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Politiques sécuritaires dans les facs : réagissons et organisons-nous !

Publie le mardi 6 mars 2007 par Open-Publishing
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Si la mode est à la « sécurité », nos préoccupations sont salutaires. Il faut s’inquiéter de la mise en place d’importants dispositifs de contrôle des individus et des innovations dans ce secteur : puces RFID (Radio Frequency Identification), contrôles bio métriques, vidéo-surveillance... ces dispositifs n’assurent en rien notre sécurité mais permettent à ceux qui les contrôlent de nous maintenir sous leur dépendance en faisant de nous des individus potentiellement coupables. La présomption d’innocence n’existe plus. La société du contrôle total électronisé de Big brother est déjà en rayon Le contrôle sécuritaire n’est-il pas un fascisme clef en main ?

Les universités, espaces d’une relative liberté, ne dérogent pas à cette mode. Paris X - Nanterre, tout comme Paris VIII - St-Denis par exemple, toutes deux située dans les banlieues de l’Ile-de-France, vivent déjà à l’heure sécuritaire. Ces universités peuvent être considérées comme des « cas pilotes », des laboratoires du contrôle des étudiants et de l’assainissement idéologique des campus universitaires. Cela se traduit par une réduction des espaces de contestation à l’intérieur des facs et du verrouillage d’une démocratie universitaire déjà réduite à son plus strict minimum.

Bunkers présidentiels

De plus en plus, les instances décisionnelles des facs (présidence et une partie de l’administration) se verrouillent dans des locaux interdits d’accès aux étudiants. Que craignent tant l’administration et les présidences des facs ? Les étudiants qui font vivre le campus ? Des actions collectives qui la prendraient pour cible ? Auraient-elles donc des choses à se reprocher ? La « bunkerisation » des instances décisionnelles de l’université symbolise le déni de démocratie que vivent quotidiennement étudiants et personnels qui veulent s’impliquer dans la vie de l’université et en faire un espace public, ouvert au débat démocratique et à l’expérimentation sociale.

Les vigiles gambadent

Des services de vigiles en uniforme, dûment équipé font froid dans le dos. Le cas de Nanterre est ici éloquent. Pendant le mouvement contre les CPE-CNE-LEC, certains vigiles n’ont pas hésité à forcer les piquets de grève, à agresser et intimider des étudiantes et étudiants en lutte. Régulièrement, suite à des tentatives d’occupation, les étudiants y goûtent aux gaz lacrymogènes tirés à bout portant... sûrement pour leur sécurité. D’autres se voient reprocher leurs activités politiques en conseil disciplinaire... Les facs sont assainies « au Karcher ».

Police partout

Autre nouveauté, de plus en plus de facs autorisent la présence de la police sur leur campus. Quand la BAC interpelle des étudiants préparant une action pour demander l’inscription de tous, comme cela s’est passé en 2003 à Nanterre, ou dans leur local syndical comme en 2004, n’y a-t-il pas ingérence policière ? Quand la police organise des contrôles d’identité systématique à l’entrée du campus, ne traque-t-elle pas les étudiants « sans-papiers » ? Et si la police est sur le campus pour nous protéger... de qui nous protège-t-elle ?

Les caméras fleurissent

Peut-on espérer que les caméras de vidéosurveillance, qui fleurissent également dans les facs, nous fourniront des preuves en cas de bavure policière ? On peut en douter... Plus sûrement, la vidéosurveillance est une autre forme de contrôle des étudiants, de leur présence sur le campus et de leurs activités politiques, une manière d’appliquer les nouvelles méthodes de prévention en nous signifiant que nous sommes potentiellement délinquants.

Briser le mur sécuritaire

Les sections universitaires de la CNT font partie d’un syndicat interprofessionnel de l’éducation. Elles voient donc clairement que ces orientations sécuritaires font parties d’un projet plus vaste. Au même titre que l’implantation d’un policier référent dans des collèges, les incitations à la délation des élèves par des personnels de l’Education Nationale, la mise en place de la note de vie scolaire et autres bornes bio métriques préfigurent une société sous contrôle, dans laquelle les individus sont présumés coupables et constamment observés.

Leur sécurité tue nos libertés ! Tous les dispositifs de surveillance et de contrôle peuvent se retourner contre nous et contre tous mouvements de contestation. Face à ce constat, nous appelons tous et toutes, dans toutes les facs, tout comme dans l’ensemble des établissements d’éducation, à être vigilant - et non vigile - critique vis-à-vis de ces dispositifs et à mener des actions pour fairent barrage à la dérive sécuritaire. Nous appelons tous les étudiants, personnels et usagers des universités à se mobiliser pour que les facs restent des lieux à l’écoute de la parole critique qui la fait exister et que les libertés politiques, syndicales et militantes y soient respectées.

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