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LIP - Des héros ordinaires.
par Ernest London
Publie le vendredi 22 avril 2016 par Ernest London - Open-PublishingSolange, mère de famille, ouvrière horlogère chez LIP, peu ou pas politisée, va participer avec ses collègues aux manifestations pour la défense de leurs emplois, aux premières réductions de cadence puis à l’occupation de l’usine. Les dirigeants ayant organisé sournoisement le démantèlement de leur entreprise, les ouvriers s’organisent : « On fabrique. On vend. On se paye. »
Comme cette expérience collectiviste doit absolument échouer pour ne surtout pas devenir exemplaire, le gouvernement à la solde du patronat, va s’acharner à saboter le projet d’autant qu’il est extrêmement populaire, médiatisé au niveau national.
Ceci se passait en 1973 et 74 mais résonne d’un écho terriblement actuel.
Le regard de Solange, par son journal puis par ses photos, apporte une approche très intimiste au drame collectif et beaucoup d’émotions, au delà du récit factuel.
Une grande réussite. Un témoignage essentiel sur une aventure humaine qui promettait de changer la société, sur un défi relevé par des « héros ordinaires ».
Le témoignage de Claude Neuschwander (P.D.G. de LIP de1974 à 76) qui suit la bande dessinée est édifiant. Il raconte l’assassinat programmé de l’entreprise par ses actionnaires avec la complicité active du ministre de l’Industrie de l’époque. Il fait un parallèle avec Florange et Arcelor Mital. LIP aussi avait été rachetée par un concurrent, suisse, qui souhaité purement et simplement sacrifier l’entreprise dans un but spéculatif. Il décrit une société mondialisée où l’actionnaire est le seul bénéficiaire de l’activité des entreprises et appelle à un changement urgent.
La préface de Mélenchon n’apporte pas grand chose si ce n’est un brin d’analyse et de contextualisation que le récit en bande dessinée exprime déjà largement de façon implicite.

Laurent Galandon et Damien Vidal
Préface de Jean-Luc Mélenchon
182 pages – 19,99 euros.
Éditions Dargaud – Paris – mars 2014
Ernest London,
le bibliothécaire-armurier.
Cet article est initialement paru sur le blog de la Bibliothèque Fahrenheit 451 : http://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/
Parce qu’il faut d’abord comprendre le monde pour pouvoir le changer,
Parce qu’il faut tirer les leçons des luttes passées pour s’en inspirer, pour n’en pas renouveler les erreurs, pour prendre le meilleur dans tout,
Parce qu’il faut sans cesse se battre contre la bêtise, la haine, l’injustice, la barbarie,
Parce qu’il faut des armes pour se battre,
Parce qu’on a déjà perdu, si on renonce,
Voici, en permanente construction, une bibliothèque de références pour ceux qui souhaitent nourrir leur culture politique, analyses et comptes rendus de lectures utiles.
Les livres sont des armes !