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Profession de foi pour éloignement du CA d’Attac France et « retour au vivant » (ce qu’il en reste)

Publie le jeudi 20 avril 2006 par Open-Publishing
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Depuis plusieurs mois, j’ai déserté le CA d’Attac, fuyant les boutiquiers du syndicalisme, productivistes du militantisme, pédagogues en tout genre et élites bien pensantes, théâtreux de l’expertise, ceux qui s’arrogent le droit de modeler la pensée des autres et s’offusquent lorsque ces mêmes autres, s’approprient leurs pratiques de domination. (Cf l’usage du média Bellacio)

La crise qui traverse Attac « au sommet », n’est pas circonscrite au sommet. Elle traverse et irrigue d’une manière feutrée - voire taiseuse - jusqu’à quand encore ? la trame passée, présente et sans doute pour un temps encore à venir, des comités locaux... la société ». Pour certains adhérents, ces caractères ne sont pas encore révélés, ne méritent pas de l’être et la crise, les luttes en cours, se raisonnent sur les modes désespérément binaires : base/sommet, fusionnel/opposant, bien/ mal, archétypes qui façonnent et nourrissent si bien les amnésies populaires.

Selon certains « capitaines d’industrie Attac » autoproclamés, les luttes doivent se construire sur le mode, poli par les ans de la pensée militante, de l’association engagée vers un idéal unitaire, épuré des manigances inhérentes aux entités politiques qui les agissent. Les luttes doivent se raisonner parées des vertus assénées de la critique constructive, de la sérénité, d’un Manifeste borné par on ne sait quel calendrier électoral funeste, de modes opératoires collectivement élitistes, garants des processus qui présideraient à la découverte du nirvana d’une transformation sociétale...ne régissant une fois de plus que les intérêts matérialistes de quelques uns.

Je pense que ces pratiques ne sont que de tristes reliques, que les prédicateurs qui veulent ainsi mutiler la pensée collective ne visent qu’au maintien du management des conformismes et des reproductions. Pratiques tristes, quête dévote d’une classe qui veut prolonger dans Attac, faute de se trouver en capacité de faire son deuil, un rôle qui lui échappe dans la société.

RUPTURES consommées pour ce qui me concerne : désolée, je pense ailleurs, hors rangs, je détruis aussi ! j’avoue m’en bien porter et je vais sur ces idées contraires, vous formaliser mes choix. J’ai décidé, moi aussi, de consacrer la fin de mon mandat de membre actif du CA aux actions qui font sens pour l’altermondialiste que je suis :

  lutte contre les « coopérations, collaborations, déguisées ou non des appareils en place » acteurs du statu quo, du local au global et en français
  lutte contre la pauvreté imposée aux jeunes, aux femmes, toutes les formes « dites d’accompagnement »
  lutte pour la restauration des droits humains fondamentaux
  lutte contre le chômage et en particulier dans le Nord Pas de Calais
  lutte au côté des « SANS » hommes et femmes de tous les pays du monde.

Je serais présente au Forum social d’Athènes avec une délégation de 14 personnes issues des associations de chômeurs en Nord Pas de Calais. Je suis signataire de l’Appel à voter NON contre la liste bloquée des Fondateurs.

Je suis signataire de l’Appel pour des Etats généraux et des médias pluralistes. A ce titre je mène et mènerai toutes les actions nécessaires à la reconnaissance du média associatif www.passerellesud.org créé par deux chômeuses. Média qui accorde, à tout ceux qui y participent, les moyens de l’expression, en territoire miséreux, et opprimé du Nord Pas de Calais. ( j’ai bien pesé ces mots)

Je confie mon mandat à Agnès Perrin qui se trouve, plus en facilité que moi, de siéger en CA parisien.

Salutations d’une Altermondialiste du désordre
Dominique Gauthier membre active du CA

Messages

  • Et ben, ça se secoue les plumes un max à ATTAC !... fallait bien que ça pète un jour, je suis parti peut-être un peu trop tôt, mais tant pis d’autres se démerdent pas mal. C’est bien, non pas par ce que ça affaiblit ATTAC, au contraire, l’organisation n’est qu’un moyen, mais parce que ça permet de poser les vrais questions, aussi bien en terme de fonctionnement d’organisation que des questions beaucoup plus fondamentales, autrement dit stratégiques sur "que faire aujourd’hui ?".

    C’est bien ça vit donc ça progresse.

    Rémi la G.