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Haigneré sacrifie la recherche contre le sida

samedi 20 septembre 2003 - Contacter l'auteur

Aujourd¹hui, une vingtaine de militants d’Act Up-Paris ont interpellé
Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles
Technologies, lors de son intervention au Centre National d’Etudes
Spatiales, pour protester contre l¹amputation d¹une partie du budget de
l¹ANRS, l’Agence nationale de recherches sur le sida.

Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a en effet décidé d¹amputer le
budget de l’Agence de 10 %, soit 4,2 millions d’euros. En 2003, son budget
global sera donc de 37,7 millions d¹euros, contre 42 millions les années
précédentes. L¹ANRS est d¹ores et déjà incapable de financer son second
appel offres destiné à soutenir des projets de recherche. Aujourd’hui, c¹est
l¹ensemble de la recherche contre le sida qui se trouve menacé par cette
coupe budgétaire.

Au printemps dernier déjà, l’Agence était menacée de démantèlement. Seule la
pression des associations et des chercheurs a poussé le gouvernement à faire
marche arrière. Aujourd¹hui affaiblie, la recherche publique risque d¹être
supplantée par la recherche des laboratoires pharmaceutiques privés, dont
les études sont souvent opaques et toujours financièrement intéressées.

Quelques semaines seulement après la Conférence de Paris sur la pathogenèse
et les traitements, où tous, chercheurs, médecins et associations, ont
souligné le rôle capital joué par cette agence unique en Europe, cette
décision est tout simplement obscène.

Cette coupe budgétaire est la suite logique de la politique de santé
publique menée par le gouvernement : gel des crédits versés aux associations
de lutte contre le sida, liquidation de la politique de réduction des
risques liés à l’usage de drogues, caution tacite accordée aux lois sur la
sécurité intérieure qui menacent directement la santé des étrangerEs et des
prostituéEs, démission de la France face aux impératifs de la lutte contre
le sida dans les pays en développement.

Act Up-Paris exige :

- que le budget de l¹ANRS soit maintenu au niveau de celui de l’année 2002,
avant qu’aient été opérés les gels budgétaires ;

- que soient accordés à l¹ANRS les crédits supplémentaires qui lui sont
nécessaires pour pouvoir sereinement remplir ses nouvelles fonctions dans la
recherche hépatique ;

- la mise en place d’une vraie politique de santé publique.

Contact presse - Fabrice Pilorgé : 06 60 65 25 89

Photos de l’action disponibles à partir de 19h sur

www.actupparis.org/article1239.html

Mots clés : Economie-budget / Santé - Médecine / Sciences - Recherche /
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