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de Act Up-Paris Communiqué 20 juin 2005
Nicolas Sarkozy et l’inacceptable
Samedi 18 juin, Nicolas Sarkozy a dénoncé les "comportements inacceptables"
des militantEs d’Act Up-Paris qui avaient procédé à un mariage symbolique de
deux femmes en la cathédrale de Notre-Dame de Paris le 5 juin dernier.
Selon une dépêche AFP datée du 18 juin, le ministre de l’Intérieur a déclaré
devant 1800 membres de l’UMP : " J’accepte toutes les différences à
condition que ces différences ne soient pas intolérantes. De ce point de
vue, je n’ai pas accepté ce qui s’est passé à Notre-Dame-de-Paris. ".
Il a ajouté : " ce qu’on a fait à un prêtre et à une église, jamais on ne se
serait permis de le faire dans un autre lieu de culte ".
Cela appelle plusieurs commentaires :
– Nicolas Sarkozy parle de " tolérance " et d’ " intolérance ". Nous parlons
d’égalité entre les homosexuelLEs et les hétérosexuelLEs. Un ministre qui se
dit républicain ne devrait pas assurer qu’il " accepte toutes les
différences ", mais bien qu’il se bat pour l’égalité des droits. Quelle est
la position de Nicolas Sarkozy sur le mariage, l’adoption ou
l’homoparentalité ?
– En intervenant, le président de l’UMP et ministre de l’Intérieur rappelle
involontairement que la lutte contre l’homophobie et pour l’égalité des
droits est avant tout une question de volonté politique. En la matière,
Nicolas Sarkozy a tout à prouver. Quand en décembre dernier, le député UMP
Vanneste avait déclaré à l’Assemblée Nationale que " l’homosexualité est une
menace pour la survie de l’humanité ", reprenant à son compte des propos
d’Adolf Hitler, le président de l’UMP avait trouvé ces propos "
inacceptables " mais pas au point d’exclure le député de son parti. Le 26
janvier dernier, il promettait cette sanction en cas de récidive de
Vanneste. Le jour même, ce député affirmait que l’homosexualité était
inférieure à l’hétérosexualité. Nicolas Sarkozy ne l’a pas exclu. Tant que
les responsables politiques auront aussi peu de courage en matière de lutte
contre l’homophobie, nous organiserons des actions symboliques pour alerter
l’opinion publique.
– Le ministre de l’Intérieur estime que la religion catholique a été "
bafouée " par notre action. La cérémonie symbolique à laquelle nous avons
procédé s’est déroulée avec une calme détermination. La messe était terminée
depuis une demi-heure et n’a donc pas été interrompue. AucunE croyantE n’a
été interpellé ou insulté. Nous n’avons pas " bafoué " la religion. Nous
avons interpellé les autorités catholiques et les responsables politiques
qui les écoutent sur les positions du Vatican en matière d’égalité des
droits et de lutte contre le sida. En prétendant que nous avons " bafoué "
la religion catholique, Nicolas Sarkozy estime donc qu’un mariage homosexuel
et un baiser entre deux femmes à Notre-Dame sont autant d’insultes aux
croyants. C’est bien le problème que nous posons.
– Lorsqu’il dit "ce qu’on a fait à un prêtre", le ministre de l’Intérieur
(qui est également en charge de la défense des "libertés publiques") reprend
à son compte les affirmations de M. Jacquin alors qu’il est très bien placé
pour savoir qu’une enquête est en cours pour trancher entre deux versions
contradictoires des faits. Nous le réaffirmons une fois de plus : aucune
violence, verbale ou physique, n’a été exercée contre les responsables
religieux ou le service d’ordre. La présomption d’innocence est une
composante importante des libertés publiques mais Nicolas Sarkozy la bafoue
négligemment quand il s’agit de ne pas froisser le lobby catholique. Quoi de
plus discriminatoire que de privilégier d’emblée une parole contre une autre
?
– Nicolas Sarkozy estime qu’ " on ne se serait (pas) permis de faire (cette
action) dans un autre lieu de culte ". Nous lui laissons le soin de
développer ces allusions assez obscures, qui reprennent des arguments déjà
entendus chez des intégristes catholiques et qui stigmatisent les " autres
lieux de culte " comme moins accueillants et tolérants que l’Eglise
catholique.
– Rappelons enfin à Nicolas Sarkozy que la droite à laquelle il appartient
ouvre les portes des églises à coup de hache quand il s’agit d’évacuer des
sans-papierEs. Si ce comportement est "acceptable", peut-être n’avons nous
pas la même idée du respect des lieux de culte.
Contact presse :
Jérôme Martin 06 84 47 20 92
Eric Labbé 06 09 63 52 65





Messages
1. > Nicolas Sarkozy et l’inacceptable, 21 juin 2005, 16:01
Bravo Act Up pour cet argumentaire, totale solidarité.
Je considère Mr Sarkozy comme un démagogue dangereux.
VIGILANCE