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Malik Oussekine, 6 décembre 1986 (video)
par Roberto Ferrario
Publie le jeudi 6 décembre 2012 par Roberto Ferrario - Open-Publishing1 commentaire
Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986 à Paris, en pleine répression du mouvement étudiants/lycéens, Malik Oussekine, 22 ans, était matraqué à mort dans le hall d’un immeuble parisien où il s’était refugié, par deux policiers « voltigeurs » motocyclistes.
L’affaire Malik Oussekine est une bavure policière française, ayant entraîné la mort le 6 décembre 1986 à Paris de Malik Oussekine, après une manifestation étudiante contre le projet de réforme universitaire du ministre délégué Alain Devaquet, qui, suite à cet incident, présentera sa démission.
Depuis le 25 novembre 1986, étudiants et lycéens manifestent contre le projet Devaquet. De graves affrontements avec la police ont lieu en marge des manifestations, faisant des dizaines de blessés.
Le 6 décembre 1986, après une manifestation, des étudiants occupent la Sorbonne. L’université est évacuée dans le calme, mais quelques étudiants tentent d’élever une barricade à l’angle de la rue Monsieur-le-Prince et de la rue de Vaugirard dans le 6e arrondissement. Immédiatement, une équipe de « voltigeurs » est envoyée sur place.
Les voltigeurs ont été remis en service par Robert Pandraud, ministre délégué à la Sécurité auprès du ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua. Ce sont des policiers montés à deux sur une moto tout-terrain ; l’un conduit, l’autre est armé d’une matraque. Ils ont comme mission de « nettoyer » les rues après les manifestations en pourchassant les « casseurs ».
Malik Oussekine est un étudiant franco-algérien de l’École supérieure des professions immobilières (ESPI). Né le 18 octobre 1964, il a 22 ans au moment des faits.
En arrivant dans le Quartier latin, les voltigeurs prennent en chasse les jeunes présumés « casseurs » qu’ils croisent. À minuit, Malik Oussekine sort d’un club de jazz. Des voltigeurs le remarquent et se lancent à sa poursuite. Malik Oussekine tente de s’enfuir. Il croise un homme qui rentre chez lui. Celui-ci, fonctionnaire des finances, laisse l’étudiant entrer dans le hall de son immeuble, mais les policiers entrent à leur tour. Selon le fonctionnaire des finances, seul témoin des faits, les voltigeurs « se sont précipités sur le type réfugié au fond et l’ont frappé avec une violence incroyable. Il est tombé, ils ont continué à frapper à coups de matraque et de pieds dans le ventre et dans le dos ».
Le Samu, arrivé sur place peu de temps après, apporte les premiers soins à Malik Oussekine et le transporte à l’hôpital Cochin, où il décède. Selon les médecins, l’étudiant meurt autant des suites du passage à tabac par la police que d’une insuffisance rénale.
Le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et le ministre délégué chargé de la Sécurité Robert Pandraud suscitent alors une controverse en ne condamnant pas l’action de la police. Dans un entretien au journal Le Monde, Robert Pandraud déclare : « si j’avais un fils sous dialyse je l’empêcherais de faire le con dans la nuit. […] Ce n’était pas le héros des étudiants français qu’on a dit ».
En apprenant la nouvelle, le ministre délégué chargé de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Alain Devaquet, politiquement déjà affaibli, démissionne. Cette mort et les importantes manifestations d’opposition au texte contraignent le Premier ministre, Jacques Chirac, à retirer le projet Devaquet, le 8 décembre. Le bataillon des voltigeurs est dissous[Quand ?].
Malik Oussekine est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 75). À Paris, le 10 décembre 1986, une manifestation à la mémoire de Malik Oussekine et d’Abdel Benyahia, un Algérien de 20 ans tué par un policier ivre dans un café le 5 décembre également, est organisée. Cette manifestation rassemble 600 000 personnes selon les organisateurs et 126 000 selon le ministère de l’Intérieur. Des manifestations silencieuses sont organisées à la mémoire de Malik Oussekine dans 36 villes de France, rassemblant 200 000 personnes selon l’AFP.
Les deux voltigeurs directement impliqués dans sa mort sont jugés pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner », et condamnés le 28 janvier 1990 à deux et cinq ans de prison avec sursis. En interne, leur administration les sanctionne par des mesures disciplinaires[Quand ?]. L’un, âgé de cinquante-trois ans au moment des faits, écope du niveau de sanction le plus sévère, sanction du quatrième groupe, soit la mise en retraite d’office. L’autre est sanctionné par un déplacement d’office (sanction de deuxième groupe).
En 2006, David Assouline, un des leaders du mouvement étudiant contre Devaquet, devenu sénateur de Paris et conseiller municipal de Paris, propose un vœu au Conseil de Paris pour faire déposer une plaque commémorative sur les lieux du drame. Cette plaque est inaugurée le 6 décembre 2006, en présence de la famille Oussekine et du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Certains critiquent cette plaque[Qui ?], car son texte, ne précise pas que la mort de Malik Oussekine est le fait de policiers.
Des amphithéâtres (de l’université de Rennes 2, de l’université de Nice Sophia-Antipolis et de l’université Pierre-et-Marie-Curie à Jussieu), une place (à Ivry-sur-Seine), deux rues (à Givors et à Varennes-sur-Seine) portent le nom de Malik Oussekine[réf. souhaitée].
Le chanteur Abd al Malik rend lui aussi hommage à Malik Oussekine, dans la musique qu’il lui dédie Lorsqu’ils essayèrent sur son album Dante.






Messages
1. Malik Oussekine, 6 décembre 1986 (video), 7 décembre 2012, 09:41, par Thierry Kruger
Bon article. Compléments de cette affaire : Malik était un étudiant, il allait partir étudier aux Etats-Unis, était issu des classes populaire et considéré comme un modèle ’d’intégration’ - un terme ambivalent et qu’on pourrait considéré selon moi comme raciste, pourquoi certains jeunes, nés en France, devrait ’s’intégrer’, bref ...
Malik ne manifestait pas, mais déambulait près de la grande manif, il faisait nuit. Le ministre de l’intérieur, Charles Pasqua, ancien du SAC, groupuscule fachiste et l’un des créateurs, pour le parti gaulliste, peu, après mai 1968 de ces sinistres pelotons voltigeurs, flics à moto dont la vitesse s’ajoute à celle de la matraque, destinés à cogner du gauchiste.
Or ce soir là, les flics descendirent de leur moto, comme des cow boy et, en marchant, coincèrent Malik contre un mur et frappèrent, frappèrent, à pied, alors qu’il était à terre.
Au même moment les CRS procèdent à des tirs tendus et défigurent à vie un jeune, qui viendra quelques mois plus tard, le visage triste et colère, s’exprimer à l’émission la plus rebelle du PAF, "Droit de Réponse" de Michel Polack sur la 1ère chaîne publique, peu avant sa privatisation qui dit disparaître l’émission.
De plus, des faux ’casseurs’ ont été vu sortant de la préfecture de police de Paris. Ce terme là est encore ambiguë, créé par un ministre de Pompidou dans sa fameuse loi antidémocratique dite "loi anti-casseir" en ce qu’elle rendait désormais responsable du moindre incident le ou les organisateurs d’une manifestation, autorisée ou non !
Parmi les agents provocateurs de la police on relèvera "l’homme à l’écharpe jaune", pris de trois-quart dos, avec un objet dans la main qu’il lance vers les CRS. Le journal ACTUEL, précurseur de l’excellent (et meilleur) AUTRE JOURNAL en publia une photo en le désignant comme possible agent provocateur.
Un manifestant, traversant les beaux quartiers, reçu une orange jetée dans la figure, depuis une hauteur. Qui l’a jeté et pourquoi ?
Le meurtre de Malk Oussekine se produisit vers 20-21 heures alors que la majorité descars venus de Province étaient en train de partir et c’est pour beaucoup d’entre eux que la nouvelle fut connue par la radio de l’autocar : impossible de revenir pour protester !
François Mitterrand poussa à la suppression des pelotons voltigeurs, ce qui fut fait car Jacques Chirac, 1er ministre, conscient de l’émoi, souhaitait être élu à la présidence de la République, mais il conserva Charles Pasqua et son second, Pandreau, qui fit horreur en insultant la victime en déclarant que "un dialysé n’a pas à sortir la nuit", car Malik Oussékine devait prendre ce traitement, qui fut selon les médecins un facteur aggravant ayant entraîné la mort suite à des coups répétés. En pinaillant sur les causes du décès, le Pouvoir a montré - comme bien plus tard pour Bouna et Ziyad, mort électrocutés en fuyant les flics - son total mépris pour les classes populaires et particulièrement les enfants et petits-enfants d’immigrés non européen.
J’ignorais l’existence de cette plaque et c’est une bonne chose. Quant à ne pas mettre QUI fut l’assassin nous sommes habitués par ces nombreuses plaques en l’honneur des résistants tués qui mettent quand le fait est avéré cmme cause de la mort les mots "nazis" ou "allemands" à la place de "policier français" ou "milicien français". Ainsi le révisionnisme historique perdurera tant que l’Etat écrira l’Histoire et non les Peuples.