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"La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde"
Publie le jeudi 27 août 2009 par Open-Publishing17 commentaires
Délégué CGT de l’usine Continental Clairoix promise à la fermeture, Xavier Mathieu s’est récemment attaqué aux dirigeants syndicalistes, les traitant de "racaille" et leur reprochant de "frayer avec le gouvernement". Selon lui, les "Conti", qui ont obtenu 50 000 euros d’indemnités de licenciement n’auraient pas eu autant s’ils avaient confié leur sort aux confédération syndicales.
A l’issue du conflit de Continental Clairoix, vous vous en êtes pris aux instances dirigeantes des syndicats, notamment au vôtre, la CGT, en traitant Bernard Thibault de "racaille". Pourquoi ?
Ce n’est pas une attaque contre la CGT. J’ai trop de respect pour tous les salariés et délégués qui se battent comme des fous durant les conflits. J’ai plutôt parlé en leur nom, et je peux vous assurer que beaucoup pensent comme moi, à savoir qu’on n’est pas assez soutenus. D’ailleurs, je ne reproche pas à Bernard Thibault de ne pas venir devant les usines. Ce que je reproche à la direction, c’est qu’elle a refusé de nous soutenir quand nous étions convoqués au tribunal (pour les destructions dans la préfecture de l’Oise). Quand on a demandé de l’aide, il n’y a que des partis politiques de gauche qui sont venus et aucune confédération syndicale. Alors que dans les sept convoqués, il y avait trois élus CGT, deux syndiqués et deux sympathisants. Dans les confédérations paysannes ou autres, on n’abandonne jamais ses adhérents. La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde. C’est honteux.
Il y a une fracture entre les directions des confédérations et la base ?
La fracture entre la base et les directions est générale. Pas seulement du côté de la CGT. C’est pareil à FO ou à la CFDT. Je ne regrette pas mon coup de colère. Quand le mec pour qui je paie mes timbres depuis 18 ans refuse de venir soutenir des ouvriers poursuivis au tribunal pour s’être battus, je n’ai pas de respect pour lui. Ce n’est pas parce qu’il est au-dessus de moi que je suis obligé de l’adorer. D’ailleurs, je vais arrêter de répondre là-dessus. J’ai juste un conseil à leur donner : c’est d’arrêter de penser que tous ceux qui sont en colère sont manipulés par l’extrême gauche. Ça, c’est le même discours que l’UMP. Et franchement, ce n’est pas très respectueux de la classe ouvrière, de penser que nous sommes des moutons incapables de nous battre tout seuls.
On vous a pourtant accusé de rouler pour le NPA d’Olivier Besancenot...
Ça fait quatre mois et demi qu’on nous répète les mêmes conneries. A la CGT de Continental Clairoix, il n’y a aucun encarté, ni au NPA, ni au PC, ni à LO. Aucun. C’est la mode : dès qu’on n’est pas content, on est taxé d’être d’extrême gauche. Je suis allé à l’université d’été du NPA parce qu’ils m’ont invité. J’avais dit, à l’époque où différents partis nous avaient soutenus, que j’étais prêt à venir parler de la lutte des Conti. Je l’ai fait pour Lutte ouvrière en juin, je l’ai fait au NPA, je le ferai le 12 septembre à la Fête de l’Humanité. Si les Verts, le PS ou le PRG me le demandent, je le ferai.
Mais mettre dos-à-dos les politiques et les syndicalistes, c’est de la connerie. Quand Thibault demande l’interdiction des licenciements ou la hausse du SMIC, ce n’est pas de la politique ? Est-ce que Bové n’a pas été syndicaliste avant d’être homme politique ? La CGT reproche ça uniquement si tu n’es pas au Parti communiste, tout le monde le sait. Thibault refuse d’aller au NPA, mais il va bien à la Fête de l’Huma. S’il ne veut pas faire de politique, il n’a rien à y foutre. Comment on peut dire, si on est syndicaliste, qu’on ne fait pas de politique ? Le syndicalisme, c’est de la politique ou alors je comprends rien.
Est-ce que les rencontres que vous avez faites pendant ces derniers mois peuvent aboutir à une coordination des luttes ?
Je ne sais pas. Tant que ça ne sont que les gens qui sont dans la merde qui appellent à l’aide, ça n’aboutit pas. Ça bougera quand ce seront les gens qui n’ont pas de problèmes qui viendront aider. En plus, je vois bien que quand on était dans notre lutte, on avait d’autres choses à faire que d’aller organiser des coordinations avec d’autres boîtes.
Et puis, je ne suis pas un professionnel de tout ça. Il y a six mois de ça, je faisais mes trois parties de pêche par semaine, je regardais le foot à la télé. Je défendais mes copains à l’usine, mais toutes ces histoires, ça me dépassait.
L’après-Continental, vous le voyez comment ?
Je ne sais même pas ce que je vais devenir. Je suis en train de réaliser aujourd’hui ce que les copains me disent depuis plusieurs mois : "Tu t’exposes trop." Alors peut-être que mon plus gros combat, ça ne va pas être Conti, mais de retrouver du travail. J’espère que je me trompe, même si je ne regrette pas ce qui s’est passé. Tout ce qu’on a vécu durant ces six mois, tous ces efforts et cette chaleur humaine, je ne sais pas si les gens qui me critiquent peuvent le comprendre.
propos recueillis par Antonin Sabot
Messages
1. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 13:16
Trés bien répondu de la part de Xavier, si un syndicat ne fais pas de politique alors ce n’est pas la peine qu’il existe. Je partage tout à fait cette position et l’exemple devrait être suivi par les salariés syndiqués où pas que de se battre pour faire respecter ses droits, c’est de la politique, c’est elle qui régi notre vie de tous les jours.Si elle ne nous convient pas , il ne tient qu’a nous de prendre les choses en main. Aprés tout la définition de la démocratie est : Le pouvoir au peuple, par le peuple et pour le peuple.Qu’est-ce que l’on attend pour se rapproprier de cette définition ? Allez courage à tous ceux qui luttent.H L V S.
2. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 14:54, par Robert Baradat
Bravo mille fois le syndicalisme et la politique c’est à nous ;c’est à nous d’en faire,la lutte de classe existe et pour le moment c’est nous qui perdons le match....Remplaçons les permanents syndicaux avachis et les élus politiques de gôôôche qui prennent le prolétariat pour une classe soumise et morte...
Cela n’interdit pas le temps de la pèche et des calins amoureux au contraire !
1. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 15:44
Soumise, ils le pensent, mais morte, ah non, sûrement pas, ils ne le croient pas un seul instant. La preuve : les dirigeants font tout pour que les salariés ne tombent pas malade de la grippe A. C’est donc que les salariés ont une grande valeur marchande.
3. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 16:32, par momo11
Pourquoi n’aurait-il pas le droit de s’exprimer ?Il est un élu CGT et il dit tout haut ce que la majorité pense tout bas.N’oublions pas les promenades digestives,l’invité d’horreur pardon d’honneur au 48è congrès,a savoir chérèque le jaune.Le duigou avec les fonds retraite,et le vide sidéral d’une confédération avide de sommets sociaux a l’élysée.....fraternellement momo11
1. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 19:54, par Alex
C’est juste que c’est le 49eme congrés....lol !
4. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la meot ;, 27 août 2009, 17:40
du respect mon camarade du respect c’est ce que nous te devons
et vive la cégete et ses militants.
le ptit cocoprolo
5. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 17:44
Bravo à ce syndicaliste ! Son propos résume à merveille ce que de nombreux salariés pensent des directions syndicales. On peut ajouter dans le lot des mollassons-félons la direction de la FSU, qui, avec les autres fédérations de l’enseignement (Unsa, FO, Sgen-Cfdt), ont laissé supprimer 25 000 postes en deux ans dans l’Education nationale, et s’apprêtent à accepter une saignée de 16 000 postes l’an prochain. Honte à eux : ils sont complices de la plus grande casse sociale des soixante dernières années.
1. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 28 août 2009, 01:12
Désolé, mais les faits sont là : dans l’Education nationale, 13 500 postes supprimés cette année, 11 500 l’an dernier, et l’an prochain : 16 000 postes. La réaction des pseudo-dirigeants syndicaux a été extrêmement molle. Par ailleurs, durant cet été, l’Ump a fait voter la "loi sur la mobilité des fonctionnaires", qui aurait dû provoquer un tollé syndical : rien de tel : du blabla, du blabla, et du blabla... J’ajoute que la FSU a défendu cette année la mastérisation, contre laquelle étudiants et professeurs d’université sont descendus dans la rue durant six mois. Les dirigeants syndicaux sont donc des félons.
Accuser les salariés qui déplorent l’action de ces dirigeants de pacotille et qui réclament un syndicalisme de lutte des classes d’être de vilains révolutionnaires, eh bien c’est le monde à l’envers.
2. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 28 août 2009, 01:17
J’ajoute, pour 90.**.234.**, si son schéma mental permet de le comprendre, qu’il existe toute une déclinaison d’actions entre d’une part l’attitude complaisante affichée par les dirigeants syndicaux à l’égard de la droite et d’autre part la révolution.
6. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 18:41, par Cop
Je trouve moi ahurissant les soutiens des nomenclaturistes , ou nomenclatutistes eux-mêmes, qui s’en prennent aux travailleurs, aux militants de la CGT et à d’autres syndicats, qui disent leurs faits à ceux payer à conféderer et qui ne confederent pas mais attaquent depuis la fin de l’année dernière dans le dos les travailleurs pendant qu’ils échangent des relations beaucoup plus courtoises avec le patronat et Sarko.
Il y en a qui se mettent du côté des patrons contre les travailleurs, ce sont bien sur qui s’attaquent à Mathieux . On n’est pas obligé d’approuver tout des camarades des Conti, comme ceux des Mollex, mais il y a bien une question de solidarité basique et élémentaire.
Ce n’est pas le camarade de Conti qui a commencé cet échange de mots doux.
Ca fait un moment que le feu couve, que des attaques sous la manche sont menées contre les travailleurs , ainsi que des attaques contre les soutiens de partis de travailleurs (NPA, LO, ...)...
Les directions des confédérations ont fait le choix de diviser et de lâcher les travailleurs en résistance désespérée face à leurs patrons sans assumer ce à quoi les permanents du haut de l’appareil sont payés : Fédérer et confédérer les résistances, proposer des ripostes unitaires à hauteur des agressions.
Bien pire avec l’échec cinglant (pour les travailleurs) de la tactique des directions des confs, celles-ci se sont mises à attaquer les travailleurs révolutionnaires, et beaucoup d’autres, qui avaient l’outrecuidance de soutenir leurs camarades assaillis par les licenciements, et de tenter avec des forces malheureusement insuffisantes de proposer une fédération des batailles menées.
Ce qui est en cause, ce ne sont pas les syndicats, ce n’est pas la CGT, bien au contraire, mais la nomenclatura qui a fait métier de maintenir la paix sociale, même quand celle-ci avait pour conséquence de mener à l’abattoir les travailleurs.
Vive la CGT, vive Xavier Mathieu !
7. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 27 août 2009, 19:20, par Lorient 56
Pierre Le Ménahès (CGT-SBFM) : « On rendra tous les coups qu’on prendra »
– (extraits des) Propos recueillis le 21 janvier 2009 par Ermon (AL Lorient)
Quels sont les rapports du syndicat CGT de la SBFM avec les syndicats du secteur automobile, avec la fédération de la Métallurgie et avec la confédération ?
Au niveau des syndicats CGT de la branche, on est en phase avec la démarche revendicative. Au niveau de la fédé, on a un représentant à la direction fédérale qui remonte régulièrement la température et le ressenti des salarié-e-s. Mais on considère, à partir de nos dynamiques revendicatives, que la fédé est frileuse sur l’organisation d’une lutte de plus grande ampleur. C’est la fonction propre d’une fédé de coordonner les luttes dans une branche et, selon nous, elle n’est pas suffisamment combative au regard de la situation.
Quant à la confédération, on en attend un rempart contre le véritable « génocide » industriel qu’on vit aujourd’hui. Il ne faut pas que la grève interprofessionnelle du 29 janvier soit un baroud d’honneur mais au contraire l’amorce d’une amplification de la lutte. Qu’on écoute enfin les salarié-e-s qui sont confrontés à des situations de fermeture de site ou de licenciements.
...À titre personnel, je pense qu’il faut un prolongement politique, en phase avec les luttes.
– Blog de CGT SBFM, à Caudan (près de Lorient) 56-Morbihan, et non pas à Brest.
– Blog de lutte des salarié-e-s de Molex
–
8. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 28 août 2009, 07:36
bravo a ce syndicaliste qui dit tout haut avec ses mots, sa colère plus que
justifiée ce qu’une partie des salariés pensent.
il aurait fallu illustrer ce débat par la photoprise dans les jardins
de l’elysée à la "garden party" organisée par Mister sarkozy ou mister thibault
sable le champagne avec leur président avec en plan (arrière) mister chereque
cette photo parue dans je ne sais plus quel journal en dit long.
alors les suppo de thibault de chérèque un peu de décence et taisez vous
1. Prudence syndicale , 29 août 2009, 00:40, par Coppi Kohler
Symboliquement côte à côte à l’université d’été de la CFDT, François Chérèque et Bernard Thibault ont donné un signal fort de convergence réformiste pour une rentrée sociale que l’ensemble des syndicats abordent avec une certaine prudence. Et pour cause, ils doivent faire face, eux aussi, à des défis inédits et difficiles. Pas plus que celui des politiques, le logiciel syndical n’est, en effet, préparé à affronter une crise exceptionnellement forte et longue. Pis, qui s’avance de plus en plus sur des terrains où les grandes confédérations n’ont que très peu de présence, de prise, de légitimité : les petites et très petites entreprises.
La relative prudence des leaders syndicaux est, de fait, à la mesure des incertitudes et des chausse-trappes d’un paysage social et politique excessivement mouvant. Imprévisible.
L’union est un combat et la mobilisation une gageure. Les journées nationales d’action et les défilés contestataires répétitifs se sont usés jusqu’à l’été, faute de carburant, faute de pouvoir contrecarrer une crise insaisissable et de déboucher sur des acquis palpables pour ses victimes. Leur relative inefficacité a fait tanguer, sinon lézardé, une convergence syndicale défensive qui ne tient peut-être qu’à un ciment très lâche : la peur d’être le fossoyeur de l’unité. Car tous les grands syndicats savent que le premier d’entre eux qui quitte le bâtiment de la solidarité risque d’être le perdant devant l’opinion, devant les salariés. Y compris FO, sans doute, quelle que soit son ambivalence : un pied dedans, un pied dehors.
Les organisations réformistes sont condamnées à s’entendre. Qui plus est, au plus mauvais moment, celui où leur concurrence est exacerbée par les nouvelles règles, plus contraignantes, de représentativité dans les entreprises.
La radicalisation est un autre défi et un danger avéré, fût-ce sous des formes inattendues. Avant l’été, on craignait des éruptions locales, violentes, incontrôlables. On a vu émerger une radicalisation certes violente, mais somme toute très réfléchie et élaborée, raisonnée à défaut d’être raisonnable, surtout délibérément visible et spectaculaire. En un mot : médiatisée. Pis, cette radicalité de comportement a donné des résultats concrets, chez Continental et ailleurs. Elle risque donc de se diffuser. Quitte à court-circuiter et affaiblir un peu plus les syndicats classiques, responsables... et à interpeller les médias instrumentés.
Le champ politique, enfin, reste, lui aussi, truffé de pièges pour l’expression syndicale. La déliquescence interminable de la gauche traditionnelle concourt à compliquer singulièrement la tâche des grandes confédérations. Elle permet aux NPA, LO et Front de gauche de piétiner allègrement les plates-bandes syndicales et de moissonner dans les champs d’un radicalisme renouvelé. Elle enferme surtout les syndicats dans un face-à-face redoutable avec l’omniprésent Nicolas Sarkozy.
Faute d’alternative politique crédible, ils sont obligés de composer sans rechigner avec un Président très actif, très pragmatique. Face à eux, Nicolas Sarkozy a les mains libres, y compris de leur donner, de temps en temps, des gages calculés et limités - comme sur les bonus des traders - mais sans transiger sur ses choix fondamentaux. Comme sur le travail du dimanche...
Point de Vue de Paul Burel
– Ouest France du vendredi 28 août 2009
2. Prudence syndicale , 30 août 2009, 10:17, par momo11
Faute d’alternative politique crédible, ils sont obligés de composer sans rechigner avec un Président très actif, très pragmatique.
Des syndicalistes qui composent sans rechigner,perso j’appelle cela des collabos !!!!!!momo11
9. "La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde", 29 août 2009, 04:10, par rachid
je suis contre tous les syndicats qui vont faire des courbettes au palais , je ne connais rien a la politique , mais je rêve d’un syndicat du peuple je ne sais plus ou j’ai entendu cela "syndicat du peuple " mais c’est celui ci qui faut instaurer .
la lutte des classes n’est pas morte bien au contraire elle renait de ses cendres .
la patrie ou la mort, nous vaincrons , la patrie c’est le peuple .