Accueil > La lutte des salariés de Reynolds contre la délocalisation
La lutte des salariés de Reynolds contre la délocalisation
Publie le mardi 12 septembre 2006 par Open-Publishing– Les 256 salariés de l’usine Reynolds ne veulent pas entendre parler de fermeture. Et ils l’ont bien fait savoir hier après-midi lors d’une manifestation devant l’usine.
Les 256 salariés de l’usine Reynolds ne veulent pas entendre parler de fermeture. Et ils l’ont bien fait savoir hier après-midi lors d’une manifestation devant l’usine. Une manifestation à laquelle de nombreux élus de toutes tendances ont participé. « Il ne faut pas nous enterrer trop vite. L’usine n’est pas encore fermée et on n’a pas reçu nos lettres de licenciement », expliquait l’un d’eux. Il ne s’agit pas de méthode Coué ou d’optimisme béat. « Si on tient le site encore quelques semaines, le groupe ne pourra pas faire autrement que de continuer ici. Nous avons le seul outil de production. »
– Des élus mobilisés
Sur une estrade improvisée, plusieurs élus se sont succédé pour apporter leur soutien aux employés et à leur famille. « Tout le monde est sensible à ce qui se passe et nous sommes ici pour vous exprimer notre solidarité, simplement, humainement et sincèrement », a déclaré Michel Grégoire (PS), président de l’association des maires. Plusieurs autres pointures de la politique valentinoise, départementale ou régionale étaient présentes (lire par ailleurs). Mais le discours le plus attendu et le plus acclamé était celui d’Olivier Besancenot. Le facteur de la LCR a harangué la foule avec un discours réaliste, mais militant.
– Les harangues de Besancenot
« Nous ne sommes pas venus vous apporter la bonne parole. Nous venons vous soutenir et saluer votre initiative. La fierté des salariés... L’orgueil de ce savoir-faire... C’est ça l’image qu’il faut donner à votre mouvement. Je ne viens pas vous dire que la bataille sera facile. Quand on s’attaque à des multinationales, ça n’est jamais gagné d’avance, mais il y a des batailles contre les licenciements qui ont été gagnées. Certains ont réussi à les faire plier. Même les pouvoirs publics les ont lâchés », clamait-il. « Ce n’est pas gagné d’avance, mais c’est possible. La clé du succès, sera l’unité. Il faut lever le scandale. Il faut dire que si on arrive à des situations comme les vôtres c’est à cause de voraces de la finance qui en plus bénéficient systématiquement d’aides publiques. Ces aides, nos hommes politiques devraient être capables d’aller les reprendre quand les sociétés décident de délocaliser. »
– Des employés qui reprennent espoir
Un discours largement acclamé par les salariés qui reprenaient ainsi un peu d’espoir. Ou au minimum qui se résignaient à lutter pour la sauvegarde de leurs emplois. Pour la sauvegarde d’une entreprise à laquelle ils ont donné de nombreuses années et qui a les moyens d’exister. À condition que ces moyens, la direction veuille bien les lui donner. Hier après-midi, poussés par le "facteur" de la Ligue communiste révolutionnaire, les Reynolds ont repris un peu la foi en leur combat.
Dauphiné Libéré du 12 septembre 2006




