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Lettre ouverte à M. Devedjian, Ancien Ministre, Conseiller politique de M. Sarkozy
Publie le mardi 20 septembre 2005 par Open-Publishing2 commentaires
Lettre ouverte à M. Devedjian, Ancien Ministre, Conseiller politique de M. Sarkozy et ancien membre du groupuscule d’extrême droite Occident.
Je dois l’avouer M. le Ministre, vous ne manquez pas d’audace, certes couplée à une grande hypocrisie mais de l’audace tout de même.
Hier 18 septembre, sur le plateau de l’émission Ripostes et sur Radio J, vous avez réussi un petit exploit. Dire tout haut ce que beaucoup à droite pensent tout bas : extrême gauche = extrême droite.
Outre que vous incluez le PCF, parti au sein duquel je milite, dans l’extrême gauche, vous franchissez une ligne qui me fait douter de votre intelligence. Si votre dérapage est voulu, alors là vous n’êtes plus bête, mais dangereux.
Sur votre plateau, peu de personnes suspectes d’entretenir de quelconques affinités avec la gauche dont vous parlez : Jean-François Kahn ; Alain Gérard Slama, auteur de lignes conservatrices dans un grand quotidien conservateur français ; Henri Weber, co-fondateur de la LCR converti au réalisme socialiste, et sénateur ; Marc Lazar, politologue orienté ; Azouz Begag, Ministre des Black Blanc Beur, et Serge Moati, présentateur complaisant.
Pendant 45 minutes vous n’avez eu de cesse de diaboliser la gauche de la gauche arguant que celle-ci était porteuse de dangers, comme l’est toujours l’extrême droite. Vous pensez que le PCF et la LCR notamment sont des ennemis de la liberté car « quand on récuse l’économie de marché on sait que ça conduit à récuser la liberté » rien que ça... Vous préférez vous battre pour maintenir l’ordre établi qui ne sert que les puissants dont vous êtes, cela se comprend aisément. En outre, à ce que je sache, ces partis ne surfent pas sur la peur de l’autre et ne sont pas ouvertement racistes, xénophobes et homophobes..
Vous souhaitez que les partis de gauche dits « traditionnels » isolent les communistes avec un cordon sanitaire que vous rêvez républicain. Surtout, « il ne faut pas s’allier avec lui, c’est tout".
Mon sentiment Monsieur le Ministre, c’est que vos propos sont abjectes, et j’ai bien pesé mes mots avant de les écrire. Vous avez un discours non pas de modéré, dont vous avez effectivement l’apparence, mais d’un extrémiste, et de droite qui plus est. Vous revenez sur le sempiternel épisode du stalinisme et ce, malgré sa récusation publique par le PCF, certes tardivement, mais récusation il y eut. Vous dîtes que « le bilan de l’Union soviétique au plan des libertés individuelles, cautionné par le PC qui n’a pas changé, et même pas de nom, [vous] interroge fortement sur son aptitude à la liberté »
Ainsi, il y aurait en France de nombreuses victimes d’agissements dictatoriaux. Anciennement en charge de la décentralisation, vous n’êtes pas sans savoir, surtout si vous avez lu « Le Monde » récemment, que le pays compte « 742 maires, 183 conseillers régionaux et 247 conseillers généraux rassemblés dans l’Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr) ».
Tous communistes et apparentés ! De plus, « Le parti compte également 22 députés, 23 sénateurs et 3 députés européens ». A ce jour, pourtant, aucun rapport accusateur d’Amnesty International.
Rendez-vous compte, des dizaines de milliers de citoyens maintenus sous le joug du communisme ! Quelle honte ! A quand la Libération de ces zones occupées ? Appelons l’UMP à la rescousse. Ce parti qui aujourd’hui (et autrefois sous le nom de RPR) recycle abondamment d’anciens cadres du FN et du MNR. Eux ont sans doute véritablement changé...
Le PCF revendique aujourd’hui 130 000 militants répartis dans 1 450 sections d’entreprises ou de quartier. Ils n’ont de cesse de réparer les dégâts causés par votre politique de casse sociale. Les mairies dirigées par les communistes mettent en place des politiques publiques ambitieuses (logement, santé, culture) et n’excluent aucune population. Par contre, l’Etat les prive des ressources nécessaires à la bonne mise en œuvre de ces démarches. Et se désengage fortement, comme c’est le cas en matière de logement. On ne rappellera jamais assez les 2% de logement sociaux chez votre ami Sarkozy...
Vos propos ne sont qu’insultes et mépris pour les élus communistes et républicains, quels qu’ils soient, et pour leurs électeurs. Du mépris aussi pour les personnels amenés à travailler avec eux.
Du mépris enfin, pour mes camarades militants et moi, insultés parce-que militants communistes. Mon cœur est à gauche, et le restera.
Finalement, M. Devedjian, le seul qui n’a pas changé, c’est vous.
Madjid Messaoudene
Militant PCF, Saint-Denis, 93.





Messages
1. > Lettre ouverte à M. Devedjian, Ancien Ministre, Conseiller politique de M. Sarkozy , 20 septembre 2005, 16:43
oui et non. Perso je suis contre stigmatiser l’extreme gauche comme l’extreme droite. L’un a beaucoup de militants l’autre est le second parti derrière l’ump aux dernière grande elections. Pour ma part je suis de gauche mais je penses qu’en stigmatisant on fait davantage bonne pub à ces partis. Le PS a déja suffisament coupé le cordon avec l’extreme gauche au tel point qu’on se lance des oeufs, des boules de neige...
1. > Lettre ouverte à M. Devedjian, Ancien Ministre, Conseiller politique de M. Sarkozy , 21 septembre 2005, 10:32
Le PS a déjà suffisamment coupé le cordon avec l’extrême gauche ? J’aimerai quand même savoir à quelle époque la gauche et "l’extrême gauche" ont entretenus des liens serrés ? Faut-il remonter à la période d’avant 1920 (congrès de Tour) ? A celle d’avant 1905 (congrès du Globe) ? A moins que l’on ne fasse référence à l’expérience lambertiste du "camarade Michel" (Jospin)...
En effet, il s’entendre sur le terme "extrême gauche" : il est actuellement utilisé pour tenter de délégitimer toute apiration à une politique qui ne réponde pas à la logique des "nécessaires" (contre-)réformes. Le refus du libéralisme de Schröder par le Linkspartei en fait un parti populiste, démagogique, bref un parti d’extrême gauche alors qu’il est composé en grande parti de membre du PDS (qui ont gouverné avec le SPD à l’échelon local) et de militants réformistes sincères en rupture avec le SPD (même si l’on peut discuter du cas Lafontaine - comme de celui de Fabius -)... Le refus de la "constitution européenne" par le PCF, le sort de la gauche (même plurielle) pour en faire un parti extrêmiste...
Pour finir, et même si je n’ai aucune illusion dans la social-démocratie, je ne suis, personnellement (en tant que militant "d’extrême gauche"), pas pour la stigmatiser mais simplement pour la mettre devant ses contradictions notamment en revenant sur son bilan (sans remonter au vote des crédits de guerre en 1914 ou à son attitude pendant les guerres coloniales)... Revenons sur les baisses d’impôts de Fabius, sur les privatisations (et autres ouvertures de capital) de Jospin, sur le nucléaire, sur les sans-papiers et le droit de vote des étrangers (tiens, si on parlait un peu du rapport Bouthi...), sur la flexibilité imposée au moment du passage aux 35h, sur la signature du traité de Nice par Jospin-Moscovici, sur le soutien d’Hollande à la Constitution, sur l’hystérie sécuritaire de Dray, sur le projet qui "n’est pas socialiste" de Jospin... Bref si on parlait du social libéralisme et de "l’extrême centre (-gauche ?)"...