleurs délais. Dans cette perspective, la Commission doit aussi charger Europol de coordonner ces actions et d’empêcher que le navire, son capitaine, ses propriétaires, son affréteur et tous les autres opérateurs impliqués dans cette affaire n’échappent à la justice. La Commission européenne doit enfin s’assurer que les Etats membres appliquent correctement la convention de Bâle, qui interdit le transport de déchets toxiques des pays de l’OCDE vers des pays non membres de l’OCDE, et dont les dispositions ont été intégrées au droit communautaire.

"C’est très bien que l’Europe se dote de réglementations, mais encore faut-il qu’elle oblige ses membres à les appliquer correctement. La récente affaire du Clemenceau l’a déjà démontré : les Etats européens appliquent le droit environnemental selon leur bon vouloir, affirme Yannick Vicaire. Tant que les continents présenteront des écarts importants en terme de réglementations ou d’équipements, il y aura toujours des flux de déchets du Nord vers le Sud. Il est de la responsabilité juridique et morale des pays développés de protéger les pays en voie de développement, en commençant par gérer leurs propres déchets."

http://www.greenpeace.org/france/ne...

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