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La grogne monte en Espagne contre les mesures d’austérité

dimanche 7 octobre 2012 , par Clare Kane - Contacter l'auteur - 10 coms

Des milliers de personnes ont défilé dimanche en Espagne pour protester contre les sévères mesures d’austérité annoncées par le gouvernement.

Ces manifestations, qui se sont déroulées dans une dizaine de villes, s’inscrivent dans un mouvement de protestation grandissant qui ne montre aucun signe d’essoufflement et pourrait mener à une grève générale courant novembre.

Quelque 60.000 Madrilènes ont répondu à l’appel des syndicats, certains vêtus de t-shirts portant l’inscription : "Avant, j’avais des droits du travail et des droits sociaux".

"Comment peut-il y avoir la paix sans pain ?" ou encore "Leur pillage, ma crise", pouvait-on également lire sur des pancartes.

Pour Carmen Lopez, employée dans un grande magasin, "c’est une honte (...) Retraites, salaires, santé publique et éducation : ils prennent tout".

"Ils suppriment l’aide aux personnes sans emploi, juste au moment où elles en ont le plus besoin", déclare de son côté Francisca Valverde, une enseignante.

L’éducation est particulièrement touchée, témoigne Agustin Moreno, professeur dans la banlieue madrilène. "Ils ont vraiment coupé dans le budget de l’éducation, raconte-t-il. Il y a moins de ressources, moins d’enseignants et plus d’élèves."

Des centaines de milliers d’Espagnols sont régulièrement descendus dans la rue ces derniers mois pour protester contre la politique du gouvernement de droite, qui tente par ailleurs de rassurer les investisseurs sur la stabilité du pays alors que des élections régionales approchent.

SOUS PRESSION

Les syndicats menacent d’appeler à une grève générale si le gouvernement n’organise pas de référendum sur les mesures d’austérité.

"La balle est dans le camp du gouvernement, concernant la question d’une grève générale. S’il s’apprêtait à organiser un référendum, les choses seraient complètement différentes", a déclaré Ignacio Fernando Toxo, dirigeant du premier syndicat espagnol.

Ce syndicat, les Commissions ouvrières, avait indiqué à Reuters la semaine passée qu’un appel à la grève pourrait être lancé pour le 4 novembre.

Le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a dévoilé fin septembre un budget prévoyant 13 milliards d’euros de nouvelles économies.

Des élections régionales se tiendront par ailleurs prochainement en Galice, au Pays basque espagnol et en Catalogne. Dans cette dernière, la voix des indépendantistes se fait de plus en plus entendre.

Selon un sondage dont les résultats ont été publiés dimanche par le quotidien "El Pais", 77% des Espagnols soutiennent les manifestants. Neuf personnes interrogées sur dix s’attendent par ailleurs à un durcissement du mouvement.

Madrid, qui n’a pas demandé de plan d’aide européen, pourrait cependant avoir à s’y résoudre afin de prévenir une envolée de ses taux d’emprunts sur les marchés des capitaux.

Agathe Machecourt pour le service français

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/la-grogne-monte-en-espagne-contre-les-mesures-d-austerite-07-10-2012-1514339_240.php

Mots clés : Economie-budget / Europe / Mouvement /

Messages

  • C’est très intéressant comme les différent agences de "presse" bourgeoise présente l’information... Reuters parle de 60.000 personnes a Madrid que déjà c’est loin de la réalité parce que on parle de au mois 100.000 personnes... et la AFP se "limite a "quelques milliers".....

    Espagne : quelques milliers de manifestants à Madrid contre l’austérité

    MADRID (AFP) - Quelques milliers de manifestants ont défilé dimanche à Madrid, à l’appel des syndicats espagnols qui organisaient une nouvelle journée contre la politique de rigueur menée par le gouvernement de droite, au moment où le pays cherche à éviter un sauvetage de son économie.

    "Plus de chômage, plus de coupes, moins de protection. Ils veulent ruiner le pays, il faut l’empêcher", proclamait une grande banderole en tête du cortège, mené par les leaders syndicaux qu’avaient rejoint des représentants des partis de gauche, dont le parti socialiste.

    Dans la foule, parmi les drapeaux rouges et blancs des syndicats, émergeaient les petites pancartes avec le mot "NO" illustré d’une paire de ciseaux, symbole des coupes budgétaires qui étranglent une large partie de la population pendant que le chômage ne cesse de grimper, à 24,63% des actifs.

    "Cela va très mal, les choses vont très mal aujourd’hui en Espagne : beaucoup de coupes budgétaires, beaucoup de pauvreté, beaucoup de misère. A cause du gouvernement et de la crise", lance Fabiola Guerra, une manifestante de 51 ans qui travaille dans l’hotellerie.

    Dans le cortège aussi, des jeunes avec une pancarte "J’ai un emploi poubelle" : ils sont parmi les premières victimes de la crise, avec un chômage à plus de 53% chez les moins de 25 ans.

    "La situation des jeunes en Espagne est terrible, pour une seule raison : ici il n’y a aucun avenir pour nous, nous sommes obligés d’émigrer, de quitter l’Espagne pour trouver du travail", explique Alex Martin, 27 ans, reponsable de la jeunesse du syndicat UGT.

    Les grands syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient appelé ce dimanche à des manifestations dans 57 villes, comme ils le font régulièrement depuis l’hiver dernier, mobilisant à des degrés divers selon les dates.

    Ils envisagent à présent une journée de grève générale pour le 14 novembre, qui pourrait coïncider avec une action semblable au Portugal.

    Le gouvernement de Mariano Rajoy, pressé par ses partenaires européens de réduire le déficit public du pays à 6,3% du PIB cette année, 4,5% en 2013 puis 2,8% en 2014, est lui engagé dans une politique d’une rigueur draconienne, avec 150 milliards d’euros d’économies au total prévus sur trois ans.

    Parmi les dernières mesures annoncées, certaines touchent de plein fouet l’ensemble de la population, comme la hausse de la TVA depuis le 1er septembre.

    Mais alors que le pays est retombé en récession, avec un recul du PIB de 1,5% prévu en 2012, ces économies pourraient ne pas suffire à redresser les comptes : la dette publique gonfle et devrait atteindre 85,3% du PIB à la fin de cette année, le déficit pourrait déraper jusqu’à 7,4% du PIB.

    Dans ce contexte, le gouvernement cherche à éviter un plan de sauvetage global pour son économie, aux lourdes répercussions sociales et politiques, profitant depuis quelques semaines d’une accalmie sur les marchés qui permettent au pays de se financer à des taux acceptables.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121007.AFP1319/espagne-quelques-milliers-de-manifestants-a-madrid-contre-l-austerite.html

    • Les médias de la bourgeoisie sont en pleine manipulation sur tous les terrains.

      Des centaines de milliers de manifestants à Djakarta (d’après la police...) dans le cadre d’une grève générale dans les grandes zones industrielles du pays, derrière les métallos, contre les contrats précaires demandés par les grands trusts mondiaux ?

      Non, ce qui est important c’est que quelques jours plus tôt il y ait eu 1500 à 2000 manifestants protestant contre les provocations islamophobes...

      Depuis maintenant plus d’un an il y a des centaines de batailles sociales simultanées en Chine, pas un mot, le maximum c’est de parler une fois de temps en temps d’une grève ou deux emblématiques de Foxconn (c’est déjà ça...) il s’agit de ne pas écorner l’image d’une classe ouvrière qui serait soumise, c’est cet imaginaire qu’on souhaite développer pour faire taire ici.

      Le gouvernement portugais a reculé (sur une partie seulement de ces dernières attaques) face à d’énormes manifs (d’indignés) dans ce petit pays ? Pas un mot, ou alors la même désinformation, au maximum.

      Ils remettent ça par le biais de la CGTP (soutenue ce coup ci par les indignés portugais), quelques milliers d’après les médias anti-démocratiques.

      Tout est à cette image en ce moment dans les grands médias. Il s’agit de passer à l’arrière plan toutes les résistances, de les minorer, etc.

      Par contre on relance à pleins volumes les manipulions de type sarkozistes consistant à mettre en valeur des faits divers mineurs en les accolant à des sujets sur le terrorisme et l’islamisme.

      Il s’agit de créer un trouble et parler d’autre chose que des menaces de la bourgeoisie contre 99% de la population.

      Une bataille idéologique et de propagande se mène là par la bourgeoisie et ses médias de connivence.

    • Par contre on relance à pleins volumes les manipulions de type sarkozistes consistant à mettre en valeur des faits divers mineurs en les accolant à des sujets sur le terrorisme et l’islamisme.

      sans être complotiste, on peut quand même se demander si ces derniers jours.....hollande ne "valls pas" sur un remake de Marseillaise de"crise"

      genre : les méchants intégristes barbus avec explosifs

      "ils viennent jusque dans nos bras
      faire sauter nos villes et nos campagnes !
      alarme, citoyens
      serrons nos trous du cul

      etc etc

      Quon ne me fasse pas dire que je nie l’existence de danger permanent.

      j’ose dire que ça me rappelle ces Irlandais de Vincennes, TARNAC....

      Mais c’est juste pour que COPAS voit que même con va laissant, je suis ses commentaires en "live".....

      Cordialement

      A.C.

    • sans être complotiste,

      Pas la peine de t’excuser... ((- :

      On en est au stade ou avant de dire quoi que ça soit on commence par :

      "Sans être ,"complotiste", "antiaméricain", "antisémite", "homophobe"...

      ...Pour dire qu’on pense, ("Révérence gardée", comme on disait sous le "bon" roi Louis le Quatorzième), que le Coca Cola c’est pas bon pour la liberté des Peuples, la santé des gonades, la virilité, ainsi que pour les boissons locales.

      Sous peine de se retrouver à Guantanamo pour entrave à la concurrence "libre et non faussée" et à la "Loi antiboycott".

      (((- :

      G.L.

  • L’initiative de la greve generale europeenne (illimitée ?) en chemin :

    ......Les grands syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient appelé ce dimanche à des manifestations dans 57 villes, comme ils le font régulièrement depuis l’hiver dernier, mobilisant à des degrés divers selon les dates.

    Ils envisagent à présent une journée de grève générale pour le 14 novembre, qui pourrait coïncider avec une action semblable au Portugal....

    http://www.lechorepublicain.fr/france-monde/actualites/a-la-une/international/2012/10/07/espagne-quelques-milliers-de-manifestants-a-madrid-contre-l-austerite-1288649.html

    • La manifestation dite des "indignés" à Madrid a bien secoué le cocotier.

      Entre celle-ci, la montée en puissance des grèves, l’aspiration au tous ensemble, la "contestation civile" (de plus en plus de fenêtres sont couvertes de draps avec les ciseaux, les coupes sociales...)...

      Cela pourrait (enfin) finir par la gréve générale...

      Les directions syndicales majoritaires ont une dernière branche :

      "Les syndicats menacent d’appeler à une grève générale si le gouvernement n’organise pas de référendum sur les mesures d’austérité.

      "La balle est dans le camp du gouvernement, concernant la question d’une grève générale. S’il s’apprêtait à organiser un référendum, les choses seraient complètement différentes", a déclaré Ignacio Fernando Toxo, dirigeant du premier syndicat espagnol."

      le référendum contre la gréve générale...

      Ca ne vous rappelle rien ?

    • " les grands syndicats espagnols ..." ont collaborabé avec le gouvernement socialiste de ZAPATERO qui a inicié la politique d ’austérité : 150 milliards d ’euros de réduction budgétaire pendant les trois dernières années ( contre " "seulement " 50 millards par le gouvernement SARKOZY ) ..." Les grands syndicats espagnols " ont signé un accord de modération salarial avec le nouveau pouvoir de droite dirigé par RAJOY ... "les grands syndicats espagnols ..." sont pro-européen et leurs dirigeants s ’en remettent à l europe , à la BCE pour solutionner la crise ..."les grands syndicats espagnols "ont été contraints de mener des actions parceque les indignés se sont de nouveau mobilisés avec selon les sondages l’ apui de 70 % des espagnols et parce que des nouvelles formes d ’action plus radicales sont apparues , alors "les grands syndicats espagnols " jouent un rôle de canalisateurs, ils ont peur que les luttes leur échappent , alors il convoquent des grèves partielles et menacent de recourir à la grève générale , qui même si elle survient ; se terminera comme les autres ( et comme notre bataille contre la réforme des retraites ) par un enterrement de première classe .

      Tout comme en FRANCE , il n’ y a plus d’organisation de classe en ESPAGNE , ce qui limite les luttes à des actions symboliques ou à l’indignation , on est encore très loin de la révolte organisée , il faut donc juger à sa juste valeur , sans la mésestimer ni la surestimer , la grogne qui monte , mais pour l’instant les sentiments les plus partagés par les espagnols , sont le désenchantement et l’hostilité à l’ égard de tous les partis politiques .( le mot d’ordre des indignés qui ont fait le siège du parlement était " que se vayan todos" : qu ils s en aillent TOUS " .

      Toutefois l’idée que la solution à la crise passe par des changements profonds chemine lentement : 75 % des espagnols sont contre la politique d’austérité du gouvernement , les sondages indiquent que le PP gagnant des dernières élections , chute de 14 points , que le PSOE continuent de descendre , tandis que les petits partis qui expriment le plus leur opposition et soutiennent les luttes sont en progression , notemment IU qui recueillerait plus de 12% soit plus du double que lors du dernier scrutin .

      Un bémol toutefois notemment en CATALOGNE , ou les dirigeants des partis indépendantistes essaient de brouiller les cartes et de récupérer le mécontentement en essayant de faire croire aux travailleurs catalans que l ’indépendance est la solution à tous leur maux , alors que ces dirigeants pratiquent la même politique d ’ austérité que RAJOY en CATAL0GNE .

      Ce qui se passe en ESPAGNE ne peut donc nous laisser indifférent, tout ce qui participe au mouvement contre le capital est positif mais restons lucide et analysons ce qui "bloque" encore pour que la grogne se transforme en révolte victorieuse en ESPAGNE et partout en europe .

    • Bien d’accord avec RP. avec quelques bémols.

      Je voulais pointer le caractère de plus en plus explosif de la situation dans l’Etat Espagnol.

      Les bémols :

      1 Ce caractère explosif pourrait déboucher sur une crise sociale, politique et de régime (la multiplication des drapeaux républicains dans les cortèges est loin d’être anecdotique).

      2 Si cette crise surgit, les travailleurs et la majorité de la population ne rentreront pas en scène avec des syndicats de classe, des organes d’auto organisation construit et un ou des partis révolutionnaires "de masse".
      Reconnaissons qu’il serait plus facile de construire ceux-ci à chaud.

      3 La gauche syndicale est faible, certes. Mais pas inexistante. Des secteurs d’opposition existent et se renforce aussi bien dans les CC OO qu’à l’UGT. Sans compter, malgré ses faiblesses organisationnelles et politiques, la CGT et les variantes nationales (la grève générale en Euskadi sans les CCOO et UGT n’a pas été un ras de marée, mais loin d’être ridicule).

      4 A defaut d’un référendum, les directions syndicales majoritaires pourraient appeler à "une journée de gréve générale".
      Avec la perspective de clore celle-ci dés 22h. (heure de la fin "légale" des manifestations à Madrid...)
      Pourquoi ne l’ont-elles pas encore fait ?
      Par crainte du "débordement". Une chose est de décréter 24h point barre autre chose de l’obtenir...
      D’autant plus dans une situation où une partie du mouvement social échappe aux directions (les indignés pour aller vite et ce malgré leur confusion idéologique) et avec 25% de chômeurs (ce qui, malheureusement au sens où ils sont au chômage, constitue une énorme masse sociale populaire de résistance pour une auto organisation territoriale.

      5 Le régime et ses secteurs les plus durs pourraient être tenté par la répression accrue. A preuve les secteurs de l’armée menaçant des chars à Barcelone en cas de processus d’auto détermination.
      Arme à double tranchant car, dans la situation actuelle, une "bavure sévère" des forces répressives (et les forces répressives issues du franquisme savent faire en matière de sauvagerie anti-populaire) ne pourrait qu’accélérer la crise sociale.

      A suivre. Et surtout, de ce côté de la frontière, à nous d’entrer en mouvement...

      Paco NPA

  • Et si on faisait l’Europe et pourquoi pas le monde ensemble dans la rue.

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