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Le royaume d’Espagne saigne sa population pour sauver ses banques privées

jeudi 30 août 2012 , par Jérome Duval - Contacter l'auteur - 1 com

Bankia, un cas emblématique de la crise bancaire espagnole

Le sauvetage de BFA-Bankia, via la nationalisation de ses pertes et actifs toxiques, suivie d’une demande d’aide publique historique de 19 milliards d’euros (23,5 milliards en tout avec les aides déjà reçues), a précipité l’Espagne dans une hystérie politique rythmée par un pouls sous l’hypertension financière des échéances fixées par les créanciers. L’annonce le 9 juin 2012 par le gouvernement Rajoy – qui s’y était pourtant refusé – d’un plan de sauvetage pouvant atteindre 100 milliards d’euros (environ 10% du PIB) destiné à assainir l’ensemble du secteur financier espagnol met les marchés et les institutions financières internationales sous tension. Les réunions de l’euro groupe, du G20 ou les visioconférences se succèdent depuis Rome, Washington, Paris ou Bruxelles sans pour autant calmer la fureur des spéculateurs qui se déchaînent sur le marché de la dette. Pendant ce temps, la population pâtit de nouvelles mesures antisociales la plongeant dans une précarité d’une sévérité toujours plus extrême.

Bankia se crée sur la montagne d’actifs immobiliers des caisses d’épargne

Au cœur de cette crise, BFA-Bankia, quatrième banque du pays en termes de capitalisation boursière avec ses plus de 10 millions de clients et ses quelque 380 000 actionnaires. Elle représente 10% du système financier espagnol. Sans doute la plus exposée aux crédits immobiliers à risque, elle est considérée comme une banque ’systémique’ : sa faillite serait susceptible d’entraîner l’ensemble du secteur bancaire à sa perte et, au-delà, l’économie tout entière du pays. Bankia, ou plus exactement BFA-Bankia, né fin 2010, est le fruit d’un savant mélange qui permet d’isoler les actifs immobiliers problématiques des sept caisses d’épargne regroupées au sein de la maison mère BFA (Banco Financiero y de Ahorros). Celle-ci, aidée par l’Etat, opère comme la « bad bank » de Bankia. L’Etat se porte garant de la montagne d’actifs immobiliers douteux au sein de BFA pendant que sa filiale Bankia, débarrassée de ces actifs encombrants, tente d’attirer le capital des petits investisseurs par sa sortie en bourse. L’objectif est clair : transférer les risques, issus de la bulle immobilière, du secteur privé au public. Les contribuables, clients lésés et petits actionnaires fortement incités à le devenir par les recommandations irresponsables de la banque, seront directement touchés ; mais plus largement, la population espagnole dans son ensemble subira une nouvelle fois le fardeau d’une dette privée devenue publique. Il s’agit à nouveau d’une belle opportunité laissée aux banquiers, pourtant responsables d’investissements à haut risque débouchant sur des pertes astronomiques, de sauver leurs mises indécentes. Les gouvernements successifs de Zapatero (PSOE, gauche libérale) puis Rajoy (PP, droite libérale créée par le franquiste Manuel Fraga) choisissent de leur porter secours en les débarrassant du risque insoutenable découlant de la bulle immobilière et en injectant de l’argent ponctionné directement sur le budget de l’Etat, au détriment des secteurs vitaux tels la protection sociale, l’éducation, la santé ou encore la lutte contre les incendies. Puisque l’Etat s’endette pour assainir la banque, les coupes budgétaires qui affectent l’Etat providence sont décrétées incontournables pour combler le déficit occasionné. Voilà le piège de la dette que nous voulons dénoncer.

BFA-Bankia, par ailleurs, critiqué pour avoir d’anciens membres actifs du Parti Populaire dans ses organes de direction |1|, notamment depuis l’ancienne Caja Madrid maintenant engloutie dans BFA, représente un cas d’école qui mêle politiciens et banquiers au service de la finance.

BFA, la bad bank de Bankia

Dans la foulée de l’éclatement de la bulle immobilière, la restructuration du secteur bancaire a fait passer le nombre de caisses d’épargne de 45 à une quinzaine début 2011. En conséquence, outre des fermetures de succursales et des licenciements, le capital s’est concentré entre les mains d’énormes entités se voulant « too big to fail » (« trop grandes pour tomber »). Seules deux petites caisses échappent à la fusion : Caixa Ontinyent et Caixa Pollença.

BFA (Banco Financiero y de Ahorros) naît le 3 décembre 2010 et commence à opérer en janvier 2011. Cette nouvelle entité est le fruit de la fusion de sept caisses d’épargne régionales minées par une bulle immobilière qui n’en finit pas de dévoiler la profondeur de la crise : il s’agit de Caja Madrid et Bancaja qui détiennent la majorité de l’actionnariat (pour 52,06% et 37,70% respectivement), auxquelles se sont jointes La Caja de Canarias (2,45%), Caja de Ávila (2,33%), Caixa Laietana (2,11%), Caja Segovia (2,01%) et Caja Rioja (1,34%). Au-delà de la Banque d’Espagne et des hauts responsables de Bankia, le gouvernement social-libéral de Zapatero porte la responsabilité d’avoir autorisé et encouragé une telle fusion. Fin 2010, le FROB (Fondo de Reestructuración Ordenaria Bancaria) |2|, le Fonds public espagnol d’aide au secteur, octroie un prêt de 4,4 milliards d’euros (4 465 millions) à BFA, la maison mère de Bankia, et ouvre ainsi la voie à la nationalisation de la banque. Cette opération avait pour objectif d’assainir les comptes des caisses d’épargne regroupées au sein de la nouvelle entité. Cela se révélera insuffisant.

Signalons par ailleurs que BFA détient des participations dans Concesiones Aeroportuarias (7,86%), Deoleo (9,63%), Desarrollos de Palma (10,38%), Ejido Desarrollos Urbanos (7,34%) Grupo Inmobiliario Ferrocarril (10,17%), Haciendas Marqués de la Concordia (8,47%), IAG (12%) Mercavalor, Sociedad de Valores y Bolsa (10,48%), NH Hoteles (9,22%), Numzaan (7,41%), Mapfre (15%) et Iberdrola (5,27%). |3|

L’exposition des créanciers, principalement dans le secteur bancaire espagnol, accumulaient fin 2011, selon les dires de la Banque d’Espagne, entre 176 et 184 milliards d’euros d’actifs immobiliers problématiques. BFA, qui, à en juger par ses propres comptes, est la plus exposée au secteur immobilier, à hauteur de 37,5 milliards d’euros fin 2011, dont plus de 31 milliards (31 798 millions d’euros) d’actifs immobiliers problématiques (crédits risquant de ne pas être remboursés), clôture sa première année d’exercice avec les plus grosses pertes de l’histoire de la banque espagnole. Après avoir déclaré dégager des bénéfices de 309 millions d’euros en 2011 sous la gestion Rodrigo Rato, BFA a annoncé un solde négatif de 439 millions, avant de finalement reconnaître, une fois l’ex dirigeant du FMI parti, avoir cumulé 3,3 milliards d’euros de pertes en 2011 (3 318 millions). Si l’on ajoute les pertes occasionnées par la dépréciation du titre en bourse, cette somme dépasserait les 7 milliards d’euros (7 263 millions). |4| Le choc est d’autant plus important que Zapatero et la Banque d’Espagne avaient vivement incité de nombreuses entreprises de l’Ibex 35 à acheter ses actions pour près de 3 milliards d’investissement. |5|

Cette gestion désastreuse de la banque n’empêcha pas son président directeur, Rodrigo Rato, d’empocher 2,34 millions d’euros de salaire fixe, ni à Francisco Verdú, son conseiller délégué, d’être rémunéré 1,57 millions en 2011 |6| (arrivé en cours d’année, il ne percevra pas la totalité de sa rétribution annuelle de 2,26 millions). Jose Luis Olivas, vice-président de Bankia avant de démissionner, et toujours président de Bancaja, a perçu 1,62 millions d’euros en 2011. Enfin, José Manuel Fernández Noriella, qui a remplacé Olivas, a quant à lui touché 725 000 euros cette même année 2011. Ce ne sont là que les rémunérations fixes, qui ne tiennent donc pas compte d’éventuelles rémunérations variables ou de celles perçues en tant qu’administrateurs d’autres entreprises.

Des sommes colossales ont donc été distribuées avant que la banque ne demande des fonds publics pour se remettre à flot. En février 2012, une nouvelle loi |7| plafonne les salaires des cadres dirigeants d’entités ayant reçu de l’argent de l’Etat à 600 000 euros de rémunération fixe. Une mesure insuffisante et bien trop tardive si l’on considère que les membres du conseil d’administration de BFA, qui a reçu 4 465 millions d’aides publiques à travers le FROB, se sont réparti, entre janvier et novembre 2011, plus de 9 millions d’euros |8|. Il faut d’urgence privatiser les pertes en faisant payer les responsables qui en ont bien profité et non les socialiser comme le fait le gouvernement ; il est, en effet, plus que temps de replacer le secteur bancaire sous contrôle public sans pour autant que l’Etat ne prenne en charge le coût de l’opération. Ce sont les grands actionnaires qui doivent en assumer les frais et les dirigeants doivent être poursuivis en justice afin de déterminer leurs responsabilités dans la débâcle.

Rodrigo Rato s’offre un parachute doré avant le krach de Bankia

Bankia sort en bourse le 20 juillet 2011. L’ex-ministre de l’économie et vice-président économique de José María Aznar lorsqu’il œuvrait au gonflement de la bulle immobilière, ancien directeur du FMI et président de Bankia, Rodrigo Rato, sonne alors fièrement la cloche à l’ouverture de la bourse de Madrid pour l’occasion. L’action vaut 3,75 euros et tout va pour le mieux dans le monde de la finance dérégulée qui jouit d’un nouveau produit sur lequel parier. Le 7 mai 2012, l’action s’échange à 2,37 euros (soit un plongeon de 37% en 10 mois) et, comme au FMI en 2007, Rodrigo Rato présente sa démission avant la fin de son mandat. Il sera remplacé deux jours plus tard (le 9 mai) par José Ignacio Goirigolzarri sur les conseils de Rato lui-même, qui le signale comme « la meilleure personne en ce moment pour diriger ce projet ». Arturo Fernández, vice-président de la CEOE (équivalent du MEDEF français) et conseiller de Bankia, affirmait alors que « le travail de Rodrigo Rato a été exemplaire » |9|.

Le scandale Goirigolzarri

Avant de reprendre le contrôle de Bankia, José Ignacio Goirigolzarri a, entre autres, occupé le poste de vice-président de Repsol (avril 2002- avril 2003) et Telefónica (avril 2000 - avril 2003) où il siégeait au conseil d’administration jusqu’en 2003, tout en poursuivant sa longue carrière (30 ans) au sein de la deuxième banque espagnole BBVA, où il percevait près de 4,6 millions d’euros par an (salaire fixe et rémunération variable). Il a aussi été conseiller de BBVA-Bancomer (Mexique), Citic Bank (Chine) et de CIFH (Hong Kong) durant cette période. En septembre 2009, en plein débat international sur la limitation des salaires et bonus, il quitte son poste auprès de BBVA avec une retraite anticipée de près de 3 millions d’euros bruts par an. Alors que la crise se répandait violemment en Europe, il encaissait d’un coup 68,7 millions d’euros ! |10| Malgré le scandale occasionné, rien ne change au sein de la banque : deux ans plus tard, en 2011, Francisco González, président de BBVA, et Ángel Cano, conseiller délégué, ont perçu une rémunération totale de 4,9 millions d’euros et 3,6 millions respectivement. Cette année-là, le comité de direction a reçu au total, 9,35 millions d’euros de rémunération fixe et 14,2 millions de rémunération variable. |11|

Nationalisation de la bad bank

A peine aux commandes de Bankia, Goirigolzarri propose la prise de contrôle de BFA par l’Etat. Le gouvernement répond aussitôt qu’il apportera le capital nécessaire à l’assainissement et contrôlera 100% de BFA. Cette entité détenant alors plus de 45% de participation dans Bankia, l’Etat en devient son actionnaire majoritaire et, par la même occasion, entre au capital des sociétés dont BFA est aussi actionnaire.

Ainsi, quelques jours après la démission de Rodrigo Rato, le FROB décide de transformer les 4,4 milliards d’euros injectés fin 2010 sous forme d’actions préférentielles convertibles à 5 ans (« participaciones preferentes convertibles ») en simples actions. En effet, comme nous explique Mikel Barba : « Ces actions préférentielles sont soumises à un intérêt et doivent être rachetées par [BFA] sur une période de cinq ans. Dans le cas où l’entité n’est pas en mesure de rendre l’argent apporté sur cinq ans, les actions préférentielles se transforment en actions, l’Etat devenant alors propriétaire de tout ou partie de la société. (...) Le FROB reconnaît qu’il ne récupérera pas les sommes placées dans BFA sous forme d’actions préférentielles convertibles sous cinq ans, et décide par conséquent de les convertir en capital. De créancier, il devient propriétaire de l’entreprise. » |12|

Le 25 mai, après que l’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé la dégradation de la note de Bankia et de quatre autres banques espagnoles au rang d’investissement spéculatif, la cotation des titres de Bankia est suspendue alors que son conseil d’administration tente de déterminer le montant de la nouvelle aide nécessaire. BFA-Bankia, qui avait déjà reçu 4,4 milliards d’argent public du FROB, demande finalement 19 milliards d’euros supplémentaires à l’Etat. Cela marque de fait la plus grande opération de sauvetage du secteur financier de l’histoire espagnole. La nationalisation de la banque au bord de la faillite vient ainsi s’ajouter à la longue liste de celles déjà réalisées depuis le début de la crise, tant en Espagne (Catalunya Caixa, NovaGalicia, Banco de Valencia, sans compter les autres entités ayant perçu des injections d’argent telles Caja Castilla La Mancha, Cajasur, ou la CAM) qu’ailleurs. À titre d’exemple, la franco-belgo- luxembourgeoise Dexia a été sauvée de la faillite à deux reprises et l’opération a déjà coûté 18 milliards d’euros aux contribuables |13|.

Mariano Rajoy a assuré que le sauvetage de Bankia n’aurait ’aucun impact’ sur le déficit public du pays, qu’il s’était engagé à réduire de 8,9 % à 5,3 % du PIB cette année 2012 |14|. Pourtant rien n’est moins sûr et durant les 5 premiers mois de l’année 2012 (janvier à mai), le déficit de l’Etat a déjà atteint 3,4 %, en augmentation de 30,6% par rapport à la même période de l’année antérieure.

Pendant ce temps, la chute du titre Bankia se poursuit. Le 20 juin 2012, le cours s’est effondré à près de 80 centimes d’euros, soit une perte de 80% depuis sa sortie en bourse. Même l’annonce par l’Euro groupe le 9 juin 2012 de l’injection pouvant aller jusqu’à 100 milliards d’euros - bien au-delà des 37 milliards d’euros estimés nécessaires par le FMI |15| et des 62 milliards des consultants Oliver Wyman et Roland Berger - n’a pas bénéficié à Bankia qui est la seule entité financière de l’Ibex 35 à avoir enregistré une chute de sa capitalisation boursière depuis cette date jusqu’au 30 juin. Le titre a perdu 9,80% durant cette courte période, alors que toutes les autres banques enregistraient des gains suite à l’euphorie provoquée par l’annonce du sauvetage. |16| Le 17 juillet, le titre tombait à 0,59 euros, son minimum, avant de remonter en août à l’approche d’une injection imminente de capital européen, dont Bankia serait le premier bénéficiaire. La sortie en bourse est un fiasco supporté par les petits investisseurs qui voient leurs placements réduits à néant – les plus gros, informés, ayant fuit la débâcle.

Dans un texte écrit en 2010 |17|, David Hall affirmait que la crise financière et économique est le résultat de prêts insoutenables et de la création de formes complexes de dettes par les banques. Depuis l’effondrement en septembre 2008 de Lehman Brothers, les Etats-Unis et d’autres gouvernements ont décidé, après des décennies de privatisation, de sauver les banques en les nationalisant ou en injectant du capital pour les rendre solvables. Qu’on ne s’y méprenne, l’Etat reste, en général, en dehors de la gestion, qui reste aux mains des banquiers. Il ne s’agit pas d’une faiblesse du capitalisme, mais au contraire d’une manœuvre pour le renforcer en socialisant les pertes, avant de privatiser de nouveau l’établissement dès que l’assainissement l’aura rendu viable. Le FMI décrit cela comme « un transfert de risque sans précédent du privé au secteur public ». |18|

Août 2012


Notes

|1| Voir la liste détaillée : http://www.diarioelaguijon.com/noticia/2098/DENUNCIA-CIUDADANA/Las-redes-sociales-denuncian-la-lista-de-familiares-y-miembros-del-PP-colocados-en-Bankia.html

|2| La constitution du FROB, approuvée par le Parlement le 8 juin 2009 et concrétisée par le décret royal du 26 juin de la même année (Real decreto-ley 9/2009), vise à venir en aide aux banques fragilisées par leur exposition au secteur immobilier et sinistrées depuis l’explosion de la bulle en 2008. Le Fonds public d’aide au secteur financier (FROB) contrôle aujourd’hui NovaGalicia, CatalunyaCaixa, Banco de Valencia et Bankia. Son capital de 9 milliards d’euros provenant du budget de l’Etat s’épuise fin 2011, d’où l’intérêt suscité par le « sauvetage » européen face à l’ampleur des sommes nécessaires.

|3| http://www.elmundo.es/elmundo/2012/05/09/economia/1336577121.html

|4| http://www.elconfidencial.com/economia/2012/05/28/bfa-eleva-a-7263-millones-sus-perdidas-en-2011-las-mayores-de-la-historia-de-la-banca-98908/ et Reuters, 29 mai 2012, http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE84S02120120529

|5| “Bankia y el fiasco de la política”, El País, 1er juillet 2012.

|6| El País, 7 mai 2012, http://economia.elpais.com/economia/2012/05/07/actualidad/1336412114_356055.html

|7| Real Decreto-ley 2/2012, de 3 de febrero, de saneamiento del sector financiero. Titulo IV, http://www.boe.es/boe/dias/2012/02/04/pdfs/BOE-A-2012-1674.pdf

|8| http://www.elconfidencial.com/economia/2012/02/16/bfabankia-reparte-9-millones-entre-sus-consejeros-antes-de-la-limitacion-de-salario-92727/

|9| « el trabajo de Rodrigo Rato ha sido ejemplar »

Dans « La situación de Bankia no es tan desesperada », ABC Punto Radio, 08/05/2012, http://www.abc.es/20120507/economia/abci-bankia-situacion-desesperada-201205072233.html

|10| “Goirigolzarri, el ejecutivo de la pensión millonaria en el BBVA”, El País, 7 mai 2012, http://economia.elpais.com/economia/2012/05/07/actualidad/1336396158_000163.html ; http://elpais.com/diario/2009/10/01/economia/1254348005_850215.html

|11| http://economia.elpais.com/economia/2012/02/10/actualidad/1328863666_274271.html

|12| Lire Mikel Barba, El caso Bankia o las cinco maniobras de una gran estafa, http://www.rebelion.org/noticia.php?id=149845

|13| Le CADTM Belgique et ATTAC ont introduit le 23 décembre 2011 un recours devant le Conseil d’État belge afin d’annuler l’arrêté royal du 18 octobre 2011 octroyant une garantie d’État de 54,45 milliards d’euros à certains emprunts de Dexia, soit l’équivalent de 15% du Produit Intérieur Brut (PIB) de la Belgique. Lire : http://cadtm.org/Resume-du-recours-Dexia-intente

|14| Ceci avant que Bruxelles, voyant cet objectif irréalisable, n’accorde une année de répit portant à 2014 au lieu de 2013 l’objectif d’un déficit sous les 3% du PIB. Reuters, 7 juillet 2012.

|15| « Le FMI appelle à un filet de sécurité crédible pour les banques espagnoles  », Les Echos, 9 juin 2012.

|16| “Todas las entidades financieras que cotizan en el Ibex 35, salvo Bankia, han registrado importantes ganancias en Bolsa desde que el pasado 9 de junio el Eurogrupo brindó a España hasta 100.000 millones para sanear el sector. (…) Bankia ha sido la única entidad que cotiza en el Ibex 35 que ha registrado pérdidas en este periodo, al caer un 9,80%.” Bankia, incapaz de sumarse a la euforia del rescate financiero, 30 juin 2012,http://www.intereconomia.com/noticias-negocios/claves/bankia-incapaz-sumarse-euforia-rescate-financiero-20120630

|17| David Hall, PSIRU, University of Greenwich, p.11, Why we need public spending, octobre 2010.

|18| Ibidem et FMI, Global Financial Stability Report, juillet 2009,

http://cadtm.org/Le-royaume-d-Espagne-saigne-sa

Mots clés : Commerce-Indus.-Bourse / Economie-budget / Europe /

Messages

  • Précisons que Jérome Duval ls’exprime sur un site riche d’infos et prises de positions que je qualifierais, sans que cela soit péjoratif, d’altermondialisme -(un peu comme ATTAC)

    Dans le droit fil de ce sujet traitant des Banques espagnoles on lira

    Espagne. Un sauvetage bancaire, mais à quel prix ?

    24 août par Jérome Duval

    Face à une dette privée des institutions financières (banques principalement) devenue dangereuse car reposant sur une accumulation de crédits hypothécaires à risques, c’est-à-dire avec une forte probabilité de non paiement, le royaume d’Espagne, sur le conseil de sociétés privées, a décidé de transférer ce risque aux institutions publiques. Mais qui sont ces sociétés privées, et quels intérêts servent-elles ?

    L’Etat paie 2 millions d’euros des entreprises privées au bilan douteux pour le conseiller

    Le 21 juin 2012, les cabinets d’audit Olivier Wyman et Roland Berger, engagés par le gouvernement Rajoy, livrent leurs rapports tant attendus et confirment ce que tout le monde savait : le secteur bancaire espagnol a besoin d’être assaini. Ils précisent toutefois que le montant nécessaire pourrait aller jusqu’à 62 milliards d’euros. Ces sociétés privées ont empoché la bagatelle de quelque 2 millions d’euros aux frais du contribuable pour ce travail « d’expertise ». Mais qui sont ces cabinets d’audit censés livrer le bon conseil ? Et à qui profite-t-il ?

    Oliver Wyman est une société conseil qui emploie 2 900 consultants répartis dans 25 pays du monde. Elle appartient à 100% au courtier d’assurance états-unien Marsh.

    En 2006, Oliver Wyman classe l’Anglo Irish Bank « meilleure banque du monde », trois ans avant que celle-ci révèle des pertes pour 17,6 milliards d’euros et soit secourue par l’Etat irlandais. La suite a été catastrophique pour l’Irlande, tombée dans la nasse de la troïka (Union européenne, FMI et BCE) qui lui injecte des fonds avec intérêts sous d’austères conditions. C’est le Financial Times qui a publié en 2011 ce classement mondial des banques établi par la société de conseil, le rapport décernant cette distinction fatidique ayant mystérieusement disparu du site de Oliver Wyman. |1|

    Mais ce n’est pas tout. Les consultants de Oliver Wyman ont conseillé à Citigroup d’acheter des produits douteux, à l’origine de la crise des « subprime ». Résultat, ces investissements ont occasionné des pertes de quelque 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) |2|, entraînant la première banque nord-américaine dans sa chute. Citigroup recevra par la suite près de 2 500 milliards de dollars de la FED, la banque centrale des Etats-Unis (2 500 000 000 000 dollars). |3|

    On ne peut guère espérer mieux de la part de la seconde entreprise privée appelée à dresser le diagnostic du secteur bancaire espagnol.

    Spécialisée dans le conseil auprès des multinationales, dans le secteur financier et non financier, et auprès de gouvernements et d’institutions, Roland Berger Strategy Consultants est créée en Allemagne par l’universitaire Roland Berger en 1967. À 75 ans, l’influent Roland Berger, confident des grands patrons allemands, conseille la chancelière Angela Merkel et le président portugais Aníbal Cavaco Silva. Avec ses 2 000 consultants répartis dans 24 pays (Europe, Asie et Amérique), le groupe est devenu un des principaux cabinets de conseil en stratégie et projette la création d’une agence de notation européenne.

    En octobre 2011, Roland Berger Strategy Consultants et son président directeur, Martin Wittig, conseillent Angela Merkel pour résoudre le surendettement de la Grèce. Le plan, baptisé « Eureca », est calqué sur le système mis en place en Allemagne au moment de la réunification en 1990 pour restructurer et privatiser près de huit mille cinq cents entreprises de l’ex-RDA |4|. Il vise à regrouper un ensemble d’actifs publics évalués à 125 milliards d’euros (autoroutes, aéroports, ports, banques, immobilier, téléphonie...) dans une structure commune achetée par une institution européenne et « financée par les Etats, dont le siège pourrait être situé au Luxembourg » afin de piloter la cession de ces actifs, avec une échéance fixée à 2025. Les frais de gestion incombent donc aux Etats. Les 125 milliards récoltés devraient servir à la Grèce pour se désendetter en rachetant ses obligations à la BCE et au FESF. En clair, les Etats européens prennent en charge la vente à bon prix pour le privé de ce qu’il reste de public en Grèce, l’argent de la vente ne reste pas dans les caisses de l’Etat mais repart directement à la BCE sous prétexte d’effacer des créances pourtant censées sauver la Grèce. Enfin, selon les auteurs, ce plan permettrait à Athènes, qui n’arrive plus à se financer (autrement dit s’endetter en vendant des bons ou obligations à long terme), de revenir sur les marchés (c’est-à-dire s’endetter en vendant ces fameux bons à 10 ans par exemple). |5|

    S’endetter pour payer d’anciennes dettes avec la prétention de résoudre le problème, tout cela a un air de déjà vu : les pays du Sud ont déjà maintes fois payé la dette qu’ils devaient au moment de la crise de la dette des années 80 mais continuent à s’endetter pour rembourser… Avec le jeu des intérêts, le cercle vicieux de l’endettement s’est refermé sur eux et les créanciers disposent du dernier mot pour tout changement politique d’importance. En somme, un véritable cadeau empoisonné pour les Grecs et, au-delà, pour les populations européennes.

    Dans une tribune du journal Le Monde |6|, Bernard de Montferrand, membre du cabinet Roland Berger Strategy Consultants et ancien ambassadeur de France à Berlin se lamente que le plan n’ait pas été retenu et suggère une privatisation à l’échelle continentale : « Mais une nouvelle forme d’Eureca européen d’abord destiné aux pays du sud de l’Europe qui sont asphyxiés par leur endettement et par la réduction accélérée de leurs déficits aurait un effet de démultiplication et ouvrirait une perspective politique sans équivalent et surtout plus rapide. »

    Par ailleurs, le projet d’une agence de notation européenne n’est pas mort comme annoncé par la presse mi-avril 2012. Markus Krall, le père du concept, a démissionné de ses fonctions auprès de Roland Berger début mai 2012 pour devenir le PDG de la fondation chargée d’une telle agence de notation. |7| Sachant que les agences de notation ont accéléré et aggravé la crise alors qu’elles auraient dû l’anticiper, on a toutes les raisons d’être sceptique.

    Après avoir déboursé près de 2 millions d’euros pour s’offrir les services de Oliver Wyman et Roland Berger, chargées des tests de stress sur les banques, l’Etat paye la société Alvarez & Marsal plus de 2 millions d’euros pour son travail de gestion de la « bad bank », l’entité qui agglutinera tous les actifs toxiques des banques nationalisées. Voilà déjà près de 4 millions d’euros dépensés en peu de temps par l’Etat pour 3 sociétés privées censées œuvrer pour le bien public. Si seulement l’Etat savait se montrer si prodigue quand il s’agit de financer la protection sociale et les services publics…

    CE type de prises de positions est utile pour comprendre comment et pourquoi le CAPITALISME saigne..

    Pour débattre de "comment stopper l’hémorragie" , c’est tout le débat concernant COMMUNISME ou Barbarie..

    Sinon on reste dans le mur des lamentations..

    Donc, oui, merci au CATDM...qui conforte mon opinion que sans conscience de classe à faire grandir dans les Masses, donc sans processus révolutionnaire "ILS"vont nous saigner à mort, ceux d’"en face".

    Je parle des CAPITALISTES-s’il fallait le préciser- et pas de trois banquiers et quatre larbins politiciens en charge de la défense de intérêts de classe..de l’adversaire

    Chacun avait compris sans que je répète.

    Cordialement

    A.C

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