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Le CPE : un outil pour nous soumettre.

Publie le jeudi 16 mars 2006 par Open-Publishing
3 commentaires

En affirmant aux étudiants que les jeunes diplômés ne seraient pas concernés par le CPE, le gouvernement voudrait nous faire croire que les diplômes pourraient encore, de nos jours, protéger les salariés de la précarité. Précarité qui de ce fait serait réservés aux pauvres non diplômés.

C’est à se demander sur quelle planète ils vivent ! Dans les entreprises privées où les cadres sont majoritaires, où il n’y a pas de tradition syndicale, les patrons n’hésitent pas à se débarrasser des salariés (diplômés ou pas) qui pourraient les gêner en créant un syndicat CGT par exemple, en refusant une mission à l’autre bout de la France, en demandant le paiement des heures sup., où même en étant ami avec un personne indésirable...
Pour ce faire, les patrons n’hésitent pas à transgresser les lois. Les licenciés vont ensuite aux prud’hommes où ils parviennent, avec le temps, en général, à faire valoir leurs droits. Pour les plus pressés, il y a aussi les licenciements négociés. Mais cette formule se retourne en général contre le salarié qui, mis sous pression par sa direction, se retrouve trop souvent obligé à signer des accord défavorables.

La monde de l’entreprise moderne c’est le monde de l’omerta, du chacun pour soi. C’est un monde où la moindre idée contestataire apparaît révolutionnaire. C’est un monde où les jaunes sont légions, ou le courage est une valeur en voie de disparition.
Un monde où le CPE permettra au patrons de faire le ménage encore plus facilement entre les bons salariés et les mauvais salariés, entre ceux qui jouent le jeux et ceux qui contestent.
Le CPE nous concernent tous car ce n’est que la première étape de la destruction du CDI. L’idée c’est bien de faire de nous tous des intermittents du travail. L’idée c’est bien en nous imposant des statuts précaires de laminer encore plus violemment la contestation afin de nous mettre, corps et âmes, au services du Profit.

Francesca

Messages

  • Il va de soi que je partage complètement ton point de vue.
    Maintenant c’est même plus qu’une question de clivage gauche-droite sur la question.
    Se pose la question de la nature du régime dans lequel on vit.
    Ma réponse est que ce n’est plus une démocratie, si tant est que cela l’a été un jour.
    La constitution même est bafouée régulièrement ; voilà des écrits qui ne sont là que pour faire bonne figure, exposant crûment par ce violent décalage entre le dit et le fait la violation par le politique des règles qui encadrent constitutionnellement son action.
    Aujourd’hui, en France, la démocratie n’est qu’une dictature économique, sociale et politique qui y met certaines formes, de moins en moins pourtant.

    Pour mémoire voici les points du préambule de 1946 inscrits dans la constitution de la Vème, points qui appartiennent au "bloc de constitutionnalité" qui prévaut pour juger de la validité de tout texte législatif de rang inférieur :

    5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi.[...]

    6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.
    [...]
    8. Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.

    9. Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

    10. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

    11. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

    12. La Nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.

    13. La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat.
    [...]

    Edifiant, non ? Bref, les solutions libérales et social-libérales sont, de mon point de vue, inconstitutionnelles au regard même de cette triste constitution qu’est la Vème.

    La rupture avec le capitalisme et avec le régime qui est son larbin zélé est plus que jamais d’actualité.

    Jean-Michel
    PCF Paris 20eme