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Omerta en Palestine

Publie le dimanche 14 janvier 2007 par Open-Publishing
2 commentaires

Omerta en Palestine

vendredi 12 janvier 2007

Dans les Territoires palestiniens occupés, l’omerta a fait jour pour devenir une loi du silence tacite pour la société à l’égard des atrocités commises contres les personnes, au nom de l’ « honneur », du patriotisme, de la fidélité, entre autres principes directifs que les victimes sont accusés d’avoir transgressés.

L’omerta est une règle populaire, fréquemment appliquée dans le sud de l’Italie, en Sicile, en Calabre et en Campanie, où des organisations criminelles comme la Mafia, la ‘Ndrangheta et la Camorra sont puissantes. L’omerta exige de ne jamais collaborer avec le autorités ou avec la police, en particulier. L’omerta peut signifier aussi le vœu du silence chez les mafiosi. On a coutume de l’appeler : « la loi du silence ». (source : Wikipedia).

Dans les Territoires palestiniens occupés, l’omerta a fait jour pour devenir une loi du silence tacite pour la société à l’égard des atrocités commises contres les personnes, au nom de l’ « honneur », du patriotisme, de la fidélité, entre autres principes directifs que les victimes sont accusés d’avoir transgressés. Le point de référence éthique pour les exécuteurs dans les punitions des accusés est, au mieux, un sérieux coup porté aux efforts palestiniens pour promouvoir une société démocratique soumise à la séparation constitutionnelle de la justice et des pouvoirs.

L’un des exemples les plus courants de telles atrocités sont les violences contre les femmes palestiniennes au nom de l’ « honneur », particulièrement le meurtre de femmes suspectées d’avoir eu des relations sexuelles en dehors du mariage. Rien qu’en 2006, 60 Palestiniennes ont été assassinées (par des Palestiniens) en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, pour une question d’ « honneur ». La réalité qui doit nous alarmer, c’est que ces cas ne représentent qu’une partie de l’ensemble des meurtres, punitions et châtiments à l’encontre des femmes qui, non seulement sont les victimes d’une société méchamment conservatrice (en particulier les communautés palestinienne isolées), mais aussi, du goût persistant des Palestiniens pour l’apathie, quand il s’agit de s’attaquer à cette question taboue.

Les 60 cas recensés en 2006 représentent la minorité des incidents où des témoins ont pris l’initiative, peu fréquente, de porter ces crimes à la connaissance des autorités ; il y a d’autres cas innombrables où la violence contre les femmes prend une forme plus dure et qui restent enfermés dans les mémoires de membres insensibles de la communauté qui préfèrent rester à distance de ces actes dits « honteux ». En attendant, la loi palestinienne reste ambiguë à l’encontre des auteurs de ces crimes d’ « honneur » et dans la plupart des cas, c’est un code de conduite tribal palestinien (arabe) anachronique qui prévaut sur tout cadre ou principe juridique.

Alors que les crimes d’ « honneur deviennent plus fréquents et plus systématiques que toute autre forme d’atrocités de Palestinien contre un autre Palestinien, il y a une autre tendance qui devient tout aussi alarmante dans la société civile palestinienne, à savoir l’assassinat de Palestiniens suspectés de collaboration avec l’occupant israélien.

En raison des circonstances dans lesquelles ces assassinats et exécutions sont perpétrés, il est difficile d’en donner le nombre exact ; cependant, on peut affirmer sans crainte que des dizaines de Palestiniens ont été exécutés par des éléments paramilitaires depuis le déclanchement de l’Intifada en septembre 2000, au motif de leur collaboration avec Israël.

Malgré un large consensus chez les Palestiniens comme quoi collaborer avec les autorités israéliennes (dans l’objectif clair de cibler et de tuer des activistes palestiniens et des combattants pour la liberté) constitue un crime impardonnable contre le peuple palestinien et une trahison absolue de leur juste cause, les impératifs d’une démocratie et d’une société juste exigent le recours à une institution juridictionnelle, plutôt qu’à faire justice soi-même et à châtier pour ce crime. D’abord, une procédure légale pour un procès juste, où la preuve devra être apportée devant le tribunal, doit être suivie pour empêcher les fausses accusations et la nature et la dureté de la sanction doivent être appréciées à partir d’une base légale, ne serait-ce que pour réguler et limiter la peine de mort dans les Territoires palestiniens (un autre recul de la société civile palestinienne sur lequel nous devons nous concentrer).

Finalement, ce ne sont pas seulement de telles exécutions au-dessus de la loi qui font monter l’inquiétude, mais plutôt la réticence de la plupart des Palestiniens, collectivement et individuellement, à les faire arrêter. En outre, les sensibilités socioculturelles liées à ces questions freinent gravement les velléités d’action des Palestiniens ; cependant, nul ne prétend que le chemin de la libération (surtout par soi-même) est libre de défis.

Le combat national palestinien et les efforts concertés de notre société pour faire cesser par elle-même l’occupation violente et illégale d’Israël de notre terre, ne doivent pas nous tromper sur les vertus de notre propre humanité ; avant toute chose, c’est l’âme de la Palestine qui doit être maintenue.

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=543

Messages

  • Dans un pays en guerre, il semble malheureusement que la banalisation de la violence soit la règle.
    Il y a eu en France les milices de pétain jusqu’en 1944, puis les FFL qui n’ont pas toujours eu un
    comportement irréprochable, et l’exemple des femmes tondues après la libération montre que cela est totalement indépendant de la culture, et est uniquement la conséquence de la guerre.

    jyd.