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"Mittal prouve au gouvernement qu’il est dans le mensonge"

par Louis Morice

Publie le jeudi 6 décembre 2012 par Louis Morice - Open-Publishing
8 commentaires

La commission européenne a annoncé que l’aciériste s’était retiré du projet Ulcos. Matignon assure que l’accord tient toujours. Les syndicats dénoncent cette entourloupe.

Le brouillard s’accentue autour de l’accord passé entre le gouvernement et ArcelorMittal. Et la stupéfaction et la colère dominent chez les salariés de l’aciérie de Florange, jeudi 6 décembre, après l’annonce par la Commission européenne du retrait d’ArcelorMittal du dossier Ulcos, présenté depuis vendredi dernier comme la planche de salut de la filière liquide menacée de fermeture. "Le gouvernement a maintenant la preuve que Mittal est dans la manœuvre et le mensonge", estime Walter Broccoli de FO. Le groupe avance des "difficultés techniques" pour justifier sa décision de se retirer, au moins provisoirement, de ce projet autour du captage et du stockage de CO2.

L’argument ne passe pas auprès des syndicats : "C’est juste incompréhensible ! On ne découvre pas des problèmes techniques à dix jours de la décision", estime Jean-Marc Vécrin de la CFDT. Près de 10 millions d’euros ont déjà été dépensés par Mittal à Florange pour financer une équipe de techniciens-ingénieurs dédiée au projet Ulcos.
"Que des choses qui peuvent être réglées"

Cette équipe d’une vingtaine de personnes travaille depuis près de deux ans sur des essais. Ses travaux ont permis de soulever des difficultés qui ont été présentées en Comité d’entreprise. La réponse de la direction a alors été claire : "Il ne s’agit que de choses qui peuvent être réglées."

Ce que confirme Walter Broccoli : "Le projet est complètement abouti, il ne manquait que l’argent et le feu vert de Bruxelles". Mais pour le syndicaliste, l’annonce de Mittal n’est pas une surprise : "Déjà, lors de rendez-vous à Matignon, les ministres ne nous ont parlé que d’un démonstrateur pour Ulcos. Pas d’un projet permettant une production industrielle." Quant à l’accord conclu entre l’Etat et Mittal, selon Walter Broccoli, si Ulcos y figure bien, il n’y est en revanche pas fait mention des 100 millions d’euros d’investissement de Mittal pour ce projet.
"Maintenant, c’est à Ayrault de jouer"

Alors, pourquoi ce revirement ? Les syndicats conditionnent la mise "sous cocon" des deux hauts-fourneaux de Florange à l’engagement sur Ulcos. Cette mise en sommeil est programmée pour le 31 mars. Actuellement, si le marché redémarre, il faut six semaines pour relancer les hauts fourneaux. Après une mise sous cocon, "il faut tout refaire et cela nécessite des millions d’euros. Sans Ulcos, ça veut dire que c’est mort pour les hauts fourneaux", explique Jean-Marc Vécrin.

Pour les syndicats, repousser le projet Ulcos à une hypothétique date ultérieure - Mittal parle de 2013 –permet simplement à la direction de se débarrasser de la filière liquide. "Nous allons donc tout faire pour que ça ne s’arrête pas", prévient Jean-Marc Vécrin.

L’intersyndicale rappelle désormais le Premier ministre à ses engagements pris lors de la rencontre à Matignon : "Jean-Marc Ayrault nous a dit que si Mittal ne respectait pas ses engagements, il ressortirait l’arme de la nationalisation proposée par Arnaud Montebourg. Maintenant, c’est à lui de jouer".

http://tempsreel.nouvelobs.com/france-la-crise-sociale/20121206.OBS1720/mittal-vient-de-prouver-au-gouvernement-qu-il-est-dans-le-mensonge.html

Messages

  • Toute la question est de savoir qui est le "il".

    Que Mittal mente, chacun le sait.
    Mais, Ayrault/Hollande mentent tout autant.

    Pas le licenciements ? Menteurs.
    A aucun moment, il n’ont fait état des salariés des entreprises de sous traitance.
    Ni du redéploiement prévu du site de haute indre.
    Quant à la décision prise ce matin par Mittal...
    Elle signifie l’extinction des hauts fourneaux
    Quelle signification pour les salariés ? le chômage "technique".
    Qui va les payer ?... L’Etat...
    Et Hollande/Ayrault n’étaient pas au courant qu’ils allaient se faire enfumer dés le lendemain matin ?
    Foutage de gueule !
    La même méthode que Jospin : l’Etat ne peut pas tout... Au fait qui était secrétaire à l’enseignement technique à l’époque ?
    La seule nouvelle de cette journée, c’est qu’il y a un second porte parole au gouvernement : Ayrault !
    Porte parole de la 1ére Ministre : Mme Parisot.
    PSA, Acelor et tous les autres : tous ensemble à l’assemblée !
    Voilà la tâche de l’heure.

    Musique pour se détendre :
    Concert de soutien aux salariés de AcelorMittal... B.Lavillier toujours là.
    Si le lien fonctionne...

    https://www.youtube.com/watch?v=JpgjzyO0CyY

    • Dernières nouvelles :

      Des métallos de Florange vont occuper les hauts fourneaux du site sidérurgique lorrain, a annoncé jeudi 6 décembre le délégué CFDT Edouard Martin après avoir appris qu’ArcelorMittal retire la candidature du site pour le projet Ulcos.

      "On en appelle solennellement à Hollande", a lancé le syndicaliste devant les caméras, tout en faisant part de "l’écoeurement" des salariés. "Reprenez les négociations avec Mittal !"

      "A partir d’aujourd’hui, on prend possession de l’usine, on va dans les hauts fourneaux", a ajouté Edouard Martin, visiblement ému, entouré d’une quinzaine de militants. "Il n’y en a pas un qui touchera aux vannes de gaz", qui permettent de maintenir les installations en veille."

      Expropriation immédiate de Mittal !
      Et que Valls ne s’amuse pas à toucher aux travailleurs de Florange !

    • Pour l’instante la CFDT a "occupe" pendant seulement 5 minutes, on verra plus tard, mais bon cet syndicat a tous le temps démontré plus leur serviabilité que autre...

      tant mieux si vont se "réveiller"... ;-)))

  • C’est bien ça leur problème qui doit leur donner des boutons et même leur provoquer "tempête sous des crânes !" Après avoir biaisé depuis leur entrée au pouvoir politique l’heure de vérité a sonné, ils ne vont pas pouvoir contenter plus longtemps la veuve et l’orphelin . Il faut choisir : les travailleurs ou les voleurs ! Pas de licenciements ? Combien de centaines de travailleurs ont dèjà été jetés sur le tapis chez cet odieux personnage milliardaire ? Ils ont bien sûr nos sociaux-démocrates honte d’apparaître comme des égaux avec Sarkosy, puisqu’ils avaient plaidé le changement. Et nourri l’illusion chez trop de travailleurs que leur choix serait celui des travailleurs : flagrant délit en effet de tromperie ! ET à côté de ça des scandales sont repartis : Le ministre du budget, "mouillé" , 65 milliards que devra payer notre pays pour la dette Grecque , 43 milliards en francs-Suisses déposés par nos "démocrates" milliardaires ! On jongle sur les épaules de la pauvreté et de la misère, scandaleux ! Cela existe depuis deux siècles puisque MARX avait dénoncé les capitaux apatrides ! Tout cela au-dessus des têtes du monde du travail qui n’a que ce moyen pour vivre : c’est insolent ! Combien de temps encore faudra-t-il pour qu’une majorité de nos citoyens se scandalisent et se mobilisent pour crier ASSEZ ! La SOLIDARITE des travailleurs doit refaire surface au plus vite pour mettre fin à cet odieux régime capitaliste !!!

    • Pour information, communiqué national du NPA :

      Arcélor Mittal : Les promesses n’engagent que ceux qui y croient !
      jeudi 6 décembre 2012

      L’encre de l’accord bidon signé entre le gouvernement et le milliardaire Mittal est à peine sèche que le patron voyou en met déjà un paragraphe à la poubelle. L’abandon du projet ULCOS donne la mesure de la valeur des engagements de Mittal. Pour ce qui concerne les autres points de l’accord le gouvernement ment grossièrement quand il prétend qu’il n’y aura pas de licenciements et pas de plan social. Avec près de 10% de taux de chômage officiel, qui peut croire que les milliers d’emplois supprimés à Florange ne se solderont pas par autant de chômeurs/euses supplémentaires. Les ridicules investissements de Mittal sur le site correspondent à peine à la maintenance ordinaire des installations. Mittal est un gangster industriel, un massacreur du social. Le gouvernement est complice en s’alignant sur le MEDEF et sa présidente Laurence Parisot qui prétendent que le droit de propriété est sacré et intouchable, c’est à dire leurs privilèges et leur capital.

      C’est bien à cet insupportable droit patronal qu’il faut s’attaquer. Partout où les patrons licencient, il faut les dégager. Il faut exproprier Mittal (comme PSA et SANOFI) sans indemnité.Maintenant ! La seule solution c’est la nationalisation, la propriété publique sous le contrôle des travailleurs et de la population.

      Le NPA prend contact avec les organisations syndicales et politiques qui s’opposent aux diktats de Mittal et à la complicité du gouvernement afin d’organiser une riposte unitaire.

      Montreuil, la 6 décembre 2012

      Dernières nouvelles : le porc d’Ayrault (en verlan bien sur) a reconnu ce jour au Sénat qu’il était au courant du positionnement de Mital...
      Quant à Normal, il comprend la "détresse et la colère" (il n’a pas l’air de comprendre que la colère lui est aussi destinée...), mais se porte "garant de l’accord" !

      On peut en effet lui faire confiance pour garantir un accord qui mène à la fermeture des hauts fourneaux.

      La question de savoir si c’est un capitaine de pédalo est anecdotique, ce qui est sur c’est que c’est un fidèle lieutenant de la bourgeoisie.

    • Cette fois-ci, il va être difficile au FdG, et à quelques autres, de refuser les actions unitaires, pas électorales, mais de lutte, que ne cesse de proposer le NPA.

      En tout cas, les travailleurs n’attendront pas que les nomenclatures voient leur avantage électoral si ils se bougent. Il faut les appuyer par tous les moyens nécessaires, à Florange et ailleurs, dans une confrontation qui peut devenir très dure, à Florange, à NDDL et bien ailleurs !

      Edouard Martin dans le Monde ce jour :
      http://www.lemonde.fr/emploi/article/2012/12/06/florange-edouard-martin-declare-la-guerre-a-jean-marc-ayrault_1801404_1698637.html

      Il avait le visage fermé. On le sentait épuisé et fou de rage. Edouard Martin, le leader CFDT d’ArcelorMittal, charismatique figure de proue des métallurgistes lorrains, a littéralement déclaré la guerre à Jean-Marc Ayrault, jeudi 6 décembre, en milieu d’après-midi, à son retour à Florange. "On est tous écoeurés. On est à bout. On n’en peut plus. On nous enfonce la tête sous l’eau ", a –t-il lâché d’entrée de jeu, entouré de ses lieutenants, devant le local syndical de l’usine.
      Malgré le froid glacial, on sentait Edouard Martin s’échauffer au fil des minutes, devant la presse qui buvait ses paroles. Que pense-t-il du retrait de la candidature d’ArcellorMittal du projet européen Ulcos ? "C’est un deuxième coup de poignard. La trahison continue, répond-il, la voix dure. On avait cru atteindre le comble du cynisme avec Sarkozy. Eh bien, on n’avait pas encore atteint le paroxysme ! On a deux ennemis maintenant : Mittal et le gouvernement !" Soudain, la voix d’Edouard Martin se casse. Il reprend, en ravalant des sanglots : "On a joué le jeu. On a voulu montrer à Paris qu’on pouvait être des partenaires. Ayrault, hier soir, n’était donc pas au courant de la trahison de Mittal ?", s’interroge-t- il, à nouveau saisi par la fureur. Puis il interpelle directement François Hollande : " j’en appelle au président de la République et je lui dis : est-ce que vous êtes tranquille avec votre conscience ?"

      "IMBÉCILE OU COMPLICE"

      Mais c’est le Premier ministre qui a eu droit aux coups les plus rudes d’Edouard Martin. "Il n’y a qu’Ayrault et les imbéciles pour croire [Mittal]. Soit Ayrault est un imbécile soit il est complice", a-t-il asséné, affirmant "regretter" d’être allé la veille à Matignon.

    • Non mais arrêtez de nous faire rigoler avec Edouard Martin s’il vous plaît.

      On redevient un peu sérieux là ? Bon.

    • Non mais arrêtez de nous faire rigoler avec Edouard Martin s’il vous plaît

      En effet E .M est bien gentil ,mais quand on est dirigeant syndical il vaut mieux ne pas être un doux rêveur .
      Avoir confiance au PS quand on est ouvrier, ce n’est pas de l’innocence , mais de la connerie ,si non de la complicité .