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La gauche de transformation sociale n’a pas le droit d’échouer !
Publie le mardi 19 décembre 2006 par Open-Publishing3 commentaires
La gauche de transformation sociale n’a pas le droit d’échouer !
Nous n’étions pas né-e-s en 1968. Nous étions adolescent-e-s ou à peine majeur-e-s lorsque le Mur de Berlin est tombé. En revanche, quelque chose s’est passé pour nous au moment des grandes grèves de novembre-décembre 1995. Nous nous sommes depuis battu-e-s pour un autre monde, à travers les mobilisations en faveur des sans-papiers, pour défendre les services publics (notamment d’éducation), contre la guerre en Irak et ailleurs, contre le péril Le Pen en général et aux élections présidentielles de 2002 en particulier, contre la casse de la Sécurité sociale (retraites comprises), contre la loi sur l’égalité des chances et le CPE, pour les droits des femmes et contre toutes les oppressions, contre les racismes et contre toutes les discriminations, pour la préservation de l’environnement, pour l’avenir de la planète en général. Nous sommes des enfants et aussi des actrices et acteurs du mouvement social.
Nos cultures politiques diffèrent, mais nous avons été plus particulièrement sensibles à cette nouvelle donnée à la gauche de la gauche : l’altermondialisme, cette conscience des équilibres et déséquilibres planétaires, qui revivifie un internationalisme toujours d’actualité. Et plus encore que les générations précédentes, nous sommes exposé-e-s à la précarité économique et sociale provoquée par un néo-libéralisme prédateur à l’échelle du globe. Or s’engager sur le terrain des mobilisations est évidemment un impératif nécessaire, mais il n’est pas suffisant. Le mouvement social doit maintenant se trouver au plus vite une traduction politique pour changer la donne. Et nous ne nous contenterons pas du résultat des urnes et de participer aux institutions pour imposer nos exigences : il faudra continuer à battre le pavé.
Tout arrive : avec le "non" de gauche au projet de Traité Constitutionnel Européen lors du référendum en 2005, nous trouvons un espace politique commun. Nous y tenons comme à la prunelle de nos yeux, et il nous importe de le préserver dans toute sa diversité, de la LCR d’Olivier Besancenot aux socialistes du "non" de PRS que préside Jean-Luc Mélenchon. Cet espace est la première étape vers la concrétisation d’une alternative qui ne soit pas une simple alternance, alors que le bipartisme teinté de pipeaulisation qui guette la vie politique française met en péril la perspective de vivre un jour dans un monde meilleur.
Il nous semble donc crucial que la gauche de transformation sociale (terme que nous préférons à celui de gauche anti-libérale, en accord en cela avec un aîné qui nous est cher, Yves Salesse) arrive à se donner une visibilité significative au moment des élections qui nous attendent en 2007. Et particulièrement à la présidentielle, la première chronologiquement parlant, et la plus dangereuse pour la gauche en question, car lourde de périls en matière de personnalisation, d’hystérie médiatique, d’occultation des vrais enjeux de société. Nous le regrettons amèrement, mais de cette élection dépend pour une bonne part le succès de notre entreprise de « remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers », pour reprendre les termes de la fondation Copernic.
Aujourd’hui se met en place une caricature de débat pour les scrutins à venir. D’un côté, Ségolène Royal incarne le social-libéralisme le plus velléitaire dans sa volonté de réformer – et uniquement à la marge – le système économique et politique dans lequel nous vivons. Elle s’en accommode. Elle le gère. Derrière son cache-misère du "renouveau", chacun-e voit bien que c’est le très vieux qui sous-tend son discours et ses actes : la soumission à l’ordre établi. De l’autre, Nicolas Sarkozy nous insulte quotidiennement et nous prépare la rupture du pire : toujours moins de droits sociaux, toujours plus de dérégulation, d’autoritarisme… la loi de la jungle ! Il se fait fort de mener campagne sur les mêmes thèmes, propices à la démagogie, qui ont empoisonné la présidentielle de 2002 : l’insécurité et l’immigration, comme si le lien entre les deux allait de soi. Et que dire d’un Le Pen qui n’a jamais été si haut dans les sondages avant même que les électeurs et les électrices se prononcent ? Rien de bon ne sortira de cette mascarade annoncée, et nous avons le devoir de nous faire entendre au sein de cette cacophonie d’intérêts particuliers qui se soucient peu de l’intérêt du plus grand nombre.
Nous voici donc au pied du mur. Ou la gauche de transformation sociale part unie à la présidentielle, et se donne alors une chance de peser, ou elle se divise, et se condamne à faire de la figuration.
Pour commencer, celles et ceux qui étaient sur la photo du 29 mai doivent revenir : les militant-e-s de la LCR et de PRS sont attendu-e-s avec une certaine impatience devant l’objectif ! Et ensuite, il nous faut un nom, rien qu’un nom. La réunion des 9-10 décembre à Saint-Ouen de nos collectifs pour des candidatures unitaires n’a pas permis de dégager de consensus sur celui à mettre sur le bulletin de vote pour nous représenter, un choix majoritaire n’étant pas synonyme d’acceptabilité par tou-te-s. Conscient-e-s des affrontements passés et toujours à fleur de peau entre les diverses sensibilités politiques de notre rassemblement, même si nous ne les avons pas vécus directement, nous savons qu’il n’est pas possible qu’un camp, quel qu’il soit, impose son ou sa candidat-e à l’autre, sous peine d’éclatement dudit rassemblement, d’isolement du vainqueur, et de désespérance des vaincu-e-s. Nous refusons même l’idée, malgré nos différences, qu’il puisse exister en notre sein un ou deux camps voire plus. Nous faisons le pari qu’il n’en sera pas ainsi, car chacun-e est conscient-e que notre responsabilité à tou-te-s est immense, et que l’opportunité, après la victoire du 29 mai, est trop belle et ne se représentera pas de sitôt.
Les querelles d’hier dans notre courant ne doivent donc pas être niées (d’où la nécessité du double consensus, contre les logiques majoritaires), mais, comme d’éventuels désirs de revanche, elles ne doivent pas non plus enterrer les espoirs d’aujourd’hui. Surtout quand nos aîné-e-s dans le mouvement anti-libéral ont à ce point contribué à nous redonner de l’oxygène dans un monde aussi étouffant. Comment pourrons-nous, tou-te-s ensemble, justifier un tel échec, si nous achoppons sur le ou la candidat-e, alors que nous nous sommes mis d’accord sur le plus décisif, une stratégie et un programme ?
Au moment où ces ligne sont écrites, la responsabilité repose pour une immense part sur le PCF. L’heure est au choix. Saura-t-il honorer ses engagements et trouver la force de relever le défi audacieux auquel nous sommes confronté-e-s dans cette période de « déjà plus mais pas encore » ? Sera-t-il encore partie prenante d’une aventure qu’il a lui-même très largement contribué à initier ? Nous ne comprenons pas que le PCF craigne ou hésite à s’engager complètement dans un mouvement qu’il a construit et appelé de tous ses vœux.
Camarades du PCF, nous savons pertinemment que sans votre composante et Marie-George Buffet, notre rassemblement sera gravement fragilisé. Nos attentes sont entre vos mains. À l’heure où l’on vous demande de confirmer ou d’infirmer la présentation de Marie-George à l’investiture de nos collectifs, nous voulons croire que la raison saura l’emporter.
Clément AUMEUNIER (CCAG), Louis BERTRAND (Les Alternatifs), Emmanuel CHANIAL (LCR), François COCQ (MARS), France COUMIAN, Gilles GAUCHÉ CAZALIS (PCF)





Messages
1. La gauche de transformation sociale n’a pas le droit d’échouer !, 19 décembre 2006, 16:28
OHE Amis et Camarades,
Vous ne voyez donc pas que vous etes un peu lourds avec vos appels en cascade en direction des communistes.
Vous ne voyez donc pas qu’il va vous revenir tel un boomerang votre double consensus-véto.
Vous ne voyez donc pas que votre interventionnisme ressemble comme un frère jumeau à celui pratiqué lors du TCE et que les memes causes sont entrain de produire les memes effets ???
Unitairement
j-c coualan
1. La gauche de transformation sociale n’a pas le droit d’échouer !, 19 décembre 2006, 18:16
C’est quoi le problème ?
Tu as peur qu’a force de faire paraitre des tribunes appelant les communistes à préserver le cadre unitaire, ils finissent par nous entendre ?
Mais c’est le but, et par ailleurs, demander qu’on arréte de sortir ce genre de tribune montre bien que toi tu ne fait pas confiance à l’esprit critique et à la lucidité de tes camarades lorsqu’ils seront appelés à voter sur l’avenir du rassemblement.
Ces "pressions externes et internes" servent à donner tout les éléments du débat aux camarades communistes et à faire contrepoids (modeste en terme d’impact sur le public visé) à la pression interne et aux habitudes de vote pour la direction, qui peuvent amener des milliers de militants communistes à briser le rassemblement en toute bonne foi et sans volontée de nuire.
Mais après, c’est vous décidez camarades...
CHEWIE
2. La gauche de transformation sociale n’a pas le droit d’échouer !, 19 décembre 2006, 20:52
jc ne sois pas gêné par tous ces appels à la reflexion,nous ne sommes pas anti-communistes ;nous avons avec nous beaucoup de communistes,nous ne voulons pas que le pc f quitte le navire.
nous vous lançons un dernier appel ,nous n’avons que nos forces pour crier,aucun appareil derrière nous ,mais les citoyens peuvent nous suivre si nous constituons un rassemblement pour une gauche de transformation sociale et surement pas avec un score de 2,3%.
ne faites pas une nouvelle CONNERIE pour des motivations électoralistes de boutique
vous pouvez sauver le PCF .
nous vous crions UNITE et FRATERNITE !
jc de bourgogne